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Paris Vs Rome : Qui de ces deux-là, tient la corde en matière d’isolement ? [2]

| Europe / Géostratégie | Questions à Jacques Borde |

Bla, bla, bla. À tenir pour acquis la doxa européiste que déversent nos indécrottables éditorialistes germanopratins, Rome – lépreux d’entre les lépreux, ladre d’entre les ladres – serait en train de sombrer dans un improductif & mortifère isolement, guidé par le Janus bifrons di Maio-Salvini. Possible & si, a contrario, c’était tout l’opposé qui se profile à l’horizon géopolitique : le régime de Paris (sic) & non celui de Rome en dehors des clous de l’Histoire ? Épisode 2.

| Q. Sinon, à propos de very bad guys comme dirait Charlotte Sawyer : quid du retour des djihâdistes français ?

Jacques Borde. Les terroristes takfirî présumés français, vous voulez dire !

Il y a quelques jours, on nous annonçait l’hypothèse du rapatriement de 150 de ces returnees sur le sol national. En date du 8 février 2019, on nous apprenait que tout était fin prêt, et que deux gros porteurs US avaient été affrétés, pour que ce retour soit effectif rapidement.

Disons-le, à partir de ce moment-là, Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)1 n’aura plus besoin de se creuser beaucoup la tête pour trouver un chemin d’accès à L’Europe pour ses soldats du califat, comme il les appelle, l’État Français s’en chargera à sa place… aux frais du contribuable, bien évidemment.

| Q. À propos d’accès (Aquarius, Sea Watch, etc.), des dizaines d’ONG se mobilisent pour plaider pour leur accueil. De ce côté-là non plus, ça ne faiblit pas…

Jacques Borde. Bon. Et après ? Chaque cause a ses défenseurs. Notons qu’à chaque fois si, au lieu de faire des ronds dans l’eau au large des côtes d’une Italie dont toute la planète sait que son gouvernement ferme ses ports aux navires-corsaires du Crime organisé immigrationniste, les esquifs concernés filaient directement et sans attendre en France ou en Espagne, il n’y aurait même pas de sujet à aborder. Ni psychodrame à instrumentaliser pour les proxies médiatiques du Crime organisé immigrationniste .

Il y a donc, clairement un jeu politique autour de cette affaire. Jeu dont les pions sont des êtres humains victimes d’une traite infâme de la part de ceux qui prétendent nous donner des leçons de savoir vivre et de savoir accueillir.

À se demander, par ailleurs, ce qui peut bien justifier les pudeurs frontalières de Madrid et de Paris ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais !…

| Q. Et la nécessité de trouver des ports sûrs ?

Jacques Borde. Là, désolé de vous le dire ainsi, mais c’est de la fumisterie pure et simple. Les havres les plus immédiatement accessibles, il suffit de regarder une carte, se trouvent en… Tunisie ! Sinon, rallier des ports comme Marseille est tout à faire à la portée des bâtiments dont il est ici question. Donc, arrêtons de nous faire bourrer le mou par le propaganda staffel des proxies du Crime organisé immigrationniste.

| Q. Et donc de nous défausser sur les Tunisiens ?

Jacques Borde. Ça n’est pas ce que je vous dis. Il est évident qu’il importera d’aider ce pays à gérer cet aspect du problème. Un peu comme le fait déjà Rome qui, au lieu de couper des cheveux en quatre, a eu l’intelligence de poser les choses avec les gardes-côtes libyens.

Là encore, tout sera mieux que de servir la soupe aux acteurs, sur les deux rives de la Méditerranée, du Crime organisé immigrationniste qui s’en mettent plein les poches.

| Q. Rome s’en est même pris à deux élus montés à bord du Sea Watch ?

Jacques Borde. Bravo. Excellente décision. Orfoni et sa petite camarade ont fait leur choix, qu’ils en subissent le prix. En d’autres temps, les adversaires politiques finissaient le crâne rasé sur une place publique. Heureusement, depuis, l’Européen s’est assagi. Chez lui, en tout cas. Donc on ne vas pas en faire un fromage.

Quant à savoir qui est qui ? Ne vient-on pas d’arrêter pour des crimes divers, dont plusieurs à connotation sexuelle, des membres de la Mafia nigériane, les Nors-Men semble-t-il, complaisamment débarqués, depuis peu, par les passeurs à la solde du Crime organisé immigrationniste.

| Q. L’Aquarius cloué à quai définitivement & le Sea Watch encore opérationnel. Ces hauts des bas, ça vous inspire quoi ?

Jacques Borde. Champagne en ce qui concerne le premier ! Des proxies droit-de-l’hommistes du Crime organisé imigrationniste, temporairement, mis hors d’état de nuire, c’est, forcément, une excellente chose. Dommage, en revanche, qu’il n’en soit pas de même pour le Sea Watch 3.

Le comique de ces affaires est que l’on a entendu des nervis de la gauche antisémite s’offusquer que les Gardes-côtes libyens :

1- effectuent des sauvetages en mer.
2- soient… armés.

Bonjour l’ignorance crasse de la gôôôche européiste quant au droit maritime et au droit international. D’un autre côté, on comprend (sic) leur colère : la fermeté du ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini2, a payé et les nervis français (sic) de la traite négrière.2 se retrouvent privés (pour un moment) de leur méprisable gagne-pain. Alors, bravo au capitano3 ! Ce même si beaucoup reste à faire.

En revanche, il est hallucinant que des media audiovisuels aient pu encore se prêter à ce rôle de propagandistes de vice-passeurs avérés, alliés objectifs de trafiquants de chair humaine opérant largement de zones sous contrôle de factions terroristes takfirî.

| Q. Et l’accusation de tri illégal de ses déchets pour obtenir la mise à l’écart de l’Aquarius

Jacques Borde. Bof ! Le US Treasury Department a bien liquidé Al Capone pour des questions (sic) comptables. La fin justifie les moyens. Ensuite, se défaire de déchets à l’aide d’autre déchets !…

| Q. Bon. Et l’origine de la brouille franco-italienne, pour vous c’est quand ?

Jacques Borde. Clairement, la via factis de Londres et Paris contre la Libye de feu le Guide de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire & Socialiste (sic), le colonel Mouammar Kadhafi4. Point barre !

| Q. Mais Londres reste épargné par l’ire de l’exécutif romain ?

Jacques Borde. Certes. Mais où avez-vous vu que l’establishement d’Outre-Manche insultait de manière quasi-permanente le nouveau gouvernement italien, et lui donnait sans discontinuer des conseils tellement directifs qu’ils ressemblent à des ordres ?

De plus, Cameron, alter ego de la via factis ad Libya avec son compère Sarkozy, n’est plus aux affaires. Pour quelles raisons voulez-vous que l’administration Conte s’en prenne à l’administration May ?

| Q. Et qu’est-ce qui gène tant les Italiens dans l’affaire libyenne ?

Borde. Outre la violation des droits, les frappes si peu discriminées sur les populations civile, la liquidation extrajudiciaire de Kadhafi, et l’installation du chaos nazislamiste, vous voulez dire ? Oh, c’est simple et cela a été très clairement mis en forme par le Pr. Christophe Bouillaud5 :

« Du point de vue italien, cela ne pouvait qu’amener à un écroulement des arrangements entre l’Union européenne et la Libye avec le régime Kadhafi selon lesquels ce dernier était devenu de fait le rempart contre les flux migratoires venant d’Afrique vers l’Europe cherchant à passer par son pays. Par ailleurs, les Italiens savaient bien que l’établissement d’un ordre politique stable dans une Libye sans Kadhafi serait difficile, voire impossible, vu l’inexistence de la moindre expérience d’un État de droit ou d’une démocratie représentative dans ce pays depuis ses origines comme possession turque (avant 1912). Enfin, les Italiens y ont vu, avec une dose de paranoïa6, un moyen pour les intérêts pétroliers français de se renforcer au détriment d’ENI, la compagnie pétrolière italienne, très bien implantée en Libye – ancienne colonie italienne de 1912 à 1943. Comme ensuite, toutes les sombres prédictions des autorités italiennes se sont réalisées, et que l’Italie s’est retrouvée en première ligne à gérer la crise migratoire en Méditerranée centrale, avec son lot de naufrages et de sauvetages en mer, on peut comprendre la rancœur montante du côté italien »7.

Mais, il n’y a pas que la Libye…

| Q. Quoi donc, alors ?

Jacques Borde. Citons encore le Pr. Bouillaud, pour qui « ...il faut aussi se souvenir que, dans les affaires européennes, les dirigeants français n’ont jamais souhaité constituer un vrai front franco-italien pour changer la politique économique et sociale en Europe. En 2011, Merkel et Sarkozy débarquent Berlusconi lors d’un Conseil européen. Tous les électeurs de droite en Italie s’en souviennent. En 2012-2017, Hollande ne se bouge pas vraiment pour répondre aux appels à l’aide successifs de Monti, Letta, Renzi. Et, cet automne, on ne peut pas dire que la France ait eu un seul mot pour aider l’Italie du gouvernement Conte à négocier l’acceptation de son budget 2019 par la Commission européenne. Au contraire, c’est un Commissaire européen, Pierre Moscovici, un socialiste français, qui a été au cœur de cette négociation, renforçant cette impression italienne d’une absence de solidarité de la part de la France »8.

Plus qu’une impression, dirai-je !…

| Q. Et, dans cet affrontement, quels sont les points forts de Salvini, selon vous ?

Borde. Que vous répondre, je ne suis pas salvinologue (sic) ! Je dirai que l’homme a un sens de la répartie que n’ont pas ses adversaires et une manière de garder son calme quelles que soient les circonstances.

Ainsi, dans les Abruzzes, Salvini, pris à partie par un mécontent – Cf. Salivini : « Assassin de merde » ! assurément pas un compliment…. – sans se déconcerter, lui a répliqué aussi sec : « Applaudissez ce monsieur qui vient de gagner 10 migrants à accueillir dans sa maison. Donnez votre prénom, votre nom de famille, votre RIB, et nous vous enverrons 20 migrants et vous vous occuperez d’eux au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner ».

| Q. Vous pensez- qu’il y a une surexploitation médiatique des phénomènes migratoires ?

Jacques Borde. Oui. Pas que médiatique d’ailleurs. La machine à fake news européiste n’a guère de limites.

| Q. Qu’entendez-vous par là ?

Jacques Borde. Bizarre quand même que l’usine à gaz européenne :

1- soit dans l’impossibilité de donner le nombre d’habitants en Seine-Saint-Denis à 30% près,
2- soit incapable de donner des données crédibles quant au nombre de migrants qui entrent chaque année en Europe. Alors qu’une large partie d’entre eux passe par nos aéroports.

Par contre, cette même usine à gaz est capable de nous donner le nombre exact de migrants qui meurent soit en mer soit en montagne avec leur l’identité – qu’elle ne connaît pas statiquement par ailleurs, allez comprendre – et l’histoire personnelle de chacun ou presque. Quelque chose m’échappe.

Ceci étant dit, si tous ces malheureux n’avaient pas été encouragés à entreprendre ce périple, si aucune association (sic) ne leur avait fait miroiter un prétendu pays de cocagne, ces pauvres gens seraient sans doute encore en vie, auprès des leurs. Vu que seule une minorité d’entre eux arrivent de pays en guerre…

Notes

1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
2 Par ailleurs, vice-président du groupe Europe des nations & des libertés.
3 Surnom donné à Salvini par ses partisans.
4 Titulature officielle.
5 Professeur de Sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble.
6 Que, personnellement, je ne perçois en aucune manière dans l’attitude de l’administration Conte.
7 Le Figaro.
8 Le Figaro.

 

A Propos Jacques Borde

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