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To Be or not to be ! Le Deep State européiste Vs il Capitano. [1]

| Italie | Rome Vs Deep State | Questions à Jacques Borde |

Ite missa est & Deo gratias. Le problème n’est plus de savoir si – ou quand, vu le combat retardateur des proxys du Deep State romain (sic) & de 5 Stelle en vue d’un gouvernement (plus ou moins) technique (sic) – les Italiens iront aux urnes. Désormais, il s’agit plus de voir qui ira où & avec qui. En fait, le futur ex-vice-président du Conseil & ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a, par sa démarche estivale, endossé de rôle de faiseur de pluie. Dans des élections qui s’annoncent comme sans réel enjeu tant la messe semble dite, il s’agit bien plus de savoir si la Lega s’appuiera davantage sur une Forza Italia berlusconienne (sur la pente descendante, donc faible…) ou décidera de mettre la barre à droite toute en faisant le choix de Fratelli d’Italia (FdI), le parti de Giorgia Meloni, qui, lui, grignote des points à chaque enquête d’opinion (donc un partenaire jeune & non dénué d’ambitions) ? À moins, 3ème option (que il Capitano a proposé aux deux autres) : composer un attelage à trois. Les Trumiviri, encore ! Dont nous parlions dans nos précédents entretiens. Épisode 1.

| Q. Pourquoi Conte a-t-il craqué ?

Jacques Borde. Je ne dirai pas que le Presidente del Consiglio dei Ministri1, Giuseppe Conte, a craqué. Ite missa est mais sans le Deo gratias qui va avec, logique avec lui-même, l’ex-professeur de droit a préféré rendre son tablier et laisser les Italiens, passer à l’étape suivante. Retourner, espérons-le, aux urnes.

Conte ne s’est retrouvé au poste qu’il a occupé pendant une petite quinzaine de mois que parce qu’il fallait, cuisine politique italienne oblige, quelqu’un pour servir de tampon entre di Maio et Salvini. Làs et totalement dépassé par son rôle, plutôt que de faire perdurer une situation pour le moins hétérodoxe, Giuseppe Conte refile donc la patate chaude au Presidente della Repubblica Italiana, Sergio Mattarella. La question étant (au moment où son couchées ces lignes) que fera Mattarella de ce cadeau empoisonné ? Élections ou gouvernement technico-combinazioniste (néologisme personnel à partir du mot combinazione) ?

| Q. Conte a eu des mots très durs sur Salvini ?

Jacques Borde. Ça, je dirai que c’est un peu la galerie. Et, en toute franchise, j’en ai entendu pire entre hommes politiques italiens. Trois choses me semblent plus essentielles que la (mauvaise) humeur, calculée, de Conte :

Primo, qu’il ait fait le constat de son peu d’utilité et parte. Ouste !

Secundo. Que l’Italie, privé de ses triumviri désormais, retourne, à plus ou moins brève échéances, aux urnes .

Tertio, À la tête de cette alliance de circonstance entre le M5S de Di Maio et la Lega de Salvini, Conte, aurige d’opérette (n’est pas Ben Hur qui veut), oublie (sic) de parler de sa totale incompétence à diriger l’attelage et rejette la faute sur Salvini. Là on serait plus dans la mala fides – posture détestée par les Anciens Romains, lorsqu’ils dénonçaient la mala fides punica – que dans la mauvaise humeur.

| Q. Embarrassants les aveux du capitaine du Sea Watch-3, affirmant désormais avoir agi sur ordres ?

Jacques Borde. Si la chose se vérifie, ouin très. Ils confirmeraient qu’un pays de l’Union, l’Allemagne, a bel et bien monté une opération sous false flag contre un autre État-membre. Grave. Cela veut clairement dire que derrière l’ONG Sea Watch et dans la culotte de Carola Rackete, il y avait bien la grosse paluche de la Bundeskanzlerin2 Angela D. Merkel.

Car de genre de besogne, croyez-moi sur parole, ne se décide ni ne se mène à des niveaux subalternes.

| Q. Vous connaissant, vous pensez à une officine de Renseignements ?

Jacques Borde. Qui d’autre ? Des pros de l’action asymétrique et des Renseignements ont forcément mouillé leur treillis.

| Q. Vous n’avez pas l’air surpris ?

Jacques Borde. Pourquoi devrais-je l’être ? Je vous rappelle que :

1- L’ancien patron du Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV), Hans-Georg Maaßen, avait déjà évoqué cette piste.
2- deux journalistes allemands basés en Espagne avaient, peu ou prou, confirmé l’affaire.
Aujourd’hui, nous arrive la confession de Carola Rackete, qui vide son sac dans un entretien à la ZDF et déclare : « Je sais que ce que je vais dire pourrait être utilisé par un parti : C’est le ministère de l’intérieur allemand qui a demandé à faire embarquer et emmener tous les clandestins à Lampedusa ».
3- la Bundeskanzlerin Merkel, je veux dire des membres de son administration à un niveau où on se préoccupe des questions de Renseignements et de Contre-espionnage comme on disait dans l’ancien temps, a des rapport suffisamment totems3 avec l’équipe qui entoure le Türkiye cumhurbaşkanı4, Reccep Tayyip Erdoğan, pour avoir échangé (sic) sur le sujet du comment instrumentaliser une ONG comme Sea Watch, et le capitaine du navire-pirate immigrationniste Sea Watch-3, Carola Rackete…

| Q. Mais pourquoi tenez-vous à mêler les Trucs à cette affaire ?

Jacques Borde. Tout simplement, parce que les SR turcs (civils et militaires) ont une très bonne expertise en ce domaine.

Je vous rappelle l’Affaire du Mavi Marmara, qui parti d’un port turc, a passablement plombé le rôle de Jérusalem qui se croyait seul aux commandes de son côté de la Méditerranée.

| Q. Vous pouvez préciser ?

Jacques Borde. Oui. Le 31 mai 2010, alors qu’il était en route vers la Bande de Gaza, les Israéliens ont arraisonné et ont saisi le Mavi Marmara dans les eaux internationales après l’avoir averti qu’un blocus naval de la région de Gaza était en vigueur. Dans le violent affrontement qui a suivi, il y a eu son lot de victimes.

Au plan de l’action, l’abordage a été conduit par le Shayetet 13, unité issue des Kommando Yami. Une Affaire où Erdoğan aura réussi à redorer dans le monde arabe à peu de frais (les idiots utiles anti-impérialistes du Marmara) le blason de la Turquie, en l’érigeant en protectrice de la Palestine (sic).

Si le sujet vous intéresse, lisez-donc mon dernier livre – Les Services Secrets israéliens, d’Eichmann à la Guerre de Syrie, Renseigner, désinformer, décevoir, liquider5 – où je consacre un chapitre entier à l’affaire.

| Q. Et ça aurait servi à quoi cette aparté entre Berlin et Ankara ?

Jacques Borde. Les Turcs sont tout sauf des amateurs. Ils ont une marine, la Türk Deniz Kuvvetleri (TDK), des SR, le redouté Millî İstihbarat Teşkilatı (MİT)6.

Dans de genre d’opération, après en fait, on débriefe et on fait un RetEx de la chose. Accéder, même partiellement, au RetEX turc de l’affaire du Mavi Marmara est donc une demande parfaitement envisageable entre Berlin et Ankara. Par ailleurs les deux pays sont membre de l’OTAN.

| Q. L’Affaire, ou le début d’affaire d’un Sea Watch-3, utilisé contre Rome par Berlin peut-il en rester là ?

Jacques Borde. Là, ça va être difficile. Du moins, je le pense.

D’ores et déjà, la présidente de Fratelli d’Italia (FdI), Giorgia Meloni, a violemment réagi déclarant que « Carola Rackete, la capitaine du navire ONG Sea Watch qui a éperonné notre Guardia di Finanza, admet que c’est le gouvernement allemand qui lui a dit « d’amener tous les clandestins à Lampedusa », provoquant les autorités italiennes. Voici la preuve de la façon dont certains États utilisent les ONG à des fins politiques. Plus que « restons humains », ce sont des attaques visant l’Italie et notre souveraineté, le tout dans le silence de l’Union Européenne. Que disent les différents supporters de cette criminelle ? ».

| Q. Pourquoi tout ce tapage autour des élections anticipées ?

Jacques Borde. Simple, prenez une calculette :

Lega à 39%, voire nettement plus + Fratelli d’Italia (FdI) de Giorgia Meloni à 8% = Alliance souverainiste à 47%. Bingo !

Ce qui, avec la loi électorale, signifiera avoir une majorité de gouvernement au Parlement. C’est pourquoi 5 Stelle, le Partito democratico (PD) mais également une large partie de Forza Italia ne veulent pas aller aux urnes et essaient de bâtir un gouvernement de magouille nationale (sic).

C’est pour ça qu’ils ne veulent pas aller voter…

| Q. Çà rappelle des trucs anciens ?

Jacques Borde. Oui, c’est plus le casting de Retour vers le passé que celui de Retour vers le futur. C’est sûr.

La vieille combinazione qui a fait les charmes et les dérives des Années de plomb et fini par envoyer une partie de la classe politique qui aux oubliettes, qui derrière les barreaux. Pas de blague, basta. La souveraineté – n’en déplaise à Giuseppe Conte – appartient au peuple. Donc, retour urnes pour un gouvernement qui puisse défendre l’Italie et les Italiens.

| Q. Généralement, former des gouvernements n’est pas chose facile à Rome. Ses électeurs peuvent-ils en vouloir à Salvini de déclencher ainsi une énième crise politique, dans un pays qui en a connu tant ?

Jacques Borde. C’est le pari de la direction M5S : que Salvini laisse des plumes électorales dans cette opération.

A contrario, Salvini, lui, pense que les Italiens en ont plus qu’assez de cette coalition qui n’a plus ni queue ni tête et où chacun tire à hue et à dia. À ce titre, la symbolique de la LGV, sur laquelle circulera le TGV Lyon-Turin, est très forte. 5 Stelle est contre alors que le gouvernement et le Presidente del Consiglio dei Ministri, Giuseppe Conte lui-même, ont approuvé le projet. Mais qu’importe, le M5S vote des motions contre. Matteo Salvini dit que, désormais, la coupe est pleine. Un « pari de netteté politique », selon Jacques de Saint Victor, historien spécialiste de l’Italie, interrogé par 20 Minutes, « qui sera probablement suivi par les Italiens ».

Car, Matteo Salvini met clairement, le doigt là où ça fait mal en rappelant à son électorat que« Pendant quelques mois, nous avons eu beaucoup de « non ». Non à l’autonomie, non au train à grande vitesse, non à la réforme de la justice, non à la recherche pétrolière… Un non, ça va; deux non, ça va ; trois non ça va mais ne veux pas que le pays reste paralysé. Pour cela je préférerais donner la parole au peuple italien. Qu’il nous dise ce qu’il faut faire. Je ne suis pas là pour survivre en politique ».

D’autres, en revanche !…

[À suivre].

Notes

1 Ou Premier ministre italien.
2 Chancelière fédérale.
3 Se dit des relation privilégiées entre SR.
4 Ou Président de la République de Turquie.
5 Paru chez V.A. Éditions, ISBN97961069324067566.
6 Ou Organisation du Renseignement national, SR intérieurs turcs.

 

A Propos Jacques Borde

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