Contre-révolution de couleur à Erevan ?

| Artsakh / Arménie | Géostratégie | Yves Bataille |

Très vive réaction du géopoliticien Yves Bataille à la Pax tourania (ou Pax russica, c’est selon) imposée aux Arméniens par le Président russe, Vladimir V. Poutine, encore une fois grugé par le Cumhurbaşkanı1, le très roué Reccep Tayyip Erdoğan. Décidément, les chiens ne font pas des chats. & inversement.

Suite au coup de poignard dans le dos de Poutine…

Le Turc Alijev crie victoire après le diktat imposé par Moscou aux Arméniens du Karabakh. Certains disent que Pachinian, le premier ministre arménien, aurait été forcé de signer le papier qui (re)fait du Karabakh une enclave sans qu’il soit précisé son statut. Tous les territoires qui avaient été gagnés en 1994 sont perdus. La Russie dit qu’elle patrouillera au Corridor de Latchine et un peu plus loin tandis que l’Armée de l’Azerbaïdjan récupérera les territoires occupés et ceux qu’elle n’avait pas conquis.

Depuis ce pseudo accord on ignore où est Pachinian que la foule veut pendre. À Erevan où le siège du gouvernement a été pris d’assaut, les Arméniens sont sorti dans la rue et pourchassent les gens de Pachinian. Certains vont encore dire que Poutine est « génial », qu’il a imposé la « paix » mais dans cet accord il y a un faux vainqueur, un vaincu et quelqu’un qui pense avoir joué un bon tour aux deux parties.

À Bakou, Aliev dit avoir « forcé (le premier ministre arménien) à signer le document de capitulation. J’avais dit qu’on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait ».

En fait les Russes ont sauvé le régime du fou de Bakou (où une partie de la population était au bord de la révolte dû aux pertes subies) en imposant une paix qui va vite s’avérer introuvable.

Une guérilla arménienne devrait surgir comme dans les années 1990. Le papier qui a été signé, si tant est qu’on en connaisse vraiment la teneur, n’est pas clair et ressemble comme deux gouttes d’eau aux Accords russo-turcs pour la région d’Idlib en Syrie. Il n’est pas fait mention des Turcs mais Alijev demande à ce qu’ils fassent partie de la « force de paix ». On peut compter sur les deux tyrans, celui de Bakou et celui d’Ankara, pour saboter cette « paix ».

Le régime issu de la « révolution de couleur » de Erevan devrait logiquement être balayé dans les jours qui viennent et la Russie s’illusionne en croyant imposer sa Pax Russica dans la région, le précédant du Haut-Karabakh risquant de donner des idées aux ethnies du Caucase travaillées par le panturquisme. Certaines de ces ethnies se trouvent administrativement dans la Fédération de Russie. Les Turcs se sentent confortés par la manœuvre de Poutine et nul doute qu’ils vont essayer de pousser le bouchon plus loin.

 Note

1 Ou Président de la République de Turquie.

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Crony capitalism & plus si affinités !…

| É-U | Présidentielles 2020 | Eber Haddad | Petit mais précieux éclairage repiqué sur …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer