La Paix qui dérange…

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Court article d’Eber Haddad sur les Accords d’Abraham. Bonne lecture. Pour le moment, les adversaires de ces accords, pourront se consoler en pensant à la Bataille des plaines d’Abraham1, comme quoi ce nom peut aussi symbole la défaite que la victoire (selon le camp…) Le titre est de la rédaction.

Hier sur les pelouses de la Maison-Blanche ont été signés des accords de paix ou de normalisation entre Israël, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn. Depuis quelques deux semaines où il en est question, la plupart des personnes sensées dans le monde se réjouissent d’entendre des nouvelles positives de cette partie du monde qui en est bien avare. Les news qu’on reçoit généralement du Moyen-Orient, tous pays confondus, sont presque toujours des actualités dramatiques ponctuées de douleurs, de larmes et de sang… Pour une fois heureusement ce n’est pas le cas, bien au contraire, les informations en provenance de cette région sont porteuses d’espoir, quel que soit le camp pour lequel on est.

Quelques esprits chagrins ne voient pas les choses de cette façon. Pour eux rien ne vaut une bonne guerre avec destructions, malheurs, souffrance et sang versé… à condition que ce ne soit pas le leur ! Tous ces jusqu’au-boutistes ignorent ou feignent d’ignorer que la paix engendre la paix, qu’il n’y a rien de mieux mais surtout qu’elle facilite bien plus que les tensions, les antagonismes et les guerres, les négociations de toutes sortes qui apporteront un jour une véritable solution à la question palestinienne et la quiétude pour cette région qui ne l’a jamais expérimentée depuis des siècles.

Le Moyen-Orient, que ce soit pendant les 600 années de la domination ottomane, la colonisation franco-britannique ou après l’indépendance des pays qui existent aujourd’hui, presque tous issus des tristement célèbres Accords Sykes-Picot et plus de cent ans après leur mise en œuvre, n’a jamais connu la paix. Toutes les parties d’ailleurs et pas seulement ce qu’il est convenu d’appeler « le conflit du Proche-Orient » pour désigner uniquement le conflit israélo-arabe, alors qu’il y en a bien d’autres, interethniques pour la plupart, plus cruels, plus sanglants, plus létaux, plus chargés de conséquences et qui continueront à empoisonner l’atmosphère pour longtemps encore.

Les extrémistes de tous poils ne sont pas contents et, de leur point de vue, on peut les comprendre. Quelles justifications auront-ils pour continuer leurs tristes besognes et poursuivre leurs funestes desseins si la paix règne au Moyen-Orient ?

Mais ce sont les autres, qu’on ne considère pourtant pas comme extrémistes, mais qui le sont incontestablement dans leurs manières de penser et qu’on découvre à l’aune de cette signature historique, qui sont les plus surprenants : ils ne sont pas directement concernés, en sont géographiquement loin, n’ont jamais souffert personnellement des conséquences de ce conflit tout en en parlant à satiété comme s’ils n’avaient pas d’autres problèmes, et ce sont eux le plus déchainés. Les invectives, les insultes, les remarques abjectes, méprisables et péjoratives ont fusé de partout et elles en disent plus long sur eux que sur les récipiendaires ou sur la situation réelle de cette région : « paix en carton », « enturbannés », « chameliers », « populisme » (quel rapport?), « fascisme », « lobby juif », etc…

S’ils arrivaient enfin à avoir un peu de recul peut-être retireraient-ils leurs réprobations stériles ou expliqueraient-ils avec rigueur et exactitude les raisons pour lesquelles ils s’y opposent avec tant de véhémence, car comme on le sait, c’est dans les détails que se cache le diable. Mais n’attendez pas d’eux ce genre de précisions, ils sont trop habitués aux paroles vagues, aux rodomontades, aux phrases incomplètes à l’emporte-pièce, aux déclarations superfétatoires et insignifiantes mais surtout à s’écouter parler… Ils auront oublié au passage que les Émirats sont le pays arabe le plus avancé technologiquement et économiquement, dans le peloton de tête au niveau mondial, ont su attirer investisseurs et touristes haut de gamme, réinventer le transports aérien, savent plutôt bien gérer les revenus que leur procurent les hydrocarbures et que même s’ils étaient chameliers à l’époque où la région entière était à la traine, ils ont progressé de manière fulgurante et acquis une sophistication qui manque à un très grand nombre de pays aujourd’hui. Les insultes servent à masquer le manque d’arguments mais révèlent la médiocrité de ceux qui les profèrent… Il y a aussi, on peut en parler brièvement, ceux qui souffrent tellement de dissonance cognitive, de manque de subtilité et de logique élémentaire qu’ils préfèrent une guerre avec Obama qu’une paix avec Trump !

Pathologie mentale lourde du ressort de la psychiatrie.

Mais le pire vient quand même de l’Europe, ce continent qui a toujours prêché la paix mais s’est dérobé avec honte à chaque fois qu’elle s’est présentée. C’était encore plus évident hier à la Maison-Blanche où elle n’a brillé que par son absence et où le seul ministre des Affaires étrangères présent était celui de Hongrie ! L’Europe ne souhaite pas et n’a jamais souhaité la paix dans cette région, elle y perdrait son influence, sa raison d’être et aurait une concurrence sévère car la paix et la coopération entre Israël et les pays arabes seraient très productives, l’association de ces peuples produirait des miracles. Elle préfère donc jouer le mauvais cheval, l’Iran des mollahs, et perdra à terme sur tous les tableaux.

Les media, pour leur part, ont été aussi négatifs, inutiles et malfaisants qu’à l’accoutumée et ont prouvé, une fois de plus, qu’ils sont davantage dans la propagande et la manipulation que dans la diffusion des informations.

Quant au problème palestinien, une solution sera certainement plus facile à trouver quand les relations d’Israël et ses voisins seront plus harmonieuses que si la tension persistait. Il n’y a qu’à voir les résultats produits par les antagonismes et les guerres pour eux et tous les peuples de la région en 70 ans de bellicisme pour s’en rendre compte.

Concluons avec Einstein, « la folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat diffèrent » et « on ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés ».

 

A Propos Jacques Borde

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