Accueil / Focus / Des APILAS made in France en Syrie, mais… côté terroriste !

Des APILAS made in France en Syrie, mais… côté terroriste !

 | Guerre Vs DA’ECH | Jacques Borde |

Aie ! Ça nous pendait au nez. Désormais c’est (presque) officiel : notre belle patrie des droits de l’Homme & toutes ces sortes de choses, aurait armé des groupes terroristes takfirî en Syrie. Bien que présenté comme la version soft de Contras takfirî, cela ne change rien sur l’essentiel : la Syrie – quel que soit le camp & la nature des proxies, miliciens & hommes liges, la victoire de Damas, la Défaites des Terroriste takfirî & autres Contras de la chienlit wahhabî – est, et reste, un pays sous embargo (sauf les forces régulières de l’AAS, à certains degrés & pour certains équipements). Donc, Paris a bien vu des armes made in France violer l’embargo international. Qui plus est, en armant des groupes considérés, au plan national & international, comme des terroristes & des nazislamistes pur jus !…

Ce qui n’était qu’une rumeur aura fini par être confirmé par des sources indépendantes sans aucun lien entre elles : les troupes d’Al-Jayš al-’Arabī as-Sūrī (AAS)1 ont mis la main plusieurs systèmes antichars APILAS2 de fabrication française dans la province de Deraa, au Sud-Ouest du pays, reprise de haute lutte au terrorisme takfirî.

Les media syriens, aux moment de cette reprise, ont été à même de diffuser des images montrant ad minimo deux systèmes antichars APILAS capturés.

APILAS kézako, me direz-vous !

Le système APILAS a été développé et produit (en France métropolitaine only) par GIAT Industries. Il s’agit d’une roquette antichar de 112 mm à usage unique, ou RAC 112 selon la dénomination militaire française destiné à être utilisé contre les chars et véhicules de combat. Selon le reportage mettant en cause Paris, les systèmes antichars made in France ont été saisis par les forces gouvernementale dans le village de Jadal dans la province de Deraa.

La portée effective de l’APILAS va de 25 m jusqu’à 500-600 m selon la cible. L’ogive à charge creuse est électriquement fusionné et explose à des angles d’impact allant jusqu’à 80 degrés. L’utilisation du système antichar APILAS avait déjà été signalée en Syrie auparavant.

En effet, dès 2015, quelques systèmes de ce type avaient été saisis parmi les équipements dont étaient dotés combattants d’Al-Jayš as-Sūrī al-Hurr3. Prétendument opposés à Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)4. Ceci ne les empêchant nullement de repasser à DA’ECH une partie des armements mis à leur disposition par les Occidentaux, soi-disant à l’insu de ces derniers.

Rappelons ici, que la présence d’armements made in Occident n’est pas vraiment une surprise.

De leur propre aveu, la CIA et ses États liges régionaux avaient déjà reconnu avoir envoyé armes et munitions à leurs obligés les Contras takfirî en Syrie. Et, plus précisément, à l’époque, c’est bien Al-Jayš as- Sūrī al-Hurr qui avait reçu le gros de ces cargaisons d’armes.

Tlas Salama, un des chefs militaires du Jayš al-Ossoud al-Charqiya, s’en était même félicité allant jusqu’à lancer à un journaliste de Reuters que le « soutien » de l’Occident s’était « élargi. Il est impossible que nous permettions à l’armée d’Assad et à ses alliés de prendre le contrôle de l’autoroute Bagdad-Damas. La livraison d’armes est quotidienne. Et il y a toute sorte d’armements, des missiles TOW, des véhicules blindés et des véhicules lourds ».

Le TOW étant un missile antichar de conception étasunienne. Mais produit (sous licence ou pas) par des pays aussi variés qu’Israël ou l’Iran.

Salama évoquant, en outre, l’intensification des programmes destiné d’entraînement de Syriens (prétendument) originaires de la province de Deir Ez-Zor.

Élément-clé de ce dossier à tiroirs. TOW, APILAS ou Spike nécessitant tous une formation ab initio indispensable à son bon maniement. D’où cette question : outre leur fourniture qui est allé apprendre aux Contras takfirî le maniement de nos antichars made in France ? Pas les Petites sœurs des pauvres, en tout cas.

Quant à l’APILAS proprement dit, certaines sources ont affirmé que les systèmes APILAS seraient arrivés en Syrie via la Jordanie. Zone où, selon d’autres sources (mais, selon moi, insuffisamment confirmées), des membres des forces spéciales françaises auraient entraîné des Contras takfirî. Mais, comme on dit, on ne prête qu’aux riches !

Pour le reste, plus de 12.0000 systèmes APILAS ont été produits à ce jour. Ils sont en service dans de nombreux pays, notamment l’Arabie Séoudite, le Maroc, la Belgique, la Corée du Sud, l’Espagne, la Finlande, l’Italie, la Jordanie, Taïwan, etc. !

À rappeler qu’aucun des pays que nous venons de citer ne bénéficie d’une dispense d’appliquer l’embargo visent l’ensemble des proxies du Golfe opérant en Syrie. L’étude attentive des numéros de série des engins saisis devrait permettre à des enquêteurs indépendants de :

1- reconstituer le parcours des armes saisis.
2- de déterminer qui a été le pays fournisseur de ces APILAS à des éléments avérés du terrorisme international.
3- voire de donner des indications quant à la nationalité de ceux qui sont allés former des agents de la terreur takfirî à ces armes sous embargo.

En effet, à ce stade, rien ne permet d’imputer à tel pays en particulier la responsabilités de ces livraisons aux terroristes takfirî.

Un jour, qui sait…

Quant à l’avenir de ces beaux engins de mort, sur quel front du djihâd vont-ils finir par aboutir ? La France ? Un jour, qui sait, là aussi…

Notes

1 Armée arabe syrienne.
2 Excellent au demeurant.
3 ASL, Armée syrienne libre.
4 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Italia si fa da sè ! Enfin presque…

| États-Unis / Italie | Géostratégie | Jean Cuny & Jacques Borde | L’arrivée au …