Biden & Israël…

| États-Unis / Israël | Géostratégie | Nathalie Sosna-Ofir |

Les présidentielles US & la victoire (sic) de Joseph Joe Robinette Biden Jr., auront fait couler beaucoup d’encre sur la relation Washington/Jérusalem. Qu’en penser réellement ? Reprise de Facebook : l’analyse, pleine de lucidité, de Nathalie Sosna-Ofir. Le titre est de la rédaction.

Joe Biden entre aujourd’hui à la Maison-Blanche. En Israël, certains crient à la catastrophe à l’arrivée d’un ennemi à Washington. D’autres se veulent attentistes. Wait and see. D’autres encore estiment que c’est peut-être enfin une chance pour la paix.

Alors Israël doit-il réellement craindre l’installation de Joe Biden au Bureau ovale ? Non car Biden est, tout comme Trump, pro-israélien avec cependant une approche différente. Il pense qu’un président peut être pro-Israël tout en étant en désaccord politique avec son gouvernement tandis que pour Trump une bonne relation signifiait surtout pas de divergence publique.

Arrêtons de nous faire peur ! Biden ne relocalisera pas l’ambassade américaine à Tel-Aviv, ne reviendra pas sur la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan.

Il ne remettra pas en cause le soutien militaire américain consenti à Israël. Il a toujours rappelé que l’Amérique était indéfectiblement engagée à la sécurité d’Israël. Ce soutien militaire à Israël est une mesure bipartisane. Ni bleu ni rouge. Sans oublier que le plus important soutien jamais consenti par les États-Unis à un pays, l’a été à Israël. C’était sous le mandat du démocrate Obama quelques jours avant qu’il ne quitte la Maison-Blanche. 38 Md$US sur 10 ans pour préserver la supériorité militaire de l’État hébreu dans la région. Une suprématie que Biden protégera. À propos du conflit israélo-palestinien, le nouveau locataire de la Maison-Blanche ne devrait pas s’investir plus que ça dans la négociation d’un accord de paix. Au cours des dernières décennies, il a vu trop d’administrations perdre du temps et de l’énergie à essayer de modérer entre les deux parties. Cependant Biden devrait sans doute renouveler les liens délités avec les Palestiniens à condition, a-t-il dit, que ces derniers cessent l’incitation et acceptent la légitimité de l’État juif dans la patrie juive historique. Le sujet qui fâchera sans doute entre Israël et Washington sera l’Iran. Biden a l’intention d’entamer des négociations avec Téhéran sur la modification des clauses problématiques de l’accord nucléaire initial, sur les restrictions du programme de missiles et sur la cessation de la subversion iranienne dans la région. Personne ne sait exactement ce que l’administration Biden veut obtenir des Iraniens et comment elle y parviendra. Mais l’establishment de la Défense israélien estime qu’un retour à l’accord nucléaire initial serait un désastre et permettrait à l’Iran – dans un proche avenir – de parvenir à l’arme nucléaire. Cela est particulièrement vrai si les sanctions contre Téhéran sont levées avant que les Iraniens ne donnent une réelle contrepartie.

L’important pour Jérusalem sera donc de dialoguer avec Washington et d’exiger que ses intérêts soient considérés tout en évitant les frictions avec son plus important allié.

Bref, que ceux qui se prennent le deuil aujourd’hui ou crient à la catastrophe, cessent de de se lamenter. Le soutien de l’Amérique à Israël existait bien avant Donald Trump et perdurera après. Affirmer le contraire c’est surtout mal connaître l’histoire des relations israélo-américaines, une histoire qui débute quelques minutes, après qu’Israël déclare son indépendance, le 15 mai 1948, quand le démocrate Harry Truman, est le premier à reconnaître le tout jeune pays

Donald Trump mérite bien sûr d’être remercié pour ses mesures en faveur d’Israël. Elles sont indéniables. Mais cela ne fait pas de lui ni le premier, ni le plus grand ami d’Israël à la Maison-Blanche, comme certains l’affirment. Trump ne garantit pas à lui seul l’amitié et la proximité entre Washington et Jérusalem. Loin de là. Et puis comptez sur Nétanyahu pour traiter avec un président démocrate et le canaliser vers ses propres intérêts politiques comme il l’avait habilement fait avec Barak Hussein Obama.

Plus de détails dans mon direct du jour depuis Jérusalem sur Radio J. à réécouter ici https://www.radioj.fr/…/le-journal-en-direct-disrael/.

 

A Propos Jacques Borde

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