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Zastava M56

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Depuis quelques temps déjà, je lis & apprécie les texte que Bertrand Colom sur Facebook. Pourquoi donc essayer de faire en moins bien ce que des gens plus qualifiés que vous font de manière excellente ? J’ai donc demandé à Bernard Collom, s’il m’autorisais à reprendre ses publications sur Bforborde. Ce à quoi il a aimablement consenti. Ce dont je le remercie confraternellement. Bonne lecture & bien sûr, allez donc le visiter en direct.

Bonjour la Cellule .

Nous allons aujourd’hui discuter du pistolet mitrailleur yougoslave M56, qui est encore courant de rencontrer dans divers mouvements en Europe, de grosses quantités de ce PM ayant été distribuées et .. « perdues » au début des années 1990, durant le conflit qui a marqué l éclatement de la Yougoslavie .

Nous avons affaire à un PM initialement chambré en 7,62 Tokarev puis ensuite en 9 mm Parabellum pour l’exportation, sous la désignation de M65.

Cette arme à l’allure un peu désuète à notre époque, et qui semble totalement obsolète par rapport aux fusils d assaut courts actuels n’est surtout pas à sous estimer du fait même de son calibre .

N’oublions pas que la 7,62 Tokarev est une balle légère et rapide, pesant en moyenne moins de 6 grammes mais atteignant la vitesse de 420 à 500 m/s selon les chargements et la longueur du canon la tirant .

Si son effet de choc est inférieur à la 9 mm Parabellum, et d autant plus, bien moindre que celui du 45 ACP, elle est terriblement perforante, plus que le 9 mm Parabellum et plus du double que le 45 ACP, tirée dans les mêmes conditions !

Sa trajectoire est très tendue, et permet des tirs à 200 mètres avec une grande facilité, du moment que les organes de visée le permettent.

N’oublions pas que ce PM possède un sélecteur de tir permettant un tir semi automatique .

J’insiste là dessus car on a tendance à croire qu un pistolet mitrailleur, dont l’architecture est inspirée des MP40 allemands de la 2ème Guerre mondiale, ne serait bon qu’à tirer à quelques dizaines de mètres une munition faiblarde en vrac .

L’arme a plus d allonge, sa munition est plus perforante, des critères à prendre en compte pour la protection des personnels susceptibles à être confrontés à des armes de ce type, tant au niveau tactique que des protections balistiques .

Si l’arme est donc inspirée du PM allemand, elle n’est pas une copie servile .

L’ensemble canon/culasse et le boîtier sont plus inspirés de la Sten MK III.

La culasse est une simple masse percutante, notre PM à culasse non calée tirant à culasse ouverte.

Le canon à la finition très sommaire comporte 4 rayures à droite, il est simplement goupillé dans un manchon.

La culasse est assez ingénieuse, la partie principale de la pièce est d’un diamètre inférieur à celui du boîtier, puis les extrémités sont fraisées, le but étant de favoriser l’évacuation des saletés et de permettre le tir même si l’arme est fortement encrassée.

Par contre, les parties frottant dans le corps de la boîte de culasse sont très bien polies.

La culasse est dotée d’un verrou basculant qui bloque sa course arrière si un choc violent viendrait à la faire reculer par inertie.

En fait, le levier d armement est assez ingénieux, sa molette d’armement est doublée d’un ergot à écraser, monté sur un axe basculant, qui s’emboîte dans une excroissance de la masse percutante.

Si on tente de tirer en arrière la masse percutante sans presser ce verrou, l’ensemble reste bloqué en position avant .

Le gros ressort récupérateur hélicoïdal est à surveiller, il ne faut surtout pas que les spires se chevauche, sinon c’est le blocage de l’arme assuré, un soucis courant sur les PM de la première génération, raison pour laquelle d ailleurs les allemands avaient placé l’ensemble récupérateur du MP38 dans des tubes télescopiques, empêchant ainsi toute superposition des spires mais aussi l’intrusion de saletés qui pourraient gêner la libre compression du ressort ainsi que sa détente .

La sous garde n’est pas très qualitative, elle est en plastique moulé noir à grande résistance et contient le mécanisme de détente qui semble un peu fragile, les pièces étant en tôle pliée de faible épaisseur.

On y trouve un insolite morceau de bois ?

Il semblerait que cela soit un amortisseur entre la détente synthétique et la tringlerie métallique qu’elle actionne, afin d augmenter sa durée de vie.

Franchement, ce n’est pas la partie la plus réussie de l’arme, un mécanisme entièrement métallique serait certainement plus solide sans augmenter le prix de revient de l’arme, qui est de toute façon déjà dérisoire à la base .

La crosse repliable inspirée des MP40 ne présente, lorsque l’arme est neuve, aucun jeu néfaste, c’est au moins une bonne chose, par contre, ses branches sont de la tige d’acier nue, qui resteront collées à votre joue les jours de très grands froids.

Les organes de visée sont très simples, mais suffisants pour une arme de ce type, avec une hausse à 2 feuillets pour les tirs à 100 et 200 mètres, réellement applicables pour peu que l’on s’aménage un bon poste de tir, avec l arme bien calée et un tir semi automatique .

Le canon mesure 25 cm et la ligne de mire 43,5 cm , il y a donc un bon potentiel pour un PM .

Tous les utilisateurs s’accordent à considérer sa précision comme excellente, et son ergonomie satisfaisante .

Évidemment, ce n est pas un poids plume, 3 kg vide et sa longueur atteint 87,5 cm en position de tir, sa compacité est ramenée à 64,5 cm une fois sa crosse repliée.

C’est 18 cm de plus qu’un PM UZI pour 1 cm de canon en moins, mais l’arme est de conception classique et le principe de la culasse enveloppante n’a pas été retenu lors de la conception du PM .

Les chargeurs cintrés classiques contiennent 32 cartouches, ils sont particulièrement robustes et renforcés aux lèvres .

Une arme simple et efficace en utilisation urbaine, bien adaptée à la guérilla mais dont la longévité sera limitée par un système de détente auquel il faudra accorder le plus grand soin.

Bonne journée à toutes et à tous.

© Cellule de Mire, https://www.facebook.com/groups/Cellule.Mire/.

A Propos Jacques Borde

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