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Paris & ses Returnees ! Ou l’Art de se tirer une balle dans le pied !… [2]

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Pas plus que l’Europe des 28 (ou 27, peu importe) n’a été à la mesure de notre guerre contre la terreur takfirî, ses États-membres semblent, aujourd’hui, tout autant incapables de prendre le retour des soldats du califat dans les pays dont ils issus, pour ce qu’il est : à savoir la projection par DA’ECH & Al-Qaïda, d’une part non négligeable ce ce qui leur reste de combattants aguerris sur cet autre front du djihâd qu’est la velléitaire & vieille Europe. Ici, Bis repetita plagions encore (de mémoire toute relative) ce diplomate US expérimenté qui nous interpellait : « Vous avez aimé Beyrouth, vous aimerez Mog1 », & risquons-nous à dire : « Vous avez aimé Raqqa, vous aimerez Trappes2 » ! Épisode 2.

« Elles sont là-bas, elles doivent être considérées comme des combattantes. À partir de là, il faut une belle dose d’audace pour réclamer à la France d’être jugé et qui plus est à la carte ! ».
Me.Gilles-William Goldnadel.

| Q. Dites-moi, ça se confirme tous les jours : les Français restent majoritairement opposés aux retour des terroristes vétérans du djihâd ?

Jacques Borde. Oui, j’ai vu ça. Tout sauf une surprise. Quasiment personne ne veut des Returnees. Comme l’a d’ailleurs confirmé une étude Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France-Info, qui nous ramène à la vraie réalité et non au propaganda staffel de nos media mainstream néo-vichystes.

Étude qui nous apprend que 82% des personnes interrogées sont favorables au jugement des proxys takfirî prétendument français en Irak. Elles s’élèvent même contre le retour en France des enfants de ces terroristes takfirî. Ce qui, pour moi, est une position de bon sens.

« Unanimement, les internautes estiment que les djihâdistes n’ont aucune circonstance atténuante », assure même Véronique Reille Soult3. Par ailleurs, la « déchéance de la nationalité est à nouveau évoquée parmi les sanctions possibles », si les djihâdistes devaient malgré tout revenir.

Selon le même sondage, 89% des Français interrogés disent craindre le retour de djihâdistes en France, 53% se disent même très inquiets.

| Q. Et, il y a de quoi ?

Jacques Borde. Évidemment. Quant aux femmes takfirî, présentées comme de simples nunuches pondeuses abusées par de vilains mâles oppresseurs, la litanie pro-féministe des journalistes (sic), de France-24 notamment mais pas seulement, c’est pire qu’on fait mine de le croire.

| Q. Que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. En fait, comme nous l’a expliqué David Thomson, auteur de Les Revenants, ouvrage consacré à ce phénomène des Returnees, « Les femmes djihâdistes ne sont pas suiveuses. Elles sont bien souvent moteur dans la radicalité d’un couple djihâdiste ».

Donc, puisque, nous explique-t-on à longueurs de colonnes et d’éditos, hommes et femmes sont égaux. Que nos Takfirî des deux sexes le soient, ensemble ou séparément peu importe, au pied de la potence.

| Q. Mais de quoi, au juste, les Français s’inquiètent-ils ?

Jacques Borde. Oh, de plein de choses ! Les égorgements de rues de nos concitoyens, par des – verbatim nos kollabos DA’ECHiens de service – déséquilibrés.

Ou encore que l’imam de la mosquée d’Empalot (Toulouse), Mohamed Tataï, a été mis en examen pour incitation à la haine raciale à la suite de propos antisémites prononcés (en arabe) lors d’un prêche, en décembre 2017.

On rappellera que le sieur Tataï, nous était vendu par la voyoucratie médiatique comme un imam… modéré (sic).

Deux chefs de mise en examen ont été retenus contre ce triste sire :

1- « provocation publique, par parole, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».
2- et « provocation publique, au moyen de communication au public par voie électronique, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

| Q. Pour avoir dit quoi, au juste ?

Jacques Borde. Tout est parti d’une vidéo postée sur la Toile, montrant un prêche datant de fin 2017 dans une salle de prière du quartier Empalot, à Toulouse. On y voit clairement Mohamed Tataï se livrer en arabe à des propos clairement antisémites.

« Il y a un juif qui se cache derrière moi, viens le tuer ».

Selon la traduction d’arabe en anglais, Mohamed Tataï aurait, plus précisément, déclaré : que « (Le prophète) nous a parlé de la bataille finale et décisive : le Jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les musulmans combattent les juifs (…) Les Juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres et les rochers et les arbres diront : ‘Ô musulman, Ô serviteur d’Allah, il y a un juif qui se cache derrière moi, viens le tuer’ ».

Propos tirés des paroles mêmes du prophète, selon la tradition musulmane (Sunna, en V.O) la plus classique !…

| Q. Quid des chiffres qu’avance la ministre de la Défense à propos du Mali ?

Jacques Borde. Pas de raisons de les mettre en doute. Ainsi, selon la ministre française des Armées, Florence Parly – qui s’exprimait ors d’une audition le 20 février 2019, devant la Commission de la Défense du Sénat, dont le contenu a été rendu public le 27 février 2019 – l’armée française a « neutralisé » plus de 600 djihâdistes au Sahel depuis 2015, dont un tiers en 2018,

« En quatre ans, en liaison avec les forces partenaires, nous avons mis hors de combat plus de 600 terroristes ». Et, « en 2018, nous avons remporté d’importants succès : nous avons neutralisé de nombreux chefs terroristes et plus de 200 combattants ». En revanche, le numéro deux de la principale alliance takfirî du Sahel liée à Al-Qaïda, l’Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou el-Hamame, serait, hélas, toujours en vie.

Des chiffres excellents ! Mais à se demander pourquoi nous ne soumettons pas à la même posologie nos Returnees. Comme sous Hollande, en fait, avec des éliminations préventives.

À rappeler qu’en 2020, approximativement 450 proxys takfirî seront libérés de prison. Prisons que beaucoup, nous l’a rappelé Gilles Kepel, nomment désormais l’ENA du djihâd.

Ou comme l’a dit, Nicolas Dupont-Aignan : « Le gouvernement n’a déjà pas pris les mesures qui s’imposaient pour les attentats. Il est hors de question que ceux qui sont allés en Irak et en Syrie pour combattre contre la France y reviennent ! ».

| Q. Bon, que faire alors ?

Jacques Borde. J’ai lu l’entretien qu’ accordé Alexandre del Valle à Atlantico sur le sujet. Alors, autant vous citer les solution qu’il nous suggère, ce sera plus simple : « Pour l’heure, l’intérêt des pays européens est de poursuivre la politique de neutralisation des djihâdistes ‘français’ par les services spéciaux puis d’appuyer la condamnation des captifs par l’État irakien ».

La ministre française des Armées, Florence Parly, « a d’ailleurs reconnu, comme avant elle l’ex-président français François Hollande, que des assassinats ciblés sont régulièrement pratiqués par nos services action DGSE sur place et par des drones des armées française et occidentales. Parallèlement, pour ceux qui demanderaient à revenir, il convient de favoriser voire de systématiser la déchéance de nationalité de tous les djihâdistes binationaux restés sur zone, de ce fait bannis à vie de France et privés des droits civiques et sociaux. Comme l’a bien réaffirmé Pierre Conesa, 50% des cas de djihâdistes étant des bi-nationaux, cela signifie que retirer leur nationalité à ces profils et de les bannir à vie du territoire français réglerait déjà le problème de la moitié des revenants potentiels, ce qui n’est pas négligeable. Rappelons que l’article 25 du Code civil prévoit clairement la déchéance de nationalité dans les cas où l’on tourne les armes contre la nation ou autres cas de haute trahison. La déchéance de nationalité est d’ailleurs couramment pratiquée en matière de trafics de drogue et de prostitution, d’où l’étonnement que cette mesure radicale soit si peu utilisée en matière de terrorisme. (…). Ensuite, il est temps de réinstaurer une coopération judiciaire minimale avec le régime syrien de Bachar el-Assad, ceci quoi qu’on en pense. L’idée choque les belles âmes en France et elle est fortement combattue par les États-Unis qui veulent d’ailleurs prolonger les sanctions contre Damas et empêchent leurs alliés arabes du Golfe de normaliser leurs relations avec Assad, mais les Allemands et les Espagnols le font déjà, Madrid ayant d’ailleurs toujours refusé de rompre totalement les relations diplomatiques avec la Syrie ».

| Q. Très théorique, tout ça ?

Jacques Borde. Non pas du tout.

En fait, comme le dit encore Alexandre del Valle, « On sait par ailleurs que des djihâdistes ont été remis aux Syriens par l’armée française. Nombre d’experts reconnaissent que la coopération judiciaire avec la Syrie va être rendue encore plus nécessaire par le retrait militaire américain annoncé, ceci d’autant plus que l’État syrien va peu à peu être rétabli dans son autorité dans les territoires des autonomistes kurdes contraints par la nécessité de faire face aux Turcs. Enfin, une piste de procédure judiciaire pour les djihâdistes que l’on ne pourra ni éliminer ni faire juger sur place, réside dans la création d’un tribunal international pour les crimes terroristes. Cette idée est avancée depuis des années par le Juge Trevidic ».

| Q. Et, ça fonctionnerait comment  ?

Jacques Borde. « Ce tribunal », poursuit Alexandre del Valle, « jugerait les terroristes pour ‘crimes contre l’Humanité’. Selon Marc Trévidic, il serait logique de juger ces jihadistes internationaux en dehors de la France puisqu’ils s’en sont pris à plusieurs pays dans le cadre d’une organisation totalitaire et terroriste transnationale. La limite de cette proposition d’un Nuremberg du djihâdisme réside dans l’opposition farouche de nombreux pays du Moyen-Orient qui craignent que la justice internationale anti-terroriste ne remonte à eux un jour ou l’autre ».

| Q. Là, je vous sens dubitatif ?

Jacques Borde. Oui, plutôt. Deux raisons à cela.

Primo. La justice (dite) internationale est totalement discréditée. Est-elle, dès lors, le vecteur approprié pour donner au traitement de la question takfirî l’habillage judiciaire minimal ? J’en doute fortement.

Secundo. Ce type de TPI risque d’être bagué dans son application de la justice par l’absence de peine capitale qui risque fort de lui être imposé.

Donc de fortes limites. Autant se créer un petit (ou grand, c’est selon) Guantanamo, dont personne ne sort ! Ou, mieux encore, d’appliquer la doctrine Hollande de liquidation préventive. Back to basics comme disent les Anglo-Saxons.

Notes

1 Mogadiscio. Citation de mémoire & approximative : les noms de villes ne sont pas forcément les bons ; mais l’idée demeure…
2 Ou toute autre ville de votre choix.
3 Pdg de Dentsu Consulting.

 

A Propos Jacques Borde

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