Accueil / Actu / Les Primaires du New Hampshire à la loupe [1]

Les Primaires du New Hampshire à la loupe [1]

| É-U | Primaire | Eber Haddad |

Petite série de mises au point d’Eber Haddad sur les premières primaires démocrates. Excellentes (les mises au point), comme toujours. Le titre est de la rédaction.

Les élections primaires du New Hampshire ont été, chez les Démocrates, la Bérézina pour Elizabeth Warren (9,3%) et Joe Biden (8,4%) arrivés respectivement 4ème et 5ème. À eux deux ils n’ont même pas réussi à faire le score de la 3ème, Amy Klobuchar (19,8%), Sénatrice du Minnesota totalement inconnue du grand public. C’est dire à quel point les affaires de Warren et Biden, qu’on présentait encore comme favoris il y a un mois à peine, sont mal en point.

Le grand vainqueur avec 25,8% est sans conteste Bernie Sanders, suivi de près par Pete Buttigieg avec 24,4%.

Plusieurs remarques:

1- Pour les Démocrates c’est plutôt un désastre parce que si même le New Hampshire n’est pas représentatif du pays au point de vue démographique il sert d’élan, au même titre que l’Iowa, pour les élections à venir notamment le Nevada mais surtout la Caroline du Sud où, grâce aux voix des Noirs, Biden espère se remonter. Mais il semble quand même que ce soit trop tard pour lui après l’assommoir qu’ont été pour lui les deux derniers scrutins. Sa campagne est à court d’argent et les donateurs vont hésiter à miser davantage sur pareil « loser ». Dans un geste désespéré, il s’est d’ailleurs sauvé du New Hampshire, sans même remercier ses électeurs et l’équipe qui l’a aidé sur le terrain, pour aller faire campagne en Caroline du Sud. Ça a l’air d’être cuit pour lui à moins d’un miracle ou d’un score exceptionnellement élevé dans cet État.

2- Warren s’est avérée un pétard mouillé et malgré son comportement hystérique, tellement déjantée qu’on se demande où elle trouve l’énergie pour autant de gesticulations futiles, et des idées autant extrémistes et irresponsables qu’irréalisables, idées que n’aurait pas reniées Georges Marchais, elle s’est effondrée et arrêtera probablement sa campagne soit après le Nevada, le 22 février 2020, soit après la Caroline du Sud le 29. Étonnant qu’elle ne l’ait pas fait hier, elle n’est plus viable. Ses voix iront directement à Bernie Sanders avec qui elle représente l’extrême-gauche du parti.

3- Buttigieg n’a pas grand chose à dire mais il le fait très longuement, en parlant sans s’arrêter comme un juke-box détraqué. Il a été promu chouchou par les media avides d’un candidat qui pourrait battre Donald Trump. Tout est possible mais il ne semble pas que Buttigieg soit en mesure de le faire. À 38 ans, il n’a bien entendu aucune qualification ni expérience pour diriger un tel pays, il est maire de la 4ème ville de l’Indiana et les électeurs moyens, mais déterminants n’apparaissent pas prêts à voter pour un candidat favorable à l’avortement jusqu’au 9ème mois de grossesse, autrement dit un infanticide, et qui s’exhibe avec son mari en l’embrassant publiquement.

4- Amy Klobuchar qui était totalement inconnue est la révélation de ces Primaires. Elle s’est imposée avec conviction et charisme mais surtout a pris la place de Biden dans l’aile modérée du Parti démocrate. À présent sa candidature comptera sérieusement dans ces élections, particulièrement si ses scores sont bons au Nevada et en Caroline du Sud et, si ce n’était pas le cas, elle fera une candidate inéluctable pour les prochaines en 2024.

5- Bernie Sanders a, incontestablement le vent en poupe, ce qui est extrêmement étonnant et perturbant pour un candidat de 78 ans, qui n’est même pas membre du Parti démocrate, au passé communiste et avec des idées d’un autre siècle qui ont échoué dans tous les autres pays du monde. Ça montre à quel point une grande partie de la jeunesse américaine, souvent des étudiants ou des universitaires, est peu informée sur les événements du reste du monde et manque sérieusement de maturité politique. Sanders sera très difficile à arrêter et si le Parti se comporte avec lui comme en 2016, en trichant pour lui bloquer la voie, il éclatera et ses électeurs fort nombreux ne se déplaceront pas le jour des élections, un nombre important tout au moins. Quand on voit que dans des présidentielles aux États-Unis l’un des deux partis risque d’être représenté par le Sénateur âgé d’un petit État, communiste aux idées inapplicables et Juif antisémite, oui ça existe aussi, on se rend compte des dégâts de l’éducation et du lavage de cerveaux tant dans l’enseignement primaire et secondaire qu’universitaire.

6- Étonnamment, et ça montre leur totale déliquescence, Warren et Biden ont été écrasés dans un État qui est le voisin de celui dont ils sont originaires, Massachusetts et Delaware.

7- En se maintenant Biden empêche l’aile modérée et majoritaire du parti de rivaliser avec les extrémistes, principalement Sanders, alors que ces derniers sont, malgré tout, qu’une minorité mais très bruyante.

8- Reste Mike Bloomberg. Il vient de passer deux jours catastrophiques où on a déterré des déclarations racistes à l’endroit des jeunes noirs, à deux reprises en 2013 et 2015, de même qu’une déclaration favorable à la Russie après l’invasion et l’annexion de la Crimée. Et c’est Trump qu’on accuse d’être « l’homme des Russes » ! Malgré l’intervention des leaders de la communauté noire en sa faveur, Bloomberg aura du mal à faire sortir les Noirs pour voter pour lui s’il était le candidat Démocrate contre Trump. Il n’est pas encore rentré dans les primaires, caprice et calcul de « billionaire » qui, contrairement à Trump durant les primaires Républicaines, et ne le fera qu’à partir du 3 mars ayant préféré éviter des combats qui l’auraient mis à terre. Il a déjà dépensé $325 millions et pourtant il ne représente probablement pas plus de 1 à 2% de l’électorat démocrate.

9- Le Parti démocrate, malgré toutes ses rodomontades, est paniqué à l’idée d’avoir soit un candidat extrémiste qui a peu de chances d’être élu ou un modéré totalement impopulaire et qui ne « chante » pas à ses électeurs. Cela d’autant plus qu’un nombre substantiel de l’électorat noir et une partie de l’électorat hispanique, ont basculé en faveur de Trump et ne sont pas prêts à abandonner les énormes progrès de ces trois dernières années où ils ont vu le chômage le plus bas de leurs communautés respectives ainsi que la régression très importante de la pauvreté.

10- Enfin il y a eu deux et peut-être même trois abandons chez les candidats démocrates, Andrew Yang et Michael Bennet ainsi qu’une valse hésitation de l’autre billionaire Tom Steyer qui n’a même pas obtenu 4%…

[A suivre]

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Défense : Moscou plus dans le Top-5

| Russie | Défense | La Rédaction | Rien n’y fait, la Russie continue de …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer