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Bochistan : Après le «Beruf verboten» hitlérien, le «Kippa verboten» merkelien ?

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

2019. L’Allemagne, sorte de Heartland de la foi européiste si l’on peut dire, est-elle en passe de devenir la première marche militaire d’une sorte de Bochistan merkelien ayant prêté hommage lige au primus inter pares de ISIS/DA’ECH, le Calife Rolex Ibrahim1 ? Une nouvelle glaçante permet de se poser de sérieuses questions à ce sujet. En effet, Herr. Felix Klein, coordinateur de la lutte contre l’antisémitisme au sein de l’administration Merkel, a mis en garde contre les risques encourus par les personnes de confession juive portant la kippa en… public ? Pourquoi cette idée saugrenue ? Ben, pour pas se faire agresser par des antisémites, pardi ! Ça serait pas plus simple de mettre des gens-là hors d’état de nuire, une fois pour toute ?…

« Blood and destruction shall be so in use And dreadful objects so familiar That mothers shall but smile when they behold Their infants quarter’d with the hands of war; All pity choked with custom of fell deeds: And Caesar’s spirit, ranging for revenge, With Ate by his side come hot from hell, Shall in these confines with a monarch’s voice. Cry  »Havoc », and let slip the dogs of war; That this foul deed shall smell above the earth With carrion men, groaning for burial’ »2.
Marc-Antoine, Scène 1, Acte 3, Julius Caesar, William Shakespeare.

| Q. Risqué de porter la kippa en Allemagne, de quoi parlez-vous ? De quoi s’agit-il ?

Jacques Borde. En fait, accordant un entretien à Funke, Felix Klein, rien de moins que chargé de coordonner la lutte contre l’antisémitisme au sein de l’administration Merkel, a eu des propos particulièrement ambigus, disant, je le cite : « Je ne peux pas conseiller aux juifs de porter la kippa partout tout le temps en Allemagne », ajoutant avoir à ce sujet « hélas changé d’avis par rapport à autrefois ».

Cause de cette lâcheté permissive, la hausse des actes antisémites l’année passée qui témoignerait d’une « levée des inhibitions » et d’ « un manque de considération dans la société », qui mènent à nourrir la haine des juifs. Relisez-bien cette phrase deux, trois fois, les fragrances qui s’en dégagent rappellent une doxa qu’on croyait enterrée depuis 60 ans. Pendant qu’on y est, interdisons également aux Juifs de sortir dans les espaces publics afin de ne pas « choquer » les antisémites par leur présence.

Au-delà, Herr. Klein, s’il était tout à fait honnête, pourrait ajouter l’effarante incompétence du gouvernement auquel il appartient à juguler ce phénomène. Une question de motivation, peut-être ?

Remarquons que les Allemands n’ont pas de monopole en ce domaine. En effet, un écolier juif, porteur d’une kippa, s’est encore fait agresser dans la rue à Sarcelles. Là où s’était déroulé, avec un certaine impunité des pouvoirs public, une Après-midi de Cristal en 2014.

Klein, s’il a précisé que 90% des actes antisémites seraient le fait de milieux d’extrême droite, s’en est également pris aux chaînes de télévision arabes, qui véhiculent selon lui « une image négative d’Israël et des juifs ».

Arabes, Arabes !

Ne seraient-ce pas, notamment si ce n’est principalement, les chaînes wahhabî de nos chers amis d’Arabie Séoudite, SM Salmān Ibn-ʻAbd al-ʻAzīz Āl-Séʻūd, et SAR Mohamed MBS Ibn-Salmān Āl-Séʻūd, à qui nous vendons tout plein d’armes pour qu’ils massacrent à outrance leurs voisins yéménites ?

| Q. Mais que reprochez vous aux Allemands ?

Jacques Borde. De prendre le problème à l’envers. Ce ne sont pas les victimes potentielles juives qui doivent baisser la tête et renoncer à leur tenue. Un début début de commencement de courage politique serait de retirer des rues néo-nazis et nazislamistes. De vive force, si nécessaire, dès qu’ils s’y montrent.

Notez, au passage que ça n’est pas la première fois que Herr. Klein nous fait son numéro de cirque médiatique. C’est un récidiviste, en fait…

| Q. Que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. Klein, avait déjà abordé le problème de leur visibilité dans l’espace public pour les Juifs allemands, soulignant que « Les Juifs peuvent en règle générale se sentir en sécurité dans les rues en Allemagne, même lorsqu’ils sont reconnaissables comme étant juifs (…). Mais ils doivent être vigilants. Ce n’est pas entièrement sans danger ; il faut rester sur ses gardes. En fin de compte, chacun doit évaluer les risques pour lui-même. Le danger est là. Mais je ne serai pas forcément d’accord avec ceux qui disent qu’il est absolument impossible de montrer sa judéité en public en Allemagne ».

Une inversion, encore et toujours ! Ou serait la nécessité d’« être vigilant », si les pouvoirs publics faisaient, une fois de temps en temps, leur travail ?

| Q. Vous n’accusez pas l’administration Merkel de complaisance avec l’antisémitisme ?

Jacques Borde. Je n’en sais absolument rien, donc je me garderai bien de me prononcer sur le sujet.

Ce que je constate, en revanche, c’est une lâcheté pathétique sur ces questions régaliennes. Qui, il faut le dire, dès qu’il s’agit de s’engager physiquement sur un dossier, est un peu la marque de la Bundeskanzlerin3 Angela D. Merkel.

Et entre les juifs d’Allemagne et une migration incontrôlée métastasée, aux dires mêmes de DA’ECH par la doxa takfirî, on aimerait être sûr que Frau. Merkel a choisi le bon camp.

Car, hélas, nous ne parlons pas de vols de sucreries à l’étal d’un marché, mais bien de crimes, de meurtres et de viols. Berlin comme les autres démocraties européistes est fort avec les faibles et faible avec les forts. Y compris au Bundestag, je vous le rappelle.

| Q. Encore une fois vous exagérez ?

Jacques Borde. Ça n’est pas moi qui a osé franchir les limites de l’inexpiable, désolé ! C’est au Bundestag, que la coalition merkelienne a refusé de s’associer à la minute de silence demandée par un élu des droites allemandes4 pour la si jeune Susanna Feldmann, massacrée pas ces Chances pour l’Allemagne si chères à la Bundeskanzlerin.

En Saxe, on retrouvait son portrait dans à peu près dans toutes les manifs des honnêtes gens de Chemnitz et d’ailleurs.

Ah, oui au fait : Susanna Feldmann était juive ! Apparemment les seuls que sa judéité ne gênait pas étaient ses vrais compatriotes allemands. Ceux qui descendent dans la rue pour dénoncer le tsunami migratoire.

Honte à vous Bundeskanzlerin Merkel et à ceux qui vous entourent. Tous autant que vous êtes, vous êtes la lie infâme de cette Allemagne post-RDA née des coucheries de la STASI avec à peu près tous les terroristes de la planète…

| Q. J’ai, confusément, l’impression que vous ne mettez pas sur le même plan l’antisémitisme néo-nazi et l’antisémitisme nazislamiste ?

Jacques Borde. Ça n’a rien de confus, c’est très exactement ça. Je m’explique.

À mon humble connaissance, les forces du IIIe Reich ont rendu l’âme en 1945. Merci à tous nos morts, tant ceux de la Croisade des démocraties anglo-saxonne, de la France libre du général, de la Grande guerre patriotique russe, qui ont terrassé l’ennemi. Depuis, il y a eu les vrais grands de l’Europe : Adenauer et de Gaulle, quasi-exclusivement.

Alors, de grâce, ne me faites pas le coup de me dire que nous sommes en guerre avec les néo-nazis. Ces gens-là ne le méritent même pas. Ils sont une simple question de police, auxquels une potion amère de la même nature que celle que nos forces de l’ordre réservent aux Gilets jaunes depuis des mois, ferait le plus grand bien. Plus des peines de prisons5 (ou de mort, le cas échéant) le plus lourdes possibles.

| Q. Et l’antisémitisme nazislamiste, alors ?

Jacques Borde. C’est l’un de ceux-là qui a, très certainement, si sauvagement massacré la jeune Susanna Feldmann. Que D[ieu] ait cette pauvre enfant en sa sainte garde.

Avec ceux-là, les Jound al-Khilafah6 d’Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)7 et cie., oui, nous sommes en guerre. Alors, faisons-là, en ayant à l’esprit les paroles de Marc-Atoine : « Carnage ! Et alors seront lâchés les chiens de guerre ».

Alors, oui un jour prochain, nos compatriotes juifs pourront déambuler dans les rues de Sarcelles ou de Berlin sans se soucier de ce qu’ils portent sur la tête. Alors, oui les jeunes Susanna Feldmann, et autres, pourront s’aventurer hors de chez elles sans risquer la mort et le viol.

Assez joué avec les dés de la fortune. Assez de paroles, ça n’est pas un grotesque Kippa verboten merkelien (très classe au pays du Beruf verboten hitlérien8), expression d’une infinie lâcheté qui sauvera qui que ce soit, en Allemagne, ou ailleurs. Mais des actes ! Des actes de guerre.

Notes

1 Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, dit Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi. Il succède en 2010 à Hamid Daoud Muhammad Khalil al-Zawi à la tête de ISIS/DA’ECH, le 29 juin 2014, premier jour du mois de Ramadan, il se proclame calife de l’État islamique.
2 En français: « Le sang, la destruction seront des choses si communes, et les objets effroyables deviendront si familiers, que les mères ne feront plus que sourire à la vue de leurs enfants déchirés des mains de la guerre. Toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions atroces : et conduisant avec elle Até, sortie brûlante de l’enfer, l’ombre de César promènera sa vengeance, criant d’une voix puissante dans l’intérieur de nos frontières : Carnage ! Et alors seront lâchés les chiens de guerre, jusqu’à ce qu’enfin l’odeur de cette action exécrable s’élève au-dessus de la terre avec les exhalaisons des cadavres pourris, gémissant après la sépulture ».
3 Chancelière fédérale.
4 Prise sur son propre temps de parole.
5 Non, je n’ai pas dit : jeter la clé, même si je le pense très fort.
6 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.
7 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
8 Interdiction, avant la Solution finale, faite aux juifs d’exercer certaines professions sous le IIIe Reich.

 

A Propos Jacques Borde

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