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Les « Gilets jaunes » contre le « Régime de Paris » !

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Analyse de Jean Cuny sur l’Affaire des Gilets jaunes. Texte, une fois n’est pas coutume, plus politique que militaire. À lire, malgré tout, sans modération.

Le Régime de Paris (sic) mis en place en 2017 par une petite clique d’oligarques (Henry Hermand, Xavier Niel, Patrick Drahi, Arnaud Lagardère) leur a rapidement renvoyé l’ascenseur avec la création de la flat tax, la suppression de l’ISF remplacé par l’IFI.

Après ces cadeaux aux oligarques, il fallait bien trouver de l’argent et celui ci le Régime de Paris a décidé de le prendre dans les poches des classes moyennes et populaires par le biais de l’augmentation de toute une série de taxes avec par exemple la hausse du malus écologique pour les automobiles (pour une même voiture on est passé de 1.100 € en 2017 à 1.900 € en 2018), la taxe sur les cabanes de jardin1 (cela paraît ridicule, mais il n’y a pas de petit profit!) après avoir augmenté de 3% en 2018, augmente de 4% en 2019, à l’automne 2018 le régime toujours avec un prétexte écologique décide d’une hausse de la TICPE sur les carburants.

Cette annonce a été la goutte qui a fait déborder la vase. Le Régime de Paris faisait déjà face à un mécontentement des Français, la sordide affaire Benalla avait révélé aux Français les pratiques peu reluisantes du pouvoir.

À partir du mois d’octobre 2018, un vent de révolte a soufflé sur la France : plus de 3.000 sites ont été occupés par des manifestants revêtus du gilet jaune, obligatoire dans les automobiles, que le ministère de l’intérieur chiffrait à 287.000 alors que d’autres sources avancent le chiffre d’1,3 million.

À ce vaste mouvement, le pouvoir tétanisé répond par le mépris, le porte parole du régime, Benjamin Griveaux évoquant « des gars qui roulent au diesel et fument des clopes », il est vrai que Benjamin Blaise, ex-socialiste, ex-collaborateur de Strauss Kahn, ancien employé d’Unibail-Rodamco pour un salaire de 17.000 € par mois n’a rien à voir avec ce bas peuple.

Moqueries à l’égard des Gilets jaunes qui réclament moins d’impôts et plus de services publics, le problème est qu’il y a une trentaine d’année, le niveau des prélèvements obligatoire était plus faible et les services publics beaucoup plus présents sur l’ensemble du territoire ! Certains ont même dit : « S’il fallait un certain niveau de QI pour manifester il n’y aurait personne dans les manifs ». Comme on le voit, un mépris abyssal des « élites » à l’égard du peuple.

Le régime pouvait croire qu’un mouvement non structuré ne serait qu’un feu de paille, mais 8 jours plus tard ils se sont retrouvés à 800.000 et ces manants ont eu le front de se rendre sur les Champs Élysées où ils ont monté des barricades qu’ils ont enflammées, Castaner, le ministre de l’Intérieur a attribué ces violences à des « séditieux de l’ultra droite » rassemblés à l’initiative de Marine Le Pen.

Il faut dire que la présence de nombreux drapeaux tricolores dans ces manifestations ne pouvait qu’hérisser ce pouvoir mondialiste qui bien sûr a joué la carte de la reductio ad hitlerum en évoquant des gilets bruns, racistes, antisémites !!

La secrétaire d’État Marlène Schiappa a évoqué un financement italien des Gilets jaunes comme quoi le ridicule ne tue pas.

Le régime connaissant le mécontentement régnant dans les forces de l’ordre pouvait craindre que celles-ci se joignent aux manifestants : lors de la première manifestation de nombreuses discussions avaient eu lieu entre les manifestant et les forces de l’ordre. Des ordres ont été donnés aux forces de l’ordre pour réagir avec brutalité, c’est ainsi que l’on a pu voir des tirs de grenades lacrymogènes sur des manifestants pacifiques.

Après s’être efforcé de dresser un mur entre les forces de l’ordre et les Gilets jaunes, le régime allait s’efforcer de les discréditer : la manifestation du 1er décembre 2019 s’est caractérisée par un grand niveau de violence, le pouvoir ayant instrumentalisé les Blacks Blocs et autres antifas pour casser, c’est ainsi que l’Arc de Triomphe a été envahi et soumis à des déprédations tandis que des Gilets jaunes encerclaient la tombe du Soldat Inconnu pour la protéger tout en chantant la Marseillaise. Des barricades ont été montées et incendiées tout comme des voitures, des magasins vandalisés et pillés, à cette occasion on s’est aperçu de la présence de djeuns de banlieue, 3 ont été arrêtés avec des objets volés à la boutique de l’Arc de triomphe. Un indicateur du niveau de violence est révélé par le fait que ce premier décembre, rien qu’à Paris, plus de 10.000 grenades lacrymogènes et plus de 300 grenades de désencerclement ont été utilisées.

On a vu aussi ces mêmes Blacks Blocs s’attaquer à des leaders des Gilets jaunes comme Eric Drouet.

Signe du soutien indéfectible des media au Régime de Paris, il leur a fallut HUIT semaines pour s’apercevoir qu’il y avait eu des dizaines de blessés parmi les manifestants. Ce soutien au régime a entraîné la prise à partie de ces mêmes media par les manifestants par contre une chaîne comme RT France a souvent été acclamée par les Gilets jaunes.

Le régime a mis en œuvre une politique de répression d’une violence que l’on n’avait pas connu depuis la Guerre d’Algérie : plus de 9.000 gardes à vue, des centaines de mandats de dépôt, plus de 2.200 blessés, des dizaines de blessés graves.

Le procureur de la République de Paris dans une note du 12 janvier 2019 invitait les procureurs à lever les gardes à vue le plus tardivement possible même en cas de classement sans suite et à inscrire les Gilets jaunes interpellés sur le fichier de traitement des antécédents judiciaires là encore y compris si les dossiers sont classés sans suite.

Nous avons là une volonté d’intimidation pour ne pas dire une volonté terroriste au sens premier du terme.

Croyant reprendre la main le Régime de Paris à lancé un « grand débat » sur des questions soigneusement cadrées de façon à éviter les sujets trop gênantes pour lui .

Lors d’une de ces réunions lorsqu’un sympathisant des Gilets Jaunes interpelle Macron celui-ci répond : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit »

Comme disait Michel Audiard « Les cons ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît »

Quand même : 13.095 tirs de LBD40 du 17 novembre 2018 au 2 mars 2019, excusez du peu. Quant aux grenades lacrymogènes, on n’arrive même plus à les compter, et les VXB2 sur les Champs Élysées c’est sans doute juste pour leur faire prendre l’air.

On aurait eu un dixième de ce niveau de répression en Russie ou en Iran nous aurions entendu les media du système pousser les hauts cris.

Quant cette répression a été évoqué a été évoquée par Michelle Bachelet, ancienne présidente socialiste du Chili et actuelle Haut Commissaire des Nations-unies aux droits de l’Homme, les media thuriféraires du Régime de Paris qui l’encensaient lorsqu’elle était présidente du Chili se sont mis à pousser des cris d’orfraie, se demandant qui manipulait l’ONU, soulignant sa proximité avec le Vénézuela de Chavez et estimant « qu’elle avait fumé la moquette ».

Face à la poursuite de la mobilisation, le Régime de Paris ne sait plus que faire. Pour relâcher la pression, le ministre de l’Intérieur, Castaner va s’éclater en boîte de nuit quant à Macron, il préfère aller au ski. C’est toute la mesure d’un régime, le pays est confronté à une grave crise qui révèle l’impopularité du pouvoir et ses responsables pensent à leurs petits loisirs.

Les graves incidents du 17 mars 2019 qui ont vu de très nombreux magasins saccagés sur les Champs Élysées ont été pour le pouvoir l’occasion de faire un nettoyage par le vide dans la direction de la Préfecture de Police de Paris et de régler des comptes : le préfet de police Michel Delpuech qui lors de l’Affaire Benalla avait évoqué des copinages malsains à l’Élysée a été viré de même que le directeur de l’Ordre public, Alain Gibelin, qui lors de cette même affaire s’était embrouillé dans ses déclarations. On peut d’ailleurs souligner que le mouvement des Gilets jaunes redémarrait et comme le 1er décembre 2018 on a vu ce jour les Blacks Blocs intervenir en masse, nouvelle tentative pour décréditer le mouvement.

Le régime s’engager dans une dérive totalitaire, on l’a vu avec la loi sur la haine sur internet qui vise en réalité à museler toute pensée libre, on l’a vu avec les déclaration de Philippe pour qui les forces de l’ordre doivent « aller au contact, faire que ces rassemblements ne puissent même pas se constituer » (bonjour pour le droit de manifester) ou avec Nunez « sourire quand on voit un saccage c’est s’en rendre complice » !!!

Dans sa fuite en avant, le régime ne sait plus à quel saint se vouer, sauf peut être à sainte Rita :

Sainte Rita, avocate des causes désespérées, priez pour nous.
Sainte Rita, j’ai recours à vous, que tous proclament « la sainte des impossibles ».
Je suis angoissé, dans une impasse.

Ultime recours du régime : l’armée, pour montrer aux Gilets jaunes qu’il n’est pas content, Macron semble avoir fait sienne la phrase de Diderot : « Il n’y a de bonnes remontrances que celles qui se feraient la baïonnette au bout du fusil ».

Mais on pourrait lui opposer la phrase célèbre de Talleyrand : « On peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus ».

Qu’un régime qui se prétend démocratique, en fait non, il n’emploie que le terme républicain ce qui révèle bien que dans sa pensée comme dans sa pratique il a écarté toute idée de démocratie, on le voit bien avec le refus du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne).

Qu’un régime soi-disant démocratique en soit réduit à recourir à l’armée montre bien son état de déliquescence. Le gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Leray affirmant que les militaires pourront « aller jusqu’à l’ouverture du feu ».

Nous sommes dans la France du XXIe siècle, nous ne sommes pas en 1830, en 1848, nous ne sommes pas à Fourmies le 1er mai 1891.

De méchantes langues susurrent que Benjamin Blaise aurait envoyé l’un de ses sbires au salon du survivalisme qui se tenait ce week-end à Paris3 pour se renseigner sur le prix d’une panic room !

Pour le samedi 23 mars 2019, le procureur de la République de Paris a permis à la police de contrôler toute personne sur l’ensemble de Paris, on se croirait revenu aux heures les plus sombres de notre histoire !!!

Et ce 23 mars, comme par hasard, pas un Black Bloc à la manœuvre, après les avoir lâché une semaine plus tôt pour discréditer les Gilets Jaunes, le Régime de Paris tenait à montrer qu’il contrôlait la situation. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Et le régime tape tant qu’il peut sur les Gilets jaunes : il y a eu 2.000 condamnations dont 40% à de la prison ferme et 1.800 personnes sont encore en attente de jugement.

Nous avons un mouvement de révolte populaire qui dure dans le temps, mouvement auquel le Régime de Paris n’a su répondre que par une répression effrénée à la mesure de la peur suscitée dans les rangs de l’oligarchie. L’absence de structuration du mouvement a permis au régime de tenir mais il est certain qu’électoralement il va en payer l’addition.

Notes

1 Ce d’autant plus que tout une activité de rénovation et de nouvelles applications pour icelles s’est développé ces dernières années.
2 Véhicule blindé dévolu au maintien de l’ordre, dérive du VAB de l’armée de Terre.
3 Porte de la Villette. Avec une forte montée en gamme et en qualité, pour les événements de ce type précédemment.

 

A Propos Jacques Borde

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