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Entre Nullité & Trahisons : Notre « Drôle de guerre » Vs le COVID-19 [4]

| Guerre Vs COVID-19 | Questions à Jacques Borde |

Les belles âmes qui président de manière aussi exclusivement ploutocratique à nos destinées nous l’ont sorti sur tous les tons : nous sommes « en guerre ». Contre le méchant Coronavirus, bien sûr ! Sauf qu’à y regarder de plus près, la guerre (sic) que nous menons est une guerre avec des combattants : 1- trop peu nombreux, 2- déjà à l’os ; 3- privés des armes indispensables aux soldats de première ligne ; 4- à partir de de bases (souvent) fermées ; 5- ou sous équipées depuis des années ! Sans parler de batailles qu’il est hors de question de mener. La farce du confinement à la carte est une sorte d’apothéose : celui-ci ne serait pas d’actualité pour les zones de non-droit &/ou de Charia. Bigre, on va pas aller loin comme ça. Épisode 4.

« Loin d’être la solution, le Confinement général fait partie du problème. Écran de l’impuissance du pouvoir, il retarde l’immunité collective, impose un contrôle de masse de type soviétique et ruine le Pays. Des masques, des tests et de la Chloroquine pour tous ».
Jean-François Touzé, sur Twitter.

| Q. Rome : on parle du retour de Draghi pour remplacer Conte ?

Jacques Borde. Oui, effectivement, c’est la rumeur qui agite le Capitole ! Bof !

Je note que si le Presidente del Consiglio dei Ministri1, Giuseppe Conte, n’a jamais été désigné à ce poste par aucun vote direct du peuple souverain, il a, à l’origine de son premier mandat, été coopté et désigné par le biais d’un accord (sic) entre des forces politiques issues, elles, majoritairement d’un vote populaire. Ce qui, en passant, n’est plus le cas du gouvernement Conte-2.

Or ceci, Imposer aux Italiens, Mario Draghi, qui fut successivement :

1- vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires US Goldman Sachs de 2002 à 2005.
2- gouverneur de Banca d’Italia2, la banque centrale italienne entre 2006 et 2011.
3- président de la Banque centrale européenne (BCE) de 2011 à 2019.

Donc jamais élu par qui que ce soit : désolé où est la démocratie dans cette énième combinazione made in Rome ?

Pour ceux férus d’Histoire comme moi, je trouve que cela posera un sérieux problème de crédibilité et de décence. Mais la décence et la politique, de nos jours !…

| Q. Lequel ?

Jacques Borde. L’arrivée de Draghi aux commandes viendrait à instaurer à… Rome un régime de type ploutocratique ayant davantage de points communs avec celui de Carthage qu’avec celui de la République romaine. Des us maculées de la mala fides punica pour les enfants de l’Urbs. Ô manes de Fabius Cunctator3 et de Scipion4, revenez-nous !

| Q. Paris s’en sort mieux que Rome ?

Jacques Borde. C’est un point de vue. Sans vouloir manquer de respect pour les personnels soignant de la Botte, au sens du devoir héroïque : ils ne sont que les victimes du armons-nous et partez de hiérarques romains dépassés, ça n’est pas trop difficile pour Paris de faire mieux que Rome ! Pour l’instant du moins.

| Q. Mais, vous ne pouvez pas dire que le gouvernement ne fait rien ?

Jacques Borde. Non, effectivement, ce gouvernement :

1- interdit (le Protocole Raoult).
2- confine (inutile sans dépistage en amont). Car, le Premier ministre français, Édouard Philippe, a bien écarté tout dépistage généralisé. Cf. « Il ne servirait à rien aujourd’hui de tester massivement tout le monde, préventivement ou en fonction des symptômes » car une généralisation des tests pèserait sur les « capacités d’analyse et nous n’aurions pas les réponses suffisamment rapides là où c’est absolument nécessaire ». ???
3- kontrôle (sic) : 303.000 contrôles seulement à Paris et 25.000 verbalisations.

Comme l’a souligne un ami sur Facebook : « A défaut de pouvoir tester, on est capable de contrôler. On se rassure comme on peut… ».

Pour le reste, il est à craindre que la situation vire au désastre sanitaire ici aussi.

| Q. Que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. À écouter le Pr. Alain Bauer, Paris a, stupidement de mon point de vue, dupliqué l’erreur initiale de Rome qui a laissé beaucoup de Milanais fuir les premières mesures de confinement.

Comme l’a justement dit Bauer :

« Quand on parle de l’exode parisien en province, le problème c’est qu’on l’a laissé se faire (…). Trop tard, c’est pas la peine de se plaindre. Trop tard, c’est parce qu’on l’a laissé faire. Parce qu’on est entre deux. Cette espèce de logique graduelle ». Or, « le virus, il n’est pas graduel. Il avance de manière mécanique et tout ce que nous ne faisons pas aujourd’hui a des conséquences 14 jours plus tard ». En fait, « c’est un tsunami à répétition qui avance lentement » mais sûrement.

Qui plus est, contrairement aux lubies de Paris, « … le confinement total, point. c’est le confinement total, les tests et la gestion médicale ».

Vous l’aurez compris, à Paris, Rome ou Madrid, nous sommes loin du compte. À noter, toutefois, la volonté de Paris de ne pas stopper trop massivement l’appareil de production. Décision qui, étonnamment, n’a pas l’air d’inquiéter outre-mesure l’administration Conte.

| Q. Plusieurs media semblent confirmer le double langage de l’administration en matière de confinement ?

Jacques Borde. Hélas. Selon que vous serez Samir ou Christophe, effectivement, il semble bien qu’un confinement allégé – manière de lisser au niveau du discours, le pas du tout de confinement – soit accordé à certaines banlieues. Là aussi, traduire zones de non droit et/ou de Charia. Tout ceci à des relents de défaite annoncée.

Remarquez, à tout prendre, la défaite qui s’annonce vaudra bien celles de :

– 1346-1356-1415 : « Nous refusons d’utiliser les sans-dents avec des arcs, c’est vulgaire ». (Crécy-Poitiers-Azincourt). 2020 : ce vulgaire médoc, vous n’y pensez pas ?
– 1870 : « il ne manque rien, pas même un bouton de guêtres ». 2020 : nous sommes prêts !
– 1940 : « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts, on a la ligne Maginot ». 2020 : il n’y a aucune chance que le virus atteigne la France (Buzyn).
– 1954 : « Concentrons toutes nos troupes en un seul endroit » (cuvette de Ðiện Biên Phủ). 2020 : concentrons tous nos moyens de lutte dans le confinement.

| Q. Cette crise du COVID-19 aura révélé les faiblesse de l’Europe ?

Jacques Borde. Celles de la voyoucratie européiste, vous voulez dire.

Au stade où nous en sommes arrivés, si je comprends bien: Tchèques et Polonais piquent les masques des Italiens, les Suédois (à moins que ce soit l’inverse) piquent ceux des Français et les Français piquent des masques envoyés par la Suède à l’Espagne (4 millions tout de même, on a la main lourde en Macronie…). Plus quelques autres destinés aux Italiens. Dites-donc, ce sont pas les mèmes qui nous serinent, à longueur de journée, leurs leçons de solidarité européenne et de multilatéralisme ?

Quand les masques tombent on se rend compte que l’Occident souffre d’une maladie bien plus grave que le Coronavirus.

| Q. Nos gouvernements européens savent-ils où ils vont ?

Jacques Borde. À ce qu’ils nous disent eux-mêmes, on peut sérieusement en douter.

| Q. À ce point là ?

Jacques Borde. Oui. C’est du grand n’importe quoi. Prenons, simple exemple, le cas de la France :

Le 11 mars 2020, Sibeth N’Diaye nous sort que « L’Italie a pris des mesures qui n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie ».

Dont acte, Dame Sibeth. Or, le 21 mars 2020, Véran, tout de même ministre de la Santé, lui, annonce que « Nous prenons les mêmes mesures qu’en Italie ».

Mais comme l’a noté Didier Long : « Peut-on être encore crédible après avoir dit que les masques ne servent à rien et que le virus se rit des frontières ? ».

Poser la question…

| Q. En fait, tout le monde passe son temps à mentir, non ?

Jacques Borde. Tout le monde, non ! En fait, le régime et ses caciques, surtout.

Un exemple : Gilles Legendre, président du groupe LREM, affirme préfèrer que « notre santé soit confiée au ministre Olivier Véran et à ses troupes qu’à Madame Le Pen ».

Certes, Mme. Le Pen n’est pas médecin (soit dit en passant, Legendre non plus). En revanche, à propos de mensonges et de forgeries en série :

– Qui avait annoncé ce virus comme celui d’une simple grippette sans importance ?
– Qui a dit qu’il n’y avait pas ou peu de risques d’importation du virus sur notre sol ?
– Qui a dit que toutes les mesures étaient prises pour que ça n’arrive pas ?
– Qui a dit que les tests ne serviraient à rien ?
– Qui a dit que les masques ne protégeaient pas ?
– Qui a décidé d’un confinement à deux vitesses ?

| Q. Confinement à deux vitesses ?

Jacques Borde. On contrôle le citoyen lambda qui promène son chien en campagne où on ne croise personne pendant que d’autres sont attroupés au pied des immeubles de zones de non-droit et/ou de Charia refusent tout contrôle. Quitte à agresser des forces de l’ordre qui n’ont pas à leur endroit – et on se demande bien pourquoi – la rudesse de mise avec les Gilets jaunes et les personnels soignants.

Bon, force est de constater qu’en matière de mensonges, le régime de Paris pourrait nettoyer devant sa porte.

À noter que le Pr. Alain Bauer5 n’a pas hésité à qualifier ceux qui se dérobent au confinement, d’« assassins en puissance ».

À bon entendeur.

Notes

1 Ou Premier ministre italien.
2 Ou Bankitalia.
3 Quintus Fabius Maximus Verrucosus (le Verruqueux), dit Cunctator (le Temporisateur). Le Sénat le nomme dictateur en 217 av. J.-C. après le désastre du Lac Trasimène en juin. Conscient de son manque de moyens, Fabius harcèle Hannibal sans l’attaquer directement, cherchant à l’épuiser dans une guerre d’usure, refusant systématiquement le combat. Une stratégie qui lui vaut son surnom de Temporisateur.
4 Bien sur : Publius Cornelius Scipio Africanus, général et un homme d’État romain, né v. 236-235 av. J.-C.1, et mort en 183 av. J.-C., Rome lui doit sa victoire à la Bataille de Zama, en octobre 202 av. J.-C., . Les Carthaginois sont obligés d’accepter les conditions de paix imposées par les Romains. Comme le souligne l’historien Jean Favier, « … cette victoire sur Carthage change l’échelle des prétentions romaines (…) Scipion l’Africain a fait de Rome une puissance méditerranéenne, et de la Méditerranée occidentale un lac romain ». Scipion reçoit alors le surnom d’Africanus (Africain), soit celui qui a vaincu les Africains, en 201 av. J.-C. On précise parfois Africanus major pour le distinguer de Scipion Émilien qui reçut aussi le surnom d’Africain.
5 Professeur de Criminologie appliquée, notamment au Conservatoire national des arts & métiers.

 

A Propos Jacques Borde

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