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Des Enseignants armés en Floride : Un Bien ou un Mal ?

| États-Unis / 2nd Amendment | Questions à Jacques Borde |

Encore une avancée majeure à porter au crédit de Donald J. Teflon Trump : la Floride vient d’étendre le port d’armes en milieu scolaire. Autrement dit la Gun free zone qui attirait comme un aimant tous les malades assoiffés de sang. Les Floridiens, par les élus bons Républicains qu’ils ont choisi, auront donc privilégié les good guys aux bad guys. Mauvaise nouvelle pour les seconds : écoles & lycées, au grand dam des droit-de-l’hommistes victimaires du camp démocrate – opposés au 2nd Amendment, mais entourés de Bodyguards armés comme des porte-avions, à la plus petite de leur prise de parole –, ne seront plus ces zones de massacres en toute impunité où ils pouvaient, tirer, égorger & massacrer sans être dérangés, dans l’attente des HRT1 ou autres SWAT2. Désormais pour y assouvir leur fantasmes meurtriers, il faudra prendre le risque d’y prendre un bonne série de .45, passée la première porte !…

« Cela va permettre aux bonnes personnes de stopper les mauvaises. Les mauvaises personnes ne seront jamais quand est-ce-que les bonnes sont là pour riposter ».

Chuck Brannan,  élu républicain de la House of Representatives.

| Q. La Floride qui utilise le port d’armes en milieu scolaire, vous êtes pour ou contre ?

Jacques Borde. Pour, évidemment. Sachant que la nouvelle loi, qui devrait être promulguée par le gouverneur républicain de Floride, Ronald Dion Ron DeSantis, a été approuvée, le 1er mai 2019, par 65 voix contre 47 à la Chambre des représentants de Floride, après avoir obtenu, la semaine dernière, la majorité au Sénat local.

| Q. Et ça concerne qui au juste ?

Jacques Borde. Le texte prévoit que les professeurs puissent être armés sur la base du volontariat et après avoir suivi une formation au maniement des armes de 144 heures. On peut supposer que le périmètre des utilisateurs concernera tout ou partie des personnels administratifs. C’est, du moins, à souhaiter et serait une décision de bon sens.

| Q. Que dites-vous à ceux qui dénoncent ce texte ?

Jacques Borde. Ah, nos bon vieux démocrasouillards démocrates, que ne diraient-ils comme âneries pour exister ?

Plusieurs choses. Tout débord il est totalement faux de s’alarmer, comme le font nos bisounours, du danger potentiel d’accident chez les enseignants. En effet, seuls les volontaires sont concernés par la loi. Or, si l’on se fie aux statistiques concernant le port citoyen et les tirs citoyens qui constituent le domaine où peuvent s’exercer des comparaisons probantes, sont à noter :

1- un taux de tirs collatéraux (tirs sur des non-criminels ou non-délinquants) infiniment plus faible que les dommages collatéraux reprochés (de manière justifiée ou pas) aux forces de l’ordre.
2- une parfaite maîtrise des armes. Là encore, les statistiques démontent que les tirs citoyens sont majoritairement le fait de possesseurs d’armes sachant tirer et, mieux, atteindre leurs cibles. On a, en fait, assez peu de cas d’arrosage (sic) comme à Toulouse au domicile de Merah. Pourtant le fait de professionnels.
3- avoir une arme sur soi (port dissimulé ou pas), ne veut pas dire la sortir et la mettre sous le nez des gens, là ses élèves, toutes les trois minutes.
4- les règles d’engagement feront que ce genre de tir ne se fera qu’occasionnellement et seulement en cas d’agression.
5- la formation (importante, 144 heures ça n’est pas rien) permettra une bonne sélection en amont.
6- il est supposer que la majorité des volontaires seront des personnels ayant une bonne pratique du tir. Ce qui ajoutera un filtre supplémentaire.
7- pour des raisons statistiques, il y a de fortes chances qu’une forte proportion des ces enseignants armés soit des… femmes. Catégorie de tireurs connue pour son calme et son extrême précision. À savoir, par ailleurs, que les femmes sont la catégorie sociale qui, aux États-Unis, s’arme3 le plus ces dernières années.
8- contrairement aux délires fantasmatiques de lobbyistes hoplophobes4, les enseignants ne seront pas catapultés au beau milieu de missions de police, mais feront face à une problématique d’autodéfense. Autrement dit des biens et des personnes à protéger, ce qui n’a rien à voir avec les situations auxquelles sont confrontés quotidiennement les forces de l’ordre.

| Q. Pensez-vous que des dispenses de formation puissent être accordées à des enseignants déjà tireurs ?

Jacques Borde. Certainement pas ! Pour plusieurs raisons, là aussi, de bon sens :

1- une formation adaptée, ça sert à tous. Expérience préalable ou pas.
2- plus on est formé, mieux c’est. Tireur sportif moi-même5, à chaque fois que j’ai amené des amis à faire du tir sportif, j’ai toujours assisté à leur formation par le moniteur les prenant en charge et validant leur aptitude au tir. On n’apprend jamais assez et les piqûres de rappel par des pros d’excellence, ça ne fait de mal à personne. Et ceux qui vous diront le contraire sont des ânes bâtés.

| Q. Et, la crainte que, face à de vrais policiers, un enseignant puisse être pris par erreur pour un agresseur ?

Jacques Borde. Argument peu recevable, désolé de le dire.

Là encore, le déroulement des tirs citoyens démontre que, dans l’immense majorité de ces tirs citoyens, policiers et armed citizens savent parfaitement s’identifier l’un l’autre et communiquer. Un armed citizen sait également comment se comporter pour ne pas être pris pour une menace par un SWAT ou des patrolmen. Et, de fait, les cas de bavures en cas de tirs citoyens sont extrêmement rares.

| Q. On sait pourquoi ?

Jacques Borde. La plupart du temps, la police arrivant après les faits, elle a dans son périmètre de tir possible :

1- le (ou les) cadavre du bad guy, qui ne justifie pas de manipulations d’armes susceptibles de constituer une menace ou une mise en danger d’autrui.
2- le (ou les) armed citizen qui les attend l’arme sagement à la ceinture le fait, en tout cas dans tous les cas que je connais, sans adopter de posture menaçante. Bien souvent, c’est une police de proximité qui retrouve un commerçant et/ou un habitant qu’elle connaît préalablement, en situation de légitime défense avérée et confirmée de manière indépendante.

Ensuite, pour revenir aux enseignants californiens le port de signes ou vêtements distinctifs devrait faciliter le discrimination entre good et bad guys. Défaut, cela constituera une indication précieuse pour l’agresseur éventuel.

| Q. Mais des gens armés dans leur environnement professionnel, ça ne vous inquiète pas ?

Jacques Borde. Rien n’est jamais acquis ou sûr à 100% et un accident est toujours possible, mais comme dans toute activité humaine. Mais si vous prenez le ratio activité/victimes, il n’y a pas photo : il est beaucoup plus risqué de prendre sa voiture (ou moto) que d’évoluer sur un pas de tir.

Sinon, les commissariats et Police stations seraient jonchés de cadavres.

Quant au cas précis d’armed citizens sur leur lieu de travail : existent, outre-Atlantique, des entreprises qui expérimentent et/ou imposent un port d’arme ostensible – pas du CCW6, pour être tout à fait clair, vous bossez avec un flingue à la ceinture7 – à leurs employé(e)s. À ma modeste connaissance, aucune d’entre elles n’a connu de mass shootinsg. Tuerie de masse, si vous préférez.

| Q. Mais pourquoi les établissements scolaires, alors ?

Jacques Borde. Mais, comme je vous l’ai déjà dit, parce qu’ils sont statutairement des Gun free zone. Des endroits ou personne n’est armé. Autrement dit, des cibles faciles.

Ajoutez à cela la publicité que font les Anti-armes, par leurs cris d’orfraie, leurs campagnes et leurs forgeries incessantes, aux mass shootings et à cette exceptionnalité, les établissements scolaires ont tout d’une grenade prête à être dégoupillée à tout moment.

Pour finir, l’essentiel des tirs citoyens constatés sont précis, efficaces et, la plupart du temps, définitifs. D’où d’importantes économies pour la communauté. Problème auquel peu de gens pensent. À tort, selon moi !…

Last but not least, comme le dit à juste raison la NRA (que je salue bien bas) ce sont les gens – les mauvaises gens, je veux dire – qui tuent. Pas les armes.

Notes

1 Ou FBI Hostage Rescue Team, unité de contre-terrorisme et de libération d’otage du Federal Bureau of Investigation (FBI), fondée en 1982 par Danny Coulson, ex-Deputy Assistant Director du FBI (sous-directeur adjoint du FBI). Sa fonction principale est celle d’une unité Special Weapons & Tactics (SWAT) fédérale. Aujourd’hui, l’unité est partie intégrante de la branche d’appui tactique du Critical Incident Response Group (CIRG, Groupe de réaction aux incidents critiques) du FBI.
2 Ou Special Weapons & Tactics, unités spécialisées jouant le rôle de nos GIPN, RAID, etc.
3 Et s’entraîne, ce qui ne gâte rien.
4 Ceux qui détestent les armes.
5 Depuis 1990.
6 ou Carrying a concealed weapon. Port dissimulé en français, la pratique consistant à porter une arme de poing ou une autre arme en public de manière dissimulée ou dissimulée, que ce soit sur soi-même ou à proximité. Port dissimulé ne signifiant pas automatiquement port hostile.
7 Souvenir d’images d’une pdg, Colt .45 en port apparent.

 

A Propos Jacques Borde

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