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Le Gambit de Di Maio en trois questions…

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Un dernier petit suspense, le dernier avant la route. Di Madio, faiseur de pluie de la nouvelle équipe, vient de hausser le ton dans ses palabres avec le parti de Bibbiano (sic), afin de préserver la part de son électorat quelque peu déboussolé par son comportement. Là : ça passe ou ça casse !…

| Q. Pourquoi Di Maio, durcit-il le ton dans ses discussions avec le PD ?

Jacques Borde. Pour d’excellentes raisons :

1- le M5S est, actuellement, en position de force par rapport à ceux que Luigi Di Maio qualifiait il y a à peine plus d’un mois de « parti de Bibbiano ».
2- en position de force, on pose ses conditions, on appelle ça : faire de la politique. Ce que fait Di Maio en disant que « Nos points de programme sont clairs, s’ils n’entrent pas dans le programme de gouvernement, nous ne pourrons pas démarrer. Et mieux vaudra alors retourner aux urnes, le plus tôt possible ».
3- sur le fond, le primus inter pares de 5 Stelle avance donc ses pions : « Soit nous sommes d’accord pour le réaliser, soit on ne peut pas aller plus loin » a-t-il averti après avoir rencontré Giuseppe Conte.
4- Di Maio, campe sur des positions établis conformes à ce que soutient sa base – ce qui, là, démocratiquement est légitime et honnête –, notamment lorsqu’il refuse une modification des « décrets sécurité » (sic), promulgués par son ex-allié le chef des souverainistes Matteo Salvini.

« Le problème de l’immigration est sérieux, concret et il doit être affronté avec compétence dans le respect des sensibilités exprimées par l’opinion publique », affirme Di Maio, alors qu’une grosse partie du M5S approuve le durcissement sécuritaire acté par le gouvernement M5S-Lega.

Quelque part, Di Maio essaie de poser, tant que c’est possible, une forme de continuité.

| Q. Pas un peu risqué, tout ça ?

Jacques Borde. Un peu. Un ponte du PD, Graziano Delrio, a qualifié d’ « inacceptables les ultimatums de Di Maio à Conte », rappelant que les sociaux-démocrates « se sont engagés à soutenir loyalement les efforts de M. Conte » pour constituer un gouvernement.

Ce qui pour le compte, ne veut rien dire. Ce alors que Di Maio, qu’on l’aime ou pas, est bien le faiseur de pluie du moment.

| Q. Jusqu’à quand ?

Jacques Borde. Qui peut le dire ? C’est une autre paire de manches. Mais, plutôt un bon manœuvrier à ce stade.

Et, désolé de le dire, bien meilleur que Salvini qui, à force, risque de dérouter une partie de son électorat.

 

A Propos Jacques Borde

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