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Returnees : Que faire de ceux qui reviennent ?

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Les fronts d’Irak & de Syrie s’asséchant se pose la question qui fâche : que faire de ceux qui ont pris les armes dans les rangs de DA’ECH, Al-Qaïda & co. ? Les juger & les voir se remettre à l’ouvrage après quelques années de prison ? Les guatanamiser, comme le proposent certains ? Ou, carrément, les éliminer préventivement ? Une voie, assez efficace, choisie par certains États.

| Ici, plutôt que là-bas.
« Face à la défaillance de ces structures fragiles et embryonnaires dont rien ne garantit la longévité, et dans le contexte d’une instabilité grandissante, le transfert de ces jihadistes est la seule solution responsable et viable pour assurer qu’ils soient neutralisés et qu’ils répondent de leurs actes ».
Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT).

| Sauf que…
« Force est pourtant de constater que faute de moyens, cette nouvelle politique pénale [celle théoriquement durcie, par la France] ne s’est pas traduite par le renvoi systématique devant la Cour d’assises, où les djihâdistes encourent jusqu’à 30 ans d’emprisonnement, contre 10 ans en correctionnelle. La perspective d’un transfert de plusieurs dizaines de djihadistes relevant théoriquement de la Cour d’assises nécessitera donc des changements profonds pour mettre en adéquation les moyens de la justice avec l’objectif d’une neutralisation durable de ces individus. À l’instar du tribunal correctionnel, la Cour d’assises devra évoluer pour audiencer plus rapidement un nombre plus important d’affaires et s’adapter à ce contentieux de masse ».
Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT).

| Trop plein.
« Aujourd’hui, on a déjà plusieurs centaines djihâdistes en prison, et on ne sait pas très bien quoi en faire. Pendant toute une époque, ils ont été dispersés parmi les détenus de droit commun et se sont livrés à un prosélytisme très important. Puis l’administration les a regroupés dans des unités dédiées, qui sont devenues des sortes d’ENA du djihâd. Aujourd’hui, cette idéologie reste très présente dans les prisons françaises ».
Gilles Kepel.

| Ad minimo….
« Lorsque nous sommes face à des détenus de ce type, il y a une évaluation de leur dangerosité, il y a un placement dans un quartier étanche. À leur sortie, il y a évidemment un suivi extrêmement strict par les Services de Renseignement territoriaux ».
Nicole Belloubet, ministre de la justice.

| Préventif.
« On joue à la roulette djihâdiste, il n’y a pas de solution si ce n’est mener une lutte d’élimination (…). Moi le djihâdiste je le tue (…) je n’ai aucune pitié pour ces gens là ! ».
Me. Gilbert Collard.

| Dit simplement.
« Pensez vous que faire mettre fin au djihâd c’est comme dire stop j’arrête de jouer aux billes ? ».
Raoul Mengis, sur Facebook.

| Liquidation.
La « meilleure solution c’est celle qu’avait trouvé Hollande sans s’en vanter : les faire éliminer un par un par nos services action, et nos militaires postés au Proche et Moyen-Orient. Hollande est celui qui en a le plus ‘assassiné’. On parle d’exécutions extra-judiciaires. Parfois les types qui ont l’air mous ne le sont pas tant que ça. En dehors de Hollande, on n’a pas beaucoup de monde dans nos démocraties qui utilise ce levier. Il est certain que de manière idéale, il vaut mieux éliminer ceux qui ont été actifs dans le djihad, et de ne pas les laisser revenir du tout : en prison, ils vont faire des petits. Même quand ils sont isolés, ils arrivent tout de même à communiquer ».
Alexandre del Valle.

| Exemple à ne pas suivre.
« Regardons le cas des terroristes italiens d’extrême gauche. Alors qu’ils étaient condamnés à perpétuité en Italie, ils ont ouvert le champagne à Paris, une maison d’édition à Bordeaux, et travaillent comme plagistes au Brésil ou au Mexique. Le problème de nos démocraties c’est qu’un criminel, même lorsqu’il a tué une petite fille, reste rarement plus de quinze ou vingt ans en prison. Le djihâdiste moyen dont on parle a la vingtaine. À quarante ans, cinquante ans maximum, il peut être en grande forme s’il a fait du sport en prison. Il peut avoir encore vingt ans d’activité, au moins dix quand il sera relâché.Dans nos démocraties, il n’existe plus de prison à vie. À part pour le patron de la Cosa Nostra, Toto Rina, qui est resté à vie, il n’y a plus beaucoup de cas où les détenus restent à vie en prison. C’est pratiquement impossible ».
Alexandre del Valle.

| Ceux qui vont revenir…
« Ainsi de cette banque devant laquelle nous passons et qui était, durant l’occupation terroriste, le tribunal islamique de Tombouctou, sorte de Gestapo religieuse locale de laquelle rares étaient ceux à en sortir vivants. Il y a également le stade municipal, rendu maintenant à la vie et au matches de foot entre gamins ; c’était alors le lieu des exécutions, des peines capitales, mais également l’endroit où l’on coupait mains et pieds, en fonction de la ‘gravité’ des infractions. Et ça ne se passait jamais d’un coup sec et proprement, comme on pourrait l’imaginer, avec une lame bien affûtée. Non, pas du tout. Les témoignages sont nombreux en ce sens : les pieds et les mains étaient découpés, sciés, hachées avec des outils émoussés et rouillés… il fallait que le spectacle dure le plus longtemps possible vous comprenez, et que la souffrance soit la plus intense possible… Et puis ces terrains vagues dans lesquels ont enterrait debout, et jusqu’au cou, les couples jugés coupables d’adultère. Ils y étaient ensuite lapidés : massacrés à coups de pierres. Et là encore, il fallait faire durer le plaisir : on commençait par leur balancer des petits cailloux, et à mesure que le sang coulait, qu’ils souffraient de plus en plus, on augmentait la taille des projectiles, jusqu’à ce que mort s’ensuive... ».
Témoignage d’un officier français sous Casque bleu au Mali.

| Erreur quant au temps.
« Un monde christiano-musulman voit le jour dans les pays d’immigration, avec une proportion de chrétiens en baisse constante. Il y en a qui n’y voient rien de mal, et d’autres qui négligent le phénomène parce qu’ils pensent qu’il sera lent. Ils se trompent, et ils seront surpris. La population immigrée, de 10% passera d’abord à 15-20 %. Et après, tout s’accélère, et il n’y aura plus besoin d’imagination, seulement de mathématiques élémentaires. Ma génération verra encore la rapide transformation des anciens pays chrétiens. Cela nous fait mal, mais nous ne pouvons rien faire. Ceux qui sont montés dans ce Rapide [au sens de Train express, NdlR] continueront leur route jusqu’au terminus. Et il n’y aura pas de billet retour. Nous autres, en Europe centrale, nous disposons encore de notre avenir ».
Magyarország miniszterelnöke,Viktor Orbán.

| Incompatibilité.
« … ni la culture africaine, ni la musulmane ne sont compatibles avec notre culture (…). Si nous voulons conserver notre société comme elle est, nous ne pouvons autoriser aucune immigration venant d’Afrique. Il est tout-à-fait naïf de croire que ce sont justement ces hommes, dont les cultures ne produisent rien d’autre que douleurs, persécution, oppression et absence de perspectives, qui pourront apporter une contribution positive à l’Europe. Les Africains ne veulent pas penser et travailler comme nous, Européens, mais ils veulent volontiers vivre comme nous (…). S’ils voulaient vraiment notre société et nos acquis, ils pourraient aussi les réaliser en Afrique… ».
Claudia Schmidt, eurodéputé ÖVP de Salzbourg.

| Le moins risqué, si possible.
En Belgique, le ministre de la Justice, Koen Geens, a réclamé une « solution européenne », appelant à « réfléchir tranquillement et regarder ce qui comporte le moins de risques sécuritaires ».

| Là-bas, si possible…
« Les combattants étrangers devraient être traduits en justice conformément à la procédure légale adéquate dans la juridiction la plus appropriée (…). Quand c’est possible, cela devrait avoir lieu dans la région où les crimes ont été commis (…). Nous continuons de travailler étroitement avec nos partenaires internationaux sur ce sujet. Le gouvernement fera tout ce qu’il pourra pour garantir la sécurité du Royaume-Uni ».
Un porte-parole du Premier ministre britannique, Theresa M. May.

| Maison !
« Tous les citoyens allemands, y compris ceux qui sont soupçonnés d’avoir été membres de l’état islamique, ont le droit fondamental » de revenir .
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur à Berlin.

| Au boulot !
« Les États-Unis ont demandé au Royaume-Uni, la France, l’Allemagne (…) de reprendre plus de 800 combattants de l’État islamique que nous avons capturé et de les juger », a averti le président des États-Unis, Donald J. Teflon Trump. Dans le cas contraire, les États-Unis seraient « forcés de les libérer ». « Les États-Unis ne veulent pas que ces combattants de l’EI se répandent en Europe où ils devraient se rendre », a poursuivi Donald Trump, estimant qu’il était désormais temps que les alliés de Washington « fassent le travail ».

| Visiblement dépassée.
« Est-ce une bonne idée pour les Américains de se retirer soudainement et rapidement de Syrie ? Cela ne renforcera-t-il pas encore la capacité de l’Iran et de la Russie d’exercer leur influence ? ».
Bundeskanzlerin Angela D. Merkel.

| Complètement largué.
« Comment est-ce que l’on peut être très ferme à l’égard de l’Iran et en même temps abandonner le nord-est de la Syrie alors que l’on sait très bien que la fin de l’histoire risque d’être de favoriser la présence iranienne dans la zone ? Pour moi, c’est un mystère ».
Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères.

 

A Propos Jacques Borde

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