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Après 26 mai : Quelques pistes pour (si possible) y voir plus clair [1]

| UE | Géopolitique | Questions à Jacques Borde |

Bon, dans notre Europe, sous la houlette des apparatchiks non-élus de la Commission européenne, le 26 mai a-t-il vraiment changé quelque chose. De fondamental, disons-le ? Ses institutions vont-elles bouger ? Sa Défense va-t-elle être autre chose qu’un théâtre d’ombres chinoises ? Non, à en croire le général Desportes qui en connaît un rayon sur la question. Alors, quid novi à Berlin – où la polygamie est en train de devenir une valeur européenne (sic) – Rome & Paris, pour parler de ces trois-là ? Épisode 1.

« Je confie ma vie et la vôtre au Cœur Immaculé de Marie qui, j’en suis sûr, nous portera à la victoire ».
Matteo Salvini, vice-président du Conseil & ministre italien de l’Intérieur.

| Q. Dites-moi, quelque-chose a changé, l’Europe passionne, on s’éloigne de la Vieille Europe qui faisait sourire outre-Atlantique, non ?

Jacques Borde. Oui et non en fait. L’Europe, je parle là de l’Union européenne (UE), intéresse mais elle n’est toujours rien. Ou presque.

Parlons de ceux qu’elle intéresse : nous avons – l’establishment germanopratin, s’en est ému, ainsi que le parti présidentiel LaREM, d’ailleurs – l’ex-White House Chief Strategist & Senior Counselor to the President, Stephen Kevin Steve Bannon1, son entretien au Parisien, a beaucoup fait réagir.

Que nous a-t-il dit au juste ?

Que sa « ... théorie, c’est que les idées politiques bougent comme des marchés de capitaux. C’est pour cela que je passe autant de temps en Europe. Trump n’aurait pas été élu président sans le Brexit. Ça donne un élan. Si les populistes font plus de 30 % aux européennes, cela donnera cet élan qui aidera Trump pour la campagne de 2020 ».
« Ce qu’elle a fait est extraordinaire, elle a fait preuve de plus de résilience que n’importe quel autre politique. La chose la plus dure dans la vie est de se prendre un coup et de se relever. Elle a changé le nom du FN en RN, elle a changé de position sur l’économie, elle s’est ‘rebrandée’ (NDLR : elle a redoré sa propre marque). C’est assez extraordinaire ».
« Si vous remontez le temps, à l’été 2016, il y a eu le vote sur le Brexit, et puis la victoire de Trump. Mais en mai 2017, il y a pile deux ans, Macron a remporté une grande victoire sur Le Pen. Il l’a fait avec un positionnement mondialiste. Le mouvement populiste d’insurrection a été stoppé net par Macron, qui a été choisi par le ‘système ‘. La révolte nationale populiste semblait finie. Mais le week-end prochain, vous aurez une situation où Matteo Salvini, Marine Le Pen et Nigel Farage peuvent être à la tête de trois des quatre plus gros partis présents au Parlement européen. Tout a changé en deux ans. C’est pour cela que la France est si importante : je ne suis pas un fan de Macron mais il adhère à ce qu’il dit. Son discours de septembre 2017 à la Sorbonne était la conclusion logique du projet européen de Jean Monnet. Il veut les États-Unis d’Europe et a, de fait, pris la tête de la liste Renaissance : il n’y a même pas le visage de la tête de liste sur ses affiches ! C’est un référendum sur lui et sa vision pour l’Europe »2.

Bon, j’aime bien, Bannon, mais tout ça c’est un peu de la politicaillerie, dans le sens classique du terme. Il sera plus intéressant de voir quels conseils retiendront tant Nigel Farage que l’ex-Secretary of State for Foreign & Commonwealth Affairs, Alexander Boris de Pfeffel Johnson, de leur rencontre avec le faiseur de pluie que reste (quel que soit le côté de l’Atlantique où l’on se trouve) le président des États-Unis, Donald J. Teflon Trump.

Quant au fait, que l’Europe ne soit rien. Ou infiniment peu ce choses, c’est tout particulièrement vrai quant aux questions de Défense.

Car, comme nous l’a rappelé le général (2S) Vincent Desportes3, « Les Européens pensent toujours vivre dans le monde d’hier, celui des bons sentiments. Ils ne voient pas venir ce monde de violences, dominé par les rapports de force. Les Européens se croient toujours protégés par le parapluie américain. À tort ».

Pas de parapluie, mais des ennemis à la pelle débarquant dans nos aéroports et sur nos côtes.

Alors où va l’Europe au lendemains d’élection largement cosmétiques ? Qui peut le dire avec certitude ? Tout ce que nous avons c’est quelques repères…

| Q. Parmi ceux-là, vous pensez vraiment que le communautarisme fait partie de l’équation, notamment électorale, européenne ?

Jacques Borde. Oui, de plus en plus. En diaspora, pour reprendre le mot grec. Car au Levant, on ne peut pas dire que les vrais Syriens et Irakiens baissent les bras. Ils se battent même comme de beaux diables. De ce côté de la Méditerranée, en revanche, c’est la défausse, la victimisation permanente, le pro domo only ! Lorsque ça n’est pas le ralliement pur et simple aux thèses takfirî. Munich est dans nos têtes. Et cette élection n’aura que peu fait bouger les choses.

Quelques exemples, si vous voulez !

1- L’affaire Conrad, ce supposé artiste (enfant gâté de diplomates africains, en fait) se répandant en appel aux meurtres de… Blancs. Depuis cette histoire invraisemblable, pas une seule association pour dénoncer le racisme, l’appel à la haine… à la violence ! Rien, nada, silence radio. Dans la situation inverse ils seraient tous dans la rue pour crier au scandale ! Allo, allo, il y a quelqu’un ? Vous êtes où ? On ne vous entend plus ? C’est pour quand la plainte au tribunal ??
2- trois-cent (300) intellectuels, de toutes confessions, ont publié leur Manifeste des 300 contre l’antisémitisme, dans Le Parisien.
Heureuse initiative, non ?

| Q. Oui, plutôt ?

Jacques Borde. Eh, bien, pas aux yeux du recteur de la mosquée de Paris, en qui beaucoup voient la voix représentative de l’Islam en France.

Tout ce qu’y a vu Dalil Boubakeur, c’est le « procès injuste et délirant d’antisémitisme fait aux citoyens français de confession musulmane et à l’Islam de France à travers cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles ».

Alors, stop à ce discours crypto-takfirî. Discours qui ne s’arrête pas. Prenez le dernier attentat de Lyon. Son auteur : un odieux takfirî ? Surtout pas ! Un garçon très gentil, voyons.

« C’est fait ! J’attendais, comme d’habitude, le portrait flatteur du terroriste de Lyon, l’étonnement de son entourage, aimé et respecté par ses voisins et ses amis, qui disait bonjour à tout le monde, aidait les petits vieux à traverser les rues et n’était, bien sûr, pas religieux… et voilà, c’est la même rengaine, Hichem n’était pas un extrémiste, c’était au pire, un déséquilibré-loup solitaire-pas raciste pour deux sous, etc… le blabla habituel », a justement noté Eber Haddad.

Or, où allons-nous si nous persistons à ne pas vouloir nommer l’ennemi ? Idem, quant aux délires masturbatoires des indigénistes et suprémacistes africains…

| Q. Eux aussi, décidément ! Pourquoi ?

Jacques Borde. Pour deux raisons essentiellement :

1- c’est du racisme anti-blanc et, la plupart du temps, aspergé d’antisémitisme.
2- historiquement, c’est de la forgerie d’analphabètes totaux.

Un exemple : cela fait des années et des années que les mêmes crétins indigénistes nous bassinent avec leur belle théorie selon laquelle la première civilisations avancée de l’Europe, les Minoéens de Crète, venait d’Afrique.

Eh, bien pas de bol, les nullos ! Les Minoéens étaient des… Européens4. Les analyses ADN le confirment.

[À suivre]

Notes

1 A servi comme lieutenant (O-3) dans la Navy. A été affecté à bord du USS Paul F. Foster. À ce titre, il a pris part à la catastrophique Operation Eagle Claw, durant la crise des otages avec l’Iran. Bannon a aussi été Special assistant to the Chief of Naval Operations au Pentagone. Ses connaissances géostratégiques sont indubitables.
2 Le Parisien, http://www.leparisien.fr/elections/europeennes/steve-bannon-l-election-europeenne-sera-un-tremblement-de-terre-17-05-2019-8074545.php#xtor=AD-1481423552.
3 Ex-patron du Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF), ancien directeur de l’École de guerre (ex-Collège interarmées de Défense), Professeur associé à Sciences Po Paris, diplômé de l’US Army War College (équivalent US du Centre des hautes études militaires de l’armée de Terre).
4 Même d’horribles Indo-Européens, à ce qu’il paraît.

 

A Propos Jacques Borde

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