Présidentielles 2020 : Petit détour par le parti de l’Âne.

| É-U | Présidentielles | Eber Haddad |

Travail d’analyse remarquable. Excellent article sur le parcours des candidats du parti de l’âne. Le titre est de la rédaction.

Les élections présidentielles aux États-Unis en Novembre prochain seront cruciales, périlleuses, auront de lourdes conséquences mais seront aussi les plus inhabituelles et les plus imprévisibles de l’Histoire de ce pays.

Maintenant on le sait, c’est Kamala Harris sur le ticket avec Joe Biden pour le poste de vice-présidente et c’est ce qui les rend encore plus insolites.

Joe Biden : sa victoire aux Primaires est à peine croyable et montre le niveau de médiocrité de la classe politique chez les Démocrates ! On en est à se demander comment se fait-il que ce parti n’ait rien trouvé de mieux à présenter et si cela ne cache pas quelque chose. Un politicien professionnel en poste à Washington depuis 1973, d’abord comme sénateur puis comme vice-président qui n’a jamais brillé par sa vision ni par ses accomplissements et, s’il est élu, aura plus de 78 ans pour son premier mandat ! Du jamais vu ! Que va-t-il faire de plus que ce qu’il n’a pas fait en 48 ans, à part continuer à s’enrichir et faire acte de présence ?

• Bien que connu pour ses gaffes à répétitions, il n’est pourtant pas aussi bête qu’il le parait, mais son tour est passé et il lui sera difficile de convaincre l’électorat de la sincérité de ses intentions d’autant plus qu’il n’a rien accompli de significatif durant sa longue carrière.
• Quand il parle de lutte contre le racisme systémique, concept aussi faux que démagogique, il essaye de mettre un voile pudique sur, non seulement, son inaction totale sur ce sujet mais aussi et surtout sur ses nombreuses actions franchement en faveur du racisme, comme s’opposer à la déségrégation du service de bus vers les écoles, ou encore déclarer qu’il ne voulait pas voir ses enfants grandir dans une « jungle raciale », etc…
• La dernière gaffe en date était il y a quelques jours à peine, concernant le « manque de diversité chez les Noirs contrairement à la variété de vues et d’opinions chez les Hispaniques », après avoir tancé quelques deux ou trois semaines auparavant un journaliste noir en lui répondant, dans une interview, qu’un Noir votant pour Trump « n’était pas véritablement noir » !
• Il a été pendant de longues années très proche des deux derniers Sénateurs dinosaures ségrégationnistes, dont l’un, le Démocrate Robert Byrd, a longtemps été un Grand Wizard du Ku Klux Klan (KKK), et l’autre, le Républicain Jesse Helmes, réputé pour s’opposer à toutes les lois pouvant impacter la ségrégation raciale. Et c’est exactement ce que lui a reproché avec véhémence sa rivale durant les débats des Primaires démocrates, Kamala Harris… devenue depuis sa colistière.
• Tous les observateurs ont remarqué que Biden avait des épisodes fréquents de sénilité avec quelques rares moments de lucidité. Le Coronavirus lui a permis de se soustraire aux yeux de public pendant presque six mois durant lesquels il n’a pas fait une seule conférence de presse, ni donné des interviews importantes ! Jill Biden son épouse, en revanche, n’a pas arrêté de parler à sa place à moult journalistes, tous des sympathisants bien entendu, qui ne lui posaient que les « bonnes » questions…
• Les « qualités » de Biden ne s’arrêtent pas là. Il est connu pour avoir la main baladeuse avec les jeunes femmes, même certaines de ses collaboratrices, et des baisers prolongés avec les enfants qu’il touche toujours « très affectueusement ».
• Et par-dessus tout, de nombreuses femmes, dont une politicienne démocrate du Nevada, accusent Biden d’agressions sexuelles et ont déposé plainte contre lui. Pendant les primaires, sa colistière d’aujourd’hui et sa rivale d’alors, Kamala Harris, a non seulement soutenu les plaignantes en déclarant « qu’elle avait du respect pour elles d’avoir eu le courage de s’exposer publiquement » mais dit et répété qu’elle n’avait « aucun doute sur la parole de ces femmes » !!! Voilà donc Biden accusé d’être un prédateur sexuel comme un vulgaire Weinstein… Harris fait maintenant équipe avec celui qu’elle accusait il y a encore trois mois d’être un prédateur sexuel !
• En 1988, Biden s’était déjà présenté aux Primaires démocrates des élections et avait été pronostiqué gagnant devant l’ancien gouverneur du Massachussetts, Michael Dukakis, devenu au final le candidat du parti aux présidentielles. Biden avait alors été pris en flagrant délit de plagiat, obligé d’arrêter sa campagne et présenter des excuses. Il avait reproduit, presque mot pour mot, le discours électoral de Neil Kinnock, l’ancien leader des Travaillistes britanniques. Tous croyaient sa carrière politique définitivement terminée mais, à la surprise générale, il a ressuscité de ses cendres.

Pourquoi est-ce que tout cela n’a pas fait l’objet de la moindre controverse lorsqu’il s’était présenté comme vice-président d’Obama ? Le simple fait d’avoir été sur le ticket avec la « Rockstar » qu’était le prédécesseur de Trump, immunisait contre la moindre enquête ou attaque. Obama et ses conseillers avaient trouvé la technique imparable, toute critique envers lui ou son équipe était immédiatement qualifiée de racisme, ce qui ne dérangeait pas le moins du monde la majorité de la presse traditionnelle qui lui était totalement acquise et tétanisait les quelques journalistes considérés comme impartiaux craignant d’être traités de racistes.

Kamala Harris : on assiste, une fois de plus, à la tentative par les médias de hisser un(e) candidat(e) démocrate au statut de « Rockstar », comme ils l’avaient fait auparavant avec Obama. Ça ne sera pas aussi facile cette fois-ci mais ça se fera quand même. C’est amusant de voir comment les médias ont proclamé Harris, quelques minutes seulement après sa nomination, une des femmes les plus notables de ce siècle et ont embelli son CV de manière éhontée. A ce propos d’ailleurs on voit la puissance de propagande des géants du net tels que Google, sa filiale YouTube, Facebook, Twitter, Apple News et Yahoo News de même que les media traditionnels, New York Times, Washington Post, ABC, CBS, NBC, CNN, MSNBC, Associated Press, Time Magazine, Newsweek, etc… et aussi, plus insidieusement, des animateurs d’émissions de variétés et de comédies tous orientés « à gauche », si on peut encore affubler les Démocrates de ce « sobriquet ».

En conséquence, depuis cette nomination, émettre la moindre critique à l’endroit de Kamala Harris relève du racisme le plus abject et, cerise sur le gâteau et avantage que même Barack Obama n’avait pas, de la misogynie la plus ignominieuse ! On peut donc ainsi couper l’herbe sous les pieds à tous ceux qui n’auraient pas la « bonne » opinion la concernant puisqu’elle est inattaquable. On s’en est déjà rendu compte au premier soir de la Convention démocrate que la carte du racisme allait être brandie en toutes occasions non seulement par les médias mais aussi par toutes les « stars » du parti, à commencer par la plus médiatique d’entre elles, Michelle Obama dans le premier discours de cette convention, le 17 août 2020. Ce politiquement correct va très loin puisque certains politiciens et journalistes sont cloués au pilori, diabolisés et voués aux gémonies, s’ils ne prononcent pas Kamala correctement ! Il faut l’accent tonique sur la première syllabe et non pas sur la troisième, sinon vous êtes, en plus, un affreux xénophobe qui n’a aucune sensibilité !!!

Kamala Harris est un caméléon de la politique :

• Elle est la première Indo-américaine à être élue au Sénat mais la première Afro-américaine à se présenter à la présidence des États-Unis ! C’est au choix, à la tête du client.
• Elle a passé une importante partie de sa vie au Canada, en fait très peu mention et se revendique comme « Californienne ».
• Elle dit venir de la classe populaire afro-américaine d’Oakland, ville voisine de San Francisco et en majorité noire, mais est en réalité une fille de la bourgeoisie aisée, son père était professeur d’université. Ce dernier « d’origine jamaïcaine », Noir ou Blanc on ne sait pas trop, est descendant d’une famille s’étant enrichie en pratiquant le commerce d’esclaves ! Ça ne colle pas trop avec sa prétention d’être l’égérie et la championne « de la cause » des Noirs américains.
• En tant que procureure de l’État de Californie, elle a poursuivi avec sévérité et fait emprisonner 1.560 personnes pour simple possession de marijuana… et a fait arrêter des protestataires qui ont tenté de les défendre, mais se range aujourd’hui parmi les partisans de l’utilisation libre de cette substance qu’elle qualifie de « cool ».
• En 2018, pour essayer de sortir de l’anonymat et se faire un nom à son détriment, elle a attaqué le candidat au titre de juge à la Cour Suprême, Brett Kavanaugh, avec mauvaise foi, hargne et en utilisant forces mensonges et insinuations, lors des auditions de ce dernier au Sénat mais couvre sans vergogne les Démocrates « coupables » des mêmes faits qu’elle lui reprochait.
• Elle a changé tellement de fois d’opinions sur la politique d’assurance santé qu’elle préconise, qu’il est bien difficile de savoir quelle est sa position actuelle dans ce domaine.
• Elle est pour une ouverture totale des frontières et de l’immigration de masse mais tient des discours ou elle s’y oppose formellement en fonction de son auditoire.
• Et comme un bonheur ne vient jamais seul, aussitôt adoubée par Biden, la plupart des archives compromettantes et gênantes la concernant, ou en contradiction avec ses idées actuelles, il y en avait pas mal, ont été brusquement expurgés des moteurs de recherches.

On ne comprend toujours pas la surprenante victoire aux Primaires démocrates de Joe Biden car, à part sa volubilité quand il est en petit comité, on ne voit pas quelles qualités il a pour ce poste. Il a été un vice-président suiviste et médiocre, il sera encore plus médiocre pendant les trois ou six mois de sa présidence parce qu’il est impossible qu’il tienne plus longtemps vu son état mental. D’ailleurs Obama, son ancien boss, qui ne l’aimait pas beaucoup d’autant plus qu’on lui avait forcé la main pour le prendre comme colistier afin de donner une image « rassurante » au ticket, ne croit pas vraiment à son élection et si l’on en juge par le soutien à minima qu’il lui apporte, comparé au soutien surabondant qu’il avait apporté à Hillary Clinton, on a aucun mal à le croire. Quant au choix de Harris par Biden il est encore plus étonnant car elle a à peine atteint 2% de voix favorables aux primaires et, à part la Californie qui vote d’office Démocrates, on ne voit pas quelle électorat elle peut lui apporter.

Il faut noter aussi que les électeurs, y compris chez les Démocrates, ne correspondent pas à l’idée que les politiciens se font d’eux. On pense que mettre une femme ou une politicienne ethnique ou noire va influencer leur choix et ce n’est quasiment jamais le cas pour la plupart d’entre eux, sinon ils auraient choisi Cory Booker, sénateur noir du New-Jersey ou l’une des cinq femmes présentes à la Primaire, ce qui ne s’est pas produit. Obama a été la seule exception mais la formule ne marchera pas une seconde fois.

Ces élections s’annoncent dangereuses parce que les règles élémentaires risquent de ne pas être respectées. Pour commencer les Démocrates veulent imposer le vote par correspondance, le plus grand générateur de fraudes lors d’élections. Beaucoup de morts, d’étrangers en situation illégale et d’autres personnes n’ayant pas les critères pour voter vont se retrouver sur les registres électoraux. La complicité active des media mais surtout des géants du Net va jouer un énorme rôle mais certains d’entre eux comme Google ont les moyens de truquer les résultats finaux. Ce qui va se passer au lendemain des élections pourrait tout à fait être un grand saut dans l’inconnu et une situation de blocage où, quels que soient les résultats, l’autre camp risque fort de ne pas l’accepter pas et le deuxième round pourrait très bien se passer dans la rue, comme on l’a vu faire récemment au prétexte initial de la mort de George Floyd et qui s’est très vite transformé en « répétition » pour après les présidentielles. Mais cette fois-ci les choses pourraient dégénérer encore plus vite. J’espère vraiment me tromper mais c’est une possibilité tout à fait envisageable.

Bien malin celui qui peut prédire le vainqueur. Biden, a commencé sa carrière par une surprise colossale. En 1972, il s’est présenté contre un sénateur Républicain réputé inamovible et qui avait déjà plusieurs mandats derrière lui et qu’aucun Démocrate n’osait affronter de peur d’une défaite cuisante, Biden a osé. Il était à 30% de moins que le Républicain pendant l’été et est, contre toute attente, ressorti vainqueur en Novembre. Les circonstances et l’époque ne sont pas les mêmes, son âge non plus, mais tout peut arriver. Cela prouverait que ce pays n’a pas compris grand-chose aux enjeux vitaux qu’il traverse et ça fera le jeu de la Chine, particulièrement, qui pourrait également jouer un jeu néfaste en s’immisçant dans les élections en faveur du Démocrate. Aussi sénile qu’il soit, Biden a derrière lui les media qui pourraient faire la différence mais je doute quand même que les Indépendants, les vrais faiseurs de rois, se précipitent en masse et votent pour lui.

Je donne un léger avantage à Trump qui a su montrer que, d’une part, il tenait ses promesses, fait rarissime chez les politiciens surtout les plus professionnels et, d’autre part, savait faire revivre une économie, tenir tête à la Chine et conduire une politique étrangère qui tienne la route même si ce domaine compte très peu pour les électeurs qui votent généralement leurs portefeuilles. Le Coronavirus a radicalement changé la manière de faire campagne et désavantage largement Trump mais très peu de personnes, à part la presse partisane ici et accessoirement celle de l’autre côté de l’Atlantique mais qui ne compte pas pour l’opinion publique américaine, et les Démocrates sans retenue le tiennent pour responsable étant donné qu’il ne peut pas se substituer aux gouverneurs des états et qu’il a joué son rôle au maximum de ses possibilités constitutionnelles.

Rien n’est joué.

 

A Propos Jacques Borde

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