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Rome, 2019 : Chute du 1er Triumvirat. Quid de la suite ? [4]

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Quinze mois, la Coalition Lega/M5S nous aura offert une fin de vie attendue & inévitable, mais dans les règles, pour ainsi dire normales (sic), de la vie politique de ce pays. In fine, la chute attendue de ce 1er (faux) Triumvirat, tant Giuseppe Conte, Presidente del Consiglio dei Ministri, disons sortant-rentrant (sic) n’était que le figurant obligé de cet attelage incertain, est plutôt une bonne chose. La seule vraie surprise étant justement que Conte sauve sa place. Alors : Urne aperte & porti chiusi ou urne chuise & porti aperti ? Mattarella a tranché ! Épisode 4.

| La Boulette du Capitano.
« … l’erreur fondamentale de Salvini a été de remporter les Européennes. Il est devenu l’ennemi numéro un en Italie et pas seulement ».
Gian Carlo Giorgetti, au Corriere della Sera (29 août 2019).

| Parti pour durer peu ?…
« Voilà un gouvernement qui ne durera que ce que durent les roses du mont Palatin. Salvini, Presto ! ».
Jean-François Touzé, sur sa page Facebook.

| Mise en garde.
« Le pacte PD-M5S risque de bénéficier à Salvini. Pour battre le populisme, il faut des idées nouvelles. Sinon on ouvrira grand les portes et on aura les souverainistes au pouvoir pour une ou deux générations ».
Massimo Cacciari, philosophe italien, La Stampa (29 août 2019).

| E-Combinazione.
« Le spectacle des bouffons italiens choisis par Bruxelles continue : presque 80% des inscrits à la plate-forme Rousseau du M5S a voté pour un gouvernement M5S-PD… Un score bulgare… Quand il y a quelques jours encore des milliers de Grillini écrivaient  » jamais avec le PD », rappelons que cette plate forme privée du boss… grillino Casaleggio avait reçu une amende de 50.000 € en avril 2019 du garant de la privacy pour risque de fraudes et de piratage... ».
Hélène Sadaune, sur sa page Facebook.

| Mort clinique ? Mais de qui ?…
« Je crois que cette alliance entre la Lega le Mouvement 5 Étoiles a été le résultat d’un hasard politique trop élevé. Trop de différences entre eux : la Ligue de Salvini représente les instances du Nord du Pays, qui travaille et produit et qui veut devenir autonome vis-à-vis de Rome. Ses maires et gouverneurs ont démontré depuis des années leur capacité à gérer de façon optimale et pragmatique la chose publique, tandis que les 5 étoiles ont été un vrai désastre partout où ils ont gouverné. Au niveau national, M5S a des représentants absolument inqualifiables et un modèle fait d’assistanat au Sud et de NON systématiques, fruits de refus des projets d’infrastructures et de développement économique libéral dont l’Italie a désespérément besoin (comme le TGV Turin-Lyon par exemple). La Ligue veut exactement le contraire de cela (…). Le gouvernement était arrivé à son terme, en fin de vie (…). Le gouvernement M5S-PD sera constitutionnellement légal ; mais politiquement fou, et il sera détesté par les Italiens ! La voie la plus juste serait de les laisser décider, mais le système électoral actuellement existant ne laisse pas beaucoup d’espoirs que ce système change… ».
Stefano Piazza, expert géopolitique italo-suisse.

| Modus operandi.
« Les juges rouges d’Agrigente remettent en liberté le navire ONG des ultra-gauchistes Mare Jonio qui avait été séquestré peu de temps auparavant. Désormais 5 navires ONG sans compter ce dernier sont à la pêche aux clandestins en face de la, Libye. Ce qui signifie bien le plan organisé par le Deep power européen pour déstabiliser l’Italie et sa politique des Ports fermés. Ils se sont tous mis d’accord ensemble pour mettre la pression sur l’Italie pour lui faire abandonner cette politique que l’UE, l’ONU, la grosse Merkel et Macron, les juges rouges et les ultra-gauchistes à leurs soldes tous ensemble contre ce pauvre et seul Salvini... ».
Hélène Sadaune, sur sa page Facebook.

| RDV au printemps.
« Si jamais ce gouvernement échoue – ce qui est envisageable – et que, finalement, il y a des élections au printemps prochain, Matteo Salvini aura sa chance à la condition que la loi électorale ne change pas. Si l’Italie décide de passer à un système purement proportionnel, Salvini aura beaucoup de difficulté à obtenir 50% des voix et donc 50% des élus nécessaires pour gouverner. La future bataille politique aura lieu sur ce terrain. Le M5S et le Parti démocrate seront certainement tentés de bloquer Salvini en mettant en place un mode de scrutin proportionnel, ce qui serait une preuve de machiavélisme de leur part. Ils abandonneraient en effet leur credo – favoriser un scrutin majoritaire favorable à la gouvernabilité du pays, à une prise facilitée de décisions irrévocables, comme les libéraux le réclament depuis les années 1970 – pour éviter qu’on ne leur prenne la place ».
Pr. Christophe Bouillaud, cité par Franceinfo (30 août 2019).

| Voter, mais pour de vrai…
« À tous les représentants 5 Stelle qui se réjouissent du grand « exercice de démocratie » donné par le vote en ligne sur Rousseau, je rappelle très gentiment que le plus grand exercice de démocratie prévu est les élections libres, celles que M5S et PD veulent empêcher à tout prix. Vous êtes scandaleux ! ».
Giorgia Meloni.

| Risque à venir.
« Soit ce gouvernement arrive à relancer l’économie et à satisfaire, notamment, les attentes sociales des Italiens, et dans ce cas, Matteo Salvini sera dans une situation très difficile. Soit il échoue et Matteo Salvini risque de remporter la mise encore une fois au terme de la législature ».
Pr. Marc Lazar, cité par Franceinfo (30 août 2019).

| Vendus à Bruxelles.
« L’Union européenne et Bruxelles sont prêtes à récompenser le nouveau gouvernement. Celui qui a toujours rappelé à l’ordre, aujourd’hui jette son masque (…). Ce gouvernement n’est pas formé à Rome pour le futur des écoles (…) mais il est formé à Bruxelles pour faire fuir cet emmerdeur de Salvini ».
Matteo Salvini, sur sa page Facebook.

| Trop tôt pour se faire une idée.
« Salvini se dit que, dans l’opposition, il va pouvoir attaquer à tous propos les deux partis. D’ici 6 à 7 mois, on retournera aux élections, et là, il aura très certainement une majorité absolue pour gouverner, seul ou en coalition avec l’extrême-extrême-droite, Fratelli d’Italia ».
Giuseppe Santoliquido, spécialiste de la politique italienne.

| Tout reste à faire.
« Les marchés financiers, selon Reuters, ont accueilli cette nouvelle avec enthousiasme, au prétexte que ce nouveau gouvernement serait fiscalement prudent, c’est-à-dire qu’il renoncerait aux nouveaux impôts envisagés par le précédent gouvernement pour réduire l’important déficit public italien. Cependant les deux partis ne semblent pas à ce jour s’être mis d’accord pour un nouveau programme politique ni sur les noms des futurs ministres. La majorité dont ils disposent dans le parlement actuelle est réduite et leurs points d’accord possibles pour les prochains mois n’apparaissent pas clairement. Comme la crise économique italienne actuelle et le chômage important ne diminueront pas faute d’accord au niveau de la nouvelle majorité, il est difficile de prévoir ce que sera leur programme ni ce que seront ses chances de succès. Néanmoins, le président Sergio Matarella a chargé le 29 août Giuseppe Conte, chef de Cinq Étoiles, président du Conseil sortant, de proposer un nouveau gouvernement. Les deux formations doivent maintenant se mettre d’accord sur le programme et la composition de leur futur gouvernement, afin d’éviter la tenue de nouvelles élections législatives dans le pays. Il s’agira ensuite à Giuseppe Conte d’obtenir la confiance des deux chambres du Parlement. Mateo Salvini est considéré comme perdant, au moins dans les prochaines années » .
Jean Paul Baquiast.

| Écrit d’avance ?…
« Et L’Italie ? Salvini a dû attendre le bon moment pour faire tomber le gouvernement et dévoiler les coulisses, il l’a fait après la chute du dernier masque, c’est-à-dire quand le M5S a voté en Europe en faveur d’Ursula Von der Layen en tant que présidente de la Commission Européenne, la candidat de Merkel et Macron. Le M5S s’est révélé aux côtés du PD, ce PD de Renzi, l’élu du groupe Bilderberg. La Comédie que nous voyons ces jours-ci concernant le lancement d’un nouveau gouvernement M5S-PD, les escarmouches du palais et de la table basse, la confusion médiatique et les rumeurs de couloir qui se répercutent en mille écho, ne sont que les accessoires d’un Théâtre de marionnettes avec une toile déjà définie, mais dont la fin reste encore à écrire ! ».
Generale Innocenzo Carriero.

| Mauvais calculs.
« On n’a jamais vu – en tout cas je n’en ai pas le souvenir – un tel revirement ou, plus exactement, une telle trahison à leurs propres principes que celle réalisée par le Mouvement 5 Stelle (M5S).Après avoir considéré, à bien juste titre, le Parti démocrate (PD) de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi comme l’incarnation même de tous les maux (des politesses évidemment retournées par ces derniers), le M5S vient de décider de s’allier au PD afin de rester au pouvoir et d’empêcher que le nombre de ses élus, s’il fallait faire face aux nouvelles élections demandées par Salvini, ne tombe, selon tous les sondages,de 30% à 15%. Pour donner un exemple, ce qui s’est passé en Italie, c’est à peu près comme si, afin de parvenir au pouvoir, La France insoumise s’alliait à Macron… En faisant tomber volontairement le gouvernement Lega-M5S, Salvini a sans doute mal calculé son pari. Oubliant le conseil donné par Orwell, il n’a pas imaginé un seul instant que les “grillinos”, comme on appelle les partisans du fondateur du mouvement, l’humoriste Beppe Grillo, se jetteraient dans les bras de ceux qui étaient, hier même, leurs plus fervents ennemis. Mais, pour eux, c’était cela ou aller au-devant de nouvelles élections, où ils auraient très vraisemblablement perdu leurs fauteuils et leur pouvoir. Et entre perdre cela ou perdre les principes et la dignité, les gauchistes du 5 Stelle n’ont pas hésité un seul instant ».
Javier Portella.

 

A Propos Jacques Borde

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