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Casser le Tsunami migratoire : Une solution à plusieurs ? USA compris… [2]

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Quid du Tsunami migratoire qui vient se briser sur nos côtes, chaque jour de plus en plus fort ? Parfois, les solution les plus simples sont les meilleures. Ou un mix de plusieurs. De toute évidence & les dernières Européennes n’y auront rien changé, l’usine à gaz bruxelloise & ses immigrationnistes Vieillesses junckeriennes sont – déjà parce qu’elles y sont, dans leurs actes & fors intérieurs, favorables – dans l’incapacité d’y mettre un terme efficace. Les vrais Européens que nous sommes encore, ont-ils la capacité de casser ce tsunami migratoire individuellement, pays par pays ? Les difficultés de la brouillonne & approximative administration Conte à gérer la question de quelques navires permet d’en douter. Des solutions bilatérales ? Alors, pourquoi ne pas en parler à Donald J. Teflon Trump, commander-in-chief de la plus plus experte force de projection (navale & aéronavale) au monde : le US Marine Corps, fin connaisseur des rivages de Tripoli, qui plus est ? Épisode 2.

« Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière : c’est-à-dire de la France qui se bat. C’est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».
Charles de Gaulle, 25 août 1944.

| Q. Là, si je vous suis bien, vous voudriez qu’on appelle à l’aide Washington et ses forces aéronavales ? Pour les… migrants en Méditerranée.

Jacques Borde. Et qui croyez-vous a pavé la voie de la victoire (sic) du nain (sic) géopolitique Sarkozy sur la malheureuse Libye, si ce n’est le rouleau compresseur US ? Ses AV-8B Harrier II, AV-8B+, et la logistique que les forces américaines ont bien voulu accorder aux nôtres, dans une guerre où, reconnaissons-le, les Américains n’ont fait que nous suivre, contraints et forcés.

Soyons clair : nous autres, vrais mais pauvres Européens que nous sommes, nous n’avons pas (ou plus) les moyens, et encore moins la volonté, de nous opposer comme un seul homme à ce tsunami migratoire sur nos côtes outragées et martyrisées, mais pour s’inspirer de De Gaulle, loin d’être libérées de cette menace.

Alors, oui : mettons les Américains dans la boucle ! Et, ça, c’est quelqu’un qui a toujours jugé avec méfiance et circonspection l’hêgêmon thalassocratique étasunien, qui vous le dit !

| Q. Mais cela pose la question du jeu américain dans notre jeu de quilles euro-méditerranéen ? Et ne me dites pas qu’il n’y en a pas…

Jacques Borde. Évidemment qu’il y a un jeu américain. Je vous rappelle que les rives de la Méditerranée sont, hors Amérique, le premier lieu où s’exerça l’appétit de l’hêgêmon US naissant. Parlons d’abord des Marines, qui sont la principale force de projection de cet hêgêmon.

Officiellement, le Corps a été mis en place le 11 juillet 1798 par un acte du Congrès. Toutefois, il est à rappeler que deux bataillons de Marines, en tant que troupes d’infanterie embarquée, ont été constitués dès le 10 novembre 1775 sous le nom de Continental Marines au cours de la Révolution américaine. Les Marines sont donc antérieurs à la naissance des États-Unis eux-mêmes. Semper fi.

Quant à la Guerre de Tripoli (1801-1805, en anglais Tripolitan War), aussi appelée First Barbary War1 ou Barbary Coast War2, elle est la toute première guerre déclarée et engagée par les États-Unis d’Amérique après leur indépendance, et la première de leurs deux guerres contre les États du Maghreb, alors connus sous le nom d’États barbaresques. En l’espèce le Sultanat (indépendant) du Maroc et les trois régences d’Alger, de Tunis et de Tripoli, provinces, dans les faits quasiment indépendantes, de l’Empire ottoman sur le déclin.

Les raisons de cette guerre étaient que les pirates barbaresques saisissaient les navires marchands américains et tenaient les équipages en captivité, demandant ensuite aux États-Unis de payer rançon. Le président des États-Unis d’alors, Thomas Jefferson II, refusa de se plier à ce chantage et de se soumettre à cette piraterie mettant en coupe réglée la Méditerranée et que les marines de guerre européennes d’alors ne combattaient que mollement.

Vous ne trouvez pas que tout ça a un petit air de ces Sea Watch maraudant en totale impunité en vue de leurs prochaines livraisons de migrants ? Des arguments parfaitement audibles à Washington, j’en suis convaincu. Pour que que quelqu’un s’en donne la peine.

À noter que la Suède, qui était en guerre avec les Tripolites depuis 1800, et le Royaume de Sicile participèrent à ce conflit aux côtés des États-Unis.

| Q. Il y a donc une filiation dans la présence US en Méditerranée ?

Jacques Borde. Pour les Américains ? Plus que directe, charnelle.

Il faut avoir l’ignorance chevillée au corps de notre intelligentsia européiste (épaulée par une poignée d’intellectuels mondains démocrates), pour n’en rien comprendre. Les Américains sont en Méditerranée, parce qu’il y sont depuis toujours.

Je ne vous dis pas que c’est forcément naturel ou même normal. Je vous dis que c’est historique. Et géostratégique. Et Trump ne peut pas échapper au poids de cette histoire. Qui plus est, compte tenu de l’attachement et de l’affectation pratiquement irraisonnée que tout Américain porte à ses Leathernecks3, cet aspect pèse aussi de tout son poids dans les affaires méditerranéennes.

Alors, profitons-en.

| Q. Que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. Que Rome (ou Vienne, peu importe) demande à Donald J. Teflon Trump, de lui fournir les moyens militaires que son, appelons un chat, un chat, bordel géopolitique interne empêche de réunir.

| Q. Mais sous quelle forme ?

Jacques Borde. Le déploiement du 22nd Marine Expeditionary Unit (MEU) des Marines, par exemple. Des hommes de valeurs et d’expérience, beaucoup ont servi en Irak et en Afghanistan. Des clowns comme les proxys de SOS Méditerranée ou des passeurs tripolitains, ils s’en prennent une douzaine chacun au petit-déjeuner.

Là, si les Marines montraient la voie, je pense qu’il serait difficile, même impossible, à la frileuse Elisabetta Trenta, le calamiteux ministro 5Stelle della Difesa4, de refuser l’envoi de San Marco ou Lagunari.

| Q. San Marco, Lagunari, vous pouvez préciser  ?

Jacques Borde. Oui, bien sûr.

San Marco est le nom générique de la composante amphibie des Forze armate italiane (FF.AA.), qui, fonctionnellement, relève de la Marina militare. C’est l’héritier des traditions de l’infanterie de marine (ou fusiliers de marine) qui remontent à 1713. Elle est équipée de trois navires d’assaut de type LPD qui sont le San Marco, le San Giorgio et le San Giusto. Autrement, la San Marco, statutairement, c’est les Marines de l’Italie.

Lorsqu’on parle des commandos San Marco, il s’agit alors, plus précisément de la Brigata Marina San Marco, créée le 1er mars 2013, lors de la réorganisation de la Force de débarquement de la Marina militare. Son commandement est situé à Brindisi.

Quant aux Lagunari, c’est l’unité amphibie de l’Esercito5, le Reggimento Lagunari Serenissima6 rattaché à la Brigade Pozzuolo del Friuli, dont il constitue l’unité spécialisée dans les débarquements et les opérations fluviales. Très spécialisé dans les opérations avancées, c’est la seule unité spéciale amphibie de l’Armée de Terre italienne.

Les Lagunari et la Brigata Marina San Marco sont, bien sûr, des unités d’élite.

| Q. Mais Bruxelles pourrait s’offusquer, voire s’opposer à des opérations conduites par des Marines en Méditerranée, non ?

Jacques Borde. Ah, oui et comment ? Et à quel titre, d’abord ?

Il faut toujours savoir profiter des atouts que l’on a en mains. Nous ou nos alliés. Je vous rappelle que le droit étasunien ainsi que le jius bellum des forces armées américaines soustrait automatiquement, totalement et de manière pérenne les personnels militaires étasuniens aux droits autres quels qu’ils puissent être. Ce pour toutes les opérations auxquelles ces personnels ont participé.

Le seul cas pour que le Pentagone puisse envisager des poursuites contre ses propres hommes serait la commission de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité. Cas plus qu’improbable. Y compris dans le cas extrême d’une 2nd Barbary War qui pourrait suivre quelques arraisonnements musclés de navires-négriers de la gauche financiarisée européiste.

Dit plus simplement, des Marines tirant sur un bâtiment d’une ONG de passeurs, et quelque soit le nombre de victimes, ce sera un « F…ck the European Court of Human Rights (ECHR) », à la moindre remarque de travers. Je veux dire par là : notre fumiste Cour européenne des droits de l’homme (CHDH), instance dont les États-Unis ne sont pas membre et auprès de laquelle ils ne sont tenus à rien.

Quant, aux usines à gaz onunsiennes, vu le peu de cas qu’en fait Washington. Sans parler du droit de veto au Conseil de sécurité des Nations-unies

Par ailleurs, les Marines sont la seule arme des forces armées étasuniennes qui soit protégée par la loi.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Après bien des discussions et tentatives de l’US Army de l’intégrer dans ses rangs entre la 2ème Guerre mondiale et la Guerre de Corée, notamment le taille et la composition de l’USMC ont été fixées dans l‘arrêt 416 d’une loi-programme du 82e Congrès en 1952. Cette loi précise qu’aucun président des États-Unis ou Secrétaire de la Défense ne peut dissoudre le Corps des Marines ou le réduire à une force symbolique. L’USMC doit se composer au minimum d’unités terrestres équivalentes à l’effectif de trois divisions d’active et de trois Marine Air Wings (escadres aériennes).

| Q. Sinon, Marines et forces spéciales italiennes savent travailler ensemble, je suppose ?

Jacques Borde. Vous supposez bien. Je crois me souvenir de patrouilles conjointes San Marco-USMC dans les rues de Beyrouth, mais à vérifier. Entre autres. Rassurez-vous, un Marine Expeditionary Unit (MEU) sait parfaitement opérer avec n’importe lequel de ses équivalents occidental. Et s’en passer, si nécessaire.

Notes

1 Ou 1ère Guerre barbaresque.
2 Ou Guerre de la côte barbaresque.
3 Nuques de cuir. Surnom des Marines, dû à une pièce particulière de leur uniforme et la posture qui allait avec.
4 Ministre italien de la Défense.
5 Armée de Terre.
6 L’histoire des troupes embarquées de Venise remonte au temps de la 4ème Croisade lorsque le Doge Enrico Dandolo constitua un régiment avec dix compagnies, réparti sur les bateaux de guerre de la flotte vénitienne, et l’employa dans les deux prises de Constantinople (1203 et 1204). Les troupes embarquées de Venise trouvèrent leur organisation définitive en 1550 devenant Fanti da Mar et se distinguèrent pendant toutes les guerres que le Sérénissime a conduit face à l’Empire ottoman, particulièrement pendant le Siège de Famagouste, celui de Candia et lors de la Bataille de Lépante. Cet héritage survit dans les traditions des Lagunari actuels.

 

A Propos Jacques Borde

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