Du Mali à Charlie (Hebdo) ! Ou inversement ! [2]

France / Mali | Géostratégie | Questions à Jacques Borde |

Des Observateurs avertis des questions militaires se demandaient déjà ce que foutaient nos soldats au Mali. Avec, à la clé, une litanie de questions sans réponses. La libération (sic) de la pseudo Humanitaire Sophie Pétronin, alias Maryam, contre 200 à 250 terroristes takfirî ne fait qu’accentuer les doutes. À quoi rime cette guerre – teintée, côté ambiance, du Désert des tartares de Dino Buzatti – dans un pays qui ne veut, sans doute, plus de nous & dont une partie de la jeunesse plutôt que de défendre son pays a choisi de mettre à mal le nôtre. Quitte à faire la guerre, ne serait-ils pas tant de la faire chez nous contre les 5e colonnes de ISIS/DA’ECH, Al-Qaïda, Boko Haram & tutti quanti ? À moins qu’ouvrir nos bras à des tueurs antisémites ne soit la nouvelle doxa européiste en matière d’ouverture d’esprit. Épisode 2.

« Je pleure de rage pour ces familles dont les enfants vont mourir de la main des 200 djihâdistes libérés pour leur amie Maryam ».
Alain Attal.

« #SophiePetronin retourne au #Mali dès demain. La France a payé 9M pour sa libération et elle repart ? Et si elle est kidnappée de nouveau on repaie ?Mais pourquoi pas prendre un abonnement auprès des djihâdistes ? Ça serait moins cher ! »
Jean Messiha.

| Q. L’Affaire Pétronin : une affaire de dupes, alors ?

Jacques Borde. Oui. La logique voudrait que nous nous réjouissions de savoir une Française (sic) libre après 4 ans de détention comme otage chez des terroristes takfirî au Mali. Et que de ce fait, le dernier otage français est enfin libéré des griffes de ses ravisseurs.

Sauf que ce sont au moins 200 Unlawful combatants1 qui ont été ainsi libérés en contrepartie, dont des terroristes takfirî aguerris qui vont de nouveau pouvoir s’en prendre à nos jeunes soldats qui combattent au Mali depuis de longues années.

Devons nous transiger avec le nazislamisme du Takfirî et permettre la libération de djihâdistes, au risque d’exposer plus encore nos Armées déjà durement éprouvées ? La question est posée. La réponse est évidemment NON ! Comme le démontre le texte de Jean-François Touzé, repris sur notre blog.

Donc, en vérité une honte de plus à l’actif du régime de Paris. Eh, oui, Sophie Pétronin, humanitaire (sic) au Mali. Otage quatre années, ramenée en France contre la libération de 200 à 250 prisonniers, on ne sait plus trop. Plus précisément, d’authentiques Unlawful combatants faits prisonniers, un comble, par la Force Barkhane. Le travail dangereux de pas mal d’années, de nos soldats, au prix de plusieurs dizaines de leurs vies. Et encore, on ne sait pas vraiment si la France n’a pas fait un petit chèque, avec nos impôts.

Non seulement on se dit que les fanatiques libérés vont avoir un compte à régler avec la France, mais en plus, nos soldats sur place pourront se sentir fort justement mis en danger et éprouver un sentiment d’inutilité, voire de mépris. Eux qui ont déjà laissés tant des leurs en échange d’autres otages. La dame, voilée, déclare tout de go, qu’elle a envie de repartir. Et vous savez quoi, personne ne peut légalement le lui interdire. Macron était là, à l’atterrissage, ils se sont parlés, suite à quoi, le président devait s’exprimer publiquement. Il ne l’a pas fait, signe que les choses n’ont pas très bien dû se passer.

Au passage, on notera que Sophie Pétronin n’a pas eu un mot pour son pays.

Une affaire qui a fait dire à Me.Gilbert Collard, que « Nous sommes vraiment les otages de notre propre bêtise : on a payé une somme considérable, on a libéré 200 djihâdistes pour récupérer « Maryam », agent émerveillé de la propagande islamiste ! ». « On apprend que l’otage qui vient d’être libéré contre 200 djihâdistes qui iront tuer nos militaires s’est converti à l’islam et veut retourner au #Mali : comme ça, une fois là-bas, il ne reste plus aux djihâdistes qu’à la reprendre comme otage !La bonne affaire ! #SophiePetronin ».

Selon Me. Gilles-William Goldnadel, le régime de Paris aurait versé 9 M€
pour libérer la Pétronin.

| Q. Qu’en déduire ?

Jacques Borde. Des tas de choses, en fait.

Yves Mamou, sur ce dossier, a un avis d’une clarté saisissante qui étend le champ du débat, notant que :

« La vieille foldingue qu’on croyait kidnappée par des djihâdistes et qui nous revient illuminée de l’intérieur n’est pas très différente de Claude Askolovitch ou d’Edwy Plenel. Elle est la caricature de ce djihâd très particulier que mènent les progressistes occidentaux : défendre les islamistes et en faire des victimes, désarmer la police, accuser les institutions de racisme, trahir l’armée en libérant des djihâdistes au Mali.
« Sophie Petronin participe de ce millénarisme qui a saisi la bourgeoisie occidentale blanche de gauche et qui l’incite à détruire sa propre société. Cette bourgeoisie blanche de gauche est en réalité en déshérence. Elle a perdu son âme quand le marxisme s’est disloqué derrière les barbelés du goulag. Cette bourgeoisie est en panne d’un projet qui la dépasse. Elle aurait pu retourner à l’église et faire revivre le catholicisme, mais non ! Elle s’est donc abandonnée à l’islam et à la guerre des races avec les délices de la culpabilité masochiste. Ah oui, encore, encore, flagellez moi !!
« Ces gens sont plus dangereux que les djihâdistes. Ce sont eux qui font la force des bas-du-crane islamiques, ce sont eux qui veulent réellement notre peau. Car ils nous désarment ».

Sinon, il se pourrait bien que la libération de l’Islamiste radicalisée qu’est incontestablement la Pétronin grippe un chouia nos relations avec nos amis américains.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. À en croire l’agence APA News, les retards de dernière minute enregistrés dans la libération de la Pétronin auraient été provoqués par l’impossibilité de faire libérer Mimi Ould Baba Ould Cheikh, le cerveau des attentats commis le 13 mars 2016 à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, et le 15 janvier 2016 contre le Capuccino et le Splendid Hôtel, au Burkina Faso, tous deux revendiqués par les Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar. Washington y mettant son veto, ayant condamné Baba Ould Cheikh par contumace pour la mort d’un évangéliste américain tué dans l’attaque de Ouagadougou.

Terminons par ce dialogue qui n’est pas celui des Carmélites, mais un extrait du premier entretien accordé par Sophie Pétronin :

| Q. Un mot sur vos geôliers…

Sophie Pétronin. Sur mes geôliers ?

| Q. Oui, sur vos ravisseurs…

Sophie Pétronin. Appelez-les comme vous voulez. Moi, je dirais que ce sont des groupes d’opposition armée au régime. Il y a eu celle de 1990. En 1996, ils ont signé des accords de paix. Si nous voulons la paix réellement au Mali, il faut que chacun respecte son engagement.

| Q. Ce ne sont pas des djihâdistes, vos ravisseurs ?

Sophie Pétronin. Pourquoi vous les appelez djihâdistes, parce qu’ils font le djihâd ? Vous savez ce que ça veut dire en français : djihâd, c’est guerre.

| Q. Ils ont revendiqué, ils ont demandé la libération de djihâdistes dans des prisonniers avant de vous libérer…

Sophie Pétronin. De leurs militaires ?

| Q. Oui.

Sophie Pétronin. Mais, qu’a fait le gouvernement de transition ? Il a demandé la libération de leurs militaires. Certains ont été libérés, je ne pourrais pas dire combien. Mais dans l’immédiat, ils ont été libérés. Donc, si vous avez un groupe de militaires, et que certains se font prendre, vous allez tout faire pour les faire libérer que vous soyez l’armée française, l’armée congolaise ou l’armée malienne ou l’armée américaine, vous allez tout faire pour les faire libérer. Ce qui est logique. Djihâd, c’est guerre en français et c’est une guerre entre des groupes d’opposition armée au régime, ils trouveront le chemin pour la paix. Je leur souhaite en tout cas vivement.

Tout commentaire, je pense, inutile !…

Notes

1 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. Défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

 

A Propos Jacques Borde

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