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H160M Guépard : 1 Hélico à la place de 5 & 2 ans plus tôt que prévu !

| Bourget 2019 | Jacques Borde |

C’était un projet, c’est désormais une maquette. C’est à l’occasion du déplacement de la ministre française des Armées, Florence Parly, le 27 mai 2019 chez Airbus Helicopters à Marignane qu’a été dévoilée la maquette grandeur nature du futur hélicoptère léger des armées : le Guépard. En fait LES Guépard, si je puis m’exprimer ainsi. La bête, qui est en fait l’Hélicoptère interarmées léger (HIL) tant attendu, équipera les trois armes (armée de Terre, Marine, armée de l’Air) & remplacera cinq modèles : Gazelle, Fennec, Dauphin, Panther & Alouette III. Au passage, une machine qui arrivera deux années plus tôt (1926) que prévu.

En fait, notre HIL est, plus simplement, pas de risque industriel engagé, la version militarisée de la dernière voilure tournoyante au catalogue d’Airbus, le H160. Donc, ici, du H160M, reconnaissable à ses pales en formes de boomerang. Équipée d’une caméra électro-optique, de missiles (2 à 4), de mitrailleuses de sabord (2) et de systèmes d’hélitreuillage, la machine pourra assurer des missions d’infiltration, de Lutte anti-navire ou de Renseignement. D’une masse de 6 tonnes (masse maximale au décollage, MTOW), le HIL pourra transporter cinq personnes en plus des deux pilotes sur 850 km et à 270 km/h grâce à ses deux moteurs Arrano (Safran).

À préciser que c’est la suite avionique FlytX qui a conjointement été sélectionnée par Airbus Helicopters et la Direction générale de l’armement (DGA) pour équiper le H160M. Par ailleurs, Airbus Helicopters et Thales poursuivent leurs études pour l’intégration de FlytX sur le futur Tigre MKIII.

Commandé à 169 exemplaires, il s’appellera Guépard. C’est officiel, le futur Hélicoptère interarmées léger (HIL) a, en effet, officiellement été baptisé par la ministre des Armées, Florence Parly, le 27 mai 2019, au cours d’une cérémonie sur le site d’Airbus Helicopters à Marignane.

« Ce nouvel hélicoptère revêt une importance stratégique pour les armées françaises, ainsi que pour la filière française de l’aéronautique militaire (…). Le programme HIL sera donc lancé dès 2021, avec un an d’avance sur les prévisions de la loi de programmation militaire. Et ceci permettra une mise en service du HIL dans nos forces avec deux ans d’avance, dès 2026 (…) Choisir de recevoir plus tôt des matériels neufs avec des capacités opérationnelles renforcées et accélérées, c’est pouvoir retirer nos vieilles flottes du service avant que leur entretien ne mène à des coûts démesurés ou que des problèmes de sécurité apparaissent », indiquait Florence Parly, qui suit la ligne directrice qui est la sienne : s’équiper à marche forcée, mais sans jamais gaspiller.

On sait déjà par le ministère des Armées, que le retrait anticipé des flottes anciennes d’hélicoptères, ainsi assuré, devrait permettre d’économiser une centaine de millions d’euros par an sur le Maintien en condition opérationnelle (MCO), qui a toujours été un gouffre financier, le soutien des H160M Guépard, utilisés par les trois armes, étant, dès lors, optimisé grâce à l’effet d’échelle sur l’approvisionnement en pièces détachées.

Le H160M Guépard équipera les trois armes françaises (armée de Terre, Marine nationale, armée de l’Air). La maquette est bien évidemment exposée bien en vue au Salon aéronautique du Bourget (17-23 juin 2019), qui vient d’ouvrir ses portes.

Une bonne nouvelle arrivant rarement seule, Florence Parly – ministre pressé, dans le bon sens du terme – a indiqué une accélération du programme. Celui-ci sera lancé en 2021 au lieu de 2022. Comme prévu dans la Loi de programmation militaire 2019-2025. Par ailleurs, les premières livraisons devraient intervenir en 2026 au lieu de 2028 comme cela était également prévu.

Au total, 169 H160M Guépard devraient être commandés pour la Marine nationale, l’armée de Terre et l’armée de l’Air dans le cadre du programme HIL (Hélicoptère Interarmées léger). Chaque arme emploiera une version commune du Guépard. Présenté en 2015, le H160M Guépard avait été sélectionné par Jean-Yves Le Drian en 2017 pour servir de base au programme HIL. La cible finale a été fixée à 169 exemplaires. Intégré à la Loi de programmation militaire 2019-2025.

Le Guépard dérive de la version civile du H160. Airbus Helicopters conduit donc actuellement une étude de levée de risques pour le programme HIL. Seulement deux prototypes sont prévus. Le premier appareil pourrait effectuer son premier vol en 2023. La version militarisée du H160 va remplacer cinq modèles au sein des trois armes :

1- Gazelle (ALAT).
2- Fennec (armée de l’Air).
3- Dauphin, Panther et Alouette III (Marine nationale).

De toute évidence, la réponse de Florence Parly à l’obsolescence croissante de voilures tournantes comme l’Alouette III ou la Gazelle, encore trop souvent mises à contribution, machines valeureuses mais qui accusent le poids des ans. Donc, des annonces qui rassurent les professionnels.

Ainsi, le chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général Philippe Lavigne, avait récemment en audition parlementaire fait part d’un agacement certain, indiquant,notamment, que « le Fennec est un appareil qui fonctionne bien et ne présente pas de difficultés majeures », mais qu’il « faudra veiller aux capacités spécifiques que nous aurons à exiger de ces appareils [les futurs HIL] ».

Au plan économique, une excellente affaire pour Airbus Helicopters. Les voilures tournantes ne se vendant pas au même rythme de les moyen ou long-courriers !…

« Le lancement du programme HIL sécurise l’activité industrielle du site de Marignane pour les prochaines années. C’est un programme qui irriguera toute la filière aéronautique française, notamment ses PME sur l’ensemble du territoire, puisque 80% des fournisseurs du H160 sont installés en France, principalement dans le sud. Au total, ce sont plus de 2.000 emplois qui seront durablement alimentés en France par l’Hélicoptère Interarmées Léger et ses dérivés à l’export », avait, d’ailleurs, tenu à préciser la ministre Parly lors de son passage à Marignane.

Dernier point, les Puma de l’armée de l’Air ne seront pas remplacés par des H160M Guépard. La faveur des aviateurs allant, on les comprend, à des Hélicoptères de manœuvre plus imposants. Leur ancien patron, le général André Lanata, avait d’ailleurs mis en garde contre « un risque afférent à la logique d’homogénéisation des parcs d’hélicoptères » qui reviendrait à « faire un mouton à cinq pattes, sur mesure et coûteux, pour lequel on multiplierait le nombre de kits ».

Que Lanata se rassure, le H160M Guépard ne sera pas un « mouton à cinq pattes ». Mais, pour le coup, à quand le futur hélicoptère lourd de nos armées ?

 

A Propos Jacques Borde

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