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Brexit, Impeachment : Début d’année morose pour le Deep State… [2]

| Deep States & États profonds | Questions à Jacques Borde |

Il y a des moments où les choses vous échappent. Les plus policés vous parleront de la Loi de Murphy. Les plus directs de La loi d’emm… maximum. Je vous laisse choisir. Il y en en une qui, entre deux doses d’alcool de grain, aura du mal à s’y faire : je parle ici de la ô combien controversée Speaker of the US House of Representatives, Pelosi, piètre stratège, mauvaise perdante, mais vraie mégère ! Mais, il y a des jours comme ça !.. Épisode 2.

| Q. Windman, Sondman, jetés comme des malpropres. Dites-moi, quand Trump fait le ménage, il n’y va pas avec le dos de la cuillère ?

Jacques Borde. Moi, sur ce terrain-là, je le trouve plutôt modéré. Plusieurs choses dans votre questions, en fait :

1- ces deux tristes sires – le lieutenant-colonel Vindman et l’ambassadeur Sondland – sont-ils, eux-mêmes, si on y réfléchit bien autre chose que des malpropres ?
2- en l’espèce, le président des États-Unis, Donald J. Teflon Trump, ne fait qu’appliquer, tardivement qui plus est, la règle du Spoil system étasunien qui veut qu’un président place ses personnes de confiance aux postes-clés de l’administration.
3- ces deux-là – la chiffe molle diplomatique et le traître en uniforme – c’est le moins qu’on puisse dire, avaient plus que trahi la confiance placée en eux.
4- aucun n’est viré, ni, hélas de mon point de vue, jeté aux ordures, ils recevront simplement de nouvelles affectations. À moins, bien sûr, d’être rattrapés par la justice fédérale !…

Alors, oui : ouste.

| Q. Rattrapés par la justice fédérale. Comment ça ?

Jacques Borde. Oui, rappelons quelques faits.

Primo, le lieutenant-colonel Alexander Semyon Vindman (né Aleksandr Semyonovich Vindman), ex-Director for European Affairs for the US National Security Council (NSC), témoignant le 19 novembre 2019 devant la Commission Schiff1, pressé de questions par les élus républicains, a dû admettre avoir inventé de toutes pièces le résumé (sic) de l’appel de Trump sur lequel se fonde littéralement la procédure d’Impeachment. Donc, quelque part, une forgerie. Too bad !

| Q. Dites-moi, vous l’accablez le Windman ?

Jacques Borde. Oui, sans la moindre once de pitié. Reprenons, ce que je vous avait déjà dit :

Qu’à essayer d’être le plus complet possible à propos de la prestation du lieutenant-colonel Vindman, dix raisons ad minimo étaient à prendre en compte dans ce qu’on peut appeler l’effondrement du narratif démocrate en cette affaire.

Prenons-les dans cet ordre :

1- Vindman a dû admettre que c’était bien au président élu de dire la politique étrangère des États-Unis. Et non à des fonctionnaires non-élus comme lui. Donc, que, quelque part, son avis personnel et celui de la plupart des témoins (sic) démocrates, n’avaient aucune valeur quant au fond.
2- Vindman – que la vulgate démocrate nous a vendu comme l’un des témoins-clés (et directs) en cette affaire – a dû reconnaître qu’il n’avait jamais été en contact avec le président Trump. Un peu léger, non ?
3- Vindman, qui a dû reconnaître ne pas être en mesure de fournir un témoignage de première main sur l’affaire, a, en revanche, admis avoir repris à son compte des nouvelles qui passaient. Comme lui aura fait remarquer (comme à d’autres présumés témoins), un des élus républicains amenés à l’interroger, le Représentant James Daniel Jim Jordan pour être précis : si Windman n’avait pas de témoignage de première main à apporter au quid pro quo, fondant supposément l’affaire, que faisait-il là ? Et pourquoi, au juste, lui-parlait-on ?
4- Vindman a admis que le président des États-Unis était « bien dans son droit », en demandant l’aide de Kiev dans une enquête en cours.
5- Vindman a reconnu que placer l’enregistrement de la conversation avec le président ukrainien sur un serveur dédié et sécurisé ne constituait en rien un « précédent ». Une pratique courante, en fait.
6- Vindman a reconnu que la retranscription de la conversation Trump-Zelenksy était « very accurate ». Très précise ! Donc, là encore, rien à redire.
7- Vindman a admis n’avoir jamais utilisé le terme « corruption » pour qualifier l’action du président.
8- Vindman a dit être incapable de se souvenir d’interlocuteurs ukrainiens lui donnant l’impression d’être soumis à des pressions. Cf. « It’s kind of hard to claim that they were pressured when there’s no evidence they felt pressured » (Il est difficile de dire qu’ils étaient sous pression, dans la mesure où il n’existe aucune preuve qu’ils aient pu se sentir sous pression).
9- verbatim Vindman : « As far as I can tell » (Autant que je puisse le dire), Hunter Biden n’était pas qualifié pour rejoindre le Burisma’s board.
10- dixit Vindman, il y avait bien quelque-chose s’apparentant au conflit d’intérêt dans la présence de Hunter Biden à la direction de Burisma.

Par ailleurs, comme nous l’avait fait remarquer, Charlotte Sawyer, le fait de se présenter à l’audience, en grande tenue, avait été considéré par beaucoup d’observateurs, comme de l’ostentation un brin hors-propos. Windman, au poste qui était désormais le sien, n’étant guère un combattant de première ou même de seconde ligne. Mais un simple analyste. Un pisse-copie pourrait-on dire.

| Q. Donc, in fine, le soufflé démocrate n’a pas pris ?

Jacques Borde. Oui. Tout simplement, parce qu’il ne pouvait pas prendre.

| Q. Pourquoi  ?

Pourquoi ? Parce que ceux que le camp démocrate et le cloaca mediatica maxima washingtonien (la presse-caniveau US si vous préférez) nous présentaient comme des témoins directs (sic) – le lieutenant-colonel Alexander Vindman, et Jennifer Williams, Special advisor on European & Russian affairs2 du vice-président US Mike Pence, notamment – qui ont été entendus lors des auditions, n’en sont pas, tout simplement.

Windman s’est fait tailler en pièces lors de son audition. Et, comme lui, Jennifer Williams, n’a pu évoquer que des oui-dires et donner son opinion personnelle : Cf. « J’ai trouvé le coup de téléphone du 25 juillet très inhabituel, comparé à d’autres appels présidentiels que j’ai observés, il s’agissait d’une discussion sur ce qui semblait être une question de politique intérieure ».

En plus, comme l’ont souligné plusieurs observateurs (républicains mais aussi démocrates), Windman s’est retrouvé à la limite du parjure lorsqu’il s’est hasardé à parler de « deux enquêtes sur un citoyen américain et un opposant politique ».

Et ces observateurs de nous rappeler que :

1- l’enquête en question ne vise que Hunter Biden et Burisma. Et (pas encore) son père.
2- la demande de Trump ne concerne donc que l’enquête Hunter Biden/Burisma, et non son père.

| Q. Et, Sondland, pas mieux pour vous ?

Jacques Borde. Un non-témoignage ? L’ambassadeur Sondland, en fait, n’avait rien à nous apprendre.

Mais le souci de Sondland – et plus encore de Windman, qui, militaire, s’est parjuré et à menti – ce qui leur est surtout reproché c’est le manque de fidélité à leur employeur.

Donc, je le répète : Ouste ! Ou, si vous préférez, comme le veut l’us étasunien : They serve at the pleasure of the President. Et, lorsque le boss ne veut plus de vous, ad minimo vous prenez la porte.

Pour revenir à la prestation de Sondland, comme l’aura fait remarquer François Clemenceau, du Journal du dimanche (JDD), son passage n’aura pas marqué « de façon déterminante d’un point de vue juridique », Gordon Sondland « dit ce que tout le monde [comprendre les Démocrates et leurs relais divers et variés] savait ». Sauf, c’est à noter à propos du fameux quid pro quo, dont on nous rebat les oreilles dans en apporter la plus petite once de preuve. Donc, à ce stade du Democrat Circus : défèque news et bruits de couloir. Ni plus ni moins.

| Q. Rien de plus ?

Jacques Borde. Rien de décisif au plan de l’accusation, en tout cas. Sondland dans son témoignage, à propos de la journée du 8 septembre, rapporte son dialogue avec Donald J. Teflon Trump, en termes assez précis et peu contestables :

– Sondland : « [M. le président] … qu’attendez-vous de l’Ukraine ? ».
– Trump : « Je ne veux rien, je ne veux rien, je ne veux pas de quid pro quo. Dites à Zelensky3 de faire ce qui est juste. Quelque-chose qui ait de l’effet ».

La seule nouveauté apportée par Sondland sera de nous confirmer la mise en place d’une « diplomatie parallèle » par Trump. Belle nouveauté, en vérité ! Comme l’a rappelé François Clemenceau : « Toutes les grandes nations font de la diplomatie parallèle ».

[À suivre]

Notes

1 Appelée ainsi parce que présidé par Adam Bennett Schiff. Déjà accusé de haute trahison par des Républicains.
2 Ou Conseillère spéciale pour les Affaires européennes & russes.
3 Le président ukrainien, Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky.

 

A Propos Jacques Borde

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