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Offensive turque : Erdoğan a la voie libre.

| Guerre Vs DA’ECH | Jean-François Touzé |

Intéressante analyse de Jean-François Touzé, sur la via factis lancé par le maître du Bosphore sur les forces coalisées des Hêzên Sûriya Demokratîk (HSD)1, positionnées en Syrie. Qui nous rappelle, notamment, que Donald J. Teflon Trump est le président des États-Unis & pas celui de l’Europe. Les notes sont de la rédaction…

L’offensive de la Turquie contre les forces kurdes engagées en Syrie contre l’État islamique amène de notre part trois réflexions.

1- La politique des États forts est d’abord celle de la continuité et de la ténacité. La Turquie d’Erdoğan dont l’objectif principal n’est pas seulement de peser sur le plan régional mais bien la reconstitution de l’Empire Ottoman et le rétablissement de son leadership planétaire sur les musulmans sunnites, sait que ce projet à long terme passe par l’anéantissement de toute velléité de fondation d’un État kurde2. Dès lors, tout sera mis en œuvre pour éradiquer cette menace considérée comme majeure par Ankara.

2- Cette offensive n’a été rendue possible que par la énième fluctuation des positions stratégiques américaines et par le retrait total de tous les soldats US présents sur le terrain d’opération. Une fois de plus, comme ce fut si souvent le cas dans leur pourtant courte histoire, les États-Unis ont trahi leurs engagements et abandonné ceux qu’ils étaient sensés soutenir. La sympathie que nous éprouvons souvent, à tort ou à raison, pour Donald Trump ne change rien à l’affaire. Quelle sorte d’alliés avons nous là ? Avec de tels amis, pas besoin d’ennemis.

3- La faiblesse de l’Europe est patente, son impuissance aveuglante, sa décomposition avérée. Par la faute opérationnelle d’Angela Merkel et la complaisance passive de l’ensemble des dirigeants des États de l’UE, l’abandon du contrôle des routes migratoires Centre Europe et balkaniques au dictateur islamique Erdoğan a permis à celui ci d’exercer un chantage mortel sur les Européens contraints de se coucher au moindre froncement de sourcils du nouveau sultan. La peur, si Erdoğan décidait de rouvrir les vannes, de la déferlante migratoire qui s’en suivrait — déferlante qui, comme chacun le sait, n’est pourtant qu’un fantasme de l’extrême droite — ajoutée aux pressions exercées à l’intérieur même de nos territoires par la diaspora, suffit à changer tout responsable politique continental en statue de sel. Dès lors, Erdoğan peut avancer ses pions. Et il vise loin…

Il n’y a pas d’indépendance sans liberté d’agir et pas de liberté d’agir sans force, sans volonté, sans détermination, sans objectif de puissance. Il n’y aura jamais d’Europe tant que les eunuques la dirigeront.

Notes

1 Ou Forces démocratiques syriennes (FDS) en français.

2 Ou Rojava. Inacceptable pour Ankara.

 

A Propos Jacques Borde

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