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Opération Sentinelle : En finir ou pas ?

| France / Défense | Ils ont dit | BforBORDE |

L’été 20017 peut-il être considéré comme celui de la rupture d’une administration Macron à peine installée avec ses militaires ? probablement. À l’affaire de Villiers, est venu s’ajouter la contestation d’un des choix stratégiques du chef de l’État (qui, particularité au demeurant bien embarrassante aujourd’hui, est aussi le chef des armées) : l’Opération Sentinelle, clé de voûte de notre dispositif anti-DA’ECH sur le front intérieur de notre (vrai-fausse) guerre contre le terrorisme. Une première depuis le Putsch des généraux de 1962. 1ère Partie.

| Partir à cause de Sentinelle !

« Si j’arrête l’armée, c’est clairement à cause de Sentinelle. Je m’en irai dès la fin de mon contrat, dans deux ans et demi, car je sais pertinemment qu’elle ne s’arrêtera jamais, en tout cas pas sous le mandat de Macron. Qui va assumer de retirer des militaires dans la rue ? S’il y a le moindre attentat, il est foutu…Ça reste de la communication politique, un dispositif pour rassurer les gens ».
Un engagé, actuellement en mission en Région parisienne.

| Des risques disproportionnés !

« On ne voit que nous avec nos uniformes, quand on se déplace. Alors que le camouflage a été étudié pour passer inaperçu dans la forêt. On est comme des lapins de garenne à l’ouverture de la chasse (…) ! Normalement, quand on se trouve dans une situation de danger, on le sait, on est équipés et on roule avec des véhicules blindés. Là, on se déplace en Kangoo en pleine ville… Et si le mec arrive à se procurer une kalachnikov, comme c’est le cas de temps en temps, je peux vous dire qu’en une rafale, il n’y a plus personne... ».
Un engagé, actuellement en mission en Région parisienne..

| Dispositif sans raison d’être !

« Je ne sais pas si vous vous rendez compte du ridicule de la situation: notre mission est basée principalement, je dirais à 70%, sur la surveillance des synagogues et écoles juives, mais nous sommes en août, alors elles sont fermées. Et le reste du temps, elles sont déjà dotées de caméras de surveillance et les parents se chargent déjà de leur protection…! J’ai d’autres projets dans la vie que d’être vigile ».
Un engagé, actuellement en mission en Région parisienne.

| L’effet du paratonnerre !

« … C’est très simple. C’est l’effet du paratonnerre qui attire la foudre. Ils patrouillent comme des troufions devant la gare Montparnasse. Ils sont bien visibles. Ils sont donc devenus des cibles privilégiées pour tous les illuminés de DA’ECH et ceux prennent le chemin de leur idéologie ».
Général (2S) Vincent Desportes.

| Tartines de miel !

Pour Jacques Borde qui souligne cette « évidence qui saute aux yeux : les militaires de Sentinelle – sorte de tartines de miel posées à bonne vue des plantigrades djihâdistes, si vous me permettez cette image zoologique – ne dissuadent plus guère les adeptes de doxa takfirî, ils les attirent carrément ».

| Guerre compète & totale !

« Notre territoire connaît une forme de guerre qui nécessite de mener une guerre complète et totale. La nation doit se rassembler et soutenir l’armée et les forces de sécurité intérieure de façon à exiger du pouvoir politique les moyens nécessaires pour mener ces actions de guerre ». 
Général Henri Pinard Legry, président de l’Association de Soutien de l’Armée Française (ASAF).

| Déplacer le problème !

« Nos soldats sont-ils devenus des cibles ? Bien sûr ! et le nier serait ridicule. Néanmoins, replaçons les choses dans leur contexte. C’est l’uniforme, symbole de l’autorité régalienne qui est une cible (militaires, policiers, gendarmes, pompiers…) Retirer nos soldats du territoire national, c’est déplacer le problème sur d’autres uniformes ! »
Olivier Audibert-Troin, ancien député.

| Des actes plombés par le verbe…

« Au-delà des sempiternels hommages aux forces de sécurité, aux armées et aux services de secours, aucune annonce n’a été faite en dehors du strict minimum en matière de lutte contre le terrorisme. Le chef du gouvernement promet de donner les moyens à ceux qui défendent la société, mais ‘en même temps’ son administration à déjà annoncé 400 millions d’euros de gels de crédits à la gendarmerie et à la police nationales et Bercy a indiqué le 11 juillet une diminution de 850 millions d’euros pour les Armées »..
Général Bertrand Soubelet.

| Un soldat est toujours une cible !

« J’entendais le 10 août au soir le Colonel Goya proposer que l’on arrêtât l’opération Sentinelle : cette opération coûte cher, l’argent pourrait être mieux dépensé, elle n’a pas de résultats évidents, nos soldats s’y épuisent, et ils sont en fait des cibles pour nos adversaires. Dussé-je passer pour un vieil imbécile et un cynique auprès de leurs épouses et de mes jeunes camarades, je dis : ‘et alors ?’. Ne vaut-il pas mieux que nos adversaires s’en prennent à nos policiers, gendarmes, militaires, capables de riposte, plutôt qu’aux civils attablés dans des bistrots ? Oui, il est scandaleux qu’en opération Sentinelle nos soldats soient mal logés, mal nourris, mal payés, qu’ils ne puissent pas prendre les permissions aux quelles ils ont droit. Mais un soldat est toujours une cible. Je l’ai été au Cameroun, en Algérie, au Liban. Puis-je rappeler Edmond Rostand : Il fait dire à Cyrano de Bergerac : ‘Moi, je n’abdique pas l’honneur d’être une cible » ».
Général (2s) Jean Salvan.

| Quid de la Représentation nationale ?

« Les militaires vous obéissent. Mais l’organe démocratique qui dans notre pays décide des moyens à accorder à nos armées, c’est le Parlement. Et à ce titre le Chef d’État-major des armées s’exprime devant le Parlement, pour faire part de ses besoins, de ses difficultés, pour rendre compte du juste emploi des moyens qui lui sont octroyés, au même titre et aussi légitimement qu’il vous rend compte à vous des ordres qu’il a reçus de vous (…). En ne disant pas à la Représentation nationale ce qu’il avait à lui dire, vous auriez voulu sans doute qu’il ne lui dise pas la vérité. Vous lui reprochez, de fait, de ne pas lui avoir menti, au moins par omission. Mais c’est extrêmement grave, Monsieur le Président, Chef des armées (…). Vous contestez la capacité, le droit, le devoir du CEMA de s’adresser à la Représentation nationale. Mais ce faisant, vous contestez AUSSI le pouvoir du Parlement de prendre ses décisions en s’éclairant de son mieux sur les conséquences de ses décisions démocratiques, d’entendre qui il veut sur les sujets qu’il veut. Y compris l’état réel de nos forces armées ».
Sergent Robert Guillemard.

 

 

A Propos Jacques Borde

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