dimanche , 22 octobre 2017
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H-20 : Un Drôle d’oiseau, aux ailes un peu courtes

| É-U/Chine | Géostratégie | Jacques Borde |

Certaines sources d’anticiper à partir de propos de Donald J. Trump, une remontée des tensions avec la Chine. Avec qui Tout est, effectivement possible ! Au fait, où en est-on sur la nouvelle génération de bombardiers lourds made in China, appareils présentés comme à même de dissuader sérieusement les capacités de projection & de frappe du rival américain ?

Depuis des années, l’industrie aéronautique chinoise travaille bien sur nouvelle génération de bombardier à longue portée. Le projet répondant au nom de H-20.

Plusieurs choses sont à noter sur ce dossier.

En Chine, tout partant du sommet de la pyramide, le président Xi Jinping a clairement affirmé son soutien à cette montée capacitaire de la Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn Kōngjūn (FAAPL, Force aérienne de l’Armée populaire de libération), qu’il a qualifiée de « stratégique » pour la Chine. Parlant à son propos « de capacités offensives et non plus simplement défensives comme c’était le cas dans le passé ».

À cette fin, toujours selon Xi Jinping, la FAAPL « doit donc posséder un bombardier stratégique à long rayon d’action ».

Il est à noter, que le qualificatif de « stratégique », repris également par la presse officielle chinoise, à propos d’un appareil « à long rayon d’action » est une nouveauté dans le discours chinois. Jusqu’à une date récente, ce vocable n’était réservé qu’au 2ème Corps d’artillerie de la Zhōngguó Rénmín Jiěfàng Jūn (APL, Armée de libération du peuple chinois), en charge des missiles nucléaires…

Rappelons que, pour ce qui existe déjà en matière de frappe aéroportée, les H-6K actuellement en dotation (de mémoire, 80 à 120 appareils modernisés en service en 2008, pour la version K) fabriqué par Xi’an Aircraft Industrial Corp. ne sont que des versions sinisés du vénérable Tupolev Tu-16 (code OTAN Badger).

Quid novi alors ?

Selon des sources locales, le H-20 offrira des caractéristiques comparables au B-2 Spirit de l’Air Force. Le patron de la FAAPL, le général Ma Xiaotian, a, de son côté, confirmé que la Chine était bien « en train de développer une nouvelle génération de bombardiers de longue portée et vous aurez bientôt l’occasion de le voir », sans donner, alors, plus de précision.

Propos confirmant l’appel lancé par le quotidien China Daily, estimant nécessaire de doter la FAAPL d’un nouveau bombarder « à long rayon d’action, sans lequel on ne peut pas parler de force stratégique ».

Un appareil qui devrait avoir un rayon d’action de 8.000 kilomètres (sans ravitaillement en vol) et emporter 10 tonnes de bombes, de manière à être en mesure d’intervenir jusqu’à la « deuxième chaîne d’îles » qui constitue « le périmètre de défense maritime du pays ».

Rappelons que pour les stratèges chinois, la « première chaîne » part du Japon jusqu’à Taïwan en passant par les Philippines. La seconde va des îles d’Ogazawara (ou Boin) jusqu’aux îles Mariannes et Caroline.

Quant aux spécifications du futur bombardier stratégiques, deux écoles s’affrontent.

1- Celle voulant que « Notre nouveau bombardier devrait être supersonique comme le Tu-160, ce qui signifie qu’il peut pénétrer les défenses aériennes à vitesse ultra-rapide (…). En outre, je ne pense pas que nous avons besoin de construire un avion comme le B-2, car un tel appareil sera trop technologiquement et financièrement difficile pour la Chine. Faut-il investir un montant astronomique pour développer une version chinoise du B-2 seulement pour son apparence et sa furtivité douteuse ? » .

2- celle, s’exprimant par le biais d’un chercheur de l’Académie des sciences militaires de l’APL, parlant, lui, d’un « bombardier stratégique » type B-2 justement qui « devra avoir une survivabilité élevée et une longue distance de pénétration, ce qui exige un avion à faible visibilité ».

Où en est-on aujourd’hui ?

Les vues d’artistes disponibles, seules pistes tangibles à ce jour pour tenter d’évaluer l’état d’avancement du projet, semblent privilégier l’hypothèse B-2. À cela près que :

1- soit nous tombons sur quelque-chose qui ressemble à un simple copié-collé d’une vue du B-2 Spirit. Ce qui laisse de la marge de la table à dessin à la mise en service actif d’un appareil de ce type.

2- soit une autre vue d’artiste montrant une implantation et un carénage des moteurs qui reflètent une piètre furtivité quant à la signature thermique des quatre moteurs. Ce qui est déjà le cas des prototypes d’appareils comme le J-20. Cela confirme que la mise au point de moteurs de dernière génération, et leur furtivité, semble bien être le point faible de l’aéronautique militaire chinoise.

Quant aux capacités proprement stratégiques, sans ravitaillement en vol, elles ne dépasseront pas les 5.000 km.

Alors : encore un effort pour être vraiment révolutionnaires camarades !…

 

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