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Bruxelles Vs Rangoon : Vieilles lunes municho-takfirî Vs Stratégie d’anéantissement [1]

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

2019 : Il est temps d’appeler un chat un chat, deux sortes de viae s’opposent en matière d’éradication de la terreur takfirî : 1- celle(s) qui, de toute évidence, ne mène(nt) nulle part & qui sont, par leurs degrés divers, celles de notre vieux continent, que ce soit en Europe ou au Sahel (lorsque conduites par Paris). 2- celle qui marche. En clair, la Stratégie d’anéantissement de l’ennemi mise en œuvre par le Myanmar (ou Birmanie). Or, en dépit de résultats qui ont abouti à la disparition quasi-totale de la franchise locale de DA’ECH, le Harakah al-Yaqin-ARSA1, l’usine à gaz européenne toujours aussi incapable de juguler la moindre éruption de terreur armée sur son sol, persiste à chercher des poux dans la tête à une administration birmane dont les modes opératoires ont démontré leur étonnante efficience. Les diseux Vs les faiseux, en quelque sorte. Épisode 1.

| Q. Commençons par la France et un des ses épisodes de la guerre que nous livre la terreur takfirî : comment, lors de l’attaque du marché de Strasbourg, a-t-on pu autant persister à y voir autre chose que du terrorisme ?

Jacques Borde. Quelque part, l’éternel posture masturbatoire de nos bonnes consciences municho-takfirî. Ceci posé, il convient de prendre en compte plusieurs éléments ou acteurs.

Primo. La société civile, donc des media. Ce dans la mesure où l’on considère que les media mainstream relèvent toujours de la société civile et non de cercles de pouvoir. Nationaux ou supranationaux.

Si l’on prend le second, ou plutôt les seconds, la qualification, disons tardive, de faits terroristes peut se comprendre dans la mesure où c’est à la justice de trancher et de nommer2. Quelque part, dire que la causalité terroriste n’était « pas établie » au lendemain des faits, comme l’a fait le secrétaire d’État Nunez est, juridiquement, fondée. Notez, en revanche, que le parquet antiterroriste avait immédiatement été saisi.

Concernant, ce que l’on appelle la société civile, les media notamment, leur cauteleuse défausse qui en est la marque de fabrique est plutôt surprenante, lorsqu’on sait que le suspect était un Fiché S de vieille mouture. Ce qui, sauf mise à jour qui m’aurait échappé, implique bien un lien avec le terrorisme takfirî. Il y a là clairement le choix – basé sur quelles volontés, ligne éditoriale, instructions, ou doxa dictée de l’extérieur ? – de minorer au maximum la réalité des choses. Prenez la manifestation dominicale (16 décembre 2018) de Strasbourg destinée à honorer la mémoire des victimes, elle aura été emblématique de la doxa actuelle. Traitée par France-24, la chaîne a réussi l’exploit d’en parler en évitant soigneusement les mots tabous de la doxa droit-de-l’hommiste dont je vous parlais : Islamisme, terrorisme, DA’ECH. Mais en insistant sur la nécessité de lutter contre… l’extrémisme ! Lequel ? Mystère et boulets de gomme !…

Secundo. La position des pouvoirs publics plus directement.

| Q. Justement, comment le terroriste a-t-il pu passer les contrôles aussi aisément ?

Jacques Borde. Parce que 99% des contrôles en place sont totalement bidons, tout simplement. Ils sont là, principalement, pour rassurer le chaland.

| Q. Certains spécialistes mettent en avant le port de vêtements plus épais dû à la saison hivernale ?

Jacques Borde. Bonjour les spécialistes ! Rien à voir. Seule une palpation correctement effectuée vous permet de découvrir une arme de poing. Beaucoup d’entre elles peuvent se porter dans une poche, ou sous un simple T-shirt en plein été. L’hiver et nos doudounes n’ont rien à voir la-dedans. Bon, évidemment, une parka longue et un manteau vous aideront à porter des armes plus imposantes. Mais en port inside, n’importe qui peut avoir sur lui un .45, par exemple.

Ça n’est pas pour rien qu’on parle de port dissimulé pour une arme que l’on ne porte pas ostensiblement et à la vue de tous3, pour les rares personnes titulaires d’un port d’armes.

| Q. Et que peut-on y faire, concrètement ?

Jacques Borde. Pas grand-chose, sauf à fouiller réellement les gens de manière aléatoire ou systématique selon les cas. Le problème du terroriste en maraude, est que, non-repéré, il garde l’initiative des opérations, donc un avantage évident. Ce qui est sûr, en revanche, c’est nous sommes pile dans le cas de l’activiste takfirî dormant que notre système pénitentiaire, au sommet de son incompétence, remet en circulation. Pas le premier et, très probablement, pas le dernier.

Quant à ce que l’on peut faire (d’efficace, je veux dire), vous noterez que la Birmanie qui a su réagir, par sa Stratégie d’anéantissement, avec une juste sévérité à la première irruption d’importance de la terreur takfirî sur son sol : l’offensive lancée par le Harakah al-Yaqin-ARSA. Stratégie d’anéantissement efficace dans la mesure où ce pays n’a plus, depuis, connu le moindre acte de terreur.

| Q. En expulsant près de 800.000 personnes…

Jacques Borde. Yangoon n’a expulsé personne. Les 800.000 et plus Rohingyas qui sont partis, l’ont fait motu proprio. Votre question portait sur l’efficacité des mesures techniquement envisageables. Je crois y avoir répondu.

| Q. Les Rohingyas ne sont visiblement pas votre tasse de thé ?

Jacques Borde. Géopolitiquement et géostratégiquement, leur saga, telle que fantasmée par nos media municho-takfirî, n’est pas prête de me convaincre. Mais, je ne suis pas le seul. Ainsi, le chercheur Didier Treurenaere4 vient de leur consacre un ouvrage, Rohingyas, de la Fable à la réalité, que je vous conseille d’ajouter à votre bibliothèque. Opus qui a le mérite de remettre les choses à leur place. À son sujet, l’excellente revue Conflits lui a consacré une note dont je vous livre l’essentiel :

« …l’auteur (…) rappelle les origines du problème – la venue de ces populations a été encouragée par le colonisateur britannique qui les a utilisés contre les nationalistes birmans, il dénonce l’instrumentalisation de ces musulmans comme ceux de Thaïlande en un vaste djihâd qui touche aussi le Bangladesh et qui conduit dans ces trois pays à des affrontements avec les Bouddhistes »5.

Mais, à propos de tasse de thé, l‘épuration ethnique de Bouddhistes de leurs propres pays programmée par Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)6, n’est pas celle du cloaca mediatica maxima occidental, je le reconnais volontiers.

| Q. Dites-donc, Stratégie d’anéantissement, vous n’y allez pas par quatre chemins ?

Jacques Borde. (Sourire) Ce terme de Stratégie d’anéantissement est celui que beaucoup d’historiens utilisent pour qualifier la stratégie d’Hannibal face à Rome. Le chef de guerre carthaginois – emblématiquement connu pour ses victoires de Cannes, Trasimène et La Trébie7 – appliquait, du mieux possible, l’encerclement et le massacre le plus systématique possible des troupes que lui opposaient ses adversaires.

| Q. Simple stratégie ou but de guerre ?

Jacques Borde. Pour Hannibal, les deux probablement. Sa Stratégie d’anéantissement aura été particulièrement efficace au vu des pertes essuyées par Rome. En tant que but de guerre, elle restera un échec. D’abord, en raison de la Stratégie d’évitement que lui opposera Quintus Fabius Maximus Verrucosus dit Cunctator (le Temporisateur)8.
Succès, en revanche pour Daw Aung San Suu Kyi et Tatmadaw Kyee9 .

| Q. Durablement ?

Jacques Borde. C’est à souhaiter.

| Q. Mais, aujourd’hui, que reproche au juste l’Europe à Rangoon ?

Jacques Borde. Comme il est difficile de remettre en cause les résultats de la stratégie d’airain choisie par les Birmans, nos Vieillesses junckeriennes (sic) européennes se rabattent sur ce qu’ils trouvent. En l’espèce, pas grand-chose : deux journalistes condamnés en appel pour avoir oublié les règles de droit en vigueur au Myanmar. Aucun intérêt !…

| Q. De quoi s’agit-il ?

Jacques Borde. Leur travail sur une bavure (sic) de militaires birmans. Dix personnes tuées en dehors d’un engagement militaire proprement dit. Une affaire passée devant la justice militaire et où des jugements sévères ont été prononcés. [à suivre]

Notes

1 Ou Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), mouvement terroriste takfirî lié à DA’ECH et dirigé par Ataullah Abou Ammar Jununi.
2 Qu’elle de fasse avec justesse ou avec la plus totale stupidité, est un autre problème.
3 De mémoire, un des rares endroits au monde où le port ostensible d’une arme est autorisé est l’Arizona.
4 Rohingyas, de la Fable à la réalité, 158 pages, Soukha 2018.
5 Conflits n°20, p.81, (janvier-février-mars 2019).
6 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
7 Outre les cités helléniques ou latines qu’il rasât avec constance en Grande Grèce.
8 Homme politique romain, né à Rome vers 275 av. J.-C. et mort à Rome en 203 av. J.-C. En 218, Fabius fait partie de l’ambassade romaine à Carthage et c’est lui qui, formellement, déclare la guerre à la cité punique après la prise de Sagonte par Hannibal. Le Sénat le nomme dictateur en 217 av. J.-C. après le désastre du lac Trasimène en juin. Conscient de son manque de moyens, le dictateur harcèle Hannibal sans l’attaquer directement, cherchant à l’épuiser dans une guerre d’usure, refusant systématiquement le combat. Une stratégie qui lui vaut son surnom.
9 Armée de Terre birmane.

 

A Propos Jacques Borde

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