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COVID : État des lieux d’un Nouveau monde plutôt ancien… [2]

| COVID-19 | Jacques Borde |

8 mai ! Pour combien d’entre-nous, cette date n’est rien d’autre que le lendemain du 7 mai ? Elle reste, aussi, celle où s’écroula un des pans les plus sombres de cet Ancien monde : la 2ème Guerre mondiale. Terme générique qui nous permet d’oublier que le 8 mai 1945 vont s’achever – je les prends dans un certain désordre – tout à la fois : la Croisade des démocraties, mise en avant par les Britanniques ; l’Invasion de l’Europe, qui barrait la Une de la majorité des media étasuniens ; la Libération de la France, voulue & portée à bout de bras par le général de Gaulle ; mais, surtout, la Grande Guerre patriotique définie par le maréchal Staline1, qui allait coûter à nos frères russes 26 millions d’âmes. Aujourd’hui, tant ceux qui regrettent l’Ancien monde que ceux qui portent au pinacle le Nouveau, l’oublient un peu trop aisément : ceux qui firent les plus grands sacrifices pour nous sauver d’un appétit allemand (encore vorace, diront beaucoup) ravageur étaient à l’Est, pas à l’Ouest. Ne l’oublions jamais… Épisode 2.

| Q. Les policiers sont-ils plus exposés qu’auparavant ?

Jacques Borde. Probablement. Mais ils sont surtout livrés à eux-mêmes. Ce qui est totalement anormal.

Sur ce sujet, l’ex-commandant de police, Laurent Cassiau-Haurie2, d’estimer que « … le terrorisme a pris une ampleur importante, inédite sous certains aspects, ce qu’on appelle l’uber-terrorisme. De ce point de vue c’est indéniable. Quand aux violences dans le quotidien, il n’y a aucune raison que cela s’arrête puisque l’État est totalement défaillant. La nature a horreur du vide, les voyous et autres racailles s’y engouffrent. Et puis on les laisse faire avec une telle intensité que les territoires perdus sont des enclaves définitivement conquises. La criminalité est en hausse constante, les violences de plus en plus importantes, de plus en plus graves et sanguinaires, il n’y a aucune raison que les violences contre la Police ne suivent pas le même chemin ».

Notez que tout ce cirque dure depuis des décennies. Grosso modo, il n’y a plus de véritable ordre public depuis le départ de Charles Pasqua de l’Intérieur. Donc, du 30 mars 1993 au 11 mai 1995, où celui-ci fut ministre d’État, ministre de l’Intérieur & de l’Aménagement du territoire du gouvernement Balladur.

À rappeler, pour confirmer le côté patriote et non conformiste du personnage, qu’en février 1995, Charles Pasqua va révéler les opérations d’espionnage économique menées en France par la… CIA, et faire expulser le chef de poste de la CIA, Richard L. Holm, ainsi que plusieurs autres agents étasuniens agissant sous couverture diplomatique.

| Q. Pas la faute des policiers, ce qui se passe actuellement, alors ?

Jacques Borde. D’une manière générale, je ne crois pas. Les fonctionnaires de police se retrouvent entre le marteau et l’enclume. Qui plus est, la profession est, comme nos militaires en OPEX, à l’os. Qui peut le plus, peut le moins.

C’est surtout, la démission du régime (qui est flagrante) qui, en l’espèce, est la plus lourde de conséquences. En effet, nous ne sommes pas en des terres ou fleurissent escadrons de la mort et initiatives privées, musclées ou pas, pour alléger le fardeau des forces sécuritaires dans la lutte contre le crime et la délinquance et qui sont totalement et uniquement dépendantes des choix de l’État. Ici du régime Macron. Particulièrement déficitaire sur ces questions pourtant régaliennes.

Par ailleurs, comme le dit Laurent Cassiau-Haurie, « les délinquants le savent pertinemment et en profitent. Quand il n’y a plus d’État, les groupes, organismes et autres grossissent et se développent. Pouvait on imaginer dans les années 70 voire 80, une telle incurie ? Incroyable de constater tous les jours le déclin inexorable d’un pays que la crise du covid a définitivement révélé au grand jour ».

| Q. Tout ceci est logique, non ?

Jacques Borde. Non, ça nous semble logique. Ce qui n’est pas la même chose. D’autres modèles sont possibles et existent. On pourrait aussi s’en inspirer. Ce qui, bien sûr, ne veut pas dire les dupliquer à l’identique.

| Q. Lesquels et où donc ?

Jacques Borde. Des exemples, si vous le voulez bien.

Primo, les Philippines. Le Pangulo ng Pilipinas3, Rodrigo Rody4 Duterte, fait régulièrement appel à la population, comprenez les honnêtes citoyens, pour qu’ils épaulent armée et police dans leur combat contre le crime et la terreur takfirî. Dernièrement, le président Duterte n’a pas hésité à demander aux citoyens d’intervenir directement aux côtés des forces de l’ordre dans des cas où ces dernières seraient confrontées des formes de violence inattendues.

Secundo, les États-Unis. Où deux éléments se conjuguent :

1- police et justice – sauf pour des questions relevant du fédéral, voir récemment certains pans de la lutte contre le COVID-19 – dépendent, un par un, des États.
2- le 2nd Amendment (et d’autres) permet au citoyen de s’impliquer, armé, dans des actions où sa sécurité, celle des siens, proches, amis et voisins, est directement menacée.

| Q. Et ça marche ?

Jacques Borde. Oui. Ça fonctionne plutôt bien. Le taux de bavure constaté après des ripostes citoyennes est extrêmement bas. Nettement plus bas, en tout cas, que lors d’actions conduites par des Forces de l’orde (FDO), qu’elles soient d’État ou fédérales.

| Q. Mais le nombre de tueries de masse ?

Jacques Borde. Reste, statistiquement très faible. Ce terme n’a pas de valeur juridique absolue, c’est un concept statistique détourné de sa vocation initiale à des fins politiciennes. De plus ce terme, aucun membre du cloaca mediatica maxima ne vous le dira, inclut toute interaction impliquant des armes à feu où ad minimo quatre personnes ont été tuées mais aussi blessées.

Un exemple : si un fonctionnaire de police fait usage de son arme et tire sur un véhicule qui finit dans le fossé et ses passagers à l’hôpital avec blessure(s), fractures et contusions et que des armes sont retrouvées sur les passagers ou dans le véhicule, l’affaire pourra être classée comme tuerie de masse.

Qui plus est, devraient, en toute logique, être retirés des chiffres des tueries de masse, les criminels et délinquants laissés sur le carreau qui, la plupart du temps, ont fait un usage totalement illégal d’armes détenues, dans la majorité des cas, illégalement.

Si, par exemple, lors d’échanges de tirs (fréquents dans les affaires de drogue ou de guerre territoriale) entre gangs, six ou huit personnes se retrouvent aux urgences et/ou à la morgue, quel rapport avec une tuerie de masse ? Au pire, c’est un accident du travail.

| Q. En ces temps de pandémie qui n’arrangent rien : apaisement du terrorisme takfirî ? Ou pas ?

Jacques Borde. Pas le moins du monde, vous pensez bien. La main des Unlawful combatants5 d’Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)6 n’a pas faibli un seul instant. Les attentats terroristes commis au nom de l’Islam en avril 2020 nous ont donné :

– 174 attentats‬
– ‪743 morts‬
– ‪393 blessés ‬

‪Même durant la pandémie du COVID-19 le virus de la terreur nazislamiste tue de plus belle. ‬

| Q. Et, question pandémie, où en sommes-nous ?

Jacques Borde. Comme depuis le début de cette crise, cela dépend de qui parle. Ou, plutôt, de qui est écouté.

Si, par exemple, vous prenez le Pr. Jean-François Toussaint de l’IRMES, il vous dira qu’à partir des données de Santé Publique France (SPF), 95% de l’épidémie est bien derrière nous. Selon lui, c’est la même courbe dans tous les pays que ceux-ci aient confiné ou bien n’aient pas confiné et qu’ils ont le même taux de mortalité voisin de 100 pour 1 million (0.001%).

Le Pr. Toussaint répète aussi que la phase de confinement est arrivée bien après la vague de circulation du virus. Donc – et c’est moi qui le dit – : que, par là- même, son utilité prise isolément est donc sujette à caution. Il considère que les mesures les plus efficaces sont la distanciation et le port du masque. Mesures qui, selon lui, seraient plus efficaces que les mesures de confinement, dont il dénonce les effets délétères et les implications socio-économiques comme dévastatrices. Le Pr. Toussaint estime également que l’épidémie a cessé en Australie et en Chine et qu’il n’y aura probablement pas de deuxième vague. Le déconfinement est donc une urgence absolue selon lui.

Une analyse qui rejoint celle du vilain petit canard de la Santé publique, lui aussi professeur de médecin : le Pr. Raoult, bien évidemment.

[À suivre]

Notes

1 Joseph Staline. Son pseudonyme de Staline, formé sur le mot russe сталь (stal), qui signifie acier.
2 Auteur de La police m’a tué, publié chez Payot, et de Flic & Gilet Jaune, publié aux éditions Encre Rouge.
3 Président des Philippines.
4 Aussi surnommé Digong.
5 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. Défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
6 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.

 

A Propos Jacques Borde

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