2021 : Quelle(s) guerre(s), Quelle(s) Paix ? [3]

| Géostratégie | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

Les stratèges, qu’ils soient de la guerre classique ou de la terreur, pas toujours mais majoritairement takfirî de nos jours, ne s’embarrassent guère du passage d’une année à l’autre. En 2021, le déclencheur pourrait être davantage le Deep State étasunien qui pourrait profiter de la transition à venir à la Maison-Blanche pour lâcher ses chiens de guerre sur ses ennemis de toujours (Iran en tête). Sans parler des guerres diverses & variées déjà en cours. Ainsi, au Sahel, la France vient de perdre cinq de ses soldats en une semaine. Partie 3.

« 1943 : Marcel, 19 ans, brave le couvre-feu pour réceptionner des arme parachutées par les Alliés pour la Résistance dont il fait partie. 2020 : Kevin, 19 ans, brave le couvre-feu pour partir en teuf et se défoncer la gueule car on arrête pas un peuple qui danse ».
Joseph-Félix Quiñones.

« Pour clouer le spectacle, vous affirmez qu’ ‘on ne peut être innocemment israélien’, frappant tout israélien du sceau de l’infamie. Neuf millions d’âmes dépossédées de leur innocence pour le seul fait d’avoir ouvert les yeux à cet endroit du globe. Un exemple significatif de l’essentialisme indigéniste, intrinsèquement radical et réactionnaire, qui vous ramènerait, vous à votre Algérie natale. ‘Que Dreyfus est capable de trahir, je le déduis de sa race’, lâchait en son temps Maurice Barrès pour commenter l’Affaire. Le crime, c’est l’identité elle-même, le crime c’est ‘la race’ et pour ce crime il n’y a pas d’absolution possible ».
Noémie Halioua, sur Boulevard Voltaire.

« À quoi bon envoyer nos soldats faire la guerre au terrorisme islamiste au Mali, si en même temps on fait revenir des centaines de djihâdistes en France qui seront relâchés quelque années après ? L’incohérence aggravée du macronisme est un danger pour la sécurité des Français ».
Julien Odoul.

« Comment un État qui n’a pas la volonté de mettre fin à une rave de punks à chiens bretons sous acide peut vous protéger des djihâdistes ? ».
Damien Rieu.

| Q. Administration Biden-Harris. Allons-nous vers un retour de la guerre des drones telle qu’utilisée à outrance sous Obama ?

Charlotte Sawyer. Du domaine du possible, d’autant que le futur patron possible de la CIA, Michael Joseph Mike Morell, est connu pour être un chaud partisan des Targeted killing1 par drones, qui furent un des marqueurs de l’administration Obama.

De biens mauvaises langues disant que cette guerre des drones à vaste échelle, c’était, avant tout, une idée de Morell.

| Q. Morell, vous pouvez développer ?

Charlotte Sawyer. Je l’avais déjà fait, mais bis repetitas. Michael J. Morell, est Deputy Director of the Central Intelligence Agency (DD/CIA)2 entre 2010 et 2013. Ainsi que son Acting Director (D/CIA), à deux reprises par intérim, d’abord en 2011, puis de 2012 à 2013. Depuis 2013, passé dans le privé, il conseillait la société de conseil stratégique Beacon Global Strategies. Morell est aussi connu pour avoir critiqué le rapport de 2014 du US Senate Select Committee on Intelligence (SSCI) sur l’utilisation par la CIA de Enhanced interrogation techniques3, que beaucoup considèrent comme de la torture. Notamment le Waterboarding.

Jacques Borde. Un retour des Targeted killings qui pourrait, alors, passer par la nouvelle version du drone d’attaque MQ-9 Reaper, armé de huit missiles AGM-114 Hellfire, au lieu de quatre. Une évolution de l’appareil qui fait suite à la demande de l’Air Combat Command et de l’Air Force Special Operations Command de renforcer les capacités du MQ-9 Reaper.

« Multiplier par deux la puissance de feu de cet aéronef à grande endurance grâce à des Hellfire permet d’accroître la létalité et l’agilité du MQ-9 lors des phases de combat », estimait le lieutenant-colonel Ryan P. Chmielewski, patron du 556th Test & Evaluation Squadron. L’emploi de Hellfire permet de disposer d’une chaîne d’engagement « plus rapide » et ainsi de « faire face à des situations de combat complexes », ajoutait le lt-col Chmielewski.

Encore et toujours, réduire cette fichue Boucle OODA4. Décidément, rien ne change.

| Q. Pour faire la guerre, il faut être équipé : Commandes de Rafale par l’Indonésie, ça marche pas mal pour nous dans le secteur armement ?

Jacques Borde. Oui, plutôt, mais évitons de trop généraliser, ça nous évitera quelques mauvaises surprises. Quant aux bonnes, oui : l’Indonésie veut à tout prix du Rafale et aurait souhaité finaliser l’accord avant la fin de 2020, histoire de muscler sa Tentara Nasional Indonesia-Angkatan Udara (TNI-AU)5, tandis que, côté français, on souhaite prendre un peu de temps pour boucler de façon minutieuse un accord. Paris et Djakarta ont également l’intention de signer un accord de coopération en matière de Défense. Effectivement tout ceci sera très positif pour notre balance commerciale.

Le dossier avait été évoqué lors de la visite à l’Hôtel de Brienne (Paris), le 21 octobre 2020, du lieutenant-général Prabowo Subianto Djojohadikusumo, titulaire actuel du Kementerian Pertahanan (KEMHAN)6 qui, indiquait La Tribune, avait réitéré le « vif intérêt » de Djakarta pour le Rafale. Un intérêt indonésien portant sur 36 à 48 appareils, selon les sources.

« La commande n’est pas encore tout à fait signée (…). Si cette commande se concrétise, ce sont des bonnes nouvelles pour les entreprises françaises, pour les 500 entreprises qui travaillent pour le programme Rafale parce qu’on parle de Dassault, mais il y a aussi de très nombreuses entreprises qui collaborent à ce programme, c’est l’équivalent de 7.000 emplois pendant 18 mois. C’est absolument considérable », avait indiqué la ministre français des Armées, Florence Parly.

| Q. Et lorsque Mme. Parly évoque d’autres contrats ?

Jacques Borde. Pour le Rafale ? Je trouve que Mme. Parly – ajoutant que « nous sommes en discussion avec de très nombreux pays » pour le Rafale : « la Grèce, la Finlande, la Suisse sont des pays qui veulent renouveler leur aviation de combat et donc des appels d’offre ont été lancés et très probablement, ils déboucheront l’année prochaine » –, s’avance beaucoup.

Par ailleurs, reste la question des cadences de production. D’autant plus que pour remplacer les 12 avions d’occasion vendus à la Grèce, Paris va devoir commander en parallèle 12 Rafale neufs pour les besoins notre l’armée de l’Air.

Mais, l’avantage de Parly aux commandes, c’est que la dame a la ténacité d’un pitbull et la rigueur d’un comptable helvétique

« Il faut imaginer toutes sortes de scénarios permettant de livrer les différents clients tout en tenant compte des besoins de l’armée de l’Air française » expliquait la ministre. Mais « Ma responsabilité, mon devoir est bien sûr d’assurer que l’armée de l’Air dispose des capacités dont elle a besoin et que nous allons là aussi respecter les jalons prévus par la loi de programmation militaire qui prévoient plus de Rafale pour l’armée de l’Air au cours des prochaines années ».

Ligne qu’elle a réitéré devant devant la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale :

« Nous avons bien l’intention, d’ici à la fin de l’année, de procéder à une commande, en parallèle des commandes qui seront adressées pour la Grèce, pour les besoins de l’armée de l’Air et de l’Espace à hauteur de 12 avions (..). Je voudrais vous rassurer: nous avions convenus ensemble d’un point de passage en 2025 de notre LPM (loi de programmation militaire) à 129 avions Rafale et j’ai bien l’intention de tenir cet engagement », a affirmé la ministre aux députés.

Cette commande supplémentaire vient à point nommé pour Dassault qui risquait de voir sa chaîne de production de Rafale interrompue en 2024, une fois construits les six appareils neufs commandés par Athènes.

Mais, il n’y a pas que des bonnes nouvelles. De son côté, la Tentara Nasional Indonesia-Angkatan Laut (TNI-AL)7, ne semble plus guère tentée par les corvettes Gowind 2500 armés de missiles anti-navires MM40 Exocet et antiaériens VL. Ceux directement dérivé du fameux Mica air/air.

| Q. Mais, le naval français se porte plutôt bien ?

Jacques Borde. Oui, plutôt. Un second pays à se doter de Gowind est la Malaisie, qui est, en fait, historiquement le premier client de la corvette française puisque le contrat remonte à 2011.

Dans ce cas précis, on parle de la construction de six bâtiments intégralement en transfert de technologie pour le compte de la Tentera Laut Diraja Malaysia (TLDM)8. Avec le chantier naval Boustead Naval Shipyard de Lumut, au nord-ouest de Kuala Lumpur, aux commandes. Pour répondre aux besoins de TLDM, qui souhaite une vitesse et des capacités d’emport en personnel plus élevées, la Gowind de base a été agrandi. Les Gowind malaisiennes atteignent 111 mètres de long pour un déplacement de 3.100 tonnes. Équipées d’une propulsion classique (CODAD) avec quatre moteurs MTU pour une vitesse maximale de 28 nœuds, l’équipage sera 118 marins. Système de combat, radar principal et sonars seront identiques aux Gowind égyptiennes. Il y a en revanche des différences concernant l’armement puisqu’en dehors des VL Mica, les corvettes malaisiennes seront dotées de missiles anti-navire NSM, d’une tourelle de 57mm et de deux canons de 30mm.

Là, c’est Pékin et son Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó Zhǔxí9, Xi Jinping10, n’en doutons pas, qui vont faire la grimace…

Notes

1 Ou Tueries ciblées.
2 Ou directeur adjoint de la Central Intelligence Agency.
3 Ou Techniques d’interrogatoire renforcé.
4 Ou OODA Loop. Pour Observation-orientation-décision-action, appelée aussi Cycle de Boyd.
5 Ou Force aérienne indonésienne.
6 Ou ministère indonésien de la Défense.
7 Ou Marine indonésienne.
8 Ou Marine royale malaisienne.
9 Ou Guojia-Zhuxi : président de la République populaire de Chine.
10 Surnommé Xi Dada, en français : Oncle Xi.

 

A Propos Jacques Borde

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