Erdogan est une menace : Ouvrons les yeux de nos compatriotes.

| France / Turquie | Géostratégie | Jean-François Touzé |

Manœuvres d’intimidation contre une frégate française en Méditerranée, actes de piratages, incursion de ses bâtiments en Mer Égée et survol par ses chasseurs F-16 des Iles helléniques nécessitant la mise en alerte de la flotte grecque… La marine turque multiplie les provocations et teste les capacités — et surtout la volonté — de résistance européennes. Le titre (raccourci) est de la rédaction.

Dans le même temps, la Turquie, méthodiquement, met en place un à un les éléments de la reconstruction de l’empire ottoman: économiques — coopération renforcée avec la Tunisie et de nombreux pays d’Afrique — religieux et communautaires — omniprésence dans les Balkans, menaces sur l’Arménie, transformation de Sainte Sophie en mosquée, messages explicites en direction du HAMAS et, plus largement du monde arabo-musulman, visant à affirmer son leadership face à Israël (promesse d’Erdoğan de « libérer » la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem) et plus globalement celui du monde sunnite — militaires — déploiement de ses forces en Syrie et en Libye (80.000 hommes équipés de chars Léopard et de drones de combat), livraison d’équipements et mise à disposition de cohortes de mercenaires aux rebelles islamistes — humains — présence de millions de ressortissants turcs étroitement encadrés par le pouvoir d’Ankara sur le sol européen, en Allemagne et en France principalement.

Le néo-sultan Erdoğan, dans l’accomplissement de son projet, sait pouvoir compter sur trois armes potentiellement fatales à l’Europe:

1- l’arme migratoire, par le contrôle des vannes de l’invasion que lui a impardonnablement accordé Angela Merkel en 2015, lui donnant ainsi les moyens d’un chantage permanent sur notre continent ;

2- l’arme du gaz et des hydrocarbures dont il pourrait à tout moment verrouiller les approvisionnements ;

3- son appartenance, enfin, à L’OTAN et la menace qu’il fait planer auprès de Washington d’un renversement d’alliances, ménageant à cette fin Vladimir Poutine et la Russie, malgré des intérêts divergents en Syrie, et adressant à la Chine des signaux convenus.

La Turquie n’est pas la seule menace qui pèse sur l’Europe. Elle en est une majeure.

La France doit se préparer. L’Europe doit se reprendre. Le conflit est possible. Il est même probable. Il sera froid ou il sera chaud. Tout dépendra de nos capacités de résistances et de contre-offensives.

Ne pas augmenter, malgré la crise, les budgets militaires nationaux — Français en particulier — serait un crime contre la civilisation. Ne pas moderniser nos armées ni en renforcer la cohésion morale et opérationnelle serait une faute aux conséquences tragiques. Ne pas construire au plus vite une Europe de la Défense à partir des armées de chaque pays membres, serait un suicide

Tout indique pourtant que c’est vers cet abîme que nous entraînent à grand pas nos gouvernants.

Il est urgent d’ouvrir les yeux de nos compatriotes. Une grande campagne sur les intentions de la Turquie et les menaces que fait peser Erdoğan sur la paix européenne et la survie de notre civilisation s’impose. Réseaux sociaux, presse nationale, formations politiques de notre camp doivent s’atteler à cette tâche.

 

A Propos Jacques Borde

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