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BARKSDALE AIR FORCE BASE, La. (AFPN) -- Munitions on display show the full capabilities of the B-52 Stratofortress. (U.S. Air Force photo by Tech. Sgt. Robert J. Horstman)

B-52 H au Qatar : Vraie menace ou simple posture Vs Téhéran ?

| États-Unis / RI d’Iran | Géostratégie Jacques Borde |

L’administration Trump a jugé utile, ou plutôt démonstratif, de déployer des B-52H Stratofortess au… Qatar. Autrement dit sous le nez des Iraniens, et à portée probable de certains de leurs moyens de frappe aéroportée. Sachant que ces bombardiers stratégiques peuvent aller frapper n’importe qui, n’importe où à partir des États-Unis ou d’autres bases, Guam notamment, hors de portée de la furia du Sêpah-é Pâsdâran-é Enqelâb-é Eslâmi (Corps des Gardiens de la révolution islamique), à quoi rime ce coup tenté par Washington ?

Des éléments du 20th Bomb squadron, stationné à Barksdale AFB, ont été déployée sur Al-Udeid Air Base, au Qatar.

Un mouvement, clairement destiné à Téhéran, exemple classique de Show of force dans la plus pure tradition étasunienne, et assez éloigné de ce qui peut s’assimiler à un pas en avant, même si les moyens employés peuvent sembler conséquents.

Le B-52 dans sa dernière version H, reste un bombardier stratégique traditionnel qui, depuis des années, constitue l’épine dorsale des forces nucléaires aéroportées étasuniennes.

Étant donné que sa capacité à pénétrer (et à y survivre) des espaces aériens hostiles modernes est nettement inférieure à celle d’autres vecteurs plus récents comme le B-1B Lancer et le B-2B Spirit, il es à parier que les appareils du 20th Bomb squadron, se borneront à des vols de routine (s’ils en font) à bonne distance de l’espace aérien iranien.

Certes, le Stealth B-2B Spirit, bien plus crédible et efficace, a été plusieurs fois déployé dans les différentes facilités US du Pacifique pour des missions de démonstration de force, mais il exige des infrastructures particulières pour être déployé. Notamment des hangars spéciaux climatisés pour la sauvegarde de ses revêtements Stealth, sensibles à l’humidité et aux hautes températures.

Plus simple à déployer, le B-52H par son histoire offre un grand impact médiatique.

Son déploiement militaire à si courte distance de ses objectifs supposés n’offre aucun intérêt militaire réel. Washington montre là, simplement, ses muscles. En effet, il est bon de rappeler que les B-52H (et B-2B Spirit) ont participé à des missions de combat en partant (et en retour) presque exclusivement de territoires américains, en effectuant des vols de 20 et plus d’heures, avec des ravitaillements en vol multiples. Le déploiement au Qatar, s’il met bien la menace qu’il représente sous le nez des Iranien, ne répond pas à des besoins tactiques ou stratégiques spécifiques. Quant à son un impact médiatique, quelque-part, les Iraniens en ont vu d’autres.

Quant au choix d’Al-Udeid AB, il ne change pas grand-chose. La base abritant déjà :

1- les appareils de l’Al-Quwwāt al-Jawwīyä al-Imārātiyya al-Qatariya (QEAF)1.
2- des appareils de l’US. Air Force, de la Royal Air Force, de la Royal Australian Air Force (RAAF), ensemble ou par rotation.
3- le QG avancé du US Central Command.
4- celui de l’Air Forces Central Command.
5- le 83th Expeditionary Air Group (RAF), de manière pérenne.
6- le 379th Air Expeditionary Wing (USAF), de manière pérenne.

Techniquement, on rappellera que le Boeing B-52 Stratofortress est un bombardier stratégique subsonique à réaction et à long rayon d’action mis en service en 1955. Il peut transporter jusqu’à 31.500 kg de munitions air/sol et parcourir plus de 14.000 km sans ravitaillement. Depuis 2017, l’USAF maintient 76 B-52H Stratofortress en service actif.

Statutairement (en 2010), tous les B-52H ont été rattachés au Air Force Global Strike Command (AFGSC). Après avoir reçu des améliorations entre 2013 et 2015. L’USAF prévoit de prolonger son service jusque dans les années 2050.

Le quartier général du AFGSC, se situe à Barksdale Air Force Base en Louisiane, d’où ont décollé les appareils.

L’USAF reste confiante dans ses B-52H parce qu’ils continuent d’être des bombardiers lourds efficaces et économiques. La grande autonomie du B-52H lui permet d’être en attente au-dessus ou à proximité du champ de bataille attendant les demandes de bombardements et d’appui rapproché. Ce qui a été un atout précieux dans des conflits comme l’Opération Iraqi Freedom en 2003.

La vitesse du B-1B Lancer et la capacité furtive du B-2B Spirit ne se révèlent utiles que lorsque les défenses aériennes ennemies ne sont pas détruites. Le B-52H a le pourcentage de disponibilité opérationnelle le plus élevé parmi les trois types de bombardiers lourds employés par l’USAF.

En 2001, le B-1B Lancer offrait une moyenne de 53% de disponibilité, le B-2B Spirit atteignait seulement 26%, alors que le B-52 enregistre une moyenne de 80%. En 2013, les taux de disponibilité étaient respectivement les suivants : 58 %, 46,8% et 75%.

Pour terminer, rappelons qu’un appareil comme le B-52H Stratofortress n’a pas besoin de pénétrer l’espace aérien ennemi pour tirer ses salves. Qui, plus est, son déploiement peut être aussi une manière de mobiliser une partie des moyens de surveillance aéroportée iraniens.

Avis aux amateurs !…

 

A Propos Jacques Borde

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