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Le Gambit des Trois Lunes : jusqu’où ira Erdoğan ? [1]

| Guerre Vs DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Avec la stupidité (désolé, je ne trouve pas d’autre mot), qu’on leur connaît, le cloaca mediatica occidental & ses lecteurs de prompteurs1 lobotomisés au droits-de-l’hommisme & au padamalgam, ont, débâcle des Hêzên Sûriya Demokratîk (HSD) kurdes oblige, découvert que l‘Orient compliqué, comme disait le général, n’était pas ce clip obscène & pro-wahhabî que leur radios & chaînes nous déversaient depuis que la haine sectaire takfirî a choisi de s’abattre – avec quelques aides occidentalo-centrées tout de même – sur la malheureuse Syrie. Avec sidération (c’est comme stupéfaction, mais en plus chic), ce déversoir d’idées usées, comme il en existe pour les eaux souillées de nos usages quotidiens, a même découvert que la répartition des rôles (méchants, gentils, etc.) qu’il nous imposait depuis l’essor de la crise syrienne laissait passablement à désirer. Last but least, nos étroits du bulbe mondialistes ont même commencé (mais pas plus, ne rêvons pas) à comprendre que le Türkiye Cumhurbaşkanı, Reccep Tayyip Erdoğan, n’était pas ce personnage de scenario hollywoodien qu’ils croyaient avoir percé à jour. Comme quoi, même aux imbéciles… Épisode 1.

« Tout votre postulat, c’est que Washington a une ligne unique et immuable depuis des années, et une stratégie étrangère machiavélique au sens premier de l’adjectif. Mais ce n’est manifestement pas le cas : c’est plutôt du coup par coup, et pas génial de leur point de vue : après tout leur gâchis irakien n’aura servi in fine qu’à mettre des pro-Iraniens au pouvoir à Bagdad… D’ailleurs dire que le Pentagone et ou La Maison-Blanche contrôle tout selon un plan mûrement réfléchi depuis des années, c’est du complotisme. Au fait, pourquoi les Américains tolèrent-ils Cuba à leurs portes depuis plus d’un demi-siècle ? Pour que Brian de Palma puisse tourner Scarface et Francis Ford Coppola Le Parrain II ».
Pierre Robin.

| Q. Le débat BHL Vs Zemmour, ça vous a parlé ?

Jacques Borde. (Soupir) Quasiment pas. BHL Vs Zemmour, c’est assez simple à résumer : le premier défend, surtout, ses investissements familiaux outre-Méditerranée, en bon tycoon de la gauche financiarisée. C’est lui et non Éric Zemmour qui devrait être banni des plateaux TV.

À se demander s’il ne serait pas opportun, à son endroit, de répondre favorablement, à la requête du premier magistrat libyen ou syrien qui se présenterait pour qu’il réponde de ses faits et dires concernant ces deux guerres implacables, Libye et Syrie, dont il a fait l’intense promotion. Mais, nous reviendrons une autre fois sur ce sujet, nous avons plus important à traiter aujourd’hui.

| Q. Le sort des combattants islamistes, ça vous inquiète plus en revanche ?

Jacques Borde. Oui et non. Mais les veules Occidentaux que nous sommes n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Nous n’avions qu’à nous en occuper pour de vrai pendant qu’il était encore temps…

| Q. Par pour de vrai, vous voulez…

Jacques Borde. Les liquider ou les faire liquider. Comme disait Dèng Xiǎopíng Lǐlùn2 : « Peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, s’il attrape la souris, c’est un bon chat ». Et pour ce faire, ça n’est pas la main d’œuvre et les munitions qui manquaient…

Quant on est lâche, velléitaire, incompétent, voire les trois à la fois, il ne faut pas se surprendre quant un événement se produit. Ici la via factis de la Türk Silahli Kuvvetleri (TSK)3 du Türkiye Cumhurbaşkanı4, Reccep Tayyip Erdoğan, sur la partie de la Syrie contrôlée par les milices des Hêzên Sûriya Demokratîk (HSD)5. Via factis, par ailleurs, annoncée depuis quelques temps déjà.

Du coup, ajoutons donc aux satrapes européens, le qualificatif de sombres crétins à ceux de lâche, velléitaire, incompétent. Là, le tableau me semble assez complet.

| Q. Mais Trump, lui, a accepté de reprendre ses djihâdistes, comme les qualifient les media mainstream. Action à laquelle, ce me semble, vous êtes opposés pour les Européens ?

Jacques Borde. Oui, reprendre ne veut rien dire en soi. Je vous rappelle tout de même que, dixit le Pentagone, autour de 18.000 Unlawful combatants6, seraient toujours opérationnels. « Même s’il a perdu son califat territorial, DA’ECH a relancé ses capacités opérationnelles en Irak et a repris ses activités en Syrie »7, ont averti les Américains.

Accepter nos returnees, pour en relâcher la majorité au bout de quatre à six ans, ça n’est pas ça qui va faire reculer la terreur takfirî. Aux States, ils risquent la peine de mort et un séjour musclé à Guanatanamo.

| Q. Je vais me faire l’avocat du diable : les Américains aiment bien nous faire peur parfois. Et agiter une menace, ça facilite aussi les ventes d’armes, non ?

Jacques Borde. Vous avez tout à fait raison. C’est bien pour ça qu’à l’époque de la Guerre froide, le très lu (y compris par votre serviteur) Soviet Military Power sortait AVANT les auditions sénatoriales décidant des budgets des armées. Et, le truc marchait à tous les coups.

Alors, écoutez donc plutôt ce que nous a dit peu avant de défuncter le primus inter pares de ISIS/DA’ECH, feu le Calife Rolex Ibrahim8 :

« Faites de votre mieux pour sauver (…) vos frères et vos sœurs (…) et forcer les murailles (…). Comme un musulman peut-il continuer à vivre alors que des femmes musulmanes croupissent dans les camps de la dispersion et les prisons de l’humiliation ? ».

De toute évidence, notre complaisance munichoise et notre laxisme judiciaire vis-à-vis des Jound al-Khilafah9 et des proxys de DA’ECH, je parle là des Européens, auront fait au moins un heureux : Baghdadi himself !

Mais, à la différence des Tartarins droits-de-l’hommistes que nous sommes, le sort réservé aux Unlawful combatants étasuniens va être des procès implacables avec nombre de peines capitales à la clé. Sans parler de l’écrémage (sic) en amont confié aux forces spéciales US. Ou turques probablement, le feu vert implicite de Donald J. Teflon Trump à Erdoğan a dû se faire avec quelques arrangements préalables.

| Q. Et qu’entendez-vous par arrangements préalables ?

Jacques Borde. Des éliminations préventives pour des éléments takfirî dont Washington ne tenait visiblement pas à ce qu’ils passent par des tribunaux, fussent-ils d’exception. Les Israéliens ont un mot pur cela : Sikul Memukad ou prévention ciblée.

| Q. Donc pour vous, Trump n’a pas eu la main légère sur ce dossier ?

Jacques Borde. Non, pas vraiment. On sait, par ailleurs, que ces derniers semaines ont eu lieu des frappes particulièrement ravageuses et létales de la part de l’US Air Force sur des cibles bien sélectionnées. Toutes de DA’ECH, pour une fois.

| Q. Des dommages collatéraux ?

Jacques Borde. Oui, très certainement. Et après ? Si vous croyez encore à la guerre en dentelles.

Rappelons, en outre, que le président des États-Unis, Donald J. Teflon Trump :

1- nous avait averti de ses intentions de retrait(s) dès son arrivée à la Maison-Blanche.
2- n’a fait – je sais, ça surprend toujours nos apparatchiks bruxelllois non élus – que tenir ses promesses électorales.
3- a particulièrement bien préparé ce retrait. Les Jound al-Khilafah, éliminés en amont n’ont pas été choisi au hasard.

Notes

1 Au siècle derniers prospérait une espèce aujourd’hui quasiment disparue : le journaliste !…
2 Fut notamment président de la Zhōngyāng Jūnshì Wěiyuánhuì, ou Commission militaire centrale (CMC).
3 Armée de terre turque.
4 Ou Président de la République de Turquie.
5 Ou Forces démocratiques syriennes (FDS) en français.
6 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
7 Operation Inherent Resolve, Lead Inspector General Report to the US Congress (1er avril 2019-29 juin 2019).
8 Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, dit Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi. Il succède en 2010 à Hamid Daoud Muhammad Khalil al-Zawi à la tête de ISIS/DA’ECH, le 29 juin 2014, premier jour du mois de Ramadan, il se proclame calife de l’État islamique.
9 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.

 

A Propos Jacques Borde

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