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To Be or not to be ! Le Deep State européiste Vs il Capitano. [2]

| Italie | Rome Vs Deep State | Questions à Jacques Borde |

Ite missa est & Deo gratias. Le problème n’est plus de savoir si – ou quand, vu le combat retardateur des proxys du Deep State romain (sic) & de 5 Stelle en vue d’un gouvernement (plus ou moins) technique (sic) – les Italiens iront aux urnes. Désormais, il s’agit plus de voir qui ira & avec qui. En fait, le futur ex-vice-président du Conseil & ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a, par sa démarche estivale, endossé de rôle de faiseur de pluie. Dans des élections qui s’annoncent comme sans réel enjeu tant la messe semble dite, il s’agit bien plus de savoir si la Lega s’appuiera davantage sur une Forza Italia berlusconienne (sur la pente descendante, donc faible…) ou décidera de mettre la barre à droite toute en faisant le choix de Fratelli d’Italia (FdI), le parti de Giorgia Meloni, qui, lui, grignote des points à chaque enquête d’opinion (donc un partenaire jeune & non dénué d’ambitions) ? À moins, 3ème option (que il Capitano vient de proposer aux deux autres) : composer un attelage à trois. Les Trumiviri, encore ! Dont nous parlions dans nos précédents entretiens. Épisode 2.

| Q. Mais, là, concrètement, il se passe quoi ?

Jacques Borde. Pour le moment, n’en déplaise aux si nombreux Italiens qui le soutiennent, Salvini n’a plus du tout la main, le gouvernement est tombé. Conte reste en charge des affaires courantes jusqu’au prochain gouvernement. Donc, les pro-migrants font ce qu’ils veulent (ce qui, entre nous, ne change pas grand-chose). Cela va être dur pendant les mois qui séparent le pays des élections. Si élections il y aura. Ce qui est loin d’être acquis. En fait, c’est le Presidente della Repubblica Italiana, Sergio Mattarella, qui est, temporairement, le faiseur de pluie.

| Q. Ce qui signifie ?

Jacques Borde. Le calendrier des consultations de Mattarella fait qu’il entendra tout le monde, chaque parti, grand et petit, puis il décidera :

1- si une nouvelle majorité de gouvernement peut être mise en place.
2- s’il faut retourner voter.

Il n’y a que la Droite (Lega, Fratelli d’Italia et Forza Italia) qui veut aller voter, sachant gagner les élections. Plus de 40% d’après les sondages, quand la majorité absolue est à 40% en Italie, en fonction de son type de scrutin.

Reste la possibilité d’une coalition Ursula (sic), regroupant les partis ayant voté pour la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle rassemblerait le Parti democratico (PD), 5 Stelle et, éventuellement, Forza Italia.

| Q. Autre manière de voir les choses, l’Italie est-elle prête pour ces nouvelles élections ?

Jacques Borde. Pourquoi ne le serait-elle pas. En tout cas, certains semblent, assurément, plus prêts que d’autres.

| Q. Vous pensez à qui ?

Jacques Borde. À ceux qui se disent prêts à former un nouveau gouvernement à l’issue de ces élections lorsqu’elles se produiront, déjà.

Ainsi, la présidente de Fratelli d’Italia (FdI), Giorgia Meloni, a notamment déclaré :

« Comme [cela a toujours été] soutenu par Fratelli d’Italia, il n’est pas possible de donner à l’Italie le gouvernement dont elle a besoin avec le M5S de Di Maio, Fico et Toninelli. Bien ! la Lega en a pris acte. Maintenant, on retourne aux urnes pour donner aux Italiens le gouvernement souverain qu’aux dernières élections européennes, ils ont prouvé qu’ils veulent. Un gouvernement avec comme priorité la défense des frontières et de l’économie italienne, la réduction des impôts et le soutien à ceux qui créent des emplois ».

| Q. Meloni a l’air très remontée contre l’opposition et la gauche ?

Jacques Borde. On le serait à moins. Dans ses dernière confidences, outre d’admettre avoir agi selon les instructions de la chancellerie [Berlin], donc d’une puissance étrangère, le capitaine du navire-pirate Sea Watch-3, Carola Rackete, a admis qu’avant de percuter le patrouilleur de la Guardia di Finanza, elle s’était bien entretenue avec Orfini, Fratoianni et Del Rio, tous caciques de l’opposition, qui l’auraient assuré qu’il n’y aurait aucune mesure pénale prise à son encontre.

Ensuite, sur le sujet Porti chuisi qui est le point d’orgue de la cassure entre les partis politiques italiens, le ministro 5 Stelle della Giustizia, Alfonso Bonafede, a clairement affirmé que « par rapport au premier brouillon du décret Sécurité bis, nous avons enlevé les pouvoirs au ministre De L’intérieur, qui doit nous consulter avec nous sur les navires-ONG ».

| Q. Et, la situation économique n’est-elle pas de nature à gêner Salvini  ?

Jacques Borde. Non, car en fait, les Italiens on cessé de se fier aux media mainstream pour se faire une idée de l’état de leur économie. Majoritairement, ils veulent aller aux urnes.

Quant à l’économie elle-même, pendant tout le début de l’année 2019, les media ont glosé à l’envi sur la récession italienne. Ils oubliaient de dire que cela concernait les 3ème et 4ème trimestre 2018. Or, le nouveau gouvernement a pris ses fonctions en juin 2018. Peut-il être responsable d’un ralentissement qui s’est donc manifesté un mois après son entrée en scène ? Quant au 4eme trimestre 2018, il a été marqué par le bras-de-fer avec la Commission européenne à propos du budget. Histoire de faire réfléchir les investisseurs. N’est-il pas malhonnête d’attribuer la récession à un gouvernement à peine arrivé, alors que les prédécesseurs on conduit pendant 6 ans une politique d’austérité ? Depuis le début de l’année, l’Italie a retrouvé le chemin de la croissance, certes modérée (0,2% au 1er et 2ème trimestre), mais solide, car les déficits sont sous contrôle. Le chômage est passé sous la barre des 10% (9,6%) pour la première fois depuis 10 ans. Il était à 11% en mai 2018. Personne n’en parle.

Ajoutons que les projets soutenus par le M5S, par exemple le fameux revenu universel, avaient, effectivement, de quoi inquiéter les milieux d’affaires. La perspective de nouvelles élections – et d’une nouvelle administration où M5S n’aura, de toute évidence plus son mot à dire – devrait laisser les mains libres à la Lega, avec un projet économique plus réaliste.

Comme pour Trump, les media accentuent les mauvaises nouvelles et les difficultés sans aucune analyse, et occultent ou minimisent les réussites. Preuve supplémentaire de leur partialité.

| Q. Et lorsque Conte essayait de rappeler Salvini à l’ordre ?

Jacques Borde. Là, désolé pour le Presidente del Consiglio dei Ministri1, Giuseppe Conte, nous étions dans la comedia dell’Arte, dans la tradition de la plus totale bouffonnerie, au sens théâtral italien du terme, rien qui soit désobligeant. Sur cette scène, chacun y tenant le rôle qui était le sien.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Conte nous dit, sentencieusement que « Ce n’est pas du ressort du ministre de l’Intérieur de convoquer le parlement, ce n’est pas à lui de dicter les étapes de la crise politique ».

Certes.

Mais, bien que je ne sois pas un émérite connaisseur de la Constitution italienne, je crois bien que ça n’est pas davantage au Presidente del Consiglio de tenir ce rôle. L’affaire est du ressort du Presidente della Repubblica Italiana, Sergio Mattarella. Et de lui seul. Ce que déplorent beaucoup, par ailleurs. Et, là, même Mattarella, en dépit de sa détestation de Salvini, est le gardien du dogme. Il lui sera difficile de beaucoup s’en éloigner.

Donc, in fine, Conte, pour certains, a surtout perdu une précieuse occasion de se taire. Mais, d’un autre côté il devait se manifester… Mais les hommes politiques parlent beaucoup trop, c’est connu. Salvini le premier.

| Q. Pourquoi cette sortie, alors ?

Jacques Borde. Pour exister, bien sûr, ce qui est de bonne guerre. Conte, qui n’est pas un professionnel de la politique, a le mérite de prendre son rôle très au sérieux. S’il veut survivre à la crise actuelle, il faut qu’il se vende, politiquement, bien sûr.

Rappelons aussi que, malgré ses mérites qui sont nombreux et réels, Giuseppe Conte a très certainement son avenir politique derrière lui. Ce si, d’aventure, Matteo Salvini, après des élections gagnées par la Lega + Fratelli d’Italia (FdI) + Forza Italia, lui pique son maroquin.

Conte ne fait pas partie du personnel politique italien traditionnel. Il a été appelé là, parce qu’il fallait quelqu’un pour occuper le poste. Il semble assuré qu’il n’aura aucune place dans une administration Salvini. Si celle-ci voit le jour.

| Q. Mais que compte faire Salvini, au juste ?

Jacques Borde. Faire chuter le gouvernement, le plus tôt possible, ce qui est fait. Et tenir des élections fin octobre 2019 pour capitaliser sur des sondages qui le créditent de 38% à 40% des intentions de vote.

Deux points qui semblent, à ce jour, difficilement atteignables.

Pour le reste, dans une entretien au Giornale, Matteo Salvini avait affirmé renoncer à faire cavalier seul et annoncé qu’il verra « dans les prochaines heures Berlusconi et Meloni » pour « leur proposer un pacte » électoral. Une alliance avec ces deux formations lui donnerait, alors, une majorité solide.

| Q. Mais son bilan parle-t-il pour lui ?

Jacques Borde. Ça, ce sont les Italiens qui répondront à la question.

Mais Salvani a fait avancer les choses. Ainsi, par 160 voix contre 57, le Sénat italien a donné son feu vert au Décret sécurité bis qui sanctionne sévèrement toute organisation venant en aide aux clandestins et aux Jound al-Khilafah2 qui se cachent parmi eux. Une réelle victoire pour la Lega et son patron et auteur du texte, Matteo Salvini.

| Q. Concrètement, ça donne quoi ?

Jacques Borde. Désormais, les bâtiments pénétrant les eaux territoriales italiennes sans autorisation (ou avec) – à l’image du navire-négrier Sea Watch-3, qui avait forcé le blocus pour débarquer sa cargaison – risqueront une amende allant jusqu’à 1 M€, contre 50.000 € avant l’adoption du décret. Les capitaines ignorant cet ordre seront arrêtés et les navires-pirates saisis. Aussi, le texte prévoit l’interception préventive d’un navire-négrier et dix ans de prison en cas de résistance.

Qu’un TAR3 (du Lazio) – avec l’aval du Presidente del Consiglio Conte, du ministro 5Stelle della Difesa4, Elisabetta Trenta5, et du ministero delle Infrastrutture e dei Trasporti, Danilo Toninelli, lui aussi 5 Stelle – donne le feu vert au navire-négrier d’Open arms ne change rien au fait que, dorénavant, tout bâtiment de passeur, pénétrant dans un port italien se jette, en quelque sorte, dans la gueule du loup. Même si Salvini et Meloni aient avoué préférer qu’il n’accoste ni ne débarque.

[À suivre]

Notes

1 Ou Premier ministre italien.
2 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.
3 Entité juridique italienne.
4 Ministre italien de la Défense.
5 Qui a ordonné à la Marina militare d’escorter l’Open arms jusqu’à Lampedusa.

 

A Propos Jacques Borde

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