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La Bombe Weinstein & le Camp démocrate…

| États-Unis | Politique & 7e Art | Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

Dans l’indifférence d’abord assez générale de nos media hexagonaux une bombe (politico-médiatique pas nord-coréenne, rassurons nos lecteurs) thermonucléaire a fini par exploser au-dessus de Washington : l’Affaire Weinstein. Jusqu’où iront ses réactions désormais en chaîne ?

« Non seulement nous prenons nos distances avec quelqu’un qui ne mérite pas le respect de ses collègues, mais nous envoyons un message pour affirmer que le temps de l’ignorance délibérée et de la complicité honteuse vis-à-vis des comportements d’agression sexuelle et du harcèlement sur le lieu de travail dans notre industrie est terminé ».
Académie (sic) des Oscars.

Harvey Weinstein, dit Harvey Scissorhands, est resté jusqu’à une date récente assez peu connu du grand public du côté européen de l’Atlantique. À tort. Celui qui est en train de, désormais, faire la une des media pour son rôle supposé de prédateur sexuel auprès des dizaines de jeunes starlettes et jeunes femmes sans défense, aura été l’un des faiseurs de pluie d’Hollywood les plus acérés.

À ce titre, il avait même été fait Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique par sa Très Gracieuse Majesté Élisabeth II de Saxe-Cobourg-Gotha (dite) de Windsor, pour « sa contribution à l’industrie du cinéma britannique » (sic).

Idem en France où Nicolas Sarkozy lui remettait la Légion d’honneur pour avoir… distribué le film The Artist.

Or, Weinstein (qui, au dernières nouvelles, aurait pris la poudre d’escampette endirection d’une clinique privée pour s’y faire soigner) du haut de ses 65 printemps, a été limogé de la Weinstein Co.1, dont il était le cofondateur avec son frère, peu de jours après qu’un article paru dans le New York Times ait (enfin, diront certains) exposé ses décennies de prédateur sexuel.

Le 5 octobre 2017, l’article du New York Times met directement le bonhomme en cause pour de nombreux faits de harcèlement sexuel. Weinstein se retrouve accusé par plusieurs femmes, dont les actrices vedettes Ashley Judd et Rose McGowan.

Dans la foulée, Harvey Scissorhands Weinstein est accusé d’agressions sexuelles par trois autres femmes. Puis, les témoignages sur ses abus sexuels et viols vont se succéder à un rythme soutenu, avec des actrices comme Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Asia Argento, Lucia Evans, Rosanna Arquette, Mira Sorvino, Louisette Geiss, Romola Garai, Emma de Caunes, Judith Godrèche, plus une de ses anciennes assistantes Emily Nestor, et le mannequin Ambra Battilana Gutierrez, qui, toutes, ont indiqué avoir été harcelées, violées ou agressées, c’est selon, par Harvey Weinstein.

Sa femme, la styliste britannique Georgina Chapman, le quitte le 10 octobre 2017, affirmant que son « cœur se brise pour toutes les femmes qui ont souffert d’une peine énorme à cause de ces actions impardonnables ».

Au stade où nous en sommes, le Times a indiqué qu’au moins huit accords avaient été conclus avec des victimes. Victimes qui, le barrage politico-médiatique ayant cédé, commencent à révéler ce que fut l’ère Weinstein à Hollywood.

Ou, comme l’a souligné Eber Haddad, sur sa page Facebook, « Entre hier et aujourd’hui des milliers de photos de Harvey Weinstein en compagnie du tout Hollywood et de tous les politiciens Démocrates véreux, ont disparu de Google et ceux et celles qui chantaient ses louanges et qui voulaient être vu ou vues avec lui, lui crachent au visage à présent ! L’hypocrite en chef, Meryl Streep2 qui lui doit sa carrière, qui était son amie fait semblant de ne pas savoir, comme Judy Dench, Matt Damon, George Clooney, Leonardo Di Caprio, etc… que c’était un prédateur sexuel qui avait eu maintes poursuites judiciaires étouffées par des arrangements financiers ‘à l’amiable’ et le condamnent tous et toutes à l’unisson ! Shocking ! ».

À noter que si de nombreuses actrices donnent de la voix pour condamner le comportement de Weinstein, peu d’acteurs s’y risquent. The Guardian a tenté de contacter plus d’une vingtaine d’entre eux, dont Ben Afleck, Ewan Mc Gregor, Russel Crowe, Matt Damon, Colin Firth, Quentin Tarantino. Aucun, étrangement, n’aurait répondu. À se demander pourquoi…

Seul Brad Pitt avait averti Weinstein de se tenir à l’égard de sa compagne, Gwyneth Paltrow. Sous peine de rétorsions physiques…

Tout ceci pour dire que les agissements de Weinstein étaient de notoriété publique. Ce qu’a confirmé la fondatrice du site The Wrap, Sharon Waxman, qui rappelle son enquête (étouffée) de 2004. « Après d’intenses pressions de Weinstein, et notamment par le biais de Matt Damon et Russel Crowe qui m’ont appelée personnellement, l’affaire a été étouffée et n’a jamais été rendue publique ».

Pourquoi traiter de cette affaire dans le cadre de ce blog ?

Le problème est que Harvey Weinstein avait aussi un pied, et pas qu’un peu, dans le monde politique. Et, pour être plus précis chez les Démocrates et seulement chez les Démocrates qui n’ont cessé de tenter de couler (sans y parvenir) le président américain, Donald J. Trump, pour son passé d’animateur TV.

Hélas, pour eux la Roche tarpéienne n’est jamais bien loin du Capitole et, verbatim Eber Hadad, « Pour les Clinton et Obama c’est plus sérieux, 35 M$US dans la campagne d’Hillary, difficile à oublier et dire qu’elle n’était pas au courant ! ».

Maintenant, souligne-t-il, c’est le « sauve qui peut général ! Tout ces gens sous le couvert d’être ‘bien-pensant’, écologiques, donneurs de leçons et essayant de trouver des scandales à leurs opposants sont des monstres égomaniaques. Hillary et Bill Clinton vont-ils faire comme certains politiciens, donner l’argent reçu de chez Weinstein à des charités, et Obama ? Que nenni… ».

L’embarrassant dans l’affaire est que « Le New York Times lui même connaissait cette histoire depuis très longtemps mais ne l’a divulguée que la semaine dernière avant que Breibart ne le fasse, parce que dans cet univers concurrentiel, un scoop est un scoop ! Même si c’est pour démolir un ami et un partisan politique dont on vantait les mérites il y a seulement quelques semaines »…

Le comportement des media eux-mêmes pourrait aussi poser problème. Le cas Weinstein n’étant pas vraiment un si gros scoop que ça.

Ainsi, la présentatrice du journal télévisé Rose McGowan avait bel et bien traduit Weinstein en justice dans les années 1990. Pour abandonner les poursuites pour la somme de 100 000 dollars, signant même un accord de non-divulgation. Une pratique courante aux États-Unis.

Outre l’importance à devancer Breibart, est à relever le déclin de la Weinstein Co. ! Car si sous la direction de Harvey Weinstein, la Weinstein Co. a bien été une force dominante pendant des années, la belle machine à produire dollars et carrières avait entamé un lent et inexorable déclin. Ce en raison de problèmes financiers, de résultats de plus en plus faibles au box-office et du départ de plusieurs de ses cadres.

Dans ce contexte, il est difficile, pour l’instant du moins, de savoir si les dons de Weinstein étaient pour lui une forme d’assurance-vie qu’il contractait auprès d’un appareil démocrate dont il anticipait une victoire qui n’a pas eu lieu.

Reste que 35 millions de dollars c’est tout de même une sacré somme. Qui permet de s’interroger sur ce que Harvey Weinstein aurait bien pu espérer, voire demander, au clan Clinton en échange d’une telle générosité.

Or, comme bien souvent lorsque la mise en cause de sa clique se profile à l’horizon, Hillary R. Clinton a mis du temps à réagir et à condamner celui qui a financé ses campagnes électorales et celles de nombre de ses petits camarades, attendant le 10 octobre 2017, pour se dire « choquée et écœurée par les révélations sur Harvey Weinstein ».

Les puristes apprécieront la sobriété et la brièveté du propos chez quelqu’un plutôt connu pour agonir d’invectives et de noms d’oiseaux ses ennemis politiques. Et pour la suite ?

Depuis l’article du Times, de plus en plus de femmes apportent leurs témoignages en affirmant avoir subi le comportement prédateur de Scissorhands Weinstein.

Ainsi, dans un papier du HuffPost, la présentatrice Lauren Sivan a détaillé une rencontre avec Weinstein qui aurait eu lieu en 2007. Sivan, qui travaillait alors sur une chaîne câblée new-yorkaise, y affirme que Weinstein l’aurait bloquée dans un couloir de restaurant fermé au public, à New York, et qu’il s’était masturbé devant elle.

Aujourd’hui, la chute brutale de l’iconique Harvey Scissorhands Weinstein s’est transformée en une course à la vertu qui voit les grands noms de l’industrie cinématographique sommés de s’expliquer sur ces ces temps obscurs. Désormais, la Boite de Pandore est ouverte.

Le problème est que la plupart des noms qui sortent du chapeau sont aussi ceux de ceux qui ont choisi le camp<… démocrate.

La Roche tarpéienne disions-nous…

Notes

1 Pour violation du code de conduite de la compagnie.
2 Une des principales donneuse de leçons à Trump au sein de la sphère du 7e Art.

 

 

A Propos Charlotte Sawyer

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