Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête…

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Analyse de fond sur les Rigged Elections étasuniennes qui viennent de se dérouler & qui, selon tout vraisemblance, auont porté Joe Biden au pouvoir. Le titre est de la Rédaction.

Maintenant c’est fait, apparemment entériné par Trump lui-même, Biden sera le 20 Janvier le 46ème président des États-Unis, à moins de circonstances exceptionnelles que j’ai du mal à imaginer mais qui sont encore impossibles à écarter, et que ça nous plaise ou non. Trump a donc perdu, aidé en-cela par toute une machination, mais dans ces élections il n’y a eu, en fin de compte aucun gagnant. Le pays en est le plus grand perdant bien sûr, il rebondira peut-être un jour mais il n’y a aucun horizon pour être optimiste à court ou même moyen terme, même si on espère sincèrement se tromper.

Pour de nombreux électeurs, mais aussi de spectateurs extérieurs, ça semble n’être qu’une course de chevaux qui tourne autour de la personnalité de Donald Trump mais c’est loin d’être le cas. Ce sont des millions de voix de chaque côté et quand on qualifie le Président sortant de mauvais perdant, on oublie que ce n’est pas de lui seul qu’il s’agit mais de la moitié du pays au moins, de tous ceux qui ont voté Trump. Ces élections représentent un risque de changement radical pour ce pays, ce qui est inacceptable pour beaucoup et ne se fera pas aussi facilement que le pensent ceux dont c’est le seul but.

Les États-Unis sortent de cet épisode électoral amoindris et leur prestige entamé, c’est ce que se sont ingéniés à faire éclater les Démocrates depuis 4 ans et ils y sont parvenus. 2016 a prouvé que ce parti pouvait dénier la démocratie s’il ne ressortait pas vainqueur d’une élection. Maintenant les élections de 2020 sont passées et il va falloir gouverner, et ça c’est une autre paire de manches.

De nombreux Américains et la plupart des personnes qui se sont intéressées à ces élections ne savent même pas ce qui nous attend, les véritables enjeux de ce scrutin et le programme de gouvernement avancé par l’équipe gagnante. Et c’est ça que je voudrais évoquer ici.

Ceux qui ont « gagné » ces élections ont, en réalité, obtenu une victoire à la Pyrrhus. Il y a eu une plate-forme sur laquelle tous les Démocrates se sont mis d’accord et dont ils ont très brièvement parlé durant la , aidés en cela par la présence du Covid qui rodait en arrière-plan et a tétanisé les foules. L’union sacrée s’est faite, sans trop s’attarder sur les détails, là où généralement se cache le diable, puisque le but véritable et unique de ces élections était de se débarrasser de Donald Trump. Le consensus s’est arrêté uniquement à ça. Pour ceux qui ont écouté les discours des principaux dirigeants du parti, c’était la seule chose qui en ressortait vraiment alors qu’en coulisses chacun fourbissait ses armes pour imposer plus ou moins discrètement son projet.

À présent victorieux, les Démocrates sont devant un dilemme, et même plusieurs, et un casse-tête qu’il leur faudra résoudre. S’ils ne tiennent pas leurs promesses, la frange d’extrême-gauche, la plus vocale du parti Démocrate, leur fera vivre l’enfer et s’ils les tiennent, le parti Démocrate se disloquera, le pays se révoltera et l’instabilité rendra toute manœuvre de leur part, non seulement horriblement difficile mais dangereuse et très précaire. C’est plus facile de dire ce qu’on va faire quand on est dans l’opposition que lorsqu’on est au pouvoir. Et les Démocrates ont fait des milliers de promesses qu’il leur sera difficile, voire impossible à tenir et encore plus à ne pas tenir. Trump lui, les avait tenues. Même s’ils ont la majorité au Congrès, ce qui sera vraisemblablement le cas, et le contrôle de l’exécutif comme c’est malheureusement la réalité, il leur sera très difficile de gouverner. Ils pourront passer un grand nombre de lois mineures, et fanfaronner sur leurs réalisations, mais ce ne sont pas les thèmes prioritaires que les « jeunes Turcs » du parti souhaitent ardemment et sans la moindre équivoque : celles qui changeront la nature de la société, son système économique et le pays en profondeur. Pour cela Il leur faut les 2/3 des votes et c’est, bien entendu, Mission Impossible ! Pour arriver à leurs fins ils auront besoin, non seulement, de la totalité des voix Démocrates, ce qui n’arrivera pas, ce parti est tellement tiraillé entre une extrême-gauche et un centre-droit qu’il sera impossible de les rassembler sur de nombreux points… et ils ne pourront absolument pas compter sur une seule voix Républicaine, y compris parmi les vendus comme Mitt Romney ou Mitch McConnell, qui ont fait de la trahison de leurs électeurs le moyen principal d’exercer leur fonction.

Comme les élections mid-terms arrivent très vite, dans deux ans à peine, et qu’ils sont nombreux à jouer leur place, ce sera très délicat pour beaucoup d’entre eux et ils seront une kyrielle, surtout dans les Etats litigieux ou divisés, à ne plus retourner au Congrès. Se débarrasser de Trump s’avérera la partie la plus facile de leur programme, tenir leurs innombrables promesses et gouverner en même temps leur donnera des nuits blanches.

Quelques exemples au passage :

Indemniser les Noirs pour l’esclavage : c’est totalement aberrant de payer des personnes qui n’ont jamais été esclaves avec l’argent de ceux qui n’en ont jamais eu et c’est plus facile à dire qu’à faire. Rappelons que l’esclavage a été aboli en 1865. Le pays, surtout post-Covid, n’en a pas les moyens, ne peut pas légalement choisir des payements sur la base de la couleur de la peau et les mélanges sont tels qu’il est impossible de définir ceux qui en bénéficieraient ou pas, c’est discriminatoire et anticonstitutionnel et donc absolument impossible à appliquer. De plus, depuis 1964 la Loi Great Society, votée par l’administration Johnson et qui a coûté plus de $20 trillons, était sensée dédommager les descendants d’esclaves. Les résultats ont souvent été catastrophiques et même destructeurs pour une grande partie de la communauté noire. Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions1.

Faire un moratoire sur la dette des étudiants : le montant est pharamineux, à peine $1,6 trillion, autant dire une paille, que personne n’a les moyens d’offrir et qui est totalement injuste pour tous les étudiants qui ont payé les leurs. Faudra-t-il les rembourser également et ainsi passer au double voire même au triple du montant ?

Tenir la promesse de l’extrême-gauche et des écologistes de salon sur le fameux Green New Deal, dans le cadre de l’illusoire « combat contre le changement climatique », vache sacrée de l’extrême-gauche et dont Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), s’est faite l’égérie : là on ne plaisante plus, c’est la partie la plus importante de la plate-forme démocrate telle qu’elle a été définie durant la campagne ; on parle non seulement de plusieurs trillions de Dollars, qu’on n’a pas plus que les autres, mais d’une impossibilité technologique. À moins de diminuer le niveau de vie de 50%, ce que personne n’acceptera à part quelques illuminés qui n’en subiront pas personnellement les conséquences et ne seront pas suivis par l’énorme majorité des Américains. Les énergies fossiles sont encore là pour, au moins, deux à trois décennies. Pourtant on avance vite sur les « énergies vertes » ou nouvelles mais c’est encore bien insuffisant surtout pour maintenir une croissance décente sans gaz et sans pétrole. Au Nevada, par exemple, on vient de passer une loi obligeant les familles à produire un minimum de 30% de leur consommation électrique à partir du solaire d’ici à 10 ans et de nombreuses autres régulations ont été imposées mais là-aussi, il faut donner du temps au temps. Nos écologistes forcenés ainsi que l’extrême-gauche, caviar et limousine à la fois, veulent tout, tout de suite. Good luck !

-Outre que ces promesses ne pourront pas être tenues car pratiquement impossibles à faire voter, elles sont tellement inflationnistes, surtout dans le contexte actuel où on a fait travailler la planche à billet « jusqu’à manquer d’encre », qu’on arriverait très rapidement à une hyperinflation incontrôlable, de type « zimbabwéen » où il faut trois milliards de dollars pour acheter une miche de pain. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que ces promesses, comme celle des ivrognes, se réalisent dans un avenir proche. On aura beau blâmer Trump de tous les échecs et se faire soutenir par la grosse artillerie médiatique, personne ne sera dupe et les gens n’aiment pas trop qu’on touche à leur portefeuille surtout quand celui-ci n’est pas très épais.

Même ceux aux multiples et très épais portefeuilles comme Mark Zuck, Jack Dorsey et leurs semblables, ils ne pourront rien faire pour eux. D’abord parce qu’ils n’aiment pas partager mais aussi parce que leurs milliards ne valent rien devant les Trillions de Dollars nécessaires pour appliquer tous ces programmes. Là, les milliardaires qui ont injecté des centaines de millions dans la campagne 2020 pour faire gagner leurs poulains ne seront d’aucune utilité, pas plus que leur Facebook et leur Twitter pour sauver l’occupant(e) de la Maison-Blanche des promesses non tenues. Reality bites.

L’autre perdant est le parti Républicain, celui des Bush, des McCain, des Romney, McConnell et consorts, le traditionnel, membre à part entière de l’establishment, celui qu’on connaît actuellement : il va mourir, à petit feu ou violemment, l’avenir nous le dira. Un nouveau parti Républicain prendra sa place et très certainement dès les prochaines élections, dans deux ans, de nouveaux Républicains en prendront la direction en poussant les dirigeants actuels vers la sortie surtout si leurs performances électorales, dès les primaires, sont mauvaises. Des Tim Scott, Ted Cruz, Léo Terrel, Candace Owens, Brandon Straka, et bien d’autres feront passer à la trappe les caciques qui ont montré la limite de leur loyauté non seulement à leur Président mais également aux idées qu’ils prétendaient défendre. Le nouveau parti Républicain sera plus coloré, plus ethnique, plus inclusif, plus jeune, plus enthousiaste, plus dynamique et croira davantage en sa mission.

Une page s’est tournée, un autre chapitre commence, il sera probablement mouvementé mais ce tohu-bohu annoncera un véritable changement d’époque et prouvera une fois de plus que l’extrémisme ne paye pas, particulièrement aux États-Unis, pays centriste s’il en est. L’influence de Trump sera déterminante, le dentifrice est sorti du tube, il est impossible de l’y remettre.

Non, le ciel ne nous tombera pas sur la tête…

 

A Propos Jacques Borde

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