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Occident : Derrière le Kulturkampf, l’enracinement de l’antisémitisme ?

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

L’Affaire Finkelkraut & les incessantes profanations de lieux de cultes non-musulmans (cimetières, églises, synagogues) viennent encor d’en administrer la preuve : Ne pas nommer, ou plutôt ne pas vouloir nommer l’ennemi pose problème. Cette forme endémique d’aveuglement, qui n’est pas sans rappeler les œillères des Chamberlain, Daladier & consorts qui allèrent voir Monsieur Hitler à Munich, comme les bourgeois de Calais allèrent se livrer à l’Anglois, reste une métastase enkystée dans les cervelles moisies de bien des Européens. & pourtant les idées que notre indulgence coupable permet ainsi de voir grandir devraient nous rappeler quelque-chose. À cet égard, on notera que 2019 se déroule sous les mêmes auspices munichois que 2018. Doit-on seulement s’en étonner ?

« … les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Pour protéger les juifs, il faut annihiler ceux qui les tuent. Certes, il existe un antisémitisme ancien et traditionnel d’extrême droite qui nous vient de deux mille ans d’anti-judaïsme de l’Église. Mais celui-ci est largement circonscrit, culpabilisé et surtout….il ne tue plus. Non, l’antisémitisme qui a tué 11 juifs français est strictement et uniquement islamique. Mais il ne feront rien, car mécaniquement, dénoncer cet antisémitisme c’est obligatoirement dénoncer les coupables. Et dénoncer les coupables, c’est pour la gauche surtout, mais pour tous les élus, stigmatiser une population qui grandit a vitesse grand V. Et constituent selon les villes, de 10 a 50% de l’électorat. Le dilemme est donc la : Soit protéger les juifs en dénonçant les fautifs. Dénoncer également les violences contre les chrétiens et les koufars bien blancs. Mais perdre les élections... ».
Alain Attal, sur sa page Facebook.

| Q. 2019, vous persistez à ne pas croire à l’émergence d’un printemps perse ?

Jacques Borde. En l’état des infos qui me parviennent, j’y crois même de moins en moins. 2019, assurément ne sera pas un remake des cru précédents. Ne serait-ce que parce que nous sommes pas dans une année électorale.

Remarquez, je ne suis pas le seul…

| Q. Là vous pensez à qui  ?

Jacques Borde. À quelqu’un que je pense plutôt bien renseigné par ce qui se passe en Iran. Je vous parle, là, du Ha’Memouneh, autrement dit le directeur du Ha’Mossad Ley’Modi’in Ley’Tafkidim Méyuh’Adim (MOSSAD)1, Yossi Cohen2, qui s’exprimait lors d’une convention du ministère des Finances à Jérusalem.

Yossi Y Cohen y a estimé que les manifestations « ne renverseront probablement pas » le régime.

Cf. « Nous avons des yeux, des oreilles et plus, même en Iran (…). Les citoyens iraniens sont sortis manifester en raison de la situation économique et de cette attente que le président Hassan Rohani améliorerait l’économie (…). C’est ce qui les a fait descendre dans les rues. Il n’y a rien à attendre de formidable, même si je serais très heureux d’assister à une révolution sociale en Iran. Peut-être cela arrivera-t-il à l’avenir ».

Quant à ce qui empêchait sur le terrain, l’accomplissement d’un printemps perse, Cohen a noté que des « forces importantes » se tenaient contre ceux qui tentent de « défier le régime ». « Nous en avons fait l’expérience lors de la révolution verte qui s’est éteinte en 2009 et nous constatons la même chose aujourd’hui »3.

Avis qui rejoint celui du Rahbar-é-Enqelâb (guide de la révolution), l’Ayatollah Sayyed Ali Hossaini Khâmeneî4, qui, le 9 janvier 2018, a écrit sur Twitter que « ceux qui cherchent à renverser la république islamique de l’Iran depuis l’étranger » ont « échoué et échoueront également à l’avenir ».

| Q. Que pensez-vous de ce débat, outre-Rhin sur la nécessité de combattre cette forme d’antisémitique qui serait porté par certains migrants ?

Jacques Borde. Franchement, rien de bon, dans la mesure où le massif merkerlien a, comme dans bien des sujets majeurs, accouché d’un souriceau. Pourtant, il était temps qu’on y vienne, non ?

| Q. Donc le problème est bien réel, selon vous ?

Jacques Borde. Je crois que si le vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, Stephan Harbarth, en était venu à déclarer à Die Welt qu’il était impératif de « s’opposer résolument à l’antisémitisme des migrants d’origine arabe et des pays africains », c’est parce qu’il faisait référence à des choses bien réelles.

| Q. Qu’est-ce qui arrive aux Allemands ?

Jacques Borde. À l’Allemagne, vous voulez dire. À en croire ce que concédait Herr. Habarth, ce ne sont pas vraiment ceux que vous appelez les Allemands (sic) qui seraient en cause.

Phénomène identique en France ? Aux mêmes causes (une immigration massive et totalement incontrôlée à en croire beaucoup d’observateurs) les mêmes effets ? Les dirigeants européens ne pouvaient l’ignorer. À ce demander si certains ne considèrent ce type d’aléa comme un dommage collatéral de la politique d’immigration qu’ils entendent bien poursuivre parce que, à les entendre, elle ferait le beurre des entreprises. Après tout, ça n’est pas comme si c’était la première fois que des membres de l’élite de notre vieille Europe se couchaient devant l’indicible…

| Q. Cela signifierait que nous ne contrôlons plus grand-chose ?

Jacques Borde. (Soupir) Vous savez lorsque des entités en charge de ces questions en sont à prendre (et accepter) des adultes de 30-35 pour des mineurs de 14-15 ans, on est en droit de se poser des questions sur le fonctionnement de l’usine à gaz migratoire (sic). Alors, laisser s’installer dans des pays d’Europe des activistes antisémites, pourquoi pas ?

Vous avez bien des intellos de gôôôôche qui continuent, au beau milieu de l’Affaire Finkelkraut, à s’interroger sur le caractère antisémite des affaires Halimi ou des tueries de Merah, alors…

| Q. Pour vous, il y a bien une montée en puissance de l’antisémitisme. Mais en Europe, pas seulement en Allemagne ?

Jacques Borde. Oui. Quatre ans après l’attentat de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, au cours duquel quatre de nos compatriotes juifs étaient assassinée, le 9 janvier 2015, une épicerie casher de Créteil, déjà ciblée par des tags antisémites, a été incendiée le 9 janvier 2018.

| Q. Pourquoi Créteil ?

Jacques Borde. Situé aux abords de Paris, Créteil abrite une importante communauté juive forte de 23.000 âmes. Rappelons que cette communauté avait déjà douloureusement été marquée, fin 2014, par l‘agression d’un homme et sa compagne, violée pendant le cambriolage d’un appartement. Une affaire qui avait poussé le gouvernement de l’époque à faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme une « cause nationale ».

Apparemment, sauf en pire, rien n’a changé.

| Q. Que pensez-vous de toutes ces questions autour des crèches ? De la croix, etc., pas un peu hors sujet pour votre blog ?

Jacques Borde. Justement, pas du tout.

Comme l’avait écrit Eber Haddad sur sa page Facebook, « La croix de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre a été retirée par la RATP sur les nouveaux écrans du funiculaire. Y a-t-il une explication ? C’est pour que venir dire #JesuisCharlie aujourd’hui n’a aucune signification. Les terroristes islamistes ont déjà gagné sur plusieurs fronts, y compris sur le retrait des traditions françaises et chrétiennes un peu plus évident chaque jour ».

En fait, tout ceci s’inscrit dans le Kulturkampf qui nous oppose, depuis un certain temps, à la terreur takfirî et tous ceux qui, dans les sociétés civiles occidentales, sont leurs kollaborateurs zélés.

L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions.

Parfois même chez ceux que l’esprit de la reddition de Munich habite. J’ai revu Les Heures sombres qui retrace les premiers temps de Winston Churchill, lorsqu’il prit le relais du veule Neville Chamberlain. Au-delà de simplifications outrancières et, notamment, l’absence de ceux qui, alliés de Churchill seront la France libre, ce film montre bien les limites du sombre crétin qu’était Lord Halifax. Qui jamais ne comprendra quoi que ce soit aux événements qu’il traversa avec ses himalayennes œillères. Eh bien, nos munichois de l’Euroland bruxellois sont issus du même moule : ce mélange catastrophique de lâcheté et de stupidité sans fin.

| Q. Pas une question de foi, selon vous ?

Jacques Borde. Si, aussi. Et, alors, où serait le problème ? Vous noterez les choses qui suivent :

1- l’étonnante atonie qui frappe la majorité de la diaspora musulmane d’Europe, et je dis bien d’Europe, dès qu’il s’agit de manifester sa solidarité avec les Chrétiens que nous sommes et la terreur qui nous frappe, eux y compris.
2- a contrario, les messages d’amitié et de solidarité qui nous arrivent de la diaspora mosaïque5.
3- la réactivité de la société civile marocaine, affichant son I am sorry, au double assassinat de deux touristes scandinaves.
4- la farouche unité qu’affichent l’immense majorité des vrais musulmans du Levant (Irak, Syrie, Liban) et des communautés chrétiennes lorsqu’il s’agit de combattre Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)6.

| Q. Tout ça n’est pas anecdotique ?

Jacques Borde. Non je ne crois pas. Qu’ont fait les gens d’Alep et de Damas, une fois libérés du joug nazislamiste ? Fêter Noël et ériger ces mêmes crèches dont les kollabos laïcistes de DA’ECH dénoncent l’érection de ce côté-ci de la Méditerranée . Lorsqu’ils ne passent pas à l’acte…

Que font Chrétiens, Zoroastriens et Sunnî pour réagir aux foules immenses de Chî’îtes traversant l’Iran et l’Irak pour aller fêter l’Achoura ? Il leur offrent gîte et couvert.

Alors, oui ! Arrêtons de tourner autour du pot : il y a bien un kulturkampf qui nous oppose à tous ceux qui, musulmans et non-musulmans, ont pour DA’ECH les yeux de ceux qui se vautraient devant le Veau d’or. Et tout ceci a foutrement plus d’importance que l’adipeux Boubakeur se lamentant lorsqu’il n’est pas reçu reçu entre quatre yeux par le chef de l’État. Ou l’onanisme permanent d’une gauche de cour ayant choisi, parce qu’elle a fait sienne l’antisémitisme qui est un des piliers du Takfir, la proskynèse7 permanente vis-à-vis de la la doxa de cet ennemi du genre humain…

Notes

1 Ou Institut Central de Renseignements & des Opérations Spéciales, Mossad signifiant l’Institut).
2 Yossi Cohen a une carrière de 30 au sein du MOSSAD et a été agent opérationnel dans sa division Tsomet. Entre 2011 et 2013 il était sous-directeur du SR, dirigé par Tamir Pardo. On le qualifie souvent du pseudo de Y. titulaire, pour des raisons classifiées, du Prix de la défense d’Israël, la plus haute distinction du MOSSAD. Entre 2013 et 2016, Yossi Cohen était conseiller en sécurité du Premier ministre. Après sa désignation par Nétanyahu en décembre 2015, il devient directeur en titre du MOSSAD.
3 Times of Israel.
4 Aussi appelé Rahbar-é-Moazzam (guide suprême, pas une titulature officielle).
5 Qui a, peu ou prou, autant de disputes théologiques ouvertes avec le Christianisme que l’Islam.
6 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
7 Du grec proskynesis (προσκύνησις), rituel d’origine perse qui consiste à s’incliner ou se prosterner devant une personne de rang supérieur. Fort mal vu des Grecs : introduits devant le Roi des rois Xerxès, les Spartiates Sperthias et Boulis refusent de s’y plier arguant que ce n’est pas dans leur coutume de se prosterner devant un homme. Alexandre le Grand tente de l’imposer vers 327 av.J.-C. mais il est confronté à la résistance des Macédoniens, Callisthène en tête, lors de l’affaire de la proskynèse à Bactres. Alexandre abandonne par la suite l’idée.

 

A Propos Jacques Borde

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