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COVID-19 : L’Europe de l’Indicible peur… [2]

| COVID-19 | Questions à Jacques Borde |

… Qui sera notre Sainte Urodèle dans notre Europe de « l’Indicible peur » ?1. Qui nous aidera à comprendre la lâcheté de ceux qui, dans notre hinterland européiste, font mine de combattre la Bargeasque du Coronavirus, mais qui, en réalité, détruisent à petit feu notre tissu économique. Retour sur la trahison bien consommée de nos élites du nouveau monde (sic). Épisode 2.

« À ceux qui disent qu’il faut trente études multicentriques et mille patients inclus, je réponds que si l’on devait appliquer les règles des méthodologistes actuels, il faudrait refaire une étude sur l’intérêt du parachute. Prendre 100 personnes, la moitié avec des parachutes et l’autre sans et compter les morts à la fin pour voir ce qui est plus efficace. Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c’est ce traitement qui devrait devenir la référence. Et c’est ma liberté de prescription en tant que médecin. On n’a pas à obéir aux injonctions de l’État pour traiter les malades. Les recommandations de la Haute autorité de santé sont une indication, mais ça ne vous oblige pas. Depuis Hippocrate, le médecin fait pour le mieux, dans l’état de ses connaissances et dans l’état de la science. Contrairement à ce que disent certains à la télévision, la Nivaquine (le nom d’un des médicaments conçus à base de chloroquine, NDLR) est plutôt moins toxique que le Doliprane ou l’aspirine prise à forte dose. En tout état de cause, un médicament ne doit pas être pris à la légère et toujours prescrit par un médecin généraliste ».
Pr. Didier Raoult, à propos du confinement, in Le Parisien (23 mars 2020).

« De tous les éléments-témoins de la tiers-mondisation de la France — effondrement de notre système de santé, incapacité des forces de l’ordre à faire respecter la loi, bricolage des services de l’État, casbahisation de nos quartier  — que la crise sanitaire actuelle aura mis en pleine lumière, le plus inquiétant pour la suite est peut être le dénuement dramatique de nos armées ».
Jean-François Touzé

| Q. COVID-19 : la fin de l’UE, commencent à dire certains observateurs ?

Jacques Borde. À terme, de fortes possibilités. Manque d’anticipation, absence dramatique de solidarité, incapacité à gérer collectivement la situation…

Enrico Letta, qui fut Presidente del Consiglio dei ministri du 28 avril 2013 au 22 février 2014, a dressé un constat amer de la réponse européenne au Coronavirus. L’Europe survivra-t-elle à cette énième crise ? Letta, lui, estime que « Le Coronavirus, c’est peut-être la crise finale de l’idée européenne ».

Que Dieu l’entende, pour une fois.

| Q. Et, justement, où en est-on de la pandémie ?

Jacques Borde. Désormais, en l’absence de chiffres sérieux concernant l’Iran, ce sont la Chine, l’Italie, l’Espagne et les États-Unis qui comptent, désormais, le plus grand nombre d’infectés et de victimes, selon des données publiées sur le site de l’Université Johns-Hopkins.

Avec ses 1,393 milliard d’âmes, la Chine reste en première place quant au nombre de personnes infectées. Elle est suivie par les États-Unis (328,2 millions d’habitants recensés en 2019), soit un ratio de 2,36 morts par million d’habitants ; l’Italie (60,36), ratio de 329 morts /M ; et l’Espagne (46,94), ratio de 366 morts /M. Parmi les pays en comptant également un grand nombre figurent l’Allemagne (83,05), ratio de 36 morts /M ; l’Iran (81,8 millions, chiffres de 2018), ratio de 54 morts /M ; et la France (66,99), ratio de 212 morts /M.

| Q. Et que font les pays atteints ?

Jacques Borde. C’est selon.

L’Italie a décidé d’arrêter toutes les activités de production non indispensables (???) pour garantir l’approvisionnement des biens essentiels (???) et a durci les règles de confinement avec fermeture de tous les espaces verts, écoles et universités et l’interdiction de quitter sa ville de résidence.

De son côté, l’Allemagne – qui, certes, dispose encore d’un vrai tissu sanitaire et hospitalier2 – envisage sérieusement de mettre le plus vite possible un terme à un confinement qui tue à petit feu l’économie allemande. Idem, soit dit en passant, pour les autres pays-membres de l’UE. Mais plus gravement encore.

| Q. Là, vis-à-vis du confinement, je vous sens dubitatif, je me trompe ?

Jacques Borde. Il y a de quoi. Le confinement seul ne suffira pas à vaincre le Coronavirus. Et, là, ça n’est pas votre serviteur, ou quelque site soupçonné de complotisme, qui le le dit, mais une alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/WHO).

Les pays ne peuvent pas simplement confiner leurs populations pour vaincre le Coronavirus, estimait le 22 mars 2020 le principal expert des urgences de l’OMS, le Dr. Mike Ryan, ajoutant que des mesures de santé publique étaient nécessaires pour éviter une résurgence du virus plus tard. Ce qu’on appelle pudiquement les répliques, qui viennent de commencer en Asie, Chine et Singapour, notamment.

« Ce sur quoi nous devons vraiment nous concentrer, c’est trouver ceux qui sont malades, ceux qui ont le virus, et les isoler, trouver leurs contacts et les isoler », a déclaré le Dr. Ryan dans une entretien au Andrew Marr Show de la BBC. « Si nous ne mettons pas en place de sérieuses mesures de santé publique maintenant, lorsque ces restrictions de mouvement et ces fermetures seront levées, le danger est que la maladie remonte ».

Selon lui, comme nous l’avons toujours soutenu sur BforBORDE, l’Europe doit suivre les exemples de Taïwan, Singapour et de la Corée du Sud, qui ont imposé, certes, des restrictions de mouvement, mais associées à des mesures rigoureuses pour tester tous les cas suspects possibles. Et mettre de côté les personnes infectées pour les traiter.

Ce que ne font ni Madrid, ni Rome, ni Paris. À la fois par stupidité des choix et incompétence aggravée des régimes en place.

Au-delà, comme l’a dit Alain Attal : Olivier « Véran3 qui s’appuie sur les exemples italien et espagnol pour justifier sa politique contre le Coronavirus. Ça fait très peur (…) Oui, je préférerais qu’ils s’appuient sur la Corée, Israël, Singapour ou l’Allemagne, pour SINGER en toute humilité leurs méthodes. En se disant que, s’ils ont de si bons résultats, c’est qu’ils utilisent les bonnes méthodes. Mais ça c’est trop pour un esprit latin théorique et idéologue ».

| Q. Au-delà du débat amorcé par le Pr. Raoult existe-t-il une autre voie que le confinement ?

Jacques Borde. Bien sûr. Sans parler de l’Asie, la Suisse exclut le confinement généralisé – qui isolé d’autres mesures, pourrait même représenter des risques graves – de la population, pratique un large dépistage et traitement rapide, et, au passage accuse la France de faire de la politique spectacle. Ce que vient encore de nous confirmer le pitoyable show de Macron interrogé (sic) par ses deux groupies médiatiques préférées.

L’Europeist Circus encore et toujours.

| Q. France, d’un coté, pays le plus taxé au monde disent certains. Mais, de l’autre : manque de masques, de lits, de soignants, de respirateurs, etc. ! Que font-ils de tout ce « pognon de dingue », pour reprendre la formule d’un certain Emmanuel… Macron ?

Jacques Borde. Faisons, un court instant, un peu d’Histoire, et, comme dit Astérix, rendons à Jules ce qui appartient à César :

Georges Pompidou, président de la République de 1969 à 1974, fut à l’initiative de la Loi du 3 janvier 1973, appelée Loi Pompidou-Giscard, qui interdit à l’État et aux entreprises de passer par la Banque de France pour leurs emprunts à taux très bas, les contraignant à emprunter auprès des actionnaires depuis l’international et à des taux d’intérêts très élevés.

C’est depuis cette date que notre dette publique n’a cessé d’augmenter, passant de zéro en 1973 à 2.200 Md€ en 2019.

À un moment, il faut bien que les choses soient dites.

[À suivre]

Notes

1 Pour bien interpréter cette entrée en matière : Voir d’urgence : La Cité de l’indicible peur de Jean-Pierre Mocky.
2 Rien à voir avec les faits et actes du régime Merkel.
3 Le ministre français de la Santé.

 

A Propos Jacques Borde

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