Le Deep State s’est-il inoculé sa propre Révolution orange ? [3]

| Occident | Kulturkampf | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

De toute évidence, au mal profond que représentait pour le Deep State global, la présence à la tête de l’exécutif de l’hêgêmon thalassocratique étasunien d’un élément extérieur à ses propres rangs – Donald J. Teflon Trump – a répondu une thérapie de choc : ce furent, au final, les Rigged elections de novembre 2020. Retour à la normale, alors ? Peut-être ? Retour aux pratiques impériales (pour ne pas dire impérialistes) du faiseur de pluie US, en tout cas. En ces temps de retour aux valeurs basiques régissant la planète, n’est-il pas pas aussi temps que l’establishment ne proclame sa victoire sur le COVID-19, pandémie à peu près aussi crédible que le triomphe (au sens impérial) de Joe Biden sur Trump, le 3 novembre 2020 ? Partie 3.

« Les Américains ont ce scénario de révolutions de couleur, qu’ils ont mis en œuvre dans de nombreux pays, à commencer par l’Afrique du Nord, dans les pays d’Asie centrale, ils ont, en fait, reçu ce scénario chez eux ».
Vladimir Jabarov.

« L’ironie et la cruauté de la vie. La femme qui a été tuée aujourd’hui dans l’enceinte du Congrès et qui protestait contre le résultat des élections était une vétéran de l’US Air Force et avait servi pendant 14 ans comme officier de renseignement. Son nom est Ashli Babbitt et elle est de San Diego, où il y a une importante base aéronavale. Passer sa vie à défendre son pays et la Constitution et trouver la mort, apparemment avec une balle tirée par les forces de l’ordre, dans l’enceinte même où elle doit être défendue le jour du vote pour le Président des États-Unis est vraiment terrible. Tragique destin, terrible journée ».
Eber Haddad.

« Il y a deux causes possibles à cette rébellion. La première est économique. En effet, si quarante ans de néolibéralisme auront permis aux pays émergents de sortir de la pauvreté, les classes moyennes inférieures ainsi que la classe ouvrière des sociétés occidentales auront vu leur niveau de vie stagner, voire diminuer. Ce phénomène a provoqué une hausse du chômage et un accroissement des inégalités. Ce n’est pas un hasard si la révolte touche particulièrement le Midwest où le chômage, lié à la désindustrialisation, est fort. La seconde est identitaire. La majorité des électeurs de Trump sont des hommes blancs ; plus de 60% des hommes blancs ont voté pour lui. Sur fond de changement démographique, l’Amérique blanche sent qu’elle perd le pouvoir. De ce point de vue, le trumpisme peut apparaître comme le baroud d’honneur de cette Amérique-là ».
Gérard Araud, in Le Figaro.

« … ce n’est pas Trump qui s’est coupé des Républicains, ce sont les Républicains qui se sont coupés de lui depuis qu’il était candidat. Il faut connaître ce parti de notables en train de disparaître petit à petit. Il ne revivra qu’avec une nouvelle génération qui comptera beaucoup de minorité, des noirs, des hispanique, des LGBT, etc… et quand les caciques de ce parti prendront leur retraite ou seront morts ».
Eber Haddad.

| Q. Pence ne semble rien lâcher sur le 25th Amendment et la demande d’impeachment ?

Charlotte Sawyer. Attention, là, nous parlons de deux choses différentes. Ce qu’a fait le 48th Vice-President of the United States (VPOTUS)1, Michael Mike Pence, c’est d’envoyer une lettre à Nancy Antoinette P. Pelosi, Speaker of the US House of Representatives2, dans laquelle, se disant opposé à de tels « jeux politiques », il lui fait part de son refus de recourir au 25th Amendment :

« La semaine dernière, je n’ai pas cédé à la pression pour exercer mon pouvoir au-delà de mon autorité constitutionnelle afin de déterminer le résultat de l’élection, et je ne céderai pas maintenant à la tentative de la Chambre des représentants de jouer à des jeux politiques à un moment si grave (…). J’estime qu’un tel acte n’est pas dans le meilleur intérêt de notre nation ni ne correspond à la Constitution ».

« Le 25th Amendment n’est pas un moyen de punition ou d’usurpation » a souligné Mike Pence, « l’appliquer ainsi créerait une terrible jurisprudence (…). Je vous exhorte, ainsi que tous les membres du Congrès, à éviter toute action qui diviserait plus profondément (…). Œuvrez avec nous pour calmer les esprits et rassembler notre pays ».

Jacques Borde. Pence semble prêt à assumer cette part de ses responsabilités. Enfin.

| Q. Vous confirmez qu’on a colporté beaucoup de fake news sur Trump et ses partisans ?

Charlotte Sawyer. Oui, je confirme. La dernière étant le Coup d’État qu’auraient tenté des partisans de Trump sur le Capitole. Où, ils n’ont commis que des dégâts matériels. Surtout si on les compare aux crimes de sang et agressions antisémites à porter à charge des Antifas et BLM.

Autre exemple : Henry Enrique Tarrio3, président des Proud Boys, est systématiquement dénoncé comme à la tête d’une organisation néo-nazie et male-only par le cloaca mediatica maxima.

Petit souci, Enrique Tarrio, Floridien d’origine cubaine, est un peu sombre de peau pour un nazi. Jugez-en vous-même : sa photo illustre cet inter. Au passage, à Washington, ce sont des Antifas qui ont laissé pour mort un Proud Boy. Et pas le contraire !…

| Q. Le rôle des GAFAM, coupant ses comptes à Trump, est-il approprié ?

Jacques Borde. Certainement pas. La suspension des comptes de Donald J. Teflon Trump, concerne :

Twitter : de manière permanente.
Facebook : indéfiniment.
Instagram : indéfiniment.
Snapchat : indéfiniment.
Twitch : indéfiniment.

Rappelons que Trump est toujours le président des États-Unis jusqu’au 20 janvier, et qu’il représente plus de 74 millions de voix. Et on l’empêche d’envoyer des messages au public.

De nombreux autres comptes sont supprimés, notamment celui du lieutenant-général Michael T. Flynn4, d’avocats pro-Trump ou de journalistes indépendants, mais penchant plutôt de son côté.

Ce qui se passe est historique, les GAFAM sont en train de tout verrouiller. À noter la réaction du Presidente de los Estados Unidos Mexicanos, Andrés Manuel López Obrador, dit AMLO, exprimant son inquiétude à ce sujet :

« J’ai lu la lettre du propriétaire de Facebook et je l’ai senti plein d’arrogance en évoquant ses règles (…). Qu’en est-il de la liberté et du droit à l’information ? Et du rôle des autorités légalement et légitimement constituées ».

| Q. Et où en est-on de libertés publiques ?

Charlotte Sawyer. La chasse aux sorcières a déjà commencé avec des éléments qui rappellent sérieusement le Maccarthysme, une des périodes les plus sombres de l’Histoire des États-Unis. Premiers symptômes du mal :

CNN essaye de faire interdire FoxNews (qui a, pourtant, rallié le camp de la pensée unique depuis plus d’un an).
Apple interdit Parler.com.
-des éditeurs larguent des écrivains.
-des producteurs de musique rompent leurs contrats avec des artistes.
Twitter purge des comptes des personnes ne faisant pas partie du camp du bien (sic), en enlevant de centaines de milliers d’abonnés. Ils font cela même à des célébrités et des officiels après avoir osé interdire le Président des États-Unis lui-même.

Les GAFAM, Apple, Google, Facebook, Twitter, etc… font front commun dans la censure et le blocage.

Quant à Me. Rudolph William Louis Rudy Giuliani III, il est en passe d’être radié du barreau de New York. On sait à présent qui sont les subversifs et les totalitaires.

| Q. Et ces gens-là donnent quoi comme explication ?

Jacques Borde. Assez succincte, et toujours la même.

Cf. « Nous pensons que permettre au président de continuer à utiliser nos services pose des risques trop grands », dixit Mark Zuckerberg (Facebook).

| Q. Il y a des alternatives ?

Charlotte Sawyer. Oui et non. Trump avait annoncé migrer sur le réseau Parler, une alternative à Twitter. Illico, Parler a été supprimée du Google Play Store.

Apple qui avait donné 24h à l’application pour appliquer une censure stricte, a supprimé l’application sans autre forme de procès. Et Amazon qui héberge Parler l’a dégagé de ses serveurs.

| Q. Parler est accusé d’être responsable de tout le contenu généré par ses utilisateurs…

Charlotte Sawyer. Autant vous passer la réponse de John Matze, fondateur de Parler.com : « Si on suit la même logique, Apple doit être tenu pour responsable de TOUTES les actions générées avec leurs téléphones. Chaque bombe placée dans une voiture, chaque conversation illicite, chaque crime commis avec un iPhone, Apple doit être tenu pour responsable ».

| Q. À propos de complot, remettons le couvert une dernière fois : quid de ceux qui nient la version officielle de l’origine du COVID-19 ?

Jacques Borde. Il y aura toujours des gens pour douter jusqu’au bout. Mais, douter et s’interroger est parfaitement légitime, à propos du COVID-19, ou toute autre chose.

Ceci posé, certains points mériteraient qu’on nous les éclaircissât un tantinet. Histoire, simplement, de leur faire un sort définitif.

| Q. Lesquels ?

Jacques Borde. Citons en trois.

Primo, le Bundesnachrichtendienst (BND, Service fédéral de Renseignement)5, aurait entendu les patrons du verrier Schott dont il a, qui plus est, perquisitionné le siège et l’usine de Mayence. Sachant que le BND, malgré un passé et des origines controversés, n’est pas connu pour rafler, arrêter et interroger à outrance.

Schott fabrique aussi bien du verre pour les fours et plaques de cuisson, que des flacons pour vaccins, les tuiles de protection thermique pour les navettes spatiales, etc. Mais surtout du verre en borosilicate ultra-résistant aux très grandes et très basses températures, domaine dans lequel il est le leader mondial.

Pourquoi une telle perquisition ?

Il semblerait que Pfizer et BionNtech lui ont commandé 2×800 millions de flacons pour vaccin résistants à une température de – 100 degrés, température jamais utilisée à ce jour pour cette application. Mais surtout, cette commande a été passée le 2 novembre 2019, soit bien avant qu’on entende parler du COVID-19.

Cela signifie-t-il que Pfizer et BioNTech savaient ce qui se préparait ?…

Secundo, deux jours plus tard, Agnès Buzyn faisait interdire l’Hydroxychloroquine.

Tertio, BioNTech dont les deux dirigeants (turcs) ont également été interrogés est un tout petit laboratoire subventionné par l’État afin de déterminer comment le système immunitaire peut être renforcé chez les patients de différents cancers. Ils n’ont jamais obtenu de résultats ni produit quoi que ce soit en terme de médicament. Comment auraient-ils pu trouver un vaccin si vite là où des milliers de chercheurs ont échoué pendant des années ?

Notes

1 Ou vice-président des États-Unis.
2 Présidente (et chef de la majorité démocrate) à la Chambre des Représentants.
3 Par ailleurs patron des Latinos for Trump.
4 Ex-Assistant to the President for National Security Affairs (APSA), ancien directeur, de 2012 à 2014, de la Defense Intelligence Agency (DIA, Agence du Renseignement militaire), répond aux besoins du président des États-Unis, du US Secretary of Defense, du Joint Chiefs of Staff (JCS, Comité des chefs d’état-major interarmées).
5 Le SR extérieur allemand, placé sous la tutelle de la Chancellerie. C’est l’un des trois SR outre-Rhin, avec le Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV, Office fédéral de protection de la constitution) et le Amt für den Militärischen Abschirmdienst (MAD, Service de contre-intelligence militaire). L’origine du BND est le Gehlen Apparat (Organisation Gehlen) du nom de son fondateur Reinhard Gehlen (1902–1979), ancien major-général de la Wehrmacht et chef du SR de l’État-major chargé de la reconnaissance des armées étrangères de l’Est FHO pendant la 2ème Guerre mondiale. À noter que le BND est le seul SR en activité au monde dont le fondateur, Gehlen, est cité dans les attendus du Procès de Nuremberg.

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

2021 : Quelle(s) guerre(s), Quelle(s) Paix ? [2]

| Géostratégie | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde | Les stratèges, qu’ils soient …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer