Biden Vs Trump : & en attendant janvier 2021 ?… [1]

| É-U | Présidentielles 2020 | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

Rien n’y fait, ni les turpitudes médiatiques, ni les (rares) admonestations de Joseph Joe Robinette Biden, Jr., ni les menaces à peine voilées (mais ça, ça a commencé avant même son élection) de certains, Donald J. Teflon Trump, campe sur ses positions. Bon, & en attendant ? Eh bien, son équipe juridique peaufine ses dossiers, vie diplomatique & big business continuent. Histoire de dire, comme nous en a prévenu Jean-François Touzé, que quoi qu’il arrive Washington restera le faiseur de pluie pour le reste du monde. Alors… Partie 1.

« Je souhaite, pour des raisons que j’ai déjà exposées et sur lesquelles je reviendrai dès que le résultat sera acquis, la victoire de Trump même si je mesure le poids des invariants diplomatiques de la politique des États-Unis. Pour autant je déplore cette américanisation des esprits qui fait que, même dans nos rangs, les Français soient dans l’attente anxieuse de l’issue du scrutin comme si leur sort, le destin de la France et la survie de l’Europe en dépendaient ».
Jean-François Touzé, sur sa page Facebook.

« Sondage : 79 % des électeurs de Trump croient que ‘les élections ont été volées’ – ilsq ont raison à 100%. Mais nous nous battons dur. Notre grande action en justice, qui énonce en détail toutes les fraudes aux bulletins de vote et plus encore, sera bientôt remplie. Élection truquée ! ».
Donald J. Teflon Trump.

« Twitter bloque Sidney Powell, Jenna Ellis menacée de viol : les avocates de Trump victimes de l’indigne brutalité ‘démocrate’ ».
L’Objecteur Médiatique.

« ...la constitution américaine prévoit un comptage des États sans que soit pris en compte le nombre de Grands électeurs. Des bulletins reçus après la clôture sont en train d’être retirés car arrivés trop tard. Au nombre d’États gagnés c’est Trump qui l’emporte . Donc il peut gagner. Tout se joue début décembre et le résultat définitif ne sera prononcé que début janvier. Pour le moment se sont les media qui donnent Biden vainqueur, avec plus de 270 grands électeurs. Or les media ne sont pas des organismes légaux. Seules les cours de justice en ont ce droit. Bref il est urgent d’attendre leur verdict. Biden est peut être en tête mais pour le moment il n’a pas gagné. Dans cette élection on a vendu la peau de l’ours… Cela c’est déjà passé avec Nixon/Kennedy ou Al Gore/Bush à chaque fois au détriment de Nixon ou Al Gore, mais cela pourrait changer. Wait and see est il urgent d’attendre. Il y a peu de possibilité d’un changement de résultats, mais elles existent ».
Guillaume Pilotaz, sur Boulevard Voltaire.

| Q. De nouvelles têtes qui tombent au Pentagone ?

Charlotte Sawyer. Presque. En fait, on dépoussière un peu l’usine à gaz de l’establishment militaro-industriel. Mais, en fait, au Defense Policy Board Advisory Committee (DPBAC)1 où sont remerciés :

-le Dr. Henry A. Kissinger ;
-Madeleine K. Albright (pas besoin de présenter ces deux-là, je pense) ;
-Jane Margaret Lakes Harman, Démocrate, ex-membre du House Intelligence Committee et du Homeland Security Committee’s intelligence subcommittee ;
-l’ancien Chief of Naval Operations l’amiral (Rtd) Gary Roughead ;
-l’ancien Deputy Secretary of Defense, Rudy F de Leon ;
-Eric I. Cantor, Républicain et Majority leader à la Chambre des Représentants de janvier 2011 à fin juillet 2014 ;
-Jack Dyer Crouch II, Chief executive officer (CEO) du US Organizations (USO).

Qui sont remplacés par Kashyap Kash Patel, le brigadier-général A. Jean Tata, et l’Acting Under Secretary of Defense for Intelligence, Ezra Asa Cohen-Watnick. Un peu de sang neuf dans une vieille maison…

Jacques Borde. Le Defense Policy Board Advisory Committee reste un groupe consultatif externe composé d’anciens hauts responsables de la Sécurité nationale, des Renseignements et de la Défense qui « fournissent au secrétaire à la Défense et au secrétaire adjoint à la Défense des conseils et des opinions indépendants et éclairés sur les questions de politique de défense en réponse aux tâches spécifiques du secrétaire de Défense, le secrétaire adjoint à la Défense », dixit le site du DPBAC.

| Q. Un point de droit : légalement, Trump a-t-il le droit de rester en place jusqu’au dernier moment ?

Charlotte Sawyer. Du point de vue du droit, oui. En vertu de la Constitution, les présidents des États-Unis sont limités à un mandat de quatre années qui s’achève, très précisément le 20 janvier suivant l’année de l’élection. Donc, dans le cas qui nous concerne, le 20 janvier 2021. Qu’ils se présentent à un second mandat est un autre sujet.

C’est le 20th Amendment qui veut que les mandats du président et du vice-président devront « prendre fin à midi le vingtième jour de janvier ». Même en cas de réélection, le premier et le second mandat du président sont clairement séparés. Depuis George Washington, la tradition veut que les présidents réélus prêtent à nouveau serment lors de la cérémonie de l’Inauguration Day.

| Q. Au fait, Me. Powell n’est pas une avocate de Trump ?

Charlotte Sawyer. C’est ce qui ressort clairement des propos de :

1- Me. Giuliani, qu’on ne présente plus et Me. Jenna Ellis, conseillère juridique du président, qui ont déclaré dans un communiqué que « Sidney Powell pratique le droit individuellement. Elle n’est pas membre de l’équipe juridique Trump. Ce n’est pas non plus un avocat personnel du président ».
2- Me. Sidney K. Powell qui, elle-même, a rappelé qu’elle n’avait jamais, officiellement, fait partie de l’équipe juridique de la campagne de Donald Trump. Cf. « Je n’ai jamais signé de contrat de service ni envoyé au président ou à la campagne une facture pour mes dépenses ou mes honoraires ». Me. Powell a également assuré être en parfait accord avec le communiqué de l’équipe de Trump, qui fait beaucoup parler outre-Atlantique.

| Q. Mais l’équipe de Giuliani l’a remercié souvent pour le travail accompli ?

Charlotte Sawyer. Logique, Sidney K. Powell c’est un Maverick, un combattant individuel en quelque sorte. En étant hors du staff de Donald Trump, elle est beaucoup plus efficace. Aujourd’hui même de nombreux Démocrates admettent qu’il s’est passé des choses et admettent des fraudes et des manquements, tout en relativisant l’ampleur. C’est notamment grâce au travail de la juge Powell que beaucoup ont compris que ce disait Donald Trump avant le scrutin était fondé.

| Q. Passons en France : pourquoi Christine Ockrent attaque-t-elle ainsi l’électorat républicain ?

Jacques Borde. Aucune idée, vous devriez lui poser la question.

Quant à ses propos : Cf. « ...l’électeur moyen trumpiste est sous-éduqué et fréquente assez peu les universités », ils ne démontrent pas une très grande intelligence mais plutôt une immense fatuité.

Christine Ockrent sait-elle que la majorité des Français expatriés aux USA ont voté pour Trump. Cf. Tony, entrepreneur, installé à Miami depuis 6 ans :

« Je soutiens la politique de Trump et j’espère qu’il va être réélu. Je suis venu m’installer à Miami en tant qu’entrepreneur. Ici, tout est beaucoup plus simple qu’en France. Je crois qu’ici tout est possible tant que l’on y croit et que l’on se bat pour y arriver. Je déteste le côté assistanat en France, on assiste trop et tout le monde ».

| Q. Marianne qui nous dit que la vente des F-35 aux EAU vise plutôt Téhéran que Jérusalem ?

Jacques Borde. (Sourire) C’est une évidence. C’est aussi pour ça, que, passé ses rodomontades, Joseph Joe Robinette Biden Jr. ne reviendra pas sur cet accord.

Charlotte Sawyer. Évidemment, les adversaires régionaux de l’Al-Quwwāt al-Jawwīyä al-Imārātiyya (UAEF)2 ne sont en rien l’Heyl Ha’Avir Ve’Hahalal (HAA)3, mais bien la Nirouy-é Havei-é Jomhouri-é Eslami-é Iran (IRIAF)4.

Jacques Borde. Mais si Jérusalem n’a guère de soucis à se faire, je serai plus dubitatif quant à la suprématie prêtée par ses concepteurs au F-35 Lightning II, surtout quant à sa furtivité. Pour en avoir croisé plus d’un : les ingénieurs iraniens sont d’une rare inventivité. À rappeler que c’est bien une version optimisée iranienne du NPO Almaz S-200 Dubna russe, un SA-250 made in Iran, qui a dézingué un F-16I Soufa de la HAA au-dessus de la Syrie. Outre ceci, les Iraniens ont en développement le (ou les) Sayyad-2/Sayyad-3. Alors, moi si j’étais les Émiratis, je me méfierai…

| Q. Restons dans la région : Trump vient de libérer Jonathan Pollard…

Jacques Borde. C’est assez logique. Après 30 ans d’emprisonnement et 5 ans d’assignation à résidence, l’ancien espion du Leshkat Ley’Keshrei Madao (LEKEM)5 a été libéré sur ordre du président Trump. Sur ce dossier, plusieurs choses sont à noter :

1- Trump a fait ce que tous ses prédécesseurs avaient promis à Jérusalem, sans jamais tenir parole. Une fois encore, Trump ne fait, là, que tenir un de ses engagements de campagne.
2- Pollard avait fait plus que sa peine dans un domaine (sic), le Renseignement, où on ne garde pas inutilement les gens derrière les barreaux. La pratique étant souvent l’échange entre agents.
3- or, Jérusalem n’avait, en l’espèce, personne d’équivalent à échanger.
4- il est rare qu’un espion capturé garde une valeur (sic) au-delà de quelques années. À rappeler que Pollard travaillait à l’ancienne : il sortait les documents qu’il souhaitait transmettre au LEKEM et allait les photocopier chez la consciencieuse Irith Erb, employée au consulat new-yorkais.
5- Pollard ne représentait plus aucun danger pour les États-Unis et, ce depuis 20 ans ad minimo.
6- les noms qui sortent comme potentiels membres de l’administration Biden montrent une remontée en grâce des durs des précédentes : Néoncons, liges du complexe militaro-industriel. Donc, parmi eux des gens extrêmement hostiles à Jonathan J. Pollard, et, par là, à sa libération.
7- dans l’hypothèse, possible, d’une arrivée de l’ultra-gauchiste Kamala Harris à la Maison-Blanche, le maintien à résidence sur le sol américain de Jonathan J. Pollard risquait de donner du grain à moudre à l’aile antisémite du camp démocrate et de pourrir durablement les relations avec l’allié hiérosolymitain.
8- Jonathan J. Pollard âgé et malade, prendre le risque de voir sa santé s’aggraver (voire pire) est le genre de choses que déteste la communauté du Renseignement qui n’aime guère faire la Une des journaux.

Outre que de tenir un engagement pris par son pays, valait mieux pour Washington fermer la page de l‘Affaire Pollard. Ce qu’a su faire Donald J. Teflon Trump,

[À suivre]

Notes

1 Ou Conseil de la politique de Défense.
2 United Arab Emirates Air Force, soit Force aérienne des Émirats Arabes Unis.
3 Armée de l’air israélienne, anciennement dénommée Sherut’Avir.
4 Armée de l’air islamique iranienne.
5 Ou Bureau de liaison & de recherches scientifiques. Le moins connu des SR israéliens. Officiellement, c’est le service de Renseignements technologique de l’État hébreu.

 

A Propos Jacques Borde

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