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Salvini=1, Sea Watch=2 ! Où la Traite négrière.2 ne lâche rien & progresse [1]

| Italie Vs Traite négrière.2 | Questions à Jacques Borde |

« Gouverner, c’est prévoir », disait Émile de Girardin, journaliste & homme politique français ! C’est aussi agir ! Visiblement, c’est dans ce registre que l’administration Conte & tout particulièrement le vice-président du Conseil & ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, ont le plus grand mal à être proactifs & efficaces. Tout particulièrement dans le dossier des navires-passeurs qui, du coup, se pointent à la queue-leu-leu à Lampedusa. Signe de cette incapacité à prendre des décision de bons sens (comme dirait l’allié de Matteo Salvini, Jordan Bardella), l’épisode du Sea Watch-3. Dans lequel la Traite négrière.2 a proprement damé le pion au ministre italien de l’Intérieur. Quant à espérer que le pacha du Sea Watch-3 finisse en prison, outre qu’il n’est que trop évident que Carola Rackete, activiste politique, n’attendait que ça, la justice (sic) italienne n’a même pas eu ce minimum de fermeté ! Une situation à la Catch 22 pour Matteo Salvini. Épisode 1.

| Q. Quelle analyse faites-vous de l’Affaire du Sea Watch-3 ?

Jacques Borde. Simple : Salvini= 1, Sea Watch-3= 2 !

J’ai suivi comme beaucoup l’arrivée du navire-passeur emblématique de la doxa immigrationniste et de la traite négrière de la gauche financiarisée européenne dans le port (supposément italien, pourrait-on se demander) de Lampedusa. Ce en toute impunité.

J’ai également écouté la prestation du vice-président du Conseil & ministre italien de l’Intérieur, sur je ne sais plus quelle chaîne le soir même. Un Matteo Salvini brassant air et paroles sur son action (sic) pour protéger ceux qui ont voté pour lui du tsunami migratoire remplaciste.

J’ai, surtout, assisté à l’ubuesque défausse de la justice (sic) italienne. Avec une magistrate, Alessandra Vella, estimant que foncer de manière délibérée sur la Guardia du Finanza était une facétie nautique bien vénielle qui ne valait pas qu’on cherchât querelle d’Allemand pour si peu, à l’auteur de ces actes. Du coup, le Captain Rackett1, frêle et inoffensive jeune femme, perdue dans un monde brutes salvinistes, est libre comme l’air…

À ce stade, je renouvelle ma question : de quoi M. Salvini est-il réellement le ministre ? Si c’est bien de l’Intérieur, il serait urgent qu’il en administrât la preuve à ses électeurs, même si cette affaire l’a encore fait grimper dans les sondages. Mais surtout à ses ennemis. Qui en sont tout sauf convaincus.

Sinon à défaut d’être le Capitano, ou le Magneto de la saga X-Men, de finir comme un Mister Ventilo assistant les bras ballants aux débarquements en série de 5e colonnes d’Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)2, dans les ports et sur les plages italiennes…

| Q. Mais que peut faire Salvini ?

Jacques Borde. Il semble, surtout, qu’il n’arrive à rien faire. De vraiment opérationnel, je veux dire.

Pourtant, de par le monde, des forces de police arraisonnent, saisissent des navires de toutes tailles se livrant à des trafics variés. Pour cela, pas besoin des AV-8B Plus Harrier II de l’Aviazione Navale3. Même si des tirs sur la passerelle d’un navire-pirate, ça ce fait aussi, lorsque nécessaire. Et c’est, dans la plupart du temps, assez décisif.

Plus généralement, quelques dizaines d’hommes (Carabinieri, Guardia di Finanzia, etc.) voire des forces spéciales, une à trois voilures tournantes, des semi-rigides à l’eau, et l’affaire est dans le sac. Du moins lorsque ce sont des Australiens, des Néo-Zélandais, des Français ou des Russes à la manœuvre.

Si, d’aventure, Matteo Salvini n’a pas ces moyens à disposition, je le répète : de quoi est-il réellement le ministre ? Et, ce ne seront pas de belles phrases, comme ces « … je dois briser ce trafic d’êtres humains ! Je suis payé pour faire respecter la loi et non obéir à une ONG ! » qui feront réellement bouger les choses.

Le Sea Watch-3, qui s’est proprement assis sur les injonctions à répétition du ministre italien de l’Intérieur :

1- a pénétré dans les eaux territoriales italiennes censées être protégées de cela par l’action (sic) des services de M. Salvini.
2- s’est dirigé, sans y être empêché ou simplement retardé, vers le port de Lampedusa.
3- s’est installé à un mille nautique du port. Une solution, à son avantage bien entendu, était en cours d’élaboration pour pouvoir débarquer les 42 clandos encore à bord du navire.
4- puis y entrant plus avant, a failli, une broutille, couler une embarcation de la Guardia di Finanzia (GdF).
5- l’a fait, finalement, à raison, étant sanctifié (sic) a posteriori par la GIP Alessandra Vella.

Tout ceci au jour et à l’heure choisis par l’ONG et son capitaine Carola Rackete sans que Salvini y ait à dire quoi que ce soit qui comptât.

| Q. Mais Salvini hausse le ton…

Jacques Borde. Et après ? Vous croyez franchement que traiter lacapitaine du SeaWatch-3 d’« emmerdeuse », va faire avancer les choses. Cette phrase est du même registre que celle de Sarkozy promettant de passer les racailles « au karcher ». Du vent.

Même son arrestation, qui n’a guère duré pour justifiée et attendue qu’elle ait été, sert la cause qu’elle représente par l’exploitation médiatique qui va en être faite.

Vous allez voir que les 42 clandestins de cette affaire vont finir par être pris en charge. Comme d’ailleurs, tous ceux qui débarquent tous les jours en Italie. Quant aux Pays-Bas, pavillon sous lequel s’abrite le Sea Watch-3, ils ont été clairs à se sujet : « … les migrants nous n’en prendrons pas ».

Ciao Capitano !

| Q. Mais le Sea Watch-3 est, tout de même un cas particulier ?

Jacques Borde. Techniquement, absolument pas. Justement :

1- Navire de petite taille.
2- commandant plutôt expérimenté.
3- mais (semble-t-il) sans passé ni expertise militaire (mais, fille d’un pro des ventes d’armes).
4- pas plus excitée que ça, même si politiquement engagée.
5- peu de clandestins à bord.
6- pas d’hommes armés.
7- pas d’armes, non plus, à bord.
8- peu de résistance physique (sauf passive) à attendre.

Combien d’officiers de forces spéciales aimeraient pouvoir monter à bord d’un navire-pirate dans de telles conditions ?

| Q. Mais il y a des cas, où cela tourne mal ?

Jacques Borde. Oui. Mais dans ce cas-là, si on a peur des vagues et des coups de vent, on demande le ministère des Anciens combattants, celui des gommes et des taille-crayons, pas celui de l’Intérieur. Je crois comprendre que la présidente de Fratelli d’Italia (FdI), Giorgia Meloni, n’attend que le moment de reprendre les rênes.

Au pire, ce que risquait Rome, à intervenir physiquement c’est une version soft de l’affaire du Mavi Marmara, un des navires de la flottille qui voulait forcer le blocus de Gaza en 2010.

| Q. Vous pouvez préciser ?

Jacques Borde. Oui. Le 31 mai 2010, alors qu’il était en route vers la Bande de Gaza, les Israéliens ont arraisonné et ont saisi le Mavi Marmara dans les eaux internationales après avoir averti qu’un blocus naval de la région de Gaza était en vigueur. Dans le violent affrontement qui a suivi, il y a eu son lot de victimes.

Au plan de l’action, l’abordage a été conduit par le Shayetet 13, unité issue des Kommando Yami. Sur le drame lui-même, selon Tsahal, citée par le Jerusalem Post, au moins « dix activistes auraient été tués »4 et « six commandos de marine israéliens blessés »5 dans l’assaut à 02h00 du matin du Mavi Marmara.

En raison de l’emballement médiatique, d’autres chiffres furent avancé: celui de « seize morts »6 selon des sources israéliennes. Côté arabe, Al-Jazira fera état de « quinze morts »7. Une remontée des informations assez chaotique. Phénomène assez révélateur de la difficultés des SR militaires8 à obtenir des éléments précis en temps réel.

Le fait que l’Affaire du Navi Marmara ait été un échec relatif pour Jérusalem ne signifie pas pour autant que des opérations en haute mer soient systématiquement à proscrire. D’ailleurs, elles ont continué depuis.

| Q. Mais Salivini n’est pas un peu seul dans ce combat ?

Jacques Borde. Salvini est ministre d’État, dispose de députés, d’un groupe parlementaires et d’alliés.

Pour prendre sa défense, il est certain qu’à Rome, pour combattre la Traite négrière.2, servant pourtant de moyen de projection aux 5e colonnes d‘Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH), font cruellement défaut :

1- un minimum d’élan patriotique et d’unité nationale.
2- la plus petite once de dignité de la part de l’opposition liée à la gauche financiarisée.
3- l’aptitude à prendre ces décisions proactives, efficaces et rapides qui ont caractérisé Rangoon dans sa riposte, sévère mais proportionnée, à l’offensive asymétrique du Harakah al-Yaqin-ARSA9.
4- une magistrature (sic) aux attendus pour le moins hétérodoxes.

N’est pas César, ni même Numa Pompilius qui veut. Ou plutôt Agrippa dans l’affaire actuelle.

Notes

1 Un des surnoms dont l’affuble certains internautes…
2 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
3 Ou Aéronavale italienne.
4 Jerusalem Post (31 mai 2010).
5 Jerusalem Post (31 mai 2010).
6 Channel 10 (31 mai 2010).
7 Al-Jazira (31 mai 2010).
8 Source d’information importante des media en Israël, comme dans le reste des pays occidentaux.
9 Ou Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), mouvement terroriste takfirî lié à DA’ECH et dirigé par Ataullah Abou Ammar Jununi.

 

A Propos Jacques Borde

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