Trumpisme

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2ème texte de L’Objecteur Médiatique sur les Présidentielles US 2020. Le titre est celui d’origine.

C’est l’histoire d’un scrutin faussé que le président sortant aurait remporté de la tête et des épaules s’il n’avait pas été confronté à une crise sanitaire qui a ravagé son pays autant que l’Europe; si, à l’inverse de son adversaire, il n’avait pas été la cible de toutes les forces souterraines, perverses et lâches de l’establishment ; si, enfin, et l’avenir le révélera peut-être, il n’avait été victime d’une fraude massive organisée à la faveur d’un vote par correspondance détourné de sa vertu originale par des mains aussi mafieuses que malfaisantes.

Pour autant, qu’il sorte battu ou vainqueur de cette bataille menée seul contre tous, Donald Trump laissera une trace indélébile dans l’histoire américaine. Mais pas qu’elle.

En quatre années de présidence, celui qui est devenu milliardaire à la force du poignet, incarnant la réussite considérée Outre-Atlantique comme un mérite plutôt qu’une tare, a imposé sa griffe et révolutionné l’art de la politique.

On parlera désormais de lui comme le géniteur du trumpisme, ce nouveau courant appelé à essaimer dans le monde et consistant à s’adresser au peuple dans les termes qu’il est capable de comprendre, à formuler à l’adresse de ses électeurs des promesses qu’il tient et à traiter les media corrompus et partisans comme ils le méritent, c’est-à-dire avec mépris en se passant sciemment de leurs canaux pour faire passer ses messages par voie directe, le tweet, le micro et la tribune.

Mais au-delà de la forme, c’est le fond qu’on retiendra surtout de son passage par les coulisses du Pouvoir.

En peu de temps, Trump est parvenu à changer la face du monde en rompant avec l’ultralibéralisme, le libre-échangisme, l’universalisme et le multilatéralisme et en opérant un virage à 180 degrés privilégiant le protectionnisme.

Tenant en deux mots, son slogan America first tintera encore dans deux cents ans aux oreilles des Américains mais est appelé aussi et surtout à se propager partout dans le monde, appelant les peuples et les nations à se libérer eux aussi de leur carcan et à retrouver leur fierté comme leur indépendance face, notamment à l’impérialisme et à l’esclavagisme chinois qu’il a été le tout premier, et le seul jusqu’ici ici, à oser affronter à visage découvert.

Trump marquera aussi son époque par sa phénoménale aptitude à bousculer avec succès tous les stéréotypes, toutes les idées reçues, toutes les règles, tous les usages.

Jailli de nulle part, sans soutien, sans parti, contraint à mener campagne seul contre tous, il a battu à la régulière les uns après les autres tous les opposants conservateurs qui se dressaient sur sa route. Ni chef de clan, ni même membre d’un parti, il a fait son chemin vers les plus hauts sommets en ne devant rien à personne selon un processus qui inspirera et encouragera peut-être d’autres Trump à sortir de l’ombre et à œuvrer, comme lui, au bien-être du peuple.

Le camp des Républicains, qui le considérait lui aussi comme un intrus, lui doit aujourd’hui tout. Sans lui, il ne serait plus rien alors que grâce à son formidable parcours dans cette élection présidentielle, il est parvenu à conserver la maîtrise du Sénat qui lui permettra de faire obstacle constamment aux dérives du socialisme et à étoffer la Cour suprême de juges garants, pour très longtemps, de la préservation des valeurs traditionnelles.

Enfin et ce n’est pas le moindre de ses mérites, Trump est parvenu, malgré toutes ses outrances, à convaincre l’Amérique qu’il n’était pas l’incarnation du mal tel que l’a présenté constamment une presse prise à son propre piège de la caricature puisqu’elle est aujourd’hui partout discréditée et disqualifiée.

Qualifié outrancièrement de raciste, il n’aurait pas drainé dans les urnes 17% d’Afros, 37% de latinos ni 31% d’Asiatiques. Et s’il était vraiment misogyne, jamais, il n’aurait été crédité d’autant de suffrages féminins à l’heure de rendre des comptes.

Quant à son langage cru, et parfois même ordurier, il tranche, c’est vrai, avec la bienséance politicienne. Septante millions d’Américains lui ont pardonné tout en l’adoubant, préférant son parler vrai à l’hypocrisie, au simulacre et au mensonge.

 

A Propos Jacques Borde

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