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Un putsch politique

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Dès qu’on ouvre un journal. Dès qu’on entend un chroniqueur. Comme pour Trump, c’est un torrent d’anathèmes auquel à droit le Premier ministre israélien, Binyamin Nétanyahu. Faut-il s’en surprendre dans un pays dominé médiatiquement par une bien-pensance ancrée résolument à gauche depuis 1968.
Histoire d’entendre (enfin) un autre son de cloche, il nous a semble opportun de reprendre ce texte paru sur le blog Malaassot, qui a eu la bonne idée de compiler quelques extraits d’entretiens avec Moshé Feiglin, sur Radio Tel-Aviv, Radio Moreshet & Aroutz 7. Au moment où nous postons ce texte, Binyamin Nétanyahu est toujours en poste…

| Q. Pensez-vous que Nétanyahu sera capable de survivre à ce [scandale de corruption] politiquement ?

Moshé Feiglin. Je pense que cela le renforce. C’est un putsch politique de gauche. Beaucoup de gens le reconnaissent. Jusqu’aux recommandations de la police, je pensais que nous irions aux élections cette année. Maintenant, je pense que les élections n’auront pas lieu de sitôt.

| Q. Vous n’êtes pas parmi ceux qui appellent Nétanyahu à rentrer à la maison.

Moshé Feiglin. Je pense que Nétanyahu devrait rentrer chez lui, mais pour les bonnes raisons. Nétanyahu devrait rentrer chez lui parce qu’il représente un danger stratégique pour l’État d’Israël. Il ne devrait pas rentrer à la maison à cause d’un putsch politique.

La conduite problématique peut être trouvée contre presque tout le monde dans la fonction publique. Mais quand vous comparez la conduite de Nétanyahu à celle de Shimon Pérès, par exemple, ou d’Ehud Olmert, d’Ehud Barak ou d’Ariel Sharon après qu’il ait annoncé ses plans pour le désengagement, Nétanyahu ressemble à un bébé innocent.

Plus que la corruption me dérange (et j’ai payé un prix élevé pour ma lutte contre la corruption quand j’étais à la Knesset). Je suis vivement préoccupé par la capacité des personnes qui non élues à renverser le gouvernement. Et c’est ce qui se passe ici. C’est pourquoi je soutiens la loi française, qui limite un Premier ministre à deux mandats mais ne permet pas l’ouverture d’une enquête contre un Premier ministre sortant tant qu’il n’a pas terminé son mandat.

| Q. Pourquoi Nétanyahu devrait-il rentrer à la maison à votre avis ?

Moshé Feiglin. Nétanyahu n’a jamais eu de stratégie. Sa stratégie peut être définie comme « Progressons politiquement et nous verrons ce qui se passera demain ». Nétanyahu est un leader très faible. Vous vous souvenez certainement de la photo emblématique de Gilad Shalit sortant de l’avion qu’il a ramené à la maison. Pour cette photo populiste, Nétanyahu a échangé une mère endeuillée contre 100 mères endeuillées, et le compte est toujours ouvert. Même Olmert a déclaré la semaine dernière qu’il n’acceptait pas l’accord Shalit, même avec des conditions plus favorables pour Israël

| Q. Mais sous l’administration de Nétanyahu, nous avons amélioré les relations avec la Russie.

Moshé Feiglin. Russie ? La Russie a fourni le parapluie à l’Iran pour avancer à notre frontière. Chaque fois que Nétanyahu a couru à Poutine au cours de la dernière moitié d’année, il a transformé Israël en un chiffon de plancher plus pitoyable. C’est absurde. Le ciel syrien est ouvert aux avions de combat israéliens depuis des décennies. Soudain, il y a de nouvelles règles dans le quartier et nos chasseurs ne peuvent même pas traverser notre frontière.

| Q. Que feriez-vous si vous étiez Premier ministre ? Après tout, le Moyen-Orient est un quartier dangereux et tout ne dépend pas de nous.

Moshé Feiglin. Vous pouvez avoir l’armée la plus forte, les armes les plus avancées et une économie en plein essor. Mais quand vous n’avez pas de stratégie et que vous faites face à un pays comme l’Iran qui a une stratégie claire, en fin de compte [vous allez perdre]. Ce que nous devons faire, tel que détaillé dans la plate-forme Zehut, annule les Accords d’Oslo et engage un processus diplomatique complètement différent. Déclarer la souveraineté israélienne de la Méditerranée au Jourdain, comme détaillé dans la plate-forme. Ce dont Israël a besoin, c’est d’une stratégie. Aucun dirigeant israélien – y compris Begin – n’a jamais eu ça.

| Q. Quelle est l’alternative ? Serait-il préférable que le Parti travailliste de gauche dirige Israël ?

Moshé Feiglin. L’alternative est de commencer à construire l’alternative. Le problème est à la fois la droite et la gauche. La gauche a amené Oslo sur nous, mais presque toutes les retraites et les destructions de colonies ont été perpétrées par la droite. L’alternative n’est pas Droite ou Gauche. L’alternative est le parti Zehut, avec sa plate-forme qui comprend tout le monde et propose des solutions solides et prêtes à l’emploi pour l’ensemble des problèmes auxquels Israël est confronté.

© Malaassot .

A Propos Jacques Borde

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