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Accord 5+1, Amériques, Brexit, Corée, Levant

| Quai d’Orsay | Point de presse du 28 & 30 août 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs historiques du blog ; Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous.

(…)

| Q. Que veut dire un groupe de contact «restreint» sur la Syrie ? Cela veut-il dire qu’il n’inclura plus le régime et l’opposition comme annonce par le président auparavant  ?

R. M. Jean-Yves Le Drian a reçu la semaine dernière M. Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général des Nations-unies, auquel il réitéré tout notre soutien dans ses efforts en faveur d’une solution politique négociée, qui implique des négociations entre l’opposition et le régime.

Il a également rappelé qu’une solution politique en Syrie devait associer, « avec le soutien des Nations-unies, les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-unies, et les pays de la région ».

C’est pour aboutir à une telle transition que la France promeut la mise en place d’un groupe de contact. Nous poursuivons nos discussions en ce sens avec nos partenaires, en coordination avec M. Staffan de Mistura.

| Q. Est-ce que la restauration des liens diplomatiques entre le Qatar et l’Iran est utile pour résoudre la crise entre le Qatar et ses voisins arabes ?

R. La position de la France, concernant les voies de résolution de la crise entre le Qatar et ses voisins arabes, demeure inchangée. La France est préoccupée par la situation et en traite avec chacune des parties. Elle souhaite que la médiation koweïtienne permette aux États membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG) de la régler le plus vite possible.

| Q. Après la visite des deux ministres en Irak pensez-vous que les autorités kurdes soient déterminées à poursuivre la tenue d’un referendum sur l’indépendance ?

R. La position de la France est constante et bien connue : elle est attachée à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Irak. Le Kurdistan dispose d’un statut d’autonomie aux termes de la constitution irakienne. Nous souhaitons que cette autonomie soit respectée et pleinement mise en oeuvre.

M. Jean-Yves Le Drian a eu l’occasion de rappeler notre position sur ce point à ses interlocuteurs à Bagdad et à Erbil le 26 août [2017].

| Q. Citant des sources diplomatiques françaises, le Daily Telegraph, indique que la France aurait signalé qu’elle souhaiterait que les négociations commerciales du Brexit commencent dès octobre. Quelle est votre réaction ?

R. Les discussions sur la relation future entre l’Union européenne et le Royaume-Uni ne seront possibles que si des progrès suffisants ont été accomplis au titre de la première phase des négociations.

Comme M. Michel Barnier, nous souhaitons que les prochaines sessions de négociations, à commencer par celle qui débute aujourd’hui, permettent une réelle clarification de la position britannique. Il appartient au Royaume-Uni d’avancer notamment sur les points délicats (droits des citoyens, frontières, règlement financier). Ce n’est qu’une fois que des progrès suffisants auront été accomplis sur ces questions prioritaires qu’il sera possible de décider de l’ouverture de la seconde phase des négociations.

Nous nous sommes mis d’accord à 27 sur des principes simples pour sauvegarder les intérêts et l’unité des Européens, parmi lesquels l’organisation des négociations en phases distinctes. Nous avons un seul négociateur, qui rend compte toutes les semaines au niveau technique au conseil et très régulièrement aux ministres et aux chefs d’État et de gouvernement.

(…)

| Q. Est-ce que la France souhaite compléter l’accord nucléaire iranien par un travail pour l’après 2025 qui porterait sur un travail sur l’utilisation de missiles balistiques ? Est-ce que cette idée est réaliste dans le contexte actuel ?

R. L’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien est un accord essentiel pour la sécurité régionale et internationale et pour le régime de non-prolifération. Il impose des contraintes durables sur les activités nucléaires de ce pays. Il est mis en œuvre sous la surveillance attentive des États qui l’ont négocié, ainsi que de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des États membres. Il n’a pas d’alternative crédible.

Le président de la République a indiqué le 29 août que le cadre de l’Accord de Vienne « peut être complété par un travail pour l’après 2025, par un travail indispensable sur l’utilisation de missiles balistiques ». Ce travail pourra faire l’objet de futures consultations avec nos partenaires.

Comme l’a rappelé le président de la République, l’accord de 2015 doit permettre « d’établir une relation constructive et exigeante avec l’Iran ». Nous réitérons donc notre attachement à cet accord et ne souhaitons ni le rouvrir ni le négocier, mais le mettre en oeuvre de manière stricte et rigoureuse. C’est dans ce cadre que nous entendons poursuivre nos discussions sur ce sujet.

| Q. Le président a déclaré hier qu’il souhaitait réfléchir, avec les gouvernements d’Amérique latine et d’Europe, à la manière d’éviter de nouvelles escalades au Venezuela, y compris régionales. Est-ce que le Quai d’Orsay prépare des initiatives ?

R. Comme le président de la République l’a indiqué hier, la crise actuelle au Venezuela est préoccupante, « une dictature tente de se survivre au prix d’une détresse humanitaire sans précédent de radicalisation idéologique inquiétante, alors même que les ressources de ce pays restent considérables ».

Comme le président nous y a invités, nous réfléchissons actuellement à la meilleure manière d’accompagner toute initiative qui permettrait un dialogue crédible, sincère et sérieux impliquant les pays de la région.

Il revient aux autorités vénézuéliennes de donner très rapidement des gages en matière de respect de l’État de droit et des libertés fondamentales. L’Union européenne et la France évalueront leur relation avec le Venezuela sur cette base.

| Q. Selon le président la « France se tient prête à prendre toute nouvelle initiative utile pour empêcher l’escalade en Corée du nord ». Avez-vous des nouvelles propositions ou est-ce que vous attendez de voir ce qui se passe au Conseil de sécurité dans les prochaines semaines ?

R. Comme l’a indiqué hier le président de la République, «en contact avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-unies, la France se tient prête à prendre toute nouvelle initiative utile pour empêcher l’escalade, ramener Pyongyang à la table des négociations et mettre en œuvre de manière rigoureuse la résolution adoptée le 5 août».

Les tirs de missiles auxquels la Corée du Nord a procédé, en violation des résolutions du conseil de sécurité, menacent la sécurité régionale et internationale. Nous les condamnons fermement et continuerons à travailler avec nos partenaires afin d’amener la Corée du Nord à se conformer à ses obligations internationales et à procéder au démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique.

Je vous rappelle que la Résolution 2371 du Conseil de sécurité du 5 août 2017 condamne les essais balistiques effectués en juillet par la Corée du Nord et renforce le régime de sanctions. Elle renforce également la mise en œuvre des sanctions existantes. Le texte impose en particulier une interdiction complète des exportations de plusieurs produits nord-coréens, dont le charbon, les minerais de fer et de plomb, ainsi que les produits de la pêche. Il interdit aussi à tous les États d’accueillir sur leur territoire davantage de travailleurs nord-coréens, dont les revenus sont utilisés pour soutenir les programmes nucléaire et balistique prohibés. Cette résolution interdit en outre la création de nouvelles co-entreprises (joint-ventures) avec des entités nord-coréennes et les investissements additionnels dans celles existantes. Elle place enfin de nouveaux individus et entités sous sanctions.

| Q. La décision de la province de Kirkouk de participer au référendum du 25 septembre au Kurdistan vous inquiète-t-elle ?

R. La position de la France est connue : nous sommes attachés à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Irak. Le Kurdistan dispose d’un statut d’autonomie aux termes de la constitution irakienne. Nous souhaitons que cette autonomie soit respectée et pleinement mise en œuvre.

M. Jean-Yves Le Drian a eu l’occasion de rappeler notre position sur ce point à ses interlocuteurs à Bagdad et à Erbil le 26 août.

| Q. Quand le ministre se rendra-t-il en Tunisie, comme annoncé hier par le président ? Ira-t-il en Libye à cette occasion?

R. Nous vous informerons en temps utile du calendrier des prochainsdéplacements de M. Jean-Yves Le Drian.

| Q. Le président a affirmé hier que la France avait obtenu de la Russie « des résultats » sur la question chimique en Syrie. Quels sont-ils précisément ?

R.La question chimique en Syrie fait l’objet d’un dialogue suivi avec la Russie. Elle est évoquée à chaque occasion par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères avec son homologue russe.

Nous comptons sur l’engagement de la Russie pour qu’il n’y ait pas de répétition des attaques chimiques en Syrie.

Le président a rappelé dans son discours l’importance de cette ligne rouge pour la France.

 

A Propos Jacques Borde

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