Captagon : Arme de soumission massive ? [1]

| Guerre Vs ISIS/DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

Hannibal ad portas, disaient les Anciens Romains. DA’ECH ad portas, devrait s’écrier, à son tour, l’administration Conte. Sauf que, dépassée & peu compétente quant aux questions de terrorisme & de sécurité, elles sous-estime les menaces. Pourtant, il serait temps : c’est bien sa police qui a averti urbi & orbi de la saisie, dans le port de Salerne (Italie), de QUATORZE (14) tonnes d’amphétamines, sous la forme de 84 millions de comprimés de Captagon produits par DA’ECH. Cette amphétamine servant exclusivement à doper ses combattants, nos Latins-crétins (sic) peuvent-ils vraiment croire que cet arrivage est, seulement comme ils le laissent entendre, destiné au business de la drogue ? Alors, Paris & Bari nos futurs Kigali ? Épisode 1.

« Certains attendent que le temps change, d’autres le saisissent avec force et agissent ».
Dante Alighieri.

« Le procès d’un ministre pour avoir fait ce que son mandat lui imposait, c’est-à-dire défendre la nation et ses frontières et respecter l’indication donnée par les électeurs par le vote, est un précédent effrayant dans la démocratie italienne. Peu importe ce qui est juste, mais ce que la gauche, le mainstream et les pouvoirs forts aiment. Une autre pièce dans la dérive liberticide que nous dénonçons depuis longtemps. Mais à ceux qui fêtent, sans pudeur, je veux dire que lorsque les règles de l’État de droit sautent, personne n’est plus en sécurité.Matteo Salvini a la solidarité totale et inconditionnelle de toute Fratelli d’Italia et moi. Nous allons pouvoir défendre cette nation contre les lâches et les traîtres ».
Giorgia Meloni.

| Q. Vous me disiez que vous êtes particulièrement inquiet par rapport à un événement superbement minoré par la presse ?

Jacques Borde. Oui, tout à fait. Avec toujours cette interrogation est-ce :

1- de la bêtise pure et simple ?
2- de l’incompétence crassissime ?
3- de la complicité active de la port du cloaca mediatica maxima ? Je vous laisse deviner l’hypothèse que je pense être la bonne.

| Q. Votre événement inquiétant, c’est quoi ?

Jacques Borde. La saisie, début juillet 2020, par la police italienne de QUATORZE (14) tonnes d’amphétamines, sous la forme de 84 millions de comprimés de Captagon produits en Syrie par Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)1.

Cette prise, réalisée dans le port de Salerne (au sud de Naples), représenterait une valeur marchande d’un milliard d’euros sur le marché, ce à en croire la Guardia di Finanza (GdF), évoquant « la plus grande saisie d’amphétamines au niveau mondial ».

Or, comme l’a justement rappelé La Republica, le Captagon est la drogue que le groupe terroriste takfirî ISIS/DA’ECH distribue à ses Unlawful combatants2 pour les aider à surmonter leurs peurs. Une drogue dont le trafic a, certes aussi, permis de financer les activités du groupe.

Mais tout autant, un tel produit en de telles quantités – arrivant de ce côté de la Grande bleue – auraient dû stimuler la curiosité de beaucoup de nos supposés spécialistes. Officiellement, la version avancée est que les mafias italiennes étaient prêtes à inonder les marché dans toute l’Europe.

Selon l’enquête chapeautée par le Parquet de Naples – quid de magistrats antiterroristes nationaux qui, à mon humble avis, auraient dû reprendre le dossier ? – la drogue se trouvait dans trois conteneurs, contenant des cylindres de papier à usage industriel et des machines.

Ces cylindres de papier en multi-couches, d’environ deux mètres de haut et d’un diamètre de 1,40 mètre (probablement made in Germany), permettaient chacun de dissimuler environ 350 kg de comprimés placés dans les couches intérieures sans pouvoir être détectés par un scanner. Les comprimés étaient estampillés avec le symbole Captagon, selon les enquêteurs.

« On sait que l’État islamique finance ses propres activités terroristes surtout par le trafic de drogue synthétique produite en Syrie, qui pour cette raison est devenue ces dernières années le premier producteur mondial d’amphétamines », précisait le communiqué de la Guardia di Finanza.

| Q. Je ne vous sens pas très convaincu par ces propos ?

Jacques Borde. C’est le moins qu’on puisse dire. Je pense que la partie la plus inquiétante du dossier est totalement escamotée.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Une guerre ça se mène avec des combattants mais aussi une logistique.

Les combattants de DA’ECH, ses Unlawful combatants pour être précis, arrivent par navires et vols entiers sur le sol européen (guère empêchés par les lois munichoises imposées par la voyoucratie politique bruxelloise) considéré par ses stratèges et chefs militaires de ISIS/DA’ECH comme des fronts du djihâd comme les autres. Ainsi, la France dans le discours takfirî a été rebaptisée Andalousie du Nord-Est.

Ce qui est clairement un terme de reconquête.

| Q. Et la logistique ?

Jacques Borde. D’une manière réductrice, on a tendance à limiter la logistique des groupes terroristes et factions armées aux armes légères et/ou collectives (et aux munitions qui vont avec). À quoi s’ajoutent des explosifs, de l’argent, des papiers, des véhicules, etc. ! Il faut également songer aux structures d’accueil et de repli, équivalentes à ce que les SR désignent sous le terme générique de Safe house (ou planque, pour les francophones). Ce à quoi servent, évidemment, les nombreuses zones de non-droit et/ou de Charia qui échappent entièrement ou partiellement aux autorités centrales : qu’elles soient de Paris, Rome, Madrid – ceux que je nomme affectueusement les Latins crétins (sic) – mais aussi Bruxelles ou Londres.

Cette part de la ville qu’à une époque, les spécialistes avaient baptisé le Londonistan.

Mais relève de la logistique, aussi ce que peuvent consommer à assez vaste échelle les Jound al-Khilafah3 que les états-majors takfirî ont patiemment projeté en nos Andalousies-du-djihâd (sic), depuis des années.

Notamment en raison du soutien actif, et sans guère de limites désormais, des ONG-négrières de la gauche financiarisée européiste, dont on appréciera le poids sur :

1- la magistrature de la Botte, les fameuses toghe rosse.
2- le cloaca mediatica maxima italien.
3- une partie des élus italiens, en raison du sort fait à l’ancien vice-président du Conseil & ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, qui « pour avoir fait ce que son mandat lui imposait, c’est-à-dire défendre la nation et ses frontières et respecter l’indication donnée par les électeurs par le vote »4, va se retrouver devant les juges.

Le monde à l’envers.

| Q. Armes et munitions ne sont pas le principal souci ?

Jacques Borde. Oui, mais avec des variables.

Lorsque l‘Óglaigh na hÉireann (IRA)5 luttait contre la Couronne britannique, elle n’a jamais visé une forme de parité qualitative avec les troupes brits, les plus aguerries et les plus féroces de l’Occident. Ses brigades de Volonteers comptaient, en fait, peu d’hommes. Et une quantité énorme des armes acheminées avec les difficultés qu’on connaît n’ont jamais quitté les dépôts où elles étaient stockées.

Le combat de l’IRA fut une guerre asymétrique, menée souvent à partir de matériels artisanaux (mortiers, notamment) et d’explosifs.

En Irak, la guerre contre l’occupant occidental de Ezzat Ibrahim al-Duri6, secrétaire général du Parti Ba’ath arabe & socialiste, fondateur et chef d’Al-Jayš Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN, Armée des hommes de la Naqshbandiyya), qui, à partir de 2014, vont s’allier avec Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH), fut autant une accumulation d’affrontements urbains à la limite du classicisme des batailles de siège de la 2ème Guerre mondiale (type Stalingrad) et le recours massifs aux IED. Ou Engins explossif improvisés (EEI) en français.

Après, vous avez des exemples intermédiaires comme Mog7 ou les Batailles de Grozny.

Mais, il y a pire à envisager.

| Q. Pire, dîtes-vous ?

Jacques Borde. L’axiome, qu’on nous répète – et qui fonderait alors une riposte massive de l’armée – d’une guerre asymétrique à la libanaise est-il aussi assuré que le croient certains.

Que je sache au Ruanda, le génocide qu’on a connu s’est fait sans armes légères ni collectives. Et plus au gourdin et à la planche à clous qu’à la machette, contrairement à une idée reçue.

L’incapacité des troupes belges et françaises à le juguler prouve qu’une troupe aguerrie peut être assez vite dépassée, si le commandement et, surtout, la volonté politique font défaut. Sur nos sols européens, un réel RETour d’EXpérience sur des tragédies comme Toulouse et le Bataclan a-t-il été mené à bien ? Poser la question, c’est y répondre.

À mesurer la progression des attaques à l’arme blanche sur le sol européen, on peut commencer à nourrir quelques doutes sur la nécessité absolu de soulèvements type Beyrouth ou Mogadiscio.

Cela rejoindrait les instructions données par Dabiq et autres media takfirî ou wahhabî. En gros : faites autant de dégâts possibles avec ce que vous aurez sous la main.

Ce que, historiquement, firent les auteurs du 11 Septembre : pas de chasseurs-bombardiers sous la main et des tonnes de bombes. De simples cartes d’embarquement auront suffi.

[À suivre]

Notes

1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
2 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. Défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
3 Ou Soldats du califat. Terme officiel de DA’ECH pour qualifier ses combattants armés. Vient en droite ligne de Jound al-Khilafah fi Ard al-Jazair, groupe armé terroriste salafiste, qui s’est fait connaître par l’assassinat d’Hervé Gourdel. A fait scission d’AQMI (officiellement en septembre 2014) et prêté allégeance à DA’ECH.
4 Dixit la Présidente de Fratelli d’Italia (FdI), Giorgia Meloni.
5 Ou Irish Republican Army, historiquement les Volontaires d’Irlande.
6 Désigné comme le Roi de trèfle dans le jeu de 55 cartes diffusé par les Américains sur les responsables du régime de Saddam Hussein, Al-Duri feu l’un des artisans du coup d’État de 1968, amenant les ba’athistes au pouvoir. En 1979, al-Duri soutient Saddam Hussein lorsque ce dernier renverse Ahmad Hassan al-Bakr.
7 Mogadiscio.

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Heures sombres & Endkampf à tous les étages ? [3]

| Occident | Kulturkampf | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde | Dire que …