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Condé-sur-Sarthe ou l’impasse annoncée du modus operandi des Returnees !

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Apparemment, le premier de nos Returnees n’ayant même pas encore mis le pied sur le sol national, que l’Affaire de Condé-sur-Sarthe vient d’en plomber les perspectives merveilleuses qu’en donnaient depuis des semaines les plus belles voix de l’administration Macron & de ses relais médiatiques. Retour sur un dossier qui risque fort, tellement elle est odieuse, de marquer les électeurs d’ici à quelques semaines.

| Q. Allons, une fois n’est pas coutume, droit au but : comment analysez-vous l‘Affaire de Condé-sur-Sarthe ?

Jacques Borde. Oh, c’est simple ! Comme la quintessence des failles de notre système judiciaire. Que dire d’autres ? En effet :

1- comment un terroriste coupable de crime de sang peut-il être autorisé à passer du bon temps dans une cellule intime avec sa compagne ? Je les croyais soumis au régime sec (sic) une fois repérés.
2- comment se fait-il que cette dernière puisse lui faire passer deux armes blanches, visiblement « comme une lettre à la poste » ? Ah, oui, c’est vrai : on ne fouille plus au corps ces dames à l’entrée…
3- de toute évidence, le confort, y compris sexuel, de ces criminels de haut vol semble avoir pris la priorité sur la sécurité des personnels pénitentiaires.
4- comment va-t-on faire à présent que plus de 450 terroristes d’Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)1 et d’Al-Qaïda vont être relâchés dans les mois à venir ? Difficile de prétendre que le système carcéral aura contribué à briser leur volonté de nous nuire.
5- il semble urgent de remettre au goût du jour la Loi Dati2, qui permettait de prolonger la peine de détenus jugés dangereux.
6- au-delà, est-il opportun d’aller sauver les djihâdistes de Syrie et d’Irak et de leur offrir, outre le gîte, du bon temps, ce plutôt que de préserver la sécurité des Français ?
7- Pourquoi nous rebattre les oreilles avec les malheurs de ces gens qui sont les ennemis de la France. Et par déduction du reste : ce gouvernement ferait-il passer le droit des terroristes avant celui des Français ?

Outre qu’on est en droit de se demander pour quelles raisons des prisons de haute sécurité où sont stockés (sic) des terroristes takfirî leur servent, appelons un chat, un chat, de baisodrome, cette affaire, qui plus est, confirme bien que la doxa takfirî est un nazislamisme.

| Q. Comment cela  ?

Jacques Borde. Le premier procès d’assises, en 2015, de Michaël Chiolo avait mis l’accent sur l’attirance de l’accusé pour le nazisme. « Des dossiers photos avaient été présentés », se souvient Me. Demagny auprès de France-Bleu. Chiolo « collectionnait les posters d’Adolf Hitler ».

Le profil d’un détenu est connu de la communauté carcérale, ce dès qu’il passe la porte d’un centre pénitentiaire. Ce qui signifie qu’en faisant de Chiolo l’un des leurs, les terroristes takfirî qui l’ont côtoyé, choisi, recruté et formé :

1- savaient parfaitement qui ils intégraient dans leurs rangs.
2- savaient, très certainement, que l’homme de 89 ans assassiné par leur recrue, était un rescapé de Dachau. Bizarrement, ce point est fort peu traité par les media mainstream. Pourquoi ?
3- que ce profil ne les gênait absolument pas.

De là, comment ne pas s’interroger quant à la capillarité entre les deux doxa. Une affaire qui, en tout cas, confirme l’aberration de l’administration Macron à vouloir rapatrier nos vétérans du djihâd.

| Q. Et plus généralement, quels problèmes pose ce mode opératoire ?

Jacques Borde. Celui de l’Espace Schengen, sorte de porte d’entrée ouverte sur une Méditerranée sous le contrôle du Crime organisé immigrationniste. Premièrement mais pas seulement. Une Via sacra qui conduit tout droit à nos ENA du djihâd3, en tout cas.

C’est un peu ce que nous ont dit successivement Jordan Bardella et Jean Messiha, tous deux du Rassemblement National (RN), réagissant sur l’affaire :

« Il faut rompre avec l’espace Schengen : la libre circulation des personnes, c’est joli sur le papier, mais c’est aussi la libre circulation des terroristes ! La frontière est un instrument qui doit protéger ». « On vit dans un pays où l’on héberge des terroristes à l’hôtel, où l’on fait revenir des djihâdistes partis combattre à l’étranger, et où l’on poursuit en justice ceux qui, comme Marine Le Pen, dénoncent leurs crimes ».

Et, « Nous tirons la sonnette d’alarme : Christophe Castaner doit renoncer au retour des 150 djihâdistes « français ». Il faut maintenant expulser les islamistes étrangers et isoler TOTALEMENT les détenus radicalisés ! ».

Ce qui, contrairement aux engagements pris, n’était absolument pas le cas.

| Q. À quoi faites-vous allusion ?

Jacques Borde. Très clairement aux propos de Nicole Belloubet, la ministre de la Justice qui, le 20 septembre 2018 dans le Parisien, affirmait à propos de la prison de Condé-sur-Sarthe que « Tout a été mis en œuvre pour que les détenus radicalisés ne puissent pas communiquer avec d’autres détenus et ne puissent pas ni exercer d’action violente, ni faire du prosélytisme ».

Apparemment, il y a eu un bug. Et un gros !

| Q. Vous dressez-la de bien noires perspectives ?

Jacques Borde. Des constats, plutôt.

Ou comme l’a dit Julien Havasi, sur sa page Facebook :

« Dans à peine 10 ans de véritables « machines à terrorisme » erreront librement dans nos rues, devant nos écoles, nos théâtres, nos cinémas… Imaginons que des jeunes issus de l’immigration et éduqués selon le modèle de Mahomet aient grandit en banlieue islamique parisienne, puis qu’une fois adultes ils soient allé se former à la guerre dans les rangs des Djihadistes et enfin, après avoir été fortement réclamés par le Gouvernement, qu’ils passent 10 ans dans les prisons radicalisées et à 90% musulmanes en France… Mettons ensuite ces « cervelles formatés à la haine de l’Occident, à l’appel du sang et à l’amour de la Guerre Sainte » dans nos rues… Laissons les totalement libre dans nos villes… C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment, le Gouvernement travaille d’arrache-pied pour récupérer les « Français administratifs » arrêtés en Syrie pour leur participation au djihâd. Il faut tout faire pour que ces monstres soient exécutés sur place ! ».

Étendre et généraliser ce que François  Hollande a fait de manière empirique : liquider. Mais à plus vaste échelle.

| Q. Donc, selon vous il nous faut refuser d’accepter nos Returnees sur le sol national ?

Jacques Borde. De toute évidence, oui. Ne serait-ce que parce que notre système carcéral est incapable de gérer et de contrôler une telle population.

Et l’administration Macron, qui veut en faire revenir plusieurs centaines de Syrie !…

| Q. Que doit-on faire selon vous ?

Jacques Borde. Le boulot, tout simplement. Comme lorsque le numéro deux du JNIM/RVIM est, par nous, liquidé au Mali. La vérité est que nos soldats ne déméritent pas, même si, d’une manière générale, l’armée française est à l’os !

Là, les forces de l’Opération Barkhane ont « neutralisé » dans l’après midi du 21 février 2019, Yahia Abou Hamman, n°2 du Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn (JNIM)4 et chef de l’Émirat de Tombouctou (sic), lorsque celui-ci a été identifié au sein d’un groupe de véhicules en progression au Nord de Tombouctou justement.

« Cette opération audacieuse allie un travail méthodique et persévérant avec une capacité d’intervenir efficacement dans des délais très réduits », a précisé le chef d’État-major des armées (CEMA) français, le général d’armée François Lecointre, pour qui cela « témoigne du haut niveau d’expertise acquis par les militaires français dans la conduite d’opérations complexes ».

Par « intervenir efficacement dans des délais très réduits », il est à comprendre que nos forces ont nettement progressé dans la réduction de la Boucle OODA5.

« C’est un coup très dur pour les groupes terroristes agissant au Sahel », a salué le ministre français des Armées, Florence Parly, dans un communiqué.

Rappelant que « Le RVIM aura perdu trois de ses principaux chefs en l’espace d’une année. Tous étaient des adjoints proches de Iyad Ag Ghaly. La disparition d’un chef de premier plan permet de démanteler les réseaux et d’enrayer la dynamique du terrorisme dans la région. Sans chef, plus de direction ni de coordination : les combattants sont désemparés ».

Espérons que cela suffise.

À se demander aussi pourquoi ce qui est bon pour nos alliés et partenaires au Sahel serait mauvais pour les Français, sur le sol national.

| Q. Et la déchéance de nationalité, pour empêcher le retour, comme ont commencé de le faire les Britanniques ?

Jacques Borde. Un pas dans la bonne direction, si l’on peut dire.

En fait, tous les terroristes takfirî, hommes ou femmes – ce à partir de 13 ou 14 ans, vu que la République nous bassine avec leur supposée majorité sexuelle dès ces âges – doivent être déchus de leur nationalité, s’ils sont binationaux, ce qui les empêchera de rejoindre les pays le plus laxistes (comme la France), où les aides en tous genres provoquent un appel d’air incessant…

En clair, nous n’avons pas à accueillir ces gens-là, sachant qu’ils ont renié notre pays, au moment où ils sont allés combattre en Syrie ou en Irak… De plus, cela évitera une violence future inévitable, sachant que les actes antisémites et antichrétiens sont étroitement liés à une montée de la doxa nazislamiste et immigrationniste en France et ailleurs.

Mieux vaut prévenir que guérir, messieurs les politiques !

Notes

1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
2 Ou Loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs & des mineurs, du 10 août 2007, appelée aussi Loi sur la récidive. Issue du projet de loi du gouvernement Fillon, mis en œuvre par la garde des Sceaux, Rachida Dati, et adopté par la Commission mixte paritaire le 26 juillet 2007.
3 Expression, si je ne trompe pas, de Gilles Kepel.
4 Ou Groupe de soutien à l’islam & aux musulmans, aussi appelé Rassemblement pour la victoire de l’islam & des musulmans (RVIM).
5 Ou OODA Loop, en anglais. Concept inventé par le pilote de chasse John Boyd de l’US Air Force (USAF) en 1960 pour conceptualiser sa facilité à battre ses élèves lors de simulations de combats aériens, en itérant rapidement quatre processus : Observe, Orient, Decide & Act. En français : Observer, s’orienter, décider & agir.

 

A Propos Jacques Borde

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