Byzance, Conflans, Nice : Le Même ennemi ?… [1]

| Guerre Vs ISIS/DA’ECH | Questions à Jacques Borde |

La Décapitation de Samuel Paty n’en finit pas de faire couler de l’encre. Pas que de l’encre d’ailleurs, plusieurs capitales pétrogolfiques viennent de jeter le masque (& de nous confirmer à quel camp elles appartiennent) : ce qui les navre n’est pas qu’on tue, assassine & décapite nos concitoyens mais qu’on ne soit pas assez gentil avec les musulmans vivant & débarquant sur notre sol. À se demander si, bientôt, afin de ne navrer ni Doha, ni riyad, il ne faudra pas, en même temps, que de leur donner la carte de la CAF, leur ajouter un AK-47 & les munitions qui vont avec. En attendant, triste routine nazislamiste : une femme vient d’être décapitée dans la Basilique de Nice, mais toujours pas un mot de compassion venant des pays arabo-musulmans, bien au contraire. Épisode 1.

« L’horreur islamiste s’abat à nouveau sur la France et l’Europe : à Nice dans la cathédrale Notre Dame, une femme a été décapitée et deux autres personnes ont été tuées par un terroriste criminel qui n’arrêtait pas de crier Allah Akbar. Solidarité et proximité avec le peuple français. Les islamistes nous ont déclaré la guerre et celui qui le nie est l’ennemi de notre civilisation ».
Giorgia Meloni, présidente de Fratelli d’Italia (FdI)1.

« Les Français vont être séquestrés. Pas les tueurs islamistes. Souhaitons que la compassion pour ces victimes catholiques soit aussi forte que le fut l’indignation républicaine pour le professeur de Conflans. Ce n’est pas la République qui est attaquée, c’est la France, sa religion, sa civilisation. Une guerre ne se fait pas avec des incantations. Elle se mène par la force brutale des armes de l’État. Encore faut-il qu’il y en ait un et qu’il exerce son pouvoir autrement que contre son propre peuple ».
Jean-François Touzé.

« On dit merci à Pia Klemp, responsable de l’ONG qui a recueilli illégalement sur son bateau le terroriste Brahim Aouissaoui, qui a égorgé trois personnes à Nice. Devront-ils en rendre compte et seront-ils reconnus responsables d’éventuelle complicité ? ».
Pascal Tenand, sur sa page Facebook.

| Q. DA’ECH-France : combien de divisions, selon vous ?

Jacques Borde. Difficile à dire. Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (ISIS/DA’ECH)2 est, selon le principe chinois de la guerre révolutionnaire, comme un poisson dans l’eau dans nos cités de non-droit et/ou de Charia. Donc, si vous comptez qu’on a, déjà, près de 9.000 Fichés S au compteur, je doublerai largement ce chiffre. Soit, 18.000/20.000 Unlawful combatants3, d’ores et déjà sur le territoire national. À 98%, hors de nos écrans-radars, bien évidemment. Et libres comme l’air, puisqu’on ne les retrouve (sic) que lors de leur passage à l’acte. Plus précisément, juste après, une fois les cadavres alignés sur le trottoir ou le parvis.

Mais, attention, DA’ECH c’est bien plus que ça. Ce que nous a démontré François-Bernard Huyghe, dans son livre sur l’État islamique et sa communication :

« Capable de projeter ses forces à ses frontières mais aussi au cœur de l’Occident, gérant un flux incessant de « foreign fighters » et préparant la génération suivante, rayonnant par l’utopie (le pays idéal) et mobilisant l’eschatologie (la fin des temps qui approche), exploitant tous les désirs de vengeance et promettant tous les triomphes, l’EI est l’hybride le plus déconcertant qui soit. Il fait de la guérilla, plus du terrorisme international, plus des attentats « de voisinage » » peu sophistiqués mais très médiatisés, plus de la propagande, bien sûr »4.

En plus, existe une certaine facilité d’action. Ce qu’on nomme les frappes opportunistes. Vivement conseillées par les publications de DA’ECH. Comme Dar al-Islam, sa première revue francophone qui indiquait qu’il convient de tuer les mécréants « avec un couteau, une pierre ou un véhicule ».

| Q. Facilité d’action : c’est-à-dire ?

Jacques Borde. Le souci avec les frappes opportunistes, c’est que le premier Taré de Dieu venu peut prendre sa voiture, ou celle de son travail ou de n’importe qui d’autre, et écraser à outrance de l’infidèle. Praxis qui, on ne le répètera jamais assez, fait partie des modi operandi approuvés par DA’ECH. Or, si vous prenez le ratio de plus de 20% des jeunes Musulmans, en litige avec la République, ses lois et ses valeurs, le pire est raisonnablement à craindre, en cas de basculement et de passage à l’acte d’une partie d’entre eux.

Mais, la vision et la rigueur de DA’ECH sont plus globales que ce que nous montrent ces frappes opportunistes et leurs auteurs, parfois déroutants.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Notre vision des choses est réduite, voire réductrice. Or, note François-Bernard Huyghe :

« Pour être membre de l’EI/ DA’ECH, il faut croire en certaines choses et faire certaines choses. Il faut au minimum avoir proclamé son allégeance au calife, acte sacramentel, que certains réalisent devant la caméra juste avant l’attentat qui leur coûtera la vie. Le système hiérarchique et clos distingue des combattants authentiques et d’autres simplement inspirés par lui ; il a établi des catégories pour classer tous ses adversaires (la neutralité étant évidemment impossible entre les deux) comme ses fidèles »5.

Par ailleurs, « le califat gère un territoire organisé. Il distingue des zones de conquête, les Willayas et un reste du monde qui échappe provisoirement à la loi de Dieu. La pyramide est surmontée par un calife et des émirs ; il y a des ministères et des tribunaux »6.

Et, attention, le fait que DA’ECH ait perdu ses deux capitales, n’invalide en rien le modèle…

| Q. Pourquoi deux capitales, au fait ?

Jacques Borde. Possiblement en référence à La Mecque et Médine.

| Q. Que peut-on faire ?

Jacques Borde. Que doit-on faire, plutôt. Traiter tout ce petit monde pour les Unlawful combatants qu’ils sont : les soustraire au droit commun.

| Q. Jusqu’où ?

Jacques Borde. Hollande regnante, il me semble que de vastes opérations de Décapitation – dans le sens d’éliminations préventives ciblées – furent monnaie courante. Alors, hollandisons (sic) notre ennemi intérieur. Après tout, pourquoi ce qui a été de mise pour sauver de la terreur takfirî nos alliés maliens, devrait être refusé aujourd’hui à nos nationaux !…

| Q. Pas très légal, diront certains ?

Jacques Borde. Alors, comment se fait-il que François Hollande ne soit ni questionné, ni inquiété ?

| Q. Doit-on éliminer ses propres nationaux, même radicalisés ?

Jacques Borde. Nazislamisés, vous voulez dire. Les Américains l’ont bien fait.

| Q. Qui et quand ?

Jacques Borde. De source sûre, le charismatique prédicateur Anwar al-Aulaqi7, éliminé au Yémen par une frappe de drone de la CIA. Ce alors qu’il n’avait fait l’objet d’aucune poursuite de la part du Department of Justice (DoJ) dans son propre pays. Al-Aulaqi étant un ressortissant étasunien de plein droit né à Las Cruces (Arizona). Là, je vous concède que même des élus républicains ont froncé le sourcil.

| Q. Et la loi martiale ?

Jacques Borde. À étudier. Mais si c’est pour mettre en danger nos soldats dans les rues et cités de non-droit et de Charia, sans qu’ils puissent faire usage de leurs armes préemptivement ou préventivement, à quoi bon ? En toute logique, en cas de couvre-feu, par exemple, le tir à vue devrait être une option applicable. Une règle d’engagement indispensable et systématique face à des individus armés ou identifiés comme représentant une menace potentielle.

| Q. Mais comment ?

Jacques Borde. Avec une francisation du concept étasunien de Unlawful combatants. Donc des dossiers qui n’auraient, alors, plus vocation à encombrer inutilement nos cours de justice. Point final !

| Q. Donc, pour vous les Unlawful combatants, ne sont plus des justiciables comme les autres  ?

Jacques Borde. Tout à fait, ces gens-là doivent être sortis du droit commun. Je vois que vous avez tout saisi.

| Q. Drôle d’application de la loi, tout de même ?

Jacques Borde. Certes, mais c’est déjà souvent le cas.

| Q. Des exemples ?

Jacques Borde. Un me vient à l’esprit. Danièle Obono, la porte-parole de La France insoumise (LFI), est connue pour brandir le portrait de Georges Ibrahim Abdallah8, le chef de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL), qui est, selon le droit français, libérable depuis belle lurette, mais est toujours en détention. Il y a donc bien eu, en l’espèce, infléchissement de la loi commune.

Rappel : en 1982, les FARL revendiquaient successivement l’assassinat du lieutenant-colonel Charles R. Ray, attaché militaire américain à Paris (le 18 janvier 1982), et de Yacov Barsimentov, diplomate israélien (le 3 avril 1982), et blessaient gravement (le 26 mars 1984) Robert O. Homme, consul des États-Unis à Strasbourg.

Ceci dit, à propos de Georges Ibrahim Abdallah :

1- le mouvement, les FARL, qu’il inspirait, n’existe même plus.
2- la dangerosité effective de Georges Ibrahim Abdallah avoisine le zéro.
3- Georges Ibrahim Abdallah, communiste et anti-impérialiste, n’a jamais été lié à la mouvance takfirî. C’est une sorte de cas à part dans la nébuleuse de l‘Orient compliqué.

| Q. Pour vous, Georges Ibrahim Abdallah fait-il partie de ceux qui pourraient servir de passerelle avec l’ennemi. À la manière de Abdelhakim Sefrioui ?

Jacques Borde. Il y a fort peu de chances :

1- Georges Ibrahim Abdallah est âgé et malade.
2- c’est un individu relativement isolé, au sens politique. Aujourd’hui, seul le Hezbollah le considère comme un authentique combattant.
3- Georges Ibrahim Abdallah est chrétien et marxiste. Entre les mains de proxies de DA’ECH, il finirait probablement brûlé vif dans une cage ou égorgé devant des caméras.

[À suivre]

Notes

1 La colère de Mme. Meloni est liée au fait que le tueur-décapiteur de Nice, serait un migrant (sic) tunisien arrivé en Europe, via Lampedusa.
2 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
3 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. Défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
4 In DA’ECH : l’Arme de communication dévoilée, p.3, DA’ECH, VA éditions, ISBN 979-10-9340-30-5.
5 In DA’ECH : l’Arme de communication dévoilée, p.12, DA’ECH, VA éditions, ISBN 979-10-9340-30-5.
6 In DA’ECH : l’Arme de communication dévoilée, p.13, DA’ECH, VA éditions, ISBN 979-10-9340-30-5.
7 De son nom complet Anwar Bin-Nasser Bin-Abdullâh al-Aulaqi.
8 A commencé son engagement militant au sein du Hizb as-Sūrī al-Qawmī al-Ijtimā`ī (PSNS).

 

A Propos Jacques Borde

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