Accueil / Verbatim / Le Kulturkampf est-il aussi une Guerre asymétrique ? [2]

Le Kulturkampf est-il aussi une Guerre asymétrique ? [2]

| Europe | Kulturkampf | Questions à Jacques Borde |

Nous sommes en guerre. C’est ce que n’ont de cesse de nous dire des hommes de cet Art difficile qu’est celui de la guerre : du général (de réserve) français, britannique, ou italien, à des amiraux également de la Botte. Contre qui ? La terreur takfirî & ses réseaux de projection de Jound al-Khilafah1, qui sont bien les derniers à s’en cacher. Mais, rien n’y fait : sur le sol de la Vieille Europe : femmes & hommes peuvent être tués &/ou violentés à merci. Avatar technique, si l’on peut dire de cette géhenne : il est même possible de jeter des enfants sous des trains sans être traité comme un terroriste ou ad minimo comme un assassin. Au pire, on est un… déséquilibré à chouchouter jusqu’à une possible récidive. Insulte suprême à ceux qui tentent péniblement de juguler cette terreur, un chef d’État, prompt à se signer sur la dépouille d’un migrant (sic), ne se déplace même plus – ainsi que les représentants politiques de la gauche financiarisée – aux funérailles d’un Carabinier odieusement massacré ! Épisode 2.

« Pavlenski qui a osé montrer un zizi LREM, remigré ? Ok, mais les radicalisés qui tuent nos enfants on les garde donc ? ».
Thierry Cortes, sur sa page Facebook.

« Les députés pour l’expulsion du russe filmeur de bite ministérielle mais aussi pour le rapatriement de 500 djihâdistes. Logique... ».
Alain Attal, sur sa page Facebook.

| Q. Cette approche, laxiste, de la justice est-elle si répandue que ça ?

Jacques Borde. Elle l’était. On peut dire que ce laxisme généralisé était la grande mode planétaire, il y a une dizaine d’années. Fort heureusement, les choses sont en train de s’inverser.

| Q. Pour quelles raisons ?

Jacques Borde. D’abord, des pays comme la Chine n’ont jamais molli sur ces questions. Les crimes contre le peuple y sont toujours passibles de la peine capitale. Et les peines prononcés sont, la plupart du temps exécutées. Dans des temps assez courts, par ailleurs.

Prenez les affaires d’agression à l’arme blanche, y compris de policiers. Dans la plupart des pays occidentaux, avec un bon avocat – et des associations islamo-gauchistes hurlant au racisme – vous ne passez même plus par la case prison. En Chine, sortez un couteau face à un membre des forces de l’ordre, c’est la condamnation de mort assurée. Si vous n’êtes pas abattu sur place avant. Une excellente chose.

Ensuite, d’autres facteurs ont joué.

| Q. Et lesquels ?

Jacques Borde. Oh, rien qui ne soit pas connu des spécialistes. Là, ce sont les media corrompus jusqu’à l’os par l’or wahhabî qui ne font plus leur travail de relais des information. Nous avons :

1- la conjonction entre terrorisme – le choc des tueries de Mumbaï (Bombay, si vous préférez) – et une criminalité fortement islamisée, aux Philippines notamment.
2- un fort rejet des populations vis-à-vis de ces formes politisées de criminalité.
3- l’arrivée au pouvoir de personnalité fortes, je pense ici au Pangulo ng Pilipinas2, Rodrigo Rody3 Duterte, qui ont jeté aux orties tout le fatras idéologique de gôôôche pour prendre les décisions qui s’imposaient, traqué et traité les criminels comme il se doit dans un État de droit.

| Q. Même au prix du sang ?

Jacques Borde. Surtout au prix du sang !

Je pense, ici, aux paroles glaçante de la veuve du vice-brigadiere Mario Cerciello Rega assassiné qui a crié, en pleurs, à Salvini : « Ministro, tutelate noi non i delinquenti ». Soit, « …protégez-nous pas les voyous ». Pauvre femme, je crois qu’elle été guère entendue par ceux qui composent l’administration Conte-bis.

Ce que font excellemment – et j’insiste sur le excellemment – Rodrigo Rody Duterte et quelques autres. Mais pas en Europe, évidemment.

À tous ceux qui ces lignes choqueront, je terminerai en plagiant rien de moins que Marc-Antoine4 : qu’Até, sortie brûlante de l’enfer, vous engloutisse jusqu’au dernier et à tout jamais !

| Q. Apparemment, et a contrario de Paris, de Berlin ou de Rome, les choses changent de l’autre côté du Channel ?

Jacques Borde. Oui, de toute évidence, l’administration Johnson ça n’est pas l’administration Macron-Philippe ou l’administration Conte. En matière d’immigration notamment. Celle-ci sera choisie. Et pas qu’un peu.

Du moins si l’on en croit les propos extrêmement fermes de la Secretary of State for the Home Department5, Priti Patel, dans sa tribune publiée par The Sun : « Notre nouveau système d’immigration va fermer le robinet de la main d’oeuvre étrangère peu qualifiée(…). À partir de l’an prochain, tous les travailleurs qualifiés devront disposer de suffisamment de points pour travailler au Royaume-Uni. Ils devront parler anglais, disposer d’une offre d’emploi ferme et satisfaire aux exigences salariales »6.

C’est toujours la même histoire : quand on veut, on peut ! Il serait temps. Comme l’a noté Colette Thirion, il y a eu « 160 viols en huit jours en Suède. 23.420 en trois ans. Devinez qui sont les victimes et qui sont les violeurs. Le viol est une arme de guerre ».

| Q. Mais sur certains sujet, les administrations de ce côté-ci de la Manche, semblent faire preuve de fermeté ?

Jacques Borde. Ah, bon. Lesquels ?

| Q. Ce que l’on commence à appeler l’Affaire Pavlenski ?

Jacques Borde. Vous voulez rire. C’est la suite de l’Affaire Je-m’astique-le-poireau Griveaux (sic), en fait. Ce psychodrame de pissotière où l’ex-candidat du parti présidentiel La République en marche (LREM), Binjamin Griveaux, s’est volontairement fait filmer en plein épandage onaniste (sic). Pas une affaire d’État. Enfin, normalement.

| Q. Mais le député Bruno Questel qui dénonce le statut de réfugié politique accordé à Piotr Labensky ?

Jacques Borde. Une posture qui déshonore l’intéressé. En effet, le député Bruno Questel dénonce un statut de réfugié politique « totalement dévoyé », affirmant que « Piotr Pavlenski n’a plus sa place dans notre pays ». Ajoutant que derrière la diffusion de la vidéo de Benjamin Griveaux, sollicitant fermement son membre viril, se trouverait une tentative « orchestrée » (sic) de déstabilisation d’Emmanuel Macron.

Plus sa place dans notre pays ! Bigre !

Comme l’a si bien dit Alain Schlesser, sur sa page Facebook : « Bien sûr alors que les migrants ou non-migrants qui TUENT, VIOLENT ont vocation à rester en France !???Ben voyons. Quelle honte ! ».

| Q. Mais cette affaire n’est pas anecdotique ?

Jacques Borde. Avec ses développement actuels, pas vraiment.

Comme l’a noté Pierre Rodolphe Tran-Van : « Il est intéressant de voir que celui qui a diffusé une vidéo d’un zizi macroniste est placé de suite en garde a vue et est quasiment unanimement condamné par les politiques et les media. On aurait aimé le même zèle pour ceux qui ont menacé de mort et traîné dans la boue Mila (…). Donc cela veut dire qu’on l’a laissé libre UN mois et demi en liberté et qu’on ne l’interpelle immédiatement qu’après la diffusion de la saucisse de Griveaux. Donc, un droit commun, on s’en fout. Par contre, si le parti unique est menacé, là on sévit ».

Plus encore, en cette affaire, déontologiquement, la meute de « hyènes dactylographes » – pour reprendre le mot d’Alexandre Aleksandrovitch Fadeïev, à propos de Jean-Paul Sartre7 – des media germanopratins est tombée tellement bas qu’à son endroit je me vois contraint de plagier Jules Verne et de parler de 20.000 lieux sous la m… !

Apprécions, aussi, l’analphabétisme juridique d’Apolline de Malesherbes qui reproche à Me. Juan Branco de s’exprimer – Cf. « on a fait » – au nom de son client, Piotr Pavlenski, dans une défense de rupture somme tout assez classique. Comme cela se fait dans tous les prétoires depuis toujours.

Notes

1 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.
2 Président des Philippines.
3 Aussi surnommé Digong.
4 Scène 1, Acte 3, Julius Caesar, William Shakespeare : « Blood and destruction shall be so in use And dreadful objects so familiar That mothers shall but smile when they behold Their infants quarter’d with the hands of war. All pity choked with custom of fell deeds: And Caesar’s spirit, ranging for revenge, With Ate by his side come hot from hell, Shall in these confines with a monarch’s voice Cry  »Havoc », and let slip the dogs of war; That this foul deed shall smell above the earth With carrion men, groaning for burial ». Soit, en français : « Le sang, la destruction seront des choses si communes, et les objets effroyables deviendront si familiers, que les mères ne feront plus que sourire à la vue de leurs enfants déchirés des mains de la guerre.Toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions atroces : et conduisant avec elle Até, sortie brûlante de l’enfer, l’ombre de César promènera sa vengeance, criant d’une voix puissante dans l’intérieur de nos frontières : Carnage ! Et alors seront lâchés les chiens de la guerre, jusqu’à ce qu’enfin l’odeur de cette action exécrable s’élève au-dessus de la terre avec les exhalaisons des cadavres pourris, gémissant après la sépulture ».
5 Ou secrétaire d’État à l’Intérieur, communément appelé Home Secretary. Le poste est considéré comme l’un des quatre Grands offices d’État (Great Offices of State) et est actuellement devenu la fonction la plus importante au sein du gouvernement après le Premier ministre du Royaume-Uni (Prime Minister of the United Kingdom), le Chancelier de l’Échiquier (Chancellor of the Exchequer) et le Foreign Secretary.
6 The Sun (16 février 2020).
7 Fondateur de l’Union des écrivains soviétiques dont il fut le président de 1938 à 1944 et de 1946 à 1954. Avait lors du Congrès mondial des intellectuels pour la paix de Wroclaw, en 1948, qualifié Jean-Paul Sartre, absent de la cérémonie, de « chacal muni d’un stylo » et de « hyène dactylographe ».

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Brexit, Impeachment : Début d’année morose pour le Deep State… [3]

| Deep States & États profonds | Questions à Jacques Borde | Il y a …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer