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Vers un Orient (au sens large) sans les Américains ! Voire, même, sans les Occidentaux ? [2]

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Bon, c’est fait ! Quoiqu’en ait bougonné Jupi de Paris & ses clins d’œils appuyés au US Secretary of Defense sortant, le général (Ret) James Mad Dog Mattis, ou encore dame Merkel en marge de son grotesque sommet sur la sécurité, le Pentagone a bien acté la décision de repli en bon ordre des Américains de la Syrie & de l’Afghanistan. Paris ne s’étant pas fait en un jour, l’affaire prendra le temps que voudra bien lui donner un hêgêmon étasunien se repositionnant vers l’Asie. Deux grands perdants en vue pour ces deux spots du grand jeu : 1- les proxies kurdes de l’Occident ; 2- Paris & son Niais d’Orsay, de moins en moins cotés en ces Orients toujours aussi compliqués. Épisode 2.

| Q. Mais, pardonnez-moi de revenir sur le sujet, ne trouvez pas ce tropisme US en faveur d’Ankara un peu exagéré ?

Jacques Borde. Tout dépend de ce que l’on veut.

Comme le notait Jacques Baud : « La Turquie a toujours eu une rôle particulier et considérable au sein du dispositif stratégique occidental : il est le seul pays musulman de l’OTAN, le seul pays de l’OTAN situé sur le continent asiatique, le seul pays de l’OTAN qui était limitrophe de l’URSS et le seul pays en mesure de fermer la Méditerranée à la Flotte soviétique »1.

Ajoutons sur ce point l’infinie lâcheté de l’Allemagne merkelienne qui fait d’elle l’un des plus minables contributeurs aux engagements extérieurs de l’OTAN. Et le plus trouble quant à lutte contre la terreur takfirî. Les pitoyables rodomontades de la Bundeskanzlerin Angela D. Merkel, à l’occasion de sa fumeuse 55th Munich Security Conference (MSC 2019)2, n’y changeant rien : l’indécent Bundesbankland prévaricateur des richesses d’autrui (sic), à commencer par l’industrie d’armement de son voisin français, est superbement en queue de peloton lorsqu’il s’agit de se confronter physiquement aux terroristes takfirî. Des bilans scintillants, mais au-delà…

Ensuite, ça n’est pas qu’un tropisme pro-turc, c’est aussi la manière de Teflon Trump d’honorer ses engagements électoraux. Ceux qu’ils a pris auprès des Américains.

| Q. De quelle manière ?

Jacques Borde. On reprochera tout ce qu’on voudra à l’ami américain, mais, loin des couloirs du Pentagone et des rives du Potomac, ce sont bien les Américains lambda qui ont payé le prix fort de ces engagements à répétition à l’autre bout du monde. Or, « entre le 7 octobre 2001 et le 28 juillet 2015, les forces américaines ont été engagées dans cinq opérations majeures, et on déploré au total 6.855 morts mais chaque année 8.000 vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan se donnent la mort (soit 22 par jour. En clair, l’Amérique perd plus de militaires chaque année par suicide, qu’en 14 ans de guerre »3.

Sans parler des morts cachés. Comme ces contractors des Sociétés militaires privées (SMP) dont les pertes ne sont pas comptabilisées dans les chiffres officiels.

| Q. Diriez-vous que par rapport à la France, les Américains ont, eux, une certaine capacité à se remettre en cause ?

Jacques Borde. (Moue) Mouais. Je dirai que notre ami américain (sic) nous fait, comme toujours, le coup du Faute avouée, à moitié pardonnée ! Désolé de le dire, mais c’est de la posture et je n’en crois pas un traître mot.

| Q. Pourquoi ?

Jacques Borde. Mais parce que leur propre Histoire nous dit le contraire. D’une main, ils commettent les pires abominations, de l’autre, il s’en exemptent par des images ou des propos convenus. Même si, reconnaissons-lui ce mérite, le président américain, Donald J. Teflon Trump, est, sur ce point, en rupture avec cette détestable tradition.

| Q. Un exemple peut-être ?

Jacques Borde. Deux même.

Primo. prenez le film Soldat bleu4, supposé nous éclairer sur la brutalité des guerres indiennes, il se termine par une citation du général Nelson Appleton Miles, condamnant (sniff!) un massacre (de Sioux Lakotas si ma mémoire est bonne). Or, Miles est un des plus grand massacreurs d’Indiens que le Nord-ouest est connu. C’est lui, avec le général Oliver O. Howard, qui écrasa les Nez Percés qui vont finir en déportation dans une de ces réserves-mouroirs ou vont être épurées ethniquement, une à une et sans état d’âme, les Premières nations amérindiennes.

Secundo. Revenant sur Hiroshima et Nagasaki, l’ancien commandant suprême des forces alliées en Europe et ancien président, Dwight D. Eisenhower, saura se donne le beau rôle avec son : « J’étais contre pour deux raisons. Premièrement, les Japonais étaient prêts à se rendre et il n’était pas nécessaire de les bombarder. Deuxièmement, je détestait voir notre pays être le premier à utiliser de telles armes »5.

| Q. Tous pareils, les présidents US ?

Jacques Borde. La plupart. Notez que si, en théorie, les États-Unis ne peuvent entrer en guerre sans l’aval du Congrès, le président, en tant que Commander-in-chief, peut s’en passer en cas de danger imminent ou de légitime défense.

Donc, au point du mandat de Donald J. Teflon Trump où nous sommes, merci à lui d’avoir su déroger à cette règle détestable de la via factis présidentielle. Ce d’autant, que nombre des engagements de l’hêgêmon étasunien ont souvent démarré par de véritables forgeries, coups tordus, ou bien des interprétations pour le moins fallacieuses.

| Q. À ce point là ?

Jacques Borde. Oui, et plus que vous ne le croyez sans doute.

Comme le note Jacques Baud, « Force est de constater que pratiquement chaque conflit où les États-Unis ont été impliqués a débuté soit par une opération clandestine (souvent de nature criminelle), soit par une manipulation visant à faire passer les États-Unis pour les victimes d’une agression, permettant ainsi de forcer la main du Congrès »6.

| Q. Lesquelles ?

Jacques Borde. Suivons, tant que faire se peut, la chronologie :

1898, Guerre hispano-américaine de 1898. Où la disparition du USS Maine, purement accidentelle, est faussement et en toute connaissance des faits, attribuée aux Espagnols.

1915, Guerre de 14-18. Le naufrage du Lusitania, certes navire civil, mais transportant trois tonnes de munitions ce en totale violation des conventions internationales sur la neutralité en temps de guerre. À préciser que le Lusitania passait par une zone de guerre et de maraude des sous-marins allemands sans la moindre escorte. Outre que de nombreux historiens s’interrogent sur la manière dont les SR allemands ont obtenu (sic) l’info sur les munitions transportées en violation du droit.

1941, Pearl Harbor, moment of deception et de vilenie de l’Empire du Soleil Levant. À cela près, que les États-Unis étaient déjà engagés militairement contre le Japon, en Chine où les Flying Tigers, unité à 100% composés de pilotes américains et volant sur des P-40 made in USA, qui, en décembre 1941, avaient déjà abattu près de 100 appareils japonais. Quid également du blocus pétrolier imposé au Japon.

1964, Incident du Golfe du Tonkin. Une prétendue attaque nord-viêtnamienne visant le USS Maddox, débouche sur l’intervention américaine en Indochine. Attaque inventée de toutes pièces.

1991, 1ère Guerre du Golfe, avec les fausses couveuses de Saddam.

2003, 2ème Guerre du Golfe, forgerie absolue des Armes de destruction massive (ADM) de Saddam.

Catalogue, évidemment, non-exhaustif.

Notes

1 In Terrorisme, Mensonges politiques & Stratégies Fatales de l’Occident, Jacques Baud, p.75, Éd. du Rocher, 423 pages, ISBN 978-2-268-08403-9.
2 In Terrorisme, Mensonges politiques & Stratégies Fatales de l’Occident, Jacques Baud, p.3016, Éd. du Rocher, 423 pages, ISBN 978-2-268-08403-9.
3 Film américain de Ralph Nelson, sorti en 1970. Le film renvoie au Massacre de Sand Creek (Colorado), le 29 novembre 1864, par 700 hommes de la Cavalerie du Colorado. Les soldats assassinèrent beaucoup de femmes et d’enfants, prirent une centaine de scalps et commirent de nombreux viols et mutilations.
4 Ike on Ike, p.107, Newsweek (11 novembre 1963).
5 In Terrorisme, Mensonges politiques & Stratégies Fatales de l’Occident, Jacques Baud, p.18, Éd. du Rocher, 423 pages, ISBN 978-2-268-08403-9.

 

A Propos Jacques Borde

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