2021 : Quelle(s) guerre(s), Quelle(s) Paix ? [2]

| Géostratégie | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

Les stratèges, qu’ils soient de la guerre classique ou de la terreur, pas toujours mais majoritairement takfirî de nos jours, ne s’embarrassent guère du passage d’une année à l’autre. En 2021, le déclencheur pourrait être davantage le Deep State étasunien qui pourrait profiter de la transition à venir à la Maison-Blanche pour lâcher ses chiens de guerre sur ses ennemis de toujours (Iran en tête). Sans parler des guerres diverses & variées déjà en cours. Ainsi, au Sahel, la France vient de perdre cinq de ses soldats en une semaine. Partie 2.

« À peine entrés au #HautKarabakh, 1ère priorité des soldats azéris musulmans : profaner les tombent arméniennes portant la croix. Où sont donc passées nos belles âmes humanisto-dégoulinante promptes à s’enflammer pour tout ? Ah ils défendent les #Ouighours. Bah oui c’est plus chic ».
Jean Messiha.

« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout (…) citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière, frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le »
Calife Rolex Ibrahim1.

« L’Occident est peureux et couard. Il craint les menaces et ne répond aux attentats islamistes que par des bougies et des peluches, des poèmes et des chansons. Quand on massacre son peuple, le chef de l’État souscrit à cet effroyable mantra de soumission repris en chœur par les media couchés : ‘vous n’aurez pas ma haine’ ».
Michel Onfray.

| Q. Autre situation à risque : Macron entend boycotter les Turcs et le business Halal…

Jacques Borde. Sauf que avec qui Bruxelles va sous-traiter une bonne partie de la production de vaccin anti-Covid ? Avec, notamment, le germano-turc BioNTech2 (alliée au géant américain Pfizer). Tout ça ne pourrait être que du cinéma !

| Q. Mais, à propos d’Ankara, croyez-vous vraiment que la fermeté puisse payer ?

Jacques Borde. Oui, évidemment. À condition de savoir en faire preuve. Ce qui, de toute évidence, n’est le cas ni de Bruxelles, ni de Moscou, d’ailleurs, qui sur les questions d’Arménie, vient de se faire rouler dans la farine par le Cumhurbaşkanı3, le très Naqshbandi4 Reccep Tayyip Erdoğan. Une fois encore, me dire-vous !…

Mais, croyez-moi, la fermeté ça marche, quels que puissent être les interlocuteurs d’ailleurs. Mais avec des hommes d’État, pas des pantins ayant peur de leur ombre. Tenez un exemple :

Mme. Giorgia Meloni, nous apprend qu’« Après seulement six jours de saisie et les lourdes menaces d’Erdoğan, les milices du général libyen Haftar ont libéré le cargo turc Mabrouka et tout son équipage. En revanche, après plus de 100 jours, nos pêcheurs de Mazara del Vallo sont toujours prisonniers en Libye. Si nous étions une nation avec des attributs, Haftar aurait déjà vu depuis longtemps le profil des navires de notre Marine militaire au large de ses côtes et utilisé tous les moyens possibles pour les ramener à la maison. Malheureusement, nous sommes gouvernés par Conte et Di Maio et tout le monde peut se permettre de piétiner la dignité de l’Italie et son prestige au niveau international ». Depuis, les marins italiens ont été libérés et de mauvais esprits soupçonnent fortement une intercession de Mevlüt Çavuşoğlu, en charge du Dışişleri Bakanlığı (DB)5.

Si vrai, en échange de quoi ?

C’est sûr que face aux Latin crétins et aux girouettes du Kremlin, tout acteur international ou régional a beau jeu d’imposer ses vues…

Le souci avec Ankara, est que nous sommes face à un poids lourd régional qui n’entend pas s’arrêter là face aux munichois Européistes et aux procrastinateurs moscovites qui, quelque part, tiennent la porte ouverte aux ambitions de l’administration Erdoğan.

| Q. Autre terrain glissant : à vos yeux, les Russes n’ont pas été à la hauteur en Arménie.

Jacques Borde. C’est le même film depuis l’affaire des Missiles russes à Cuba. Les Russes affirment avoir des ambitions très précises – hier, tenir la dragée haute à Kennedy, aujourd’hui, défendre les Chrétiens d’Orient – nous chantent de beaux airs et de bomber le torse. Puis, comme une partition écrite à l’avance, de tirer leur révérence au premier froncement de sourcils ou coup de canon de la partie adverse.

Notez que Yves Bataille va plus loin et, en l’espèce parle d’un « jeu de Poutine ».
Cf. « Du côté de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie. Car il faut appeler les choses par leur nom. S’étant peut-être mis dans la peau d’un de Gaulle naguère en Algérie, Poutine semble avoir largué les Arméniens et offert le Haut-Karabakh aux Turco-Azéris. C’est l’avis d’Arméniens lucides. Poutine aurait redit aujourd’hui que le Haut-Karabakh, c’est l’Azerbaïdjan (…). Ces jours-ci à l’ouest d’Hadrut les ‘forces de paix’ russes ont cédé aux Turco-Azéris des villages tenus par les Arméniens. La carte militaire russe officielle qui avait été modifiée à l’avantage des Arméniens a été remodifiée à leur détriment. Elle change tout le temps. La partie russe fait comme si elle avait le contrôle de la situation entre mer Caspienne et frontière turque mais elle ne l’a pas. À Bakou certains demandent le départ des Russes. La ‘force de paix russe’ dans ce qu’il reste du Haut-Karabakh protège certes les Arméniens mais que signifie la protection d’une troupe dont les chefs caressent le poil ennemi ? Tout se passe comme si la Russie considérait ce qui reste du Karabakh comme une acquisition et se servait de sa présence ici pour avoir une deuxième base militaire sur les terres arméniennes occupées. La balance russe entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’existe pas car Moscou penche pour des raisons obscures du côté d’un Azerbaïdjan qui n’est pas sûr et le Kremlin s’en apercevra vite… ».

Européistes et mondialistes se réjouissent, évidemment, de ce qui vient de se passer. Mais, attention, mauvaises paix et accords foireux pavent aisément la voie d’une nouvelle guerre. Munich, accords scellés dans la honte, du 29 au 30 septembre 1938, sera la voie royale pour une guerre totale qui durera quatre ans !…

| Q. Vous parlez d’hêgêmon thalassocratique étasunien, la suprématie militaire US est-elle aussi acquise qu’elle y paraît ?

Jacques Borde. Oui et non. Oui, par l’écrasante disproportion des matériels militaires américains. Qui leur permettent une projection aéronavale et aéroterrestre à n’importe quel point du globe. Contrairement à d’autres, le faiseur dse pluie US a les moyens de sa politique.

| Q. Partout dans le monde ?

Jacques Borde. Oui. Mais avec quelque aléas possibles.

| Q. Comme ?

Jacques Borde. Je vais vous raconter une petite histoire. Début 2015, L’USS Théodore Roosevelt (CVN-71) s’est retrouvé dans la ligne de mire de notre SNA Saphir (S-602).
J’explique : au cours ce ce qui était un entraînement conjoint avec l’US Navy au large de la Floride, le Saphir a virtuellement coulé le porte-avions américain USS Theodore Roosevelt6 et son escorte de destroyers (des Ticonderoga, Arleigh Burke ainsi que, cerise sur le gâteau, un SNA classe Los Angeles) :

Cf. « (…) le Saphir s’est glissé discrètement au cœur de l’écran formé par les frégates américaines protégeant le porte-avions, tout en évitant la contre-détection des moyens aériens omniprésents. Au matin du dernier jour, l’ordre de feu était enfin donné, permettant au Saphir de couler fictivement le Theodore Roosevelt et la majeure partie de son escorte ».

Crac, boum, hue ! L’information, d’abord publiée sur le site officiel du ministère français de la Défense, sera rapidement supprimée.

Rappelons que le Saphir (S-602) était un Sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la Marine nationale, en service de 1984 à 2019. Il était le second exemplaire des six SNA de classe Rubis de 1ère génération, construits par DCN entre 1976 et 1990.

Aujourd’hui, encore mieux : nos SNA sont de la classe Suffren. Le Programme Barracuda a démarré le 21 décembre 2006. Le premier bâtiment, le Suffren a été lancé le 12 juillet en 2019. La commande du 4ème SNA a été notifiée à la DCNS en juillet 2020.

Et pour de VRAI, on se les paye QUAND les frégates turques qui infectent Mare nostrum ? Ne pinaillons pas l’outil est là : simple, indétectable et sans bavure. Mais, là, nous entrons dans un autre registre : celui d’un pays dirigé par un vrai chef d’État.

Mais, là, c’est une autre histoire…

[À suivre]

Notes

1 Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, dit Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi. Il succède en 2010 à Hamid Daoud Muhammad Khalil al-Zawi à la tête de ISIS/DA’ECH, le 29 juin 2014, premier jour du mois de Ramadan, et se proclame calife de l’État islamique. Términé sur ordre de Trump…
2 Fondé par Özlem Türeci et Ugur Sahin.
3 Ou président de la République de Turquie.
4 Soit membre de haut vol de la Tariqa naqshbandiyya, une des quatre principales confréries soufies. Elle tire son nom de Khwaja Shâh Bahâ’uddîn Naqshband, qui est considéré comme son maître, bien que ne l’ayant pas fondée. Abû Ya’qûb Yûsuf al-Hamadânî, né en 1140, et ‘Abd al-Khâliq al-Ghujdawânî, né en 1179, sont les fondateurs des principes de cette voie soufie. Le soufisme compte 41 branches initiales de confréries soufies, dont 40 tirent leurs secrets spirituels de Ali ibn-Abi Talib, le gendre du prophète. Les Soufis expliquent ce fait par cette tradition prophétique (hadith) rapportée par Tirmidhi où Mahomet dit : « Je suis la cité de la science et Ali en est la porte ». L’initiation d’Ali a été faite par le dhikr (évocation, mention, rappel, répétition rythmique, du nom de Dieu) Lâ ilâha illa-llâh, en français : Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité autre que Dieu (tawhid).
5 Ou ministère turc des Affaires étrangères.
6 L’USS Theodore Roosevelt (CVN-71) est un porte-avions polyvalent à propulsion nucléaire, de la classe Nimitz. Il est le navire de tête de la sous-classe Theodore Roosevelt, et fait partie des 11 porte-avions géants de l’US Navy. Il a été baptisé en l’honneur du président Theodore Roosevelt. Le surnom du navire, Big Stick, fait référence à la doctrine politique éponyme créée par Roosevelt (Speak softly and carry a big stick, Parle avec douceur et porte un gros bâton). La devise du navire est Qui Plantavit Curabit (celui qui a semé préservera).

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

En Merah, fais ce qu’il te plaît ! Avec April, sois antisémite !… [1]

| France | Kulturkampf | Questions à Jacques Borde | Les nazislamistes & leurs voyous …