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| Quai d’Orsay | Points de presse du 27septembre au 12 octobre 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs historiques du blog, Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous.

(…)

| Q. Quelle est votre réaction à la décision de l’Arabie Séoudite d’autoriser les femmes à conduire ?

R. La France salue la décision des autorités séoudiennes d’autoriser les femmes à conduire à compter de juin 2018. Il s’agit d’une avancée importante pour les droits des femmes en Arabie Séoudite, conformément au plan de modernisation économique et social Vision 2030, exposé par le Prince héritier Mohamed Ibn-Salmān Āl-Séʻūd, en avril 2016.

Nous formons le vœu que cette décision ouvre la voie à de nouvelles avancées pour les femmes en Arabie Séoudite.

| Q. Tchad : quelle est votre réaction à la décision du président Trump d’interdire aux ressortissants tchadiens d’entrer aux États-Unis parce que le Tchad, justifie le président américain, aurait refusé de partager des informations concernant le terrorisme avec Washington ou aurait omis de prendre des mesures nécessaires pour contrer le terrorisme ?

R. Nous avons appris avec surprise la décision des États-Unis d’étendre aux ressortissants tchadiens l’interdiction d’entrée sur leur territoire.

Le Tchad est un partenaire décisif dans la lutte contre le terrorisme, qui s’est mobilisé dès le début à nos côtés et qui paie un lourd tribut dans ce combat. La France espère à cet égard que les États-Unis et le Tchad, qui sont deux pays alliés et partenaires, trouveront rapidement une solution permettant de lever cette interdiction.

| Q. Alors que Staffan de Mistura table toujours sur des discussions fin octobre à Genève, où en est le groupe de contact préconisé par la France ? Sera-t-il opérationnel pour faire pression sur les belligérants lors du prochain round de discussions en Suisse  ?

R. Nous vous rappelons les raisons pour lesquelles le président de la République a fait cette proposition d’un groupe de contact sur la Syrie : nous entrons dans une nouvelle phase du conflit en Syrie qui verra la défaite de DA’ECH. Mais il n’y a pas d’horizon pour la fin de la guerre civile. Or, sans solution politique qui y mettrait un terme, le pays restera un foyer de terrorisme et donc une menace pour nous.

Depuis 2011, tous les formats de négociation destinés à trouver une issue politique à ce conflit et in fine à mettre en œuvre la Résolution 2254 ont échoué. Les progrès du processus de Genève sont en deçà des attentes malgré les efforts continus de l’envoyé spécial des Nations-unies, Staffan de Mistura. Le processus d’Astana a certes permis des progrès en matière de cessez-le-feu et de désescalade, mais il n’a pas vocation à traiter les questions politiques qui relèvent des Nations-unies. Au demeurant, il pourrait aboutir à une partition de fait de la Syrie.

La mise en œuvre de la Résolution 2254 suppose que les pays capables de peser sur un règlement du conflit aident les Syriens à parvenir à un accord sous l’égide des Nations-unies. C’est à cette fin que le président de la République a proposé la création d’un groupe de contact restreint dont le noyau serait les membres permanents du Conseil de sécurité. La convergence des membres du P5 est nécessaire pour que les discussions progressent.

Les discussions à New York ont été constructives, grâce à des réunions des directeurs politiques du P5, aux nombreux échanges du président de la République avec ses homologues russe, américain, iranien et turc et des représentants de l’opposition syrienne, ainsi qu’à la faveur de la réunion du P5 sous la présidence du secrétaire général des Nations-unies le 21 septembre.

La Syrie a été le principal point à l’agenda de cette réunion. Jean-Yves Le Drian a présenté cette proposition de groupe de contact à ses partenaires. Ils ont tous endossé cette approche d’appui aux efforts de règlement politique que demandait aussi Staffan de Mistura Ils sont tous d’accord pour participer à cette dynamique collective. Il a donc été décidé de mettre à profit les prochaines semaines pour affiner entre pays membres du P5 les paramètres de mise en œuvre de cette initiative, mettre ensemble les acteurs importants aujourd’hui rassemblés dans des formats divers et trouver ainsi la bonne impulsion diplomatique qui permettra à la transition politique de s’engager, sous l’égide des Nations-unies et en lien avec Staffan de Mistura.

| Q. Quels moyens envisagez-vous pour obtenir de l’Iran la cessation de ses activités balistiques ?

R. La France est extrêmement préoccupée par la poursuite par l’Iran de son programme balistique.

Les récents tests et tirs de missiles balistiques iraniens ont été conduits en violation de la Résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations-unies, qui appelle l’Iran à s’abstenir d’activités en lien avec des missiles balistiques susceptibles d’emporter des charges nucléaires. Les annonces de tels tirs entrant en contradiction avec la Résolution 2231 sont également de nature à attiser les tensions.

La France appelle l’Iran à respecter toutes les dispositions de cette Résolution 2231 et à cesser toute activité déstabilisante dans la région. Le président de la République a évoqué sa préoccupation sur ce sujet lors de son entretien avec le président Rohani le 19 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations-unies.

Nous envisageons toutes les options diplomatiques.

| Q. La France va-t-elle soutenir le projet de résolution néerlandais au Conseil des droits de l’Homme à Genève sur une commission d’enquête internationale sur le conflit au Yémen ? Que pensez-vous des méthodes de l’Arabie Séoudite qui a menacé de représailles économiques les pays qui soutiendront ce projet ?

R. Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre préoccupation devant la gravité de la situation au Yémen : nous condamnons toutes les atteintes au droit international humanitaire et appelons à l’arrêt des attaques contre toutes les populations civiles, où qu’elles se trouvent. Il est essentiel que les parties garantissent un accès humanitaire sûr, immédiat et sans entrave aux populations dans le besoin. Nous appelons également à la reprise sans délai des discussions politiques sous l’égide des Nations unies en vue d’une solution politique.

Les échanges à Genève sur un texte de compromis se poursuivent aujourd’hui.

Nous souhaitons qu’ils permettent d’aboutir à un texte prenant en compte la dégradation de la situation sur place et susceptible de recueillir un large soutien. Nous œuvrons en particulier au rapprochement des positions sur la dimension internationale du mécanisme d’enquête sur les violations des droits de l’Homme commises au Yémen.

| Q. Quelle est votre réaction face à l’arrêt des vols internationaux depuis et vers le Kurdistan irakien décidé par Bagdad ?

R. M. Jean-Yves Le Drian a rappelé à plusieurs reprises notre souhait que les différends entre le gouvernement régional du Kurdistan et les autorités fédérales irakiennes se règlent par le dialogue et dans le cadre fixé par la constitution irakienne.

(…)

| Q. Les services de sécurité au Cameroun auraient tué au moins 17 personnes dans les régions anglophones ce week-end et bloquent les réseaux sociaux. Quelle est votre réaction face à la manière du gouvernement camerounais de gérer la crise ?

R. Je vous rappelle la réponse que nous avons faite hier à ce sujet :

« La France suit avec attention la situation au Cameroun et est préoccupée par les incidents survenus durant le week-end, qui ont fait plusieurs victimes. Nous appelons l’ensemble des acteurs à la retenue et au rejet de la violence ».

(…)

| Q. Quels ont été les sujets abordés entre le ministre Jean Yves Le Drian et son homologue égyptien Sameh Chokri lors de leur rencontre aujourd’hui à Paris ?

R. Nous vous renvoyons vers la déclaration de ce jour.

| Q. Pensez-vous que la réconciliation interpalestinienne est un développement positif ?

R. La France salue les efforts déployés en faveur de la réconciliation inter-palestinienne qu’elle appelle de ses vœux de longue date, ainsi que le retour à Gaza du gouvernement d’entente nationale conduit par le Premier ministre Rami Hamdallah.

Ce retour doit permettre à l’Autorité palestinienne d’exercer pleinement ses prérogatives dans la Bande de Gaza, y compris dans le domaine de la sécurité, et ouvrir la voie, avec les discussions annoncées au Caire, à un processus de réconciliation.

La réconciliation inter-palestinienne est indispensable pour recréer un horizon politique. Elle est également indispensable dans l’intérêt de la population de Gaza, première victime de l’impasse politique actuelle, et de nature à faciliter la levée du blocus imposé aux Gazaouis.

(…)

| Q. Dans votre communiqué de vendredi sur l’entretien entre le ministre et son homologue égyptien, vous avez évoqué essentiellement la relation sécuritaire. Des militants et des mouvements de défense des droits de l’Homme parlent d’une opération de répression de l’homosexualité en Égypte, avec presque 60 personnes arrêtées les dernières semaines. Quelle est la position de la France suite à une montée des arrestations dans la société civile à seulement quelques mois de l’élection présidentielle ?

R. Les droits de l’Homme sont régulièrement évoqués avec les autorités égyptiennes dans le cadre de la relation de confiance que nous avons avec elles. M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a de nouveau évoqué ce sujet avec son homologue, M. Sameh Choukri, lors de leur entretien du 6 octobre [2017].

Notre approche dans ce domaine est guidée par la recherche de l’efficacité.

La France est attachée à la liberté d’opinion et d’expression, ainsi qu’au plein respect des libertés individuelles.

| Q. Pensez-vous que la garde révolutionnaire iranienne devrait être désignée comme groupe terroriste ?

R. Dans un contexte régional instable, la France est vigilante quant à toutes les actions susceptibles d’accentuer les crises actuelles.

Les États de la région ont à cet égard un rôle particulier à jouer et doivent faire preuve de retenue et de sens des responsabilités.

(…).

| Q. Après la déclaration d’indépendance suspendue en Catalogne, à l’attente d’une négociation pour essayer le dialogue, est-ce que la France soutiendrait une médiation internationale, si elle n’est pas conduite par l’UE ? Quel est l’avis, en tout cas, de la France, après ce dernier tournant des événements ?

R. Nous continuons à être préoccupés par la situation en Catalogne, après les déclarations de Carles Puigdemont.

Toute solution à cette crise interne doit être trouvée dans le cadre constitutionnel espagnol. L’unité et la légalité constitutionnelles doivent être respectées et préservées.

Toute déclaration unilatérale d’indépendance par les autorités catalanes serait illégale et ne pourrait en aucun cas être reconnue.

(…)

| Q. La commission électorale en RDC a annoncé hier que l’élection ne se tiendrait pas avant début 2019. Quelle est votre réaction ? Êtes-vous favorables, comme le demandent des ONG, à un durcissement des sanctions contre l’entourage de M. Kabila ?

R – À notre connaissance, il n’y a pas eu de communication officielle de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur le calendrier électoral. Comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer à plusieurs reprises, nous appelons à la mise en œuvre urgente et dans son intégralité de l’accord politique du 31 décembre 2016, afin que soient organisées, dans les plus brefs délais, des élections crédibles et inclusives. Nous appelons en particulier à la publication urgente d’un calendrier électoral crédible, ainsi qu’à la mise en œuvre des mesures de décrispation politique conformément aux dispositions de l’accord du 31 décembre. Les partenaires internationaux en marge de l’Assemblée générale des Nations-unies, le 19 septembre, ont réitéré leurs attentes en ce sens et ont convenu de créer une équipe conjointe d’experts internationaux, afin de faciliter un soutien au processus électoral.

S’agissant des sanctions, comme l‘Union européenne l’a indiqué le 29 mai 2017 à la suite de l’adoption de sanctions contre neuf responsables congolais par le Conseil de l’Union européenne, elle suivra avec grande attention l’évolution politique et des droits de l’Homme dans ce pays et, en fonction, pourra envisager des mesures restrictives additionnelles ou, à l’inverse, d’en retirer certaines.

| Q. Les Européens prévoient-ils une réaction commune si Donald Trump annonce qu’il ne certifie pas l’accord sur le nucléaire ?

R. L’Union européenne comme la France prendront connaissance le moment venu de la décision du président Trump et s’exprimeront alors, le cas échéant.

Pour mémoire, M. Jean-Yves Le Drian s’est exprimé au sujet de l’accord nucléaire iranien le 10 octobre 2017:

« La question qui est posée est de savoir si Donald Trump certifie ou non le respect par l’Iran de ses engagements. Nous, nous disons qu’il faut mettre en œuvre l’accord avec sérieux et sans compromis. Tout comme les experts de l’AIEA, qui sont fiables et ont la responsabilité d’évaluer la coopération de l’Iran, nous estimons que celui-ci respecte ses engagements. Le président américain doit maintenant se prononcer. J’observe que son secrétaire à la défense et son chef d’état-major ont toutefois fait savoir qu’ils estimaient que l’Iran respectait l’accord ».

| Q. Le gouvernement de Bagdad multiplie les mesures de rétorsion contre le Kurdistan et a menacé d’arrestation les organisateurs du référendum. Quelle est votre réaction ?

R. Comme les autorités françaises l’ont dit à plusieurs reprises, il est indispensable que les différends soient résolus par le dialogue et que les autorités irakiennes et régionales kurdes s’engagent dans la voie de la réconciliation nationale, dans le cadre défini par la constitution irakienne.

Ce dialogue doit être mené dans le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’Irak et prendre en considération les droits des Kurdes.

| Q. Des discussions sont actuellement en cours pour tenter d’évacuer les civils piégés à Raqqa. Craignez-vous la fuite de djihâdistes français ?

R. La reprise de la ville de Raqqa est une priorité stratégique de la France et de la coalition internationale contre DA’ECH.

Nous sommes attentifs à la protection des populations civiles comme aux modalités et aux conséquences de la reprise de Raqqa.

| Q. Est-ce que les États-Unis vous ont prévenu de leur intention de se retirer de l’UNESCO ?

R. Nous reviendrons vers vous dans la journée sur cette question.

 

A Propos Jacques Borde

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