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Fin de Soleimani, le Condottiere de Téhéran : & Ensuite ? [3]

| É-U / Iran | Géostratégie Ils ont dit |

Qu’on l’ai haï ou détesté (au choix) : très certainement, le meilleur chef militaire non-occidental des Orients Proche & Moyen de ces trente dernières années, celui qui fut, de si longtemps, le patron (déjà remplacé) du Nirouy-é Ghods1, le major-général Qassem Soleimani, n’a pas vu le coup venir & Son passage à l’aéroport de Bagdad lui aura été fatal. N’en doutons pas, dans l’Histoire militaire de l’Orient compliqué, une page majeure vient de se tourner & Téhéran de perdre un homme-clé. Après… Épisode 3.

| Perversion intellectuelle.
« On voit dans l’affaire Soleimani la perversion intellectuelle avec laquelle le président des États-Unis est traité par ses adversaires : soit Trump agit, et c’est un boutefeu, soit il ne fait rien, et c’est une trompette ».
Me. Gilles-William Goldnadel, sur Valeurs actuelles.

| En même temps, comme dit l’autre !…
« Ce qu’il y a de « drôle », c’est que ce général2 a combattu l’Etat islamique en Syrie et Al-Qaïda en Afghanistan… Par contre pour les binaires… « Ah bah oui, il était muslim »… Alors certes, je déteste le régime iranien… Mais d’après la géopolitique… Aussi con que de dire qu’il faudrait bombarder l’Armée Rouge face au nazisme, car l’URSS a des goulags et est une dictature… ».
Bernard Floriot, sur sa page Facebook.

| Pas rassurés ou dépassés ?…
« Nous sommes profondément préoccupés par l’escalade de la tension entre les États-Unis et l’Iran et par son impact négatif sur l’Irak. Nous qualifions l’opération américaine contre (…). Qassem Soleimani et son entourage, survenue le 3 janvier 2020, d’acte torpillant la stabilité et la sécurité dans la région ».
Déclaration commune de Vladimir V. Poutine & Reccep Tayyip Erdoğan.

| Glas des anti-Iraniens à Bagdad.
« Comparaison n’est pas raison, mais le sac de l’ambassade américaine à Bagdad avait des allures de Saïgon en 1975 ou de Téhéran en 1980. On peut bombarder en représailles autant qu’on veut, le bilan de l’occupation américaine en Irak est un désastre qui laisse derrière elle une guerre civile entre chiites et sunnites. Comme le remarquait très justement Fareed Zakaria, l’assassinat de Souleymani a sonné le glas du Hirak, le mouvement anti-iranien de la place Tahrir à Bagdad. C’est très exactement l’effet inverse recherché par la diplomatie américaine depuis plusieurs décennies. Après le départ américain, la mainmise chî’îte, sur le pays sera complète dans sa partie sud, ce qui ne veut toutefois pas dire qu’elle soit inféodée à l’Iran. Doit-on rappeler que les Chî’îtes irakiens sont arabes tandis que leur grand voisin est perse ? ».
Hadrien Desuin, Spécialiste des questions internationales et de Défense3.

| Logorhée démocrate.
« Le méchant Trump envoie une bombe ciblée sur un général terroriste iranien et c’est la 3ème Guerre mondiale. Obama pendant 8 ans à envoyé des milliers de bombes sur tout le Moyen-Orient et fait des milliers de victimes civiles mais lui était cool ».
Antoine Dauchez, sur sa page Facebook.

| Désirs ou réalité ?…
« L’assassinat du général Soleimani par les États-Unis à Bagdad est un événement d’ordre historique. C’est une déclaration de guerre ouverte de Trump contre Iran et Irak. Une guerre qui dominera la situation mondiale pour longtemps et changera profondément le Moyen-Orient et le monde, notamment aussi les États-Unis. Elle peut durer des mois ou des années et ne peut que s’arrêter quand, aux États-Unis, la conviction du tort américain deviendra assez forte. Personne ne peut avoir la moindre idée de l’ampleur de cette guerre. Il n’y a que l’issue qui est certaine : l’Iran va gagner, d’une manière ou d’une autre. Parce que c’est la seule issue qui est logique et qui correspond aux développements historiques. Et c’est la seule issue qui est juste et acceptable ».
Paul Schmutz Schaller, sur Facebook.

| Big boulette.
« Une erreur stratégique majeure ».
Jean Messiha, sur sa page Facebook.

| Complaisance pro-RII.
« Il faut souligner l’extrême complaisance qui fut celle de de la gauche intellectuelle française à l’égard de Khomeynī et de la révolution iranienne. Elle était à genoux devant des gens qui prônent la charia et voilent les femmes ».
Éric Zemmour sur Cnews.

| Montée aux extrêmes ?…
« Trois jours après l’assassinat par les Américains du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, le parlement irakien, s’est réuni aujourd’hui en session extraordinaire et a voté une résolution demandant au gouvernement de renvoyer les troupes de la coalition internationale sous commandement des États-Unis qui sont actuellement déployées en Irak. Le ministère irakien des Affaires étrangères a dénoncé une violation de la souveraineté de l’Irak, et a aussi annoncé avoir porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre les attaques américaines et l’assassinat de commandants militaires irakiens et amis ».
Bernard Barrier, sur sa page Facebook.

| Plus encore.
« J’apprécie l’action courageuse du président Trump contre l’agression iranienne. au gouvernement iranien: si vous en voulez plus, vous en aurez plus (…). Si l’agression iranienne se poursuit et que je travaillais dans une raffinerie iranienne de pétrole, je songerai à une reconversion ».
Lindsay O. Graham, sénateur républicain, sur sa page Facebook.

| Choisir ?…
« Quitte à choisir entre les Chî’îtes et les Sunnites, mon choix est vite fait : Chî’îtes donc Iran, Hezbollah, population civile au Yémen, Assad (Alaouites) ! Pour diverses raisons. La première c’est qu’ils (les Chî’îtes) sont beaucoup plus tolérants que les Sunnites (Arabie Séoudite, Qatar, Turquie, Maghreb, DA’ECH, Al-Qaïda, Boko Haram, Salafistes, Wahabbites, Frères Musulmans, etc.. Bref la majorité du monde muzz) vis à vis des autres Religions, notamment les Chrétiens. La deuxième, si l’Iran et le Chî’îsme tombent, il n’y a plus de contre pouvoir dans le monde musulman. Et la c’est la porte ouverte à tout ».
Alex Roderrer, sur sa page Facebook.

| Éviter l’escalade.
« Il faut que la partie iranienne renonce à des ripostes et des représailles, mais qu’on ouvre aussi des négociations, que l’Iran revienne dans l’accord nucléaire de Vienne et que la négociation sur la stabilité régionale puisse se mettre en œuvre (…). La situation est très grave : il y a un enchaînement d’escalade qui devient extrêmement préoccupant et qui peut amener à une situation de conflit. La position de la France est une volonté d’aboutir à une désescalade et de faire en sorte que les mauvaises décisions qui ont été prises de part et d’autre puissent être gommées par une volonté de négociation ».
Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe & des Affaires étrangères, sur BFM-TV.

| Échecs Vs Poker.
« Alors, certes, Donald Trump n’est pas fou. Mais il s’en approche chaque jour un peu plus en menaçant de frapper des sites historiques iraniens. En Afghanistan, les Taliban l’avaient fait en dynamitant les bouddhas de Bâmiyân, en 2001, alors que leur régime n’avait été reconnu que par deux capitales dans le monde : Riyad et… Washington. Ne reste plus qu’à savoir en quoi consistera la riposte iranienne, patrie des échecs, contre celle d’un poker souvent menteur ».
Nicolas Gauthier, sur sa page Boulevard Voltaire.

| D’une fascination, d’autres…
« Cette fascination de nos élites pour « le puissant général Soleimani » rappelle la fascination pathologique des élites françaises devant « la puissance allemande » depuis la défaite de 1870, et qui continue de nos jours malgré la déroute absolue de l’Allemagne face à l’Histoire en 1945. Nos élites sont fascinées par la fantasmée puissance de ceux qui veulent détruire la France, c’est comme ça, c’est une constante de notre histoire. Ils en oublient nos forces et ne voient plus les failles de nos ennemis. Pour ma part, je préfère le puissant Commander in Chief Donald Trump,après avoir préféré, d’un point de vue historique, le puissant leader du monde libre Winston Churchill ».
Didier Long, sur sa page Facebook.

| Guerre directe.
« Les États-Unis attaquent directement un général iranien et des groupes combattent désormais ouvertement au service de l’Iran pour venger ce général : ce n’est plus une guerre par procuration, c’est une guerre directe ».
Erica Gaston, chercheuse à la New America Foundation, à l’AFP.

| Monde à l’envers ?…
« C’est le monde à l’envers ! Donald Trump vient de menacer Téhéran d’attaquer 52 cibles iraniennes pas uniquement militaires en cas de riposte à ses frappes meurtrières. Le conseiller militaire du Guide Suprême a lui fait preuve de retenue en prévenant que les représailles porteront exclusivement sur ces cibles militaires. C’est enfantin. C’est naïf. C’est mal connaître son adversaire et l’acculer dangereusement. L’unilatéralisme belliqueux n’est pas acceptable car nous tous paierons le prix de l’aventurisme américain. Les croisades punitives ont fait la preuve de leur inefficacité depuis des lustres. Le président français a une occasion historique, comparable à celle du président Chirac en 2003, de montrer qu’il sait réfléchir et décider en toute indépendance, à long terme et pour les stricts intérêts nationaux de son pays. Il en va aussi de notre honneur. Il peut et doit initier immédiatement une coalition des nations de bon sens contre l’engrenage proposé par Washington et refuser tout alignement direct ou indirect, quelles que soient les pressions ou critiques. Si les États-Unis veulent s’engager dans une guerre, qu’ils en assument seuls la responsabilité ou trouvent des alliés serviles ou intéressés pour les suivre dans cette aventure inique. La France n’en sera pas. Peut-être est-il aussi grand temps d’aller à Téhéran rencontrer le Guide pour lui redire notre attachement à la paix et notre détermination à aider son pays. Et le faire ».
Caroline Galactéros.

| Faute grave.
« L’assassinat (comment appeler cela autrement ?) de Soleimani, par les USA est une faute grave qui sera lourde de conséquences et que l’Iran ne peut laisser sans réponse ».
Thierry Mariani, eurodéputé RN.

| Où & Quand ?…
« Le drapeau rouge flotte sur le mausolée de l’Imam Mehdi à Qom. Il ne sera retiré que quand la vengeance sera assouvie à l’issue d’une  »bataille féroce ». Maintenant, la question : c’est où et quand ? ».
Régis Le Sommier, sur Paris-Match.

| Calculs Vs pulsions.
« Si la foule et l’opinion obéissent à des pulsions irrationnelles qu’il faut canaliser par de la communication, en revanche je crois que les grands acteurs de cette crise sont contraints de faire des calculs de raison. Le régime iranien joue sa survie et Donald Trump a en ligne de mire sa propre réélection. Fondamentalement, les deux parties ont intérêt à en rester là. Elles ont toutes les deux intérêt à organiser le départ américain d’Irak dans de bonnes conditions. Il est évidemment impossible de prédire l’avenir mais on peut d’ores et déjà noter que ces premières représailles iraniennes sont très modérées et conformes aux attentes américaines. En Orient, il est de coutume de se venger avant l’enterrement. L’hypothèse d’une longue campagne de bombardement avec un changement de régime, sur le modèle irakien, serait évidemment une folie ».
Hadrien Desuin, Spécialiste des questions internationales et de Défense.

| Ne pas perdre la face.
« Symboliquement, c’est fait. Le chiffre de 80 morts annoncé par la télévision iranienne est totalement fantaisiste et destiné à assouvir la soif de vengeance de la foule, et en même temps galvaniser le mouvement d’union sacrée autour du régime des mollahs. La rapidité et la mise en scène des frappes prouvent également que les Iraniens ne veulent pas perdre la face, mais qu’ils ne sont pas prêts à une escalade militaire dont ils n’ont de toute façon pas les moyens. Ils veulent éviter un bombardement de leurs centres de recherches nucléaires. Nous verrons quelle sera la réponse américaine. Donald Trump avait promis une riposte en cas de représailles iraniennes, il est maintenant dos au mur. L’hypothèse d’une longue campagne de bombardement avec un changement de régime, sur le modèle irakien, serait évidemment une folie. Je ne pense pas du tout que Donald Trump soit prêt à dépenser à nouveau des centaines de milliards de dollars dans une aventure que même les Israéliens et les Séoudiens ne souhaitent pas. Attention toutefois, cibler ouvertement le territoire iranien serait une première et pourrait relancer l’escalade militaire ».
Hadrien Desuin.

| Cirque !…
« Que des foutaises, le général iranien Soleimani. Çela fait déjà depuis fin 2018 qu’il est mort, tué par les israéliens, lors d’une frappe en Syrie contre le Hezbollah effectuée avec l’assentiment tacite de la Russie et de el-Assad, qui souhaitaient se défaire de cet « allié » encombrant et sortir l’Iran de cette zone d’influence! Les Pâsdâran ont tenté de faire croire que ce n’était pas le cas, mais on ne le voyait jamais vivant, aucune vidéo récente… rien que des trucages et des photomontages. Maintenant grâce à cette frappe à Bagdad, ils se sont débarrassé de cette fable encombrante en le faisant  »mourir » une seconde fois. Ce sont juste des clowns !».
Josefa Torres DI Giacomo, sur sa page Facebook.

| Soutien à Téhéran.
« Les Nationalistes français pleurent la noble figure du général Soleimani qui avait contribué à restaurer l’ordre en Syrie et en Irak. Ils adressent leurs plus sincères condoléances au peuple iranien, aux dirigeants de la République islamique et à son guide suprême, l’Ayatollah Ali Khâmeneî ».
Yvan Benedetti, sur sa page Facebook.

| Mais bien sûr !…
« La crise internationale est voulue par Salvini pour ne plus faire parler de nous ».
Mattia Santori, primus inter pares des Sardine (proxys de la gauche financiarisée).

Notes

1 Ou Force de Jérusalem, une branche à part entière du Sêpah-é Pâsdâran-é Enqelâb-é Eslâmi (en français Corps des Gardiens de la révolution islamique). Force spéciale en charge des opérations extérieures dévolues aux Pâsdâran, historiquement commandée par feu le major-général Qassem Soleimani. Elle dépend exclusivement du Rahbar-é Enqelâb (guide de la révolution), l’Ayatollah Sayyed Ali Hossaini Khâmeneî (et non du président), un peu comme le Kidon du Mossad reçoit ses ordres du seul Premier ministre israélien (la ressemblance s’arrêtant là).
2 Commandant en chef du Sêpah-é Pâsdâran-é Enqelâb-é Eslâmi (Corps des Gardiens de la révolution islamique), le major-général Hossein Salami.
3 Vient de publier La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie (éd. du Cerf, 2017).

A Propos Jacques Borde

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